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Page de garde de l'Abrégé de la vie des plus fameux peintres - Reproduction © Norbert Pousseur

François Primatice
peintre lombard

né en 1504 et mort en 1570

et Nicolo de Modène

François Primatice, peintre italien - Reproduction © Norbert Pousseur

 

 

Gravure et texte extrait de l'ouvrage 'Abrégé de la vie des plus fameux peintres' d'Antoine Joseph Dezallier d'Argenville, édition de 1762, collection personnelle.

Ce grand artiste est connu sous les noms de François Primatice et de saint Martin de Bologne, à cause d’une Abbaye de ce nom qui est à Troyes,  et que lui avait donné François I.

Ayant reçu le jour à Bologne en 1490 (sa date de sa naissance à été contestée par les auteurs), de parents nobles, il se mit sous la conduite d'lnnocenzio da lmola, peintre estimé, et passa ensuite dans l'école de Bagna Cavallo, élève de Raphaël. L'étude qu’il fit à Mantoue pendant six années sous Jules Romain, le perfectionna, et il en donna des preuves dans le palais du T, où il fit dans une grande pièce deux frises de stuc l'une sur l’autre, avec quantité de figures qui représentent l'ancienne milice des Romains.

François Ier ayant demandé un peintre au Duc de Mantoue, celui-ci lui envoya le Primatice en 1531. A peine fut-il arrivé, qu’il gagna la confiance du Roi ; il fut le premier qui fit paraître en France les beaux ornements de stuc, qu’il entendait parfaitement. Dans la peinture, ainsi que dans l’architecture, sa capacité et son excellent génie ne parurent pas moins. Maître Roux était venu en France un an avant lui, et était Intendant des bâtiments. Il avait commencé plusieurs ouvrages, entre autres, la grande galerie de Fontainebleau, dont le Primatice était fort jaloux. Le Roi renvoya celui-ci en Italie en 1540, neuf années après son arrivée en France ; le sujet spécieux de ce voyage, fut d’aller chercher des figures antiques ; mais la jalousie de ces deux peintres que le Roi voulait faire cesser, en fut la véritable cause.
Le Rosso étant mort pendant ce voyage, le Primatice  fut rappelé de Rome pour exercer sa place d’intendant des bâtiments. Il revint avec cent vingt-cinq figures antiques, quantité de bulles, et les creux de la colonne Trajane, du Laocoon (on appelle creux, en terme de sculpture, les plâtres que l’on jette sur les sculptures et que l’on retire ensuite par morceaux, qui se rassemblent et servent à mouler une figure en plâtre semblable à l’original.), de la Vénus de Médicis, de la Cléopâtre, de des  plus fameuses figures ; toutes ces antiques furent jetées en bronze de placées à Fontainebleau ; ce fut en ce temps-là que le Roi lui donna l'Abbaye de saint Martin de Troyes.

Sa jalousie contre maître Roux ne cessa point par sa mort ; Primatice fit abattre plusieurs édifices faits d'après ses desseins, sous prétexte d'agrandir les appartements du château. Il commença aussi à peindre la galerie qui l'occupa pendant huit années.
Ce sont Primatice et Maître Roux qui ont apporté en France le goût Romain, de la belle idée qu’on doit avoir de la peinture. Les artistes les plus fameux changèrent aussitôt de manière ; jusqu'aux  vitres et aux émaux, tout devint excellent ; on fit aussi bien qu'en Italie, des vases de terre peints d'une grande manière, et des cartons pour des tapisseries.

Le Primatice était bon compositeur ; les attitudes de ses figures sont tournées savamment dans le goût du Parmesan ; sa touche est légère, et son ton de couleur est assez bon. Il y a cependant encore plusieurs choses à désirer dans ses tableaux. Sa manière expéditive lui faisait passer sur bien des parties de la peinture qu’il a négligées, telles que la correction, le naturel, et on le trouve toujours maniéré.
Après la mort de François Ier, le Primatice servit  Henri II ; et après ce Prince, François II qui le nomma commissaire général de ses bâtiments dans tout le Royaume. François Ier étant mort, Charles IX le prit à son service, et lui donna ordre de travailler à la sépulture de son père Henri II.

