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LES AÉROSTATS AUX ENVIRONS DE 1780

EXTRAITS DE "L'ALBUM DE LA SCIENCE"

Page de garde de l'ouvrage "Album de la Science

 

 

Ascension du duc de Chartres en 1784 - Reproduction © Norbert Pousseur
ASCENSION DU DUC DE CHARTRES ET DES FRÈRES ROBERT
LE 15 JUILLET 1784 DÉPART DE SAINT-CLOUD.

Le 15 juillet, le duc de Chartres, depuis Philippe-Égalité, exécuta à Saint-Cloud, avec les frères Robert, une ascension qui mit à de terribles épreuves le courage des aéronautes.
Ce ballon était de forme très oblongue, 18 mètres de hauteur et 12 mètres de diamètre.
Le départ s'opéra en présence dune immense foule de curieux accourus de tous les lieux environnants. Trois minutes après le départ, l'aérostat disparaissait dans les nues. Le vent agissait violemment sur la surface étendue que présentait le ballon qui éprouvait une agitation extraordinaire. Rien ne peut rendre la scène effrayante qui suivit ces premières bourrasques. Et le baromètre indiquait

que l'on était parvenu à la hauteur de 4,800 mètres. Dans ce moment critique, le duc de Chartres prit un parti désespéré : il saisit un des drapeaux qui ornaient la nacelle et, avec le bois de la lame, troua en deux endroits l'étoffe du ballon. Il se fit une ouverture de deux ou trois mètres et le ballon descendit aussitôt avec une vitesse effrayante.

Heureusement, quand on arriva dans une atmosphère plus dense, la rapidité de la chute se ralentit et finit par devenir très modérée. Les aéronautes reconnurent qu'ils étaient près de tomber dans un étang. Ils jetèrent à l'instant soixante livres de lest et, à l'aide de quelques manœuvres, ils réussirent à aborder dans le parc de Meudon.

 

Mort de Pilâtre de Rozier - Reproduction © Norbert Pousseur
MORT DE PILATRE DE ROZIER, SUR LA COTE DE BOULOGNE, LE 15 JUIN 1785.

Ce fut le 15 juin 1785, à sept heures du matin, que Pilâtre de Rozier et son ami Romain se rendirent sur la côte de Boulogne pour effectuer leur départ dans l'Aéro-Montgolfière.
Depuis le 1er janvier 1785, cette ascension avait été annoncée.
L'aérostat s'éleva avec une assez grande rapidité, jusqu'à quatre cents mètres environ. Mais à cette hauteur, l'on vit tout d'un coup le ballon à gaz hydrogène se dégonfler et retomber presque aussitôt sur la partie inférieure (appelée montgolfière).
Celle-ci tourna trois fois sur elle-même, puis, entraînée par ce poids, elle s'abattit avec une vitesse effrayante.
A quoi a-t-on attribué le dégonflement soudain de l'aérostat?
On suppose que Pilâtre de Rozier, assailli par un vent contraire, voulait descendre un peu afin de chercher un courant plus favorable. Pour cela il aurait essayé de manœuvrer la soupape de l'aérostat à gaz hydrogène.

Mais la corde attachée à cette soupape était extrêmement longue et jouait difficilement. L'on pense que le frottement très rude qu'elle occasionna déchira l'étoffe du ballon sur une longueur de plusieurs mètres et que celui-ci se trouva vide en quelques ins tants. Les deux infortunés voyageurs furent trouvés fracassés dans la galerie. Pilâtre de Rozier avait été tué sur le coup, mais son pauvre compagnon survécut dix minutes à cette chute affreuse.
Les malheureux voyageurs n'avaient pas même dépassé le rivage, et étaient tombés près du bourg de Vimille. Par une triste ironie du hasard, ils vinrent expirer à l'endroit même où Blanchard était descendu, non loin de la colonne monumentale élevée à sa gloire. Aujourd'hui les voyageurs français qui se rendent en Angleterre en traversant Calais, ne manquent pas d'aller visiter, près de la forêt de Guines, le monument consacré à l'expédition de Blanchard. On leur montre aussi deux monuments qui ont été élevés à Pilâtre de Rozier et à Romain, l'un sur le lieu même de la chute, l'autre dans le cimetière de Vimille.

 

Manoeuvre des aérostats dans les armées - Reproduction © Norbert Pousseur
MANŒUVRE DES AÉROSTATS CAPTIFS
EMPLOYÉS DANS LES ARMÉES DE LA RÉPUBLIQUE .

Conformément au décret qui créait le corps des aérostatiers militaires, Coutelle expédia sa compagnie à Maubeuge. Son premier soin fut de chercher un emplacement, de construire son fourneau pour la préparation du gaz, de faire les provisions de combustible nécessaires et de tout disposer en attendant l'arrivée de l'aérostat et des équipages qu'il avait expédiés de Meudon. L'aérostat qui allait permettre d'observer l'ennemi avait reçu le nom d'Entreprenant.
Les premiers moments furent très difficiles. Il fallait tout créer, tout prévoir, et dans la rapidité d'une organisation improvisée, il y avait bien des lacunes que le zèle de chacun parvenait à faire disparaître.

Enfin, Coutelle procéda à de remarquables expériences, en présence de Guyton de Morveau, de Monge et de Fourcroy. Il s'éleva, à plusieurs reprises, à une hauteur de 500 mètres dans le ballon retenu captif. Deux cordes étaient attachées à la circonférence du ballon, et retenues par dix hommes, placés à terre.
On constata, de cette manière, que l'on pouvait embrasser un espace fort étendu, et reconnaître très nettement les objets, soit à la vue simple, soit avec une lunette d'approche.
On étudia, en même temps, les moyens de transmettre les avis aux personnes restées à terre. Tous ces essais eurent un résultat satisfaisant.

 

 

Coutelle expose sa vie devant Mayence - Reproduction © Norbert Pousseur
LES PARLEMENTAIRES AUTRICHIENS SORTENT DE MAYENCE
POUR DEMANDER QUE LE COMMANDANT COUTELLE DESCENDE DE L'AÉROSTAT OU IL EXPOSE SA VIE.

Pendant le siège de Mayence, Coutelle avait élevé son aérostat entre les lignes et la place fortifiée. Il faisait un vent terrible et trois fois de suite ses bourrasques avaient rabattu avec violence le ballon vers la terre.
Chaque fois qu'il remontait, les soixante-quatre aérostatiers qui retenaient ce ballon captif étaient soulevés et entraînés avec une grande force, au péril de leur vie.
Déjà la nacelle où Coutelle se tenait assis avait volé en éclats; il était donc menacé lui-même à chaque instant

Tout à coup, cinq hommes sortent de la place et déploient en l'air des mouchoirs blancs, signe des parlementaires.
S'avançant vers le général Lefebvre, ils lui demandèrent en grâce de faire descendre le brave officier qui montait l'aérostat. « Il va périr par la bourrasque, disaient-ils, il ne faut pas qu'il soit victime d'un accident étranger à la guerre. Nous lui apportons, de la part du commandant de Mayence, l'autorisation d'entrer dans nos lignes pour examiner en toute liberté l'intérieur de nos fortifications. »

 

 

 

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