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Page de garde de l'Abrégé de la vie des plus fameux peintres - Reproduction © Norbert Pousseur

Le Schidone
peintre lombard

né en 1578 et mort en 1615

Le Schidone, peintre italien - Reproduction © Norbert Pousseur

 

 

Gravure et texte extrait de l'ouvrage 'Abrégé de la vie des plus fameux peintres' d'Antoine Joseph Dezallier d'Argenville, édition de 1762, collection personnelle.

 

Barthelemi Schidone mérite une place parmi les grands peintres. Il naquit dans la ville de Modène, environ l’an 1560. Quