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Dictionnaire de Vénerie & de Fauconnerie.

Gravure sur la fauconnerie - Reproduction © Norbert Pousseur
Illustration de l'ouvrage ci-dessous

Article extrait de l'ouvrage :
"La Nouvelle Maison Rustique, ou Economie Générale de tous les biens de Campagne"
de Louis Liger, édition 1767 (collection personelle)

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Abaisser, c’est diminuer la nourriture de l’oiseau lorsqu’il est trop gras, pour le rendre plus léger & plus avide à la proie.
Abandonner l’oiseau , c’est lui donner sa liberté, parce qu’il n’est bon à rien, ou le laisser libre en campagne pour l’égayer.
Abattre l’oiseau , c’est le tenir serré entre les deux mains pour le garnir de jets, le poivrer & le médicamenter.
On dit, il faut abattre l’oiseau.
Abatis, c’est quand les vieux loups ont tué des bêtes : on dit, les loups ont fait cette nuit un grand abatis. Abatis se dit aussi lorsque les jeunes loups vont &. viennent au lieu où ils sont nourris, y faisant de petits chemins où ils abattent l’herbe.
Abatures, foulures de fougères ou de broussailles, que le cerf abat de son ventre en passant. On connaît le cerf par ses abatures.
Abécher l’oiseau, c’est lui donner une partie du pât ordinaire pour le tenir en appétit, afin de le faire voler un peu après. On dit, il faut abécher le lanier.
Abois , c’est quand la bête s’arrête, & qu’elle se tient devant les chiens par lassitude, & n’en peut plus.
Derniers abois, c’est lorsque la bête tombe morte ou outrée : on dit, la bête rend les derniers abois.
Aborder la remise : quand la perdrix poussée par l’oiseau gagne quelque buisson, il faut aborder la remise sous les vents, afin que les chiens sentent mieux la perdrix.
Abreuvoir , endroit où les oiseaux vont boire : on dit, prendre, les oiseaux à l'abreuvoir.
Accouer un cerf, c’est le joindre lorsqu’il est sur ses fins pour lui donner le coup d’épée au défaut de l’épaule, ou lui couper le jarret ; pour lors on dit, le cerf est accoué.
Accourcir le trait, c’est le ployer à demi, ou tout-à-fait, pour tenir le limier.
Accuts, ce font les bouts des forêts & des grands pays de bois.
Acharner l’oiseau sur le tiroir, c’est lui mettre de la chair soit au poing avec le tiroir, soit en attachant le tiroir au leurre.
Adouée : une perdrix adouée, en Fauconnerie, veut dire appariée.
Affaire : un oiseau est de bonne affaire lorsqu'il fait bien son devoir, quand on l’a bien affaité, bien duit à la volerie.
Affaiter, c’est dresser des oiseaux de proie qu’on apprivoise & qu’on assure pour revenir sur le poing ou au leurre. C’est aussi les duire au vol, les curer, les traiter, rhabiller leurs pennes, les tenir en santé, & les rendre de bonne affaire. L'affaitage est plus difficile qu’on ne pense.
Affriander l’oiseau, c’est le faire revenir sur le leurre avec de bon pât de pigeonneaux ou de poulets.
Affût, en termes de chasse, est un lieu caché où l’on se met avec un fusil prêt à tirer, & où on attend le gibier au passage : on dit, il fait bon le matin aller à l'affût.
Aiglures ou bigarrures, sont des taches rousses qui bigarrent le dessus du corps de l’oiseau. Le lanier est celui qui est le plus bigarré d'aiglures.
Aiguille, maladie des faucons qui s’engendre de poux, lombriques ou vers, plus petits & plus dangereux que les filandres.
Aiguilles, sont des fils ou lardons que les valets de chiens pour sanglier doivent porter, afin de panser ceux que les défenses de cet animal auront blessés.
Aiguillon, se dit des fumées des bêtes fauves, parce qu’elles ont une pointe au bout.
Aire, nid d’oiseau de proie. On dit aussi un faucon de bonne aire, quand il est de bonne race & facile à allaiter.
Albrené, se dit de tout oiseau de proie qui a le pennage rompu ou manqué.
Allongé, c’est lorsqu’il l’a entier & de bonne longueur.
Aller de bon temps, c’est quand les Veneurs vont peu de temps après que la bête est passée. N'aller plus de temps, est lorsqu’il y a un jour ou deux au moins qu’elle est passée.
Aller d'assurance, se dit de celle qui va au pas, le pied serré & sans crainte.
Aller de hautes erres, se dit de celle qui est passée il y a plusieurs heures.
Aller au gagnage, se dit des bêtes fauves & du lièvre, qui vont viander dans les grains.
Aller en quête, c’est quand le valet de limier va au bois pour y détourner une bête avec son limier.
Andouillers, sont les chevilles du bois de cerf, du daim & du chevreuil.
Apoltronir l’oiseau, c’est lui couper les ongles des pouces, c’est-à-dire des doigts de derrière qui font sa force & son courage, & sans lesquels il n’est plus propre pour le gros gibier.
Armer l’oiseau, c’est lui attacher des sonnettes aux pieds. On arme aussi les cures de l’oiseau.
Assurer un oiseau, c’est l’apprivoiser si bien qu’il ne s’effraie de rien. On ne le met hors de filière que quand il est bien assuré tant à la chambre qu’au jardin qui représente les champs.
Atanaire, se dit de l’oiseau qui a le plumage de l’année précédente, n’ayant pas mué.
Attombisseurs, se dit des oiseaux qui attaquent le héron dans son vol ; on lui en lâche plusieurs pour les différentes attaques.
Atrempé, se dit d’un oiseau qui n’est ni gras ni maigre.
Anuer les perdrix au partir, c’est les observer exactement lorsqu’elles partent pour pointer l’œil & choisir bien.
Avillons, sont les serres du pouce ou du derrière des mains de l’oiseau; & il avillonne bien quand il donne vigoureusement des serres de derrière.

