Ninon de l'Enclos
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Article extrait du recueil des gravures des Costumes des Femmes Françaises Ninon de L'Enclos, née à Paris en 1615, morte en 1705 Anne de Lenclos, plus ordinairement appelée Ninon, naquit à Paris le 15 mai 1616. Fille d’un gentilhomme de Touraine, elle se trouva maîtresse d’elle-même à seize ans. Dès son enfance, elle s’était fait distinguer par des reparties fines. Sa beauté lui donna des amants de la plus haute naissance ; et son caractère, son esprit lui firent des amis du premier mérite. Sa fortune n’était pas considérable ; son père en avait dissipé une partie ; mais elle régla ses affaires avec tant d’ordre, qu’elle se fit huit à dix mille livres de rente viagère. Son amour pour la liberté ne lui permit pas de songer au mariage ; elle acheta une maison à vie, rue des Tournelles, à Paris ; elle en avait une autre à Picpus, où elle allait passer l’automne. La taille de Ninon était au-dessus de la moyenne, et bien proportionnée. Elle avait la peau très blanche, de grands yeux noirs, de belles dents, un son de voix agréable, et de la grâce dans toute sa personne. Mme Scarron, dans le plus grand éclat de la fortune où elle parvint dans la suite, se plut toujours à donner à son ancienne amie des marques de souvenir. Christine de Suède ne l’appelait que l' illustre Ninon. « Je n’ai point vu Mlle de Lenclos dans la fleur de sa première beauté, dit le marquis de la Fare, célèbre par ses poésies ; mais à l’âge de cinquante ans, et même au-delà « de soixante-dix, elle a eu des amants qui l’ont adorée... Sa maison était, peut-être, même dans les derniers temps de sa vie, la seule où l’on osât encore faire usage des talents de l’esprit, et où l’on passât des journées entières sans jeu et sans ennui. » Les malheurs que ses amis pouvaient éprouver ne servaient qu’à augmenter son attachement. Elle eut pour règle inviolable de ne jamais rien recevoir de ses amants, ni même de ses amis. « Les poètes sont fous, disait-elle, d’avoir donné au fils de Vénus un flambeau, un arc, un carquois ; la puissance de ce dieu ne réside que dans son bandeau : Tant que l’on aime, on ne réfléchit point ; dès que l’on réfléchit, on n’aime plus. » Ninon ne trahissait point ses amants ; elle cessait de les aimer et le leur disait. Ce ne fut que pour se soustraire aux importunités de La Châtre qu’elle lui signa ce fameux billet, où elle faisait de tous les serments celui qu’elle était le moins en état de tenir : le serment de n’en jamais aimer d’autre de sa vie. Ninon de Lenclos mourut le 17 octobre 1705, âgée de quatre-vingt-dix ans. Saint-Évremond l’a caractérisée dans ce quatrain : L’indulgente et sage nature Son costume : Elle porte une robe bleu-verte ouverte sur le devant. Sa jupe est rouge comme les galons et les nœuds, galons et rubans qui orne sa robe. Sa chevelure est agrémentée par une légère couronne de fleurs. La fiche de Ninon de l'Enclos sur Wikipedia Gravure provenant d'un recueil de 70 gravures |
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