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Page de garde de l'Abrégé de la vie des plus fameux peintres - Reproduction © Norbert Pousseur

Jean François Grimaldi dit Le Bolognèse
peintre lombard
né en 1606 et mort en 1680

Jean François Grimaldi, peintre italien - Reproduction © Norbert Pousseur

 

 

Gravure et texte extrait de l'ouvrage 'Abrégé de la vie des plus fameux peintres' d'Antoine Joseph Dezallier d'Argenville, édition de 1762, collection personnelle.

 

Jean-François Grimaldi Bolognèse doit sa   naissance à la ville de Bologne, en 1606 ses études sous les Carraches, dont il était parent, et les progrès, qui annonçaient des dispositions naturelles, le firent distinguer dans le paysage, et il dessinait assez bien la figure.

Arrivé à Rome, pour se perfectionner, il copiait toutes les belles choses qui se présentaient à lui. Innocent X, rendant justice à son talent, le fît peindre en concurrence avec Jean Paul Scor et d’autres habiles peintres dans le palais du Vatican, et dans la galerie de Monte Cavallo. Ce Pontife le venait voir travailler, et s’entretenait familièrement avec lui. Le Prince Pamphile son neveu, ne l’aimait pas moins ; il l’occupa à orner sa maison de Bel respiro, qui est à la porte de Saint Pancrace. Chacun, à l’exemple de ces Princes, recherchait  le Bolognèse, et se faisait un plaisir d’avoir de ses ouvrages.
Sa réputation parvint jusqu'à Paris, chez le cardinal Mazarin : il fit venir le Bolognèse, lui donna une grosse pension, et pendant trois ans, ce peintre embellit son palais et le Louvre, par ordre de Louis XIV. Les troubles de l’État et les bruits répandus contre le cardinal dont il soutenait le parti avec chaleur, lui firent courir quelque risque, en sorte que ses amis lui conseillèrent de se retirer chez les Jésuites. Le Bolognèse ne leur fut pas inutile ; ayant peint une décoration pour l’exposition du Saint Sacrement, pendant les derniers jours du carnaval, selon l’usage de Rome (On fait à Rome, pendant les trois derniers jours du carnaval, des expositions du saint Sacrement avec de grandes décorations transparentes, et éclairées de quantité de lampions.). Ce morceau fut extrêmement goûté à Paris, et mérita deux visites de Sa Majesté, qui lui en commanda une pareille pour sa chapelle du Louvre.

Tous ces travaux étant finis, le Bolognèse demanda permission au Roi de retourner en Italie. À son arrivée à Rome, il ne trouva plus son grand protecteur  Innocent X ; mais ces deux successeurs Alexandre VII et Clément IX, l’honorèrent également de leur amitié, et ne laissèrent point reposer son pinceau ; il servit à orner les frises du nouvel appartement et la galerie de Monte Cavallo. Le Connétable Colonna et le Prince Pamphile eurent leur tour, et le Bolognèse fit briller de plus en plus sa capacité et son génie.

Son coloris est vigoureux et frais, sa touche belle et légère, ses sites beaux, sa fresque admrable, son feuillé enchanté, ses paysages dans le goût des Carraches, peuvent servir de modèle à ceux qui veulent s’attacher à ce genre de peinture ; on les trouve cependant quelquefois un peu trop verts. Il a bien su l’architecture, et il a gravé a l’eau forte, d’une excellente manière, quarante-deux paysages dont cinq d’après le Titien.

Le Bolognèse qui était bien fait, avait des manières qui le firent aimer de tout le monde, surtout du fameux Algarde. L’académie de saint Luc le nomma deux fois Prince. Il fut généreux sans être prodigue, affectueux avec les Grands sans bassesse, et très charitable envers les pauvres. Un gentilhomme Sicilien qui s’était retiré de Messine à Rome avec sa fille, pendant les troubles du pays, était si misérable qu’il n’avait pas de pain. Comme il demeurait  vis-à-vis de la maison du Bolognèse, celui-ci ne fut pas longtemps sans en être instruit ; il alla dès le soir heurter à la porte du Sicilien, et sans se faire connaître, il jeta de l’argent et se retira. La chose étant arrivée plus d’une fois, le Sicilien curieux de savoir qui était son bienfaiteur, se cacha en dehors de la porte, vint l’embrasser et le remercier à genoux ; le Bolognèse en resta confus, il lui offrit sa maison, et ils furent amis jusqu’à la mort.
Plusieurs autres traits de générosité ont distingué cet artiste ; enfin attaqué d’une hydropisie, il subit à Rome la loi commune à tous les mortels, en 1680, dans sa soixante-quatorzième année, laissant des biens considérables à six enfants, dont le cadet nommé Alexandre, fut assez bon peintre.

Ses dessins sont très recherchés, la plume en est fine et bien maniée, le feuillé net et de bon goût, avec des sites très heureux : sa manière est fière et savante ; il est facile de connaître les dessins de ce maître, à la forme de ses fabriques, à la figure pommelée de ses arbres, placés dans le lointain et aux montagnes hachées de lignes fines perpendiculaires ou peu couchées.
Ses principaux ouvrages se voient à Rome : deux grands paysages dans l’église de Saint Martin dei manti ; à la Madona della vittoria, plusieurs morceaux à fresque, dans une chapelle incrustée de pierres fines, et ornée de beaux stucs ; celle de Sainte Marie in publicolis, fait voir dans une chapelle les portraits les sépulcres, le saint François, et quelques autres morceaux ; deux sujets de l'histoire de la Vierge et de l’enfant Jésus, dans l’église de Cruciferi, à la fontaine de Trêves ; la seconde chapelle à droite de l’église de l' Anima, est ornée de fresques de la main, ainsi que la galerie du palais Santa Croce, et la chapelle du même nom, dans l’église de Tivoli.
La galerie de la villa Rusina, qui appartient aux Falconieri, à Frescati, est peinte de sa main.
À Plaisance, il a fait plusieurs paysages dans le palais Costa.
À Paris, il y a deux galeries au palais Mazarin, remplies de ses ouvrages.

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