Baguette, bâton dont le Fauconnier se sert pour fourrer dans les buissons, afin de faire partir la perdrix, & pour tenir les chiens en crainte.
Balai, queue de l’oiseau.
Balancer, se dit tant de l’oiseau en l’air qui reste dans sa place en observant sa proie que de la bête courue qui chancelle de lassitude.
Bander au vent, se dit de l’oiseau qui se tient sur les chiens, faisant la crécerelle.
Bans, lits des chiens.
Barres, sont des bandes noires qui traversent la queue de l’épervier.
Bauge, est le lieu où la bête noire se couche tout le jour.
Billard, est un morceau de bois long de deux pieds, pointu par un bout & recourbe par l’autre d’un pied au moins.
Bloc, est la perche sur laquelle on met l’oiseau de proie, & elle doit être couverte de drap, pour qu’il n’amasse point la chiragre.
Bloquer, se dit de l’oiseau qui a remis la perdrix & qui la tient à son avantage, gagnant de haut quelque arbre prochain : on dit l’oiseau se bloque, quand il pend en l’air,& qu’il s’y soutient sans battre de l’aile.
Bondir, faire bondir, c’est lorsqu’une bête fauve en fait partir d’autres de la reposée.
Botte, collier du limier.
Boutis, sont les lieux où les bêtes noires fouillent,
Boutoy, c’est le bout de leur nez.
Branle, se dit lorsqu’un faucon se tient en haut au premier degré sur la tête du Fauconnier, & qu’il tourne & remue ses ailes en branlant & rodant de belle action.
Brayer, c’est le cul d’un oiseau de proie ; une marque de bonté est que le brayer soit net, tombant bien bas le long de la queue & bien émaiîlé de taches noires & rousses.
Brider les serres d’un oiseau, c’est en lier une de chaque main pour l’empêcher de charier la proie.
Briser-bas, c’est rompre des branches & les jeter par où l a bête a passé : & briser-haut, c'est les briser à demi-hauteur d’homme & les laisser pendre à l’arbre. Fausses-brisées, c’est quand on met des morceaux de papier à des branches sur les voies d’une bête, pour les ôter après & tromper son compagnon : frapper aux brisées, c’est lorsque le Veneur qui a fait son rapport, va laisser courre.
Brosser & percer dans le fort, c’est courre avec les chevaux dans le bois.
Brunir, se dit de la bête sauve qui sait changer sa tête de couleur ; de blanche qu’elle était, après en avoir ôté la peau velue qui la couvrait, elle devient rouge, grise ou brune, selon les terres où la bête se frotte.
Buffeter, c’est donner en passant contre la tête d’un plus fort, ou contre la tête d’un leurre quand on le fait battre aux oiseaux.
Buisson, prendre buisson, c’est lorsque les cerfs vont choisir un lieu secret pour faire leur tête quand ils ont mis bas.