Le Primatice était non seulement un grand peintre, mais un excellent architecte pour ordonner des fêtes, des mascarades, des ballets et des comédies. Il donna le dessin du tombeau de François Ier à saint Denis. Quoiqu’il fût pourvu d’une Abbaye considérable, la peinture remplissait ses plus chers moments. Il vivait plus en courtisan qu’en peintre, et sa libéralité s'exerçait envers tous les artistes qui travaillaient sous lui : son mérite, en l’élevant aux emplois, s’est toujours montré supérieur à ceux qu’il a occupés ; sa mort est marquée, à Paris, en l’année 1570, à l’âge de quatre- vingt ans.

Comme le Primatice se mêlait de donner des dessins des ouvrages de peinture, de sculpture, d’architecture, d’arcs de triomphe, d’ameublements, de fontaines, de ballets, de mascarades et d'orfèvrerie ; il eut un concurrent en la personne de Benvenuto Cellini, joaillier et sculpteur Florentin. Le Roi lui avait ordonné un colosse pour une fontaine ; ce sculpteur ayant négligé de faire voir son modèle à la Duchesse d’Estampes maîtresse du Roi, avant que de le montrer à ce Monarque, cette Dame lui fut toujours contraire, et favorisa le Primatice. Elle empêcha le Roi de venir voir pendant le jour dans la galerie de Fontainebleau, un Jupiter de la main de Cellini, quelle avait fait placer exprès à côté des belles figures antiques qui venaient de Rome. Le sculpteur qui s'aperçut de l’artifice, aux approches de la nuit, éclaira sa figure avec un flambeau placé au dessus de la tête, ce qui fit venir le jour par dessus. La Duchesse et le Primatice furent surpris du grand effet de la lumière, et ne purent arrêter les louanges du Roi et de toute la Cour. Cet homme ingénieux à qui la nuit devait être contraire, trouva de cette manière le moyen de se la rendre favorable ; le Primatice soutenu de Madame d'Estampes, fit naître dans la suite d'autres occasions de faire congédier cet sculpteur.


Parmi un grand nombre de peintres qui ont travaillé sous le Primatice, aucun ne s'est plus distingué que Nicolo de Modène, né en cette ville en 1512, et connu sous le nom de Messer Nicolo del Abbate, non parce qu'il était élève du Primatice, abbé de saint Martin, comme plusieurs l'ont avancé, mais parce qu’il était de la famille Abbati, qui est son vrai nom. Il n'a donc jamais été élève du Primatice, mais d'Antonio Bigarelli sculpteur Modénois, chez lequel il a commencé à travailler ; les beaux tableaux d'Italie ont fait le reste, et l'ont perfectionné au point qu'il a peint dans le palais de l’Institut de Bologne, dans la frise d’un appartement d'en haut, quatre morceaux galants et excellents ; le premier, est un jeu entre quatre hommes et autant de femmes ; le second, est de six personnes, dont deux présentent à boire à des femmes ; le troisième et le quatrième, sont des concerts entre six personnes hommes et femmes. Il a de même peint à Modène, les boucheries, l'Eglise saint Pierre des Bénédictins, et le palais Scandiano ; de sorte qu'il était déjà fort habile, quand le Primatice le manda en France en 1552, à l'âge de quarante ans : c’est une preuve certaine qu'il n'était pas son élève ; mais il a beaucoup suivi sa manière de peindre ; et sur ses dessins, il a exécuté à Fontainebleau à fresque, la plus grande partie des cinquante-huit tableaux de la galerie d’Ulysse ; l’histoire d’Alexandre en six morceaux, dans la chambre dite de Madame d’Estampes ; dans celle de saint Louis, les travaux d’Ulysse à son retour du siège de Troie, en sept tableaux ; la salle du bal, aujourd’hui la salle des cent Suisses, où sont plusieurs sujets de la fable au plafond, sur les murs des côtés, et sur la cheminée, avec un concert de musique sur la porte. Toutes ces pièces existent aujourd’hui, excepté la grande galerie, qui a été entièrement détruite pour y bâtir une aile où logent les Seigneurs de la Cour.
Le château de Beauregard près de Blois, a dans sa chapelle une descente de croix, et dans le plafond, dix anges portant les instrument de la passion ; il a peint à fresque, autour de cette chapelle, un tableau de la résurrection du Sauveur.
On admire à Paris à l’Hôtel de Soubise, une chapelle peinte entièrement de sa main ; les voyages d’Abraham et de Jacob sont au plafond ; et sur les murs, les pèlerins d’Emmaüs, une résurrection, un Noli me tangere, et saint Pierre marchant sur les eaux ; l’adoration des mages ; plusieurs dessus de porte qui sont des jeux d’enfants, à l’Hôtel de Toulouse ; tout a été retouché par les Boullongne, l’enlèvement de Proserpine, peint sur toile au palais Royal. Nicolo mourut à Paris fort âgé.