Canelude, curée composée de sucre, de cannelle & de moelle de héron, que les Fauconniers donnent aux oiseaux qu’ils veulent animer au vol du héron.
Cattereles, sont les lieux où les lapines font leurs petits en terre, & qu’elles rebouchent tous les jours jusqu’à leur sortie.
Cerceaux, sont les pennes du bout de l’aile des oiseaux : les éperviers ont trois cerceaux; les autres oiseaux de proie n’en ont qu’un.
Cervaison, c’est quand le cerf est gras & en venaison.
Chair : l'oiseau est bien à la chair, signifie qu’il chasse bien.
Chaperon, est un morceau de cuir dont on couvre la tête des oiseaux de leurre pour les affaiter. Les chaperons sont marqués par points depuis un jusqu'à quatre : le premier, d’un point, est pour le tiercelet de faucon. L’oiseau qui porte le chaperon patiemment, s’appelle bon chaperonnier. On le déchaperonne quand on veut le bucher.
Charbonnières, terres glaises où les cerfs vont frotter leurs têtes & brunir.
Charier, se dit de l’oiseau qui emporte la proie sans revenir au réclame, ou qui s’emporte après la perdrix.
Chassoire, baguette des autoursiers.
Chausser la grande serre de l’oiseau c’est entraver l’ongle du gros doigt d’un petit morceau de peau.
Chevilles, sont les andouillers qui sortent des perches de la tête de la bête fauve.
Cimier, c’est la croupe de la bête fauve.
Clatir, c’est lorsque le chien redouble son cri en poursuivant la perdrix ou le lièvre.
Cluse & cluser, se dit du cri avec lequel le Fauconnier parle à ses chiens, lorsque l’oiseau a remis la perdrix.
Coffre, se dit du corps de la bête fauve & du lièvre, quand tout en est levé.
Clefs, sont les ongles des doigts du derrière de l’oiseau de proie.
Cornette, est la houppe ou tiroir de dessus le chaperon de l’oiseau.
Coup : un oiseau prend coup, quand il heurte trop fortement contre la proie.
Cru ou creux, c’est le milieu du buisson où la perdrix se sauve.
Couronne, est le duvet qui est autour du bec de l’oiseau, à l’endroit où il se jointà la tête.
Courre : le courre ou la courre, est où l’on met les lièvres pour prendre le loup, le sanglier & le renard.
Courtoisie : faire la courtoisie aux autours, c’est leur laisser plumer leur gibier.
Créance, est la filière ou ficelle avec laquelle on retient l’oiseau qui n’est pas bien assuré ; & on l’appelle oiseau de peu de créance, quand il est sujet à s’essorer ou à se perdre.
Croix de Cerf, est un os croisé qu’on trouve dans le cœur du cerf.
Croller, se dit de l’oiseau qui se vide par le bas ; ce qui est une marque de santé.
Cure, se dit des pilules faites avec de l’éponge, du coton & de la plume, qu’on donne aux oiseaux de proie pour dessécher leur flegme, & ils se portent bien quand ils ont rendu leur cure. On arme les cures, c’est-à-dire, qu’on met un peu de chair auprès pour les mieux faire avaler aux oiseaux. Il ne faut point les taire paître qu’ils n’aient curé ou rendu la cure.

Daguer, se dit de l'oiseau qui va à tire d’aile, qui travaille diligemment de la pointe des ailes.
Dagues, premier bois que porte un cerf. Daguets, voyez ci-dessus.
Déchaussures, c’est le lieu où le loup a gratté, où il s’est déchaussé.
Décousures, sont les plaies que les défenses du sanglier font aux chiens.
Dedans : mettre ou oiseau dedans, c’est le mettre actuellement à la chasse.
Degré, se dit des reprises ou temps de l’élévation de l’oiseau en l’air, qui fait une espèce de pause, en tournant la tête pour continuer son vol, jusqu’à ce qu’on le perde de vue.
Délivre : un oiseau sort à délivre, c’est-à-dire, qui n’a point de corsage, qui est presque sans chair comme le héron.
Dérober les sonnettes, se dit de l’oiseau qui s’écarte, qui part sans congé, & qui emporte les sonnettes de son maître.
Dérocher ou déroquer, se dit des grands oiseaux carnassiers qui poursuivent les bêtes à quatre pieds, jusqu’à ce qu’elles se précipitent du haut des rochers en bas.
Dérompre, se dit de l’oiseau de proie qui, de ses cuisses & de ses serres, tombe si vigoureusement sur un autre oiseau, qu’il lui rompt le vol & le fait tomber tout meurtri.
Descente. Lorsque l’oiseau descend avec impétuosité sur son gibier pour l’assommer, c’est fondre en rondon : quand sa descente est douce & qu’il ne fait que se laisser aller en-bas, on dit simplement qu’il file ou fond.
Désempelotoir, est un fer avec lequel on tire de la mulette des oiseaux de proie la viande qu’ils ne peuvent digérer.
Dintiers, sont les rognons du cerf.
Donner la bête aux chiens, c’est les lui découpler sur les voies.
Dorées, sont les fumées jaunes du cerf.
Duire, voyez affaiter.

Ecartable, se dit de l’oiseau sujet à s’écarter, tels que sont les plus vêtus & ceux qui font les plus coutumiers de monter en essor, surtout en été.
Eclame,
se dit de l’oiseau de longueur bienfaisante & non épaulée. Les éclames sont plus beaux voleurs que les gouffauts qui sont courts & bas assis.
Ecumer,
c’est lorsque l’oiseau passe sur la proie sans s’arrêter, & quand il court sur le gibier que les chiens lancent. L'écuyer, c’est un jeune cerf, qui souvent en accompagne un vieux.
L'écuyer,
c’est un jeune cerf, qui souvent en accompagne un vieux.
Egalé & Egalures
, se dit de l’oiseau qui est moucheté.
Embler, se dit de l’allure des bêtes quand les pieds de derrière avancent de quatre doigts sur ceux de devant.
Emeu & émeutir, ne se dit que de l’excrément des oiseaux de proie. Le faucon pèlerin & le lanier émeutissent sous eux ; les autres oiseaux de proie vident en arrière, & un peu plus loin. C’est un signe de santé, quand l’oiseau rend bien son émeu ; il doit être blanc & clair, & le noir qui est parmi doit être bien clair, en sorte que le tout approche du mélange de poix, de cire, de plâtre & de graisse. On fait de ce mélange un ciment, que les Anciens appelaient malta.
Empaumure, est le haut de la tête du cerf & du chevreuil, qui est large & renversée, & où il y a au moins trois andouillers : les jeunes bêtes n’en ont point.
Empelotter, voyez Désempelotoir.
Empiéter, se dit des autours qui emportent la proie à leurs pieds : pour le faucon ; on dit lier la proie.
Enceinte, est le lieu où le valet de limier détourne les bêtes avec son limier.
Enduire, se dit de l’oiseau qui digère bien sa chair.
Enfoncer, se dit de l'oiseau qui, fondant sur la perdrix, la pousse jusqu'à la remise.
Entes, sont les peaux d’oiseaux remplies de paille ou de soin qu’on fiche au bout d’un piquet posé en terre pour attirer les autres oiseaux au piège.
Entées, sont des fumées de cerfs & de biches, dont deux ne sont qu’une, & qui peuvent se séparer sans se rompre.
Enter, c’est rejoindre une penne gardée à celle d’un oiseau qui est rompue, froissée ou albrenée ; c’est la raccommoder à l’aiguille ou au tuyau.
Entraver, c’est raccommoder les jets de l’oiseau, en sorte qu’il ne puisse pas se déchaperonner.
Epié; c’est pour les chiens la même chose que l'épy aux chevaux.
Eponge,
ce qui forme le talon des bêtes.
Ergoté
, se dit d’un chien qui a un ongle de surcroît au-dessus du pied en dedans.
Esplanade, route de l’oiseau quand il plane en l’air.
Essimer, c’est ôter la graisse excessive d’un oiseau par diverses cures. C’est aussi le mettre en état de voler lorsqu’on l’a dresse, ou au sortir de la mue.
Essorer, c’est quand l’oiseau prend l’essor trop fort.
Etrusté, se dit d’un chien qui a un os de la hanche déplacé.
S'éventilIer
, se dit de l’oiseau qui se secoue en se soutenant en l’air pour s’égayer & prendre le vent.
Everrer, c’est ôter un nerfs de dessous la langue du chien pour qu’il ne morde jamais, fût-il enragé.