Les dessins du Primatice sont d’autant plus à considérer, qu’ils sont faits avec soin. Il dessinait ainsi, afin que fes élèves pussent exécuter plus facilement ses pensées en peinture. On en trouve sur du papier teint en rouge, arrêtés d’un trait de sanguine hachée finement, et relevés de blanc au pinceau de même, et souvent croisé. Il y en a dont la plume est aussi belle que celle du Parmesan ; d’autres sont avec un trait de plume lavés au bistre avec du blanc : les attitudes un peu forcées de ses figures, leur proportion trop svelte, une manière singulière souvent peu correcte, indiquent le Primatice.
Les dessins de Nicolo, quoique dans le même goût et aussi terminés, tiennent de Jules Romain et du Parmesan. Ils sont arrêtés d’un trait de plume lavés au bistre et rechaussés de blanc, ses figures sont moins longues que celles du Primatice.

Les principaux ouvrages du Primatice, étaient à Fontainebleau dans la grande galerie appelée d’Ulysse, qui est entièrement abattue ; il y avait de sa main quatorze tableaux de l'Histoire d’Ulysse, dans les compartiments de stuc qui ornent la voûte ; quarante-quatre autres tableaux des travaux d’Ulysse en revenant du siège de Troie, étaient peints d’après ses dessins par Nicolo ; la reddition de la ville du Havre sous Charles IX, qui est au-dessus de la porte ; et la grande salle du bal, aujourd’hui la salle des cent Suisses, sont peintes à fresque de sa main ; ce sont les travaux d’Ulysse avant son voyage de Troie ; la chambre de saint Louis où sont sept tableaux des principales actions d’Ulysse peintes sur ses dessins, retouchés et en partie ruinés ; ce sont différents sujets de la fable ; la salle des Gardes est encore peinte d’après ses dessins ; le septième tableau est de Boullongne le jeune.
Le château de Meudon est bâti sur ses dessins, ainsi que le tombeau de François Ier à saint Denis.
Le Primatice peignit au château de Meudon appartenant au cardinal de Lorraine, une grotte composée de plusieurs pièces, entre autres de celle du pavillon, où il y avait quantité de figures peintes à fresque dans le plafond ; on a détruit cette grotte en bâtissant le nouveau château, du temps de Monseigneur le Dauphin aïeul du Roi.

Les meilleurs graveurs du Primatice, sont Leon Daven, Antoine Fantulz,i, George Mantuan, Diana Mantuana, Jules Bonasone, Dominique Florentin, Théodore, Van-Thulden, Antoinette Bouzonnet Stella, et autres. Il y a plus de deux cents pièces gravées d’après ce maître.

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