Faons, sont les petits des biches, daines, & chevrettes.
Faux-fuyant, sentier à pied dans le bois.
Filandres, se dit, 1°. Des filaments de sang caillé & desséché, qui, après la rupture de quelque veine, se fige en saçon d’aiguille, & travaille le corps, les cuisses & les reins de l’oiseau. 2°. De certains vers fort déliés qui s’attachent au gosier, autour du cœur, du foie & des poumons de l’oiseau ; ils sont quelquefois nécessaires aux oiseaux pleins, pour les rendre plus dispos à la volerie. 3°. Des crêpes qui tombent de l’air, & s’attachent sur les voies des bêtes, surtout des vieilles, qui en amassent davantage, parce qu’elles ont plus de corps.
Filière, ficelle d’environ dix toises qu’on tient attachée au pied de l’oiseau, pendant qu’on le réclame, jusqu’à ce qu’il soit assuré. On l’appelle aussi créance & tiens-le-bien, parce que si on le lâchait, il pourrait dérober ses sonnettes.
Flâtrure, lieu où le lièvre ou le loup courus des chiens s’arrêtent en se mettant sur le ventre. Le lièvre se flâtre plusieurs fois, quand il est bien couru.
Flâner, se dit aussi de la clef rougie au feu, qu’on applique sur le front d’un chien pour le préserver de la rage.
Folilets, c’est ce qu’on lève le long des épaules du cerf, après qu’il est dépouillé.
Fondre, voyez descente.
For-hu, se dit des petits boyaux du cerf qu’on donne aux chiens au bout d’une fourche émoussée au printemps ou en été, après qu’ils ont mangé la mouée & le coffre du cerf : il se dit aussi de la carcasse dont on fait la curée.
Forme, c’est le terrain que le filet couvre quand on le fait agir. C’est aussi le lieu où le renard se repose.
Formes, se dit des femelles des oiseaux de proie, qui donnent le nom à l’espèce, au lieu que les mâles s’appellent tiercelets, parce qu’en général la femelle est plus grande, plus hardie & plus forte que son mâle.
Formées, sont les fientes des bêtes fauves, formées en crottes de chèvres, mais plus grosses.
Foulées, c’est lorsqu'on revoit la forme du pied d’une bête sur l’herbe ou sur des feuilles par ou elle a passe ; & si c’est en terre nette, cela s’appelle voie pour bête fauve & lièvre, piste pour loup & renard, & trace pour bête noire.
Fraise, est la forme des meules & des pierrures de la tête du cerf & du chevreuil, qui est le plus proche de la tête.
Fréouer, marque que le cerf fait au bois quand il y touche de sa tête pour détacher la peau velue qui la couvre : on en trouve les lambeaux au pied du fréouer. Celui qui apporte le premier fréouer au chef de l’assemblée & en laisse courre le cerf, a ordinairement un présent.
Fuites, se dit de l’oiseau qui s’écarte beaucoup, surtout le faucon ; & des bêtes qui forcent leur course en allant le pied ouvert.
Fumées, fientes des bêtes sauves.
Fuster, se dit de l’oiseau qui s’échappe ou qui évite le piège.

Gagnages, grains où les bêtes fauves vont viander la nuit.
Gardes, sont les deux os qui forment la jambe à toutes les bêtes noires.
Giboyer, c’est chasser avec le fusil à pied & sans bruit : il se dit aussi de la chasseâ l’oiseau.
Gorge, est la poche ou sachet supérieur des oiseaux de proie : d’où vient que par métaphore on dit grosse gorge, pour viande grossière & non détrempée ; gorge chaude, pour viande chaude du gibier qu’il a pris ; bonne gorge, demi-gorge, quart de gorge : enduire ou digérer sa gorge, c’est quand elle passe vite & que l’oiseau émeutit aussitôt sans prendre de nourriture ; ce qui est un pronostic du mal subtil qui le rend étique.
Goussauts, voyez Eclame.
Griffade, blessure d’une bête onglée.
Gruyer, oiseau dressé à chasser les grues.
Guede ou guide, bâton qui guide le filet tendu pour prendre les oiseaux avec un rets saillant.
Guinder, se dit de l’oiseau qui s'élève au-dessus des nues.

Hardes, compagnie de bêtes. On doit harder les chiens dans l’ordre chacun dans sa force, pour aller de meute ou au relais ; & on harde les nouveaux chiens avec les vieux pour les dresser. Les bêtes, dans le temps des hardes, se mettent toutes ensemble selon leur âge.
Hardées, sont les ruptures & fracas de bois que les bêtes fauves, surtout les biches naturellement gourmandes, font en viandant dans les jeunes taillis.
Hardois, sont les petits brins de bois que le cerf touche & écorche de sa tête.
Hausse-pied, c’est le premier des oiseaux qui attaque le héron dans son vol.
Herbier, canal de la respiration qui est dans le col de l’oiseau.
Hoche-pied, est l’oiseau qu’on jette seul après le héron pour le faire monter.
Houpper, c’est quand le Veneur avertit son compagnon par un ou deux mots longs qu’il a trouvé une bête courable qui sort de sa quête, & entre en celle du compagnon.
Houzures ou crotures, se dit de la crotte qui se voit aux branches, ou le sanglier s’est frotté en sortant du fouille ; par où on connaît sa hauteur.

Jambe, c’est depuis le talon jusqu’aux os pour bêtes fauves, & jusqu’aux gardes pour bêtes noires : ce qui en fait aussi la largeur.
Jardiner, c’est exposer les oiseaux de proie au soleil du matin dans un jardin. Il faut exposer les autours sur la barre ou sur le bloc, les laniers & les sacres sur la pierre froide.
Jet, petite entrave qu’on met au pied d’un oiseau : on l’attache d’envoi & de retenue.
Jeter un oiseau du poing, c’est le donner du poing après la proie qui fuit.
Jeu, voyez Courtoisie.

Induire, voyez Gorge.

Laies, font les femelles des sangliers, lesquelles, selon leur âge, s’appellent jeunes, grandes & vieilles.
Laissées, fientes des loups & des bêtes noires.
Lancer, c’est faire partir les bêtes fauves de la reposée, le loup du liteau, le lièvre du gîte, & les bêtes noires de la bauge.
Leurre, figure d’oiseau fait en manière de faucon, avec deux ailes & un morceau de drap ou cuir rouge garni de bec & d’ongles qu’on pend à une laisse sur un crochet de corne. Les Fauconniers s’en fervent pour réclamer l’oiseau. Acharner le leurre, est mettre un morceau de chair dessus ; & ce qu’il tire du bec, se nomme rappel.
Lier, voyez empiéter.
Limier, chien qui détourne le cerf & autres grandes bêtes.
Liteau, lieu où le loup se couche & se repose le jour.
Longe, tirer à la longe, est quand l’oiseau retourne à celui qui le gouverne.
Longer un chemin, c’est lorsque la bête va d’assurance ou fuit ; & quand elle retourne sur ses voies, cela s’appelle ruse & retour.

Mahuttes, c’est le haut des ailes près du corps de l’oiseau.
Mal semé, c’est quand le nombre des andouillers est impair.
Mal subtil, espèce de phtisie ou de catarrhe qui tombe dans la mulette des oiseaux, & qui les fait mourir de langueur en empêchant la digestion.
Mangeures, pâtures des loups & des sangliers.
Manteau, couleur des plumes des oiseaux de proie. Mantelures, c’est lorsque le chien a sur le dos un poil différent de celui du reste du corps.
Marteler, se dit des oiseaux de proie quand ils font leurs nids.
Martelées, sont des fumées qui n’ont point d’aiguillon au bout.
Massaçre, tête de la bête fauve.
Menée, se dit de la voie du chien & de la droite route du cerf qui fuit. On doit mener les chiens courans à l’ébat, c’est-à-dire, les promener deux fois par jour.
Menus droits, sont les oreilles du cerf, le bout de sa tête lorsqu’elle est molle, le mufle, les dintiers, le franc boyau & les nœuds qui se lèvent seulement au printemps, & dans l’été : c’est le droit du Roi de la chasse.
Meute. Les chiens de la meute sont les premiers qu’on donne au laisser courre : vieille meute, sont les seconds chiens qu’on donne après les premiers.
Montée d'effort, c’est quand l’oiseau s'élève à perte de vue. Montée par fuite, est lorsque craignant un oiseau plus fort que lui, il s’échappe à grandes gambades.
Motte, l’oiseau prend motte quand il se repose à terre au-lieu de se percher sur un arbre.
Mouée, est un mélange de sang de la bête prise à force, avec du lait ou du potage selon les saisons, & beaucoup de pain coupé par petits morceaux, que l’on donne en curée aux chiens.
Mulette, est le gosier des oiseaux de proie, où la mangeaille tombe du jabot pour se digérer. Lorsque la mulette est empelottée & embarrassée d’une humeur visqueuse & indigeste, il s’y forme quelquefois une peau qu’on appelle doublure ou double-mulette : on la purge par les pilules.
Muzer, c'est quand les cerfs commencent à entrer en rut ; ils vont pendant quelques jours la tête basse le long des chemins & des campagnes.

Nappe, c’est la peau des bêtes fauves.
Nœuds, font des morceaux de chair qui se lèvent aux quatre flancs du cerf.
Nombres & petits filets se lèvent ensemble ; & c’est ce qui se prend au dedans des cuisses & des reins du cerf.
Nouer la longe, c’est lorsqu’on met l’oiseau en mue, & qu’on lui fait quitter la volerie pour quelque temps.

0iseau branchier, c’est celui qui n’a encore la force que de voler de branche en branche. Oiseau hagard, c'est celui qui est plus farouche. Oiseau de poing, c’est celui qui fond sur le poing dès qu’il est réclamé, Oiseau de leurre, c’est celui qui fond sur le leurre aussi-tôt qu’on le lui jette. Oiseau pillard, c’est celui qui en pille un autre. Oiseau dépiteux, c’est celui qui ne veut pas revenir quand il a perdu sa proie. Oiseau âpre à la proie, c’est celui qui est bien armé de bec & d’ongles. Oiseau trop en corps, c’est celui qui est trop gras ; cela l’empêche de bien voler. Oiseau de bon guet, c’est celui qui fait bien veiller sa proie, qui fait prendre son temps pour voler quand elle part. Oiseaux de bonne compagnie, sont ceux qui ne font point sujets à dérober leurs sonnettes. Oiseau d'échappe, c’est celui qui nous vient d’ailleurs que de ceux que nous élevons. Beaux oiseaux, sont ceux qui ont les mahuttes hautes, les reins larges, bien croisés, bas assis, court jointés, & qui ont les mains longues.
Oiseler un oiseau, c’est le dresser.
Ongles, taie qui vient dans l’œil de l’oiseau à cause de quelque rhume, ou de ce que le chaperon le serre trop.
Os, sont les ergots des bêtes privées, & ce qui forme la jambe aux bêtes fauves.

Parc, est le lieu où on fait la courre pour faire venir des bêtes noires lorsqu’on les a enfermées dans les toiles.
Parchasser ou rapprocher, c’est chasser une bête avec les chiens courans, deux ou trois heures après qu’elle est passée.
Pât, mangeaille de l’oiseau de proie.
Pâter, se dit du lièvre qui emporte la terre avec ses pieds, quand il a plu, ou dans les lieux humides.
Paumille, espèce de boîte sur laquelle on met l’oiseau pour émeutir.
Pelage, se dit de la couleur des bêtes courables, & de la principale couleur du chien.
Pennage, s’entend de tout ce qui couvre le corps de l’oiseau. Le pennage se divise en quatre parties. 1°. Le duvet qui est comme la chemise de l’oiseau proche la chair. 2°. La plume menue qui couvre tout son corps. 3°. Les vanaux qui sont les grandes plumes de la première jointure des ailes. 4°. Les pennes qui s’étendent jusqu’à celle du bout de l'aile qu’on appelle le cerveau.
Pennes, sont les longues plumes, tant des ailes que de la queue. Les oiseaux ont douze pennes à la queue ; & c’est une bonne marque quand celles des ailes croisent.
Pièce, le lanier est souvent tout d'une pièce, c’est-à-dire, tout d’une même couleur.
Perlures, sont des grumeaux qu’on voit le long des perches & des andouillers d’une bête fauve.
Pierrures, c’est ce qui forme la fraise autour des meules de la tête d’une bête fauve.
Pigache, c’est lorsqu’on voit au pied du sanglier qu’il a une pince à la trace plus longue que l’autre.
Plain : l’oiseau va de plain, plane ou rase l’air, quand il vole les ailes étendues & sans les remuer.
Plateaux, sont les fientes des bêtes sauves qui sont plates & rondes, ou en forme de bousats.
Plume : donner la plume à l’oiseau, c’est lui donner une cure de plume.
Poil : mettre l’oiseau à poil, c’est le dresser à voler le gibier à poil.
Pointer, se dit de l’oiseau qui s'élève ou s’abaisse d’un vol rapide.
Poivrer l’oiseau, c’est le laver avec de l’eau & du poivre ; ce qui se fait lorsqu’il a la gale ou de la vermine, ou pour l’assurer quand il est farouche.
Prendre les devants, c’est quand on a perdu les voies d’une bête, & que l’on fait un grand tour pour en rencontrer d’autres. C’est aussi quand le Veneur a rembuché une bête, qu’il en prend les devants avec son limier, pour la détourner & être assuré qu’elle demeure.

Quacquecendre, est le fîux-de-ventre, & le flux-de-sang des loups & des chiens.
Quinteux, se dit de l’oiseau qui s’écarte trop.

Rabattre, c’est lorsqu’un limier ou un chien couran tombe sur les voies d’une bête qui va de temps, qui s’en rabat, remonte & en donne la connaissance à celui qui le mène.
Ramollir l’oiseau, c’est frotter son pennage avec une éponge trempée.
Randonnée, c’est quand une bête donnée aux chiens, tourne deux ou trois tours dans le même lieu.
Rapprocher une bête, c’est la parchasser avec les chiens courans. On se sert de ces mots parchasser & rapprocher, à cause que les chiens sont obligés d’aller doucement pour tenir la voie d’une bête qui est passée deux ou trois heures auparavant.
Raser, se dit, 1°. De l’oiseau qui vole de plain. 2°. Du gibier qui se tapit contre terre pour se cacher. La perdrix se rase quand elle aperçoit l’oiseau de proie.
Rayer les voies d’une bête, c’est faire une raie derrière le talon de la bête ; ce qui ne se doit faire qu’à celle qu’on veut détourner, pour la faire connaître à ceux qui sont au bois.
Receler : la bête est recelée quand elle demeure deux ou trois jours dans son fort ou enceinte sans en sortir.
Réclame & réclamer, se dit des oiseaux de proie qu’on fait revenir sur le poing avec le tiroir & la voix.
Resuites, sont les lieux où les bêtes vont lorsqu’on les chasse.
Relaissé, se dit du lièvre qui, chasse par les chiens, se met sur le ventre.
Relevée d’une bête, c’est quand elle se lève & sort du lieu où elle a demeuré le jour pour aller se repaître.
Rembuchement, c’est lorsqu’une bête est entrée dans le fort, & qu’on brise sur ses voies haut & bas de plusieurs brisées.
Reposée, est le lieu où les bêtes fauves se mettent sur le ventre pour y demeurer & dormir le jour.
Requêter, c’est lorsqu’on va chercher avec le limier la bête qu’on a courue & brisé la veille au soir, pour la relancer aux chiens.
Ressui, c’est le lieu où la bête fauve se met pour s’essuyer de la rosée du matin, avant que d’aller à la reposée.
Ridées, sont les fientes des bêtes fauves, qui sont ridées aux vieux cerfs & aux vieilles biches seulement.
Rider, c’est quand le chien suit la voie d’une bête sans crier.
Rondon, voyez Descente.
Rouée, tête rouée, se dit des bêtes fauves dont les poches sont ferrées & peu ouvertes.

Saurage, se dit de la première année d’un, oiseau, tel qu'il soit, avant qu’il ait mue. L'oiseau croît toute l’année du saurage, son premier pennage est roux.
Siller, c’est coudre avec une aiguillée de fil les paupières d’un oiseau de proie ; ce qu'on fait aux oiseaux passagers dès qu’on les a pris, afin qu’ils ne voient goutte, &. qu’ils ne se débattent point.
Sole, est le milieu du dessous du pied des grandes bêtes.
Sommées, se dit des pennes de l’oiseau qui ont pris leur croît entier.
Sor, voyez saurage. Il ne se dit que des oiseaux de passage, & non des branchiers ni des niais.
Souille, c’est quand la bête noire se met sur le ventre dans l’eau & dans la bourbe.
Suivre, c’est lorsque le limier suit les voies d’une bête qui va d’assurance ; quand elle suit, c’est la chasser.
Sur-andouiller, est un andouiller plus long que les autres.
Sur-aller, est quand le limier ou le chien courant passe sur les voies d’une bête sans en rabattre & sans en remontrer à celui qui le mène.
Surneigées, sont les voies des bêtes où la neige a tombé, de même que les surpleues, sont celles où il a plu.

Taquet, est un bout d’ais sur lequel on frappe pour rappeler l'oiseau qu’on nourrit pour le dresser.
Teneur, c’est le nom de l’oiseau qui donne la troisième attaque au héron dans son vol.
Tenir à mont, c’est lorsque l’oiseau se soutient en l’air en attendant qu’il découvre quelque proie.
Tête : faire la tête d'un oiseau, c'est l’accoutumer au chaperon.
Tiercelet, c’est le mâle des oiseaux de proie : on le nomme ainsi, parce qu’il est plus petit d’un tiers que la femelle de son espèce.
Tirer de longue, c’est quand la bête va sans s'arrêter.
Tiroir, c’est proprement une paire d’ailes de chapon ou de dindon, qui sert aux Fauconniers à rendre leurs oiseaux gracieux, & à les rappeler au poing.
Toucher au bois, voyez Fréouer.
Trace, empreinte du pied des bêtes noires.
Train, c’est la trace du vol de l'oiseau ; & quand on le fait devancer par un autre oiseau dressé, c’est lui faire le train.
Trait, est la corde de crin attachée à la botte du limier qu’on mène au bois.
Troches, fumées à demi-formées.
Trolle : aller à la trolle, c’est découpler les chiens dans un pays de bois, pour quêter & lancer une bête que l’on veut courre sans avoir été la détourner.

Vaines, sont des fumées de bêtes fauves, légères & mal pressées.
Vannes, grandes plumes des ailes des oiseaux de proie.
Vautrait, chasse des bêtes noires avec les mâtins.
venaison, est le temps où les bêtes sont plus en chair, meilleures à manger, & plus aisées à forcer.
Vertolier, se dit de l'oiseau qui se plaît au vent, & qui s’y laisse quelquefois emporter.
Verge de huau, baguette d'Oiseleur un peu longue, garnie de quatre piquets, auxquels on attache les ailes d’un milan appelé huau.
Verge de meute, baguette garnie de trois piquets, avec des ficelles auxquelles on attache un oiseau vivant qui, étant lié, s’appelle meute.
Vermiller, c’est lorsque les bêtes noires suivent du boutoir la trace des mulots pour dénicher leurs magasins.
Vervelles, c’est l’anneau ou plaque qu’on attache au pied de l'oiseau, & sur lequel est l’empreinte des armes du Maître.
Viandis, pâture des bêtes fauves. Les biches sont gourmandes & fracassent le bois : voyez Hardées. Les cerfs ne viandent qu’à la pointe du bois, & on ne les reconnaît qu’à leur viandis séparé des autres.
Vilain, se dit de l’oiseau qui ne chasse que pour la cuisine. Les milans & les corbeaux sont des vilains, qui ne combattent que les poulets.
Vol, se dit de l’équipage des chiens & des oiseaux de proie qui servent à prendre le gibier.

 

 

 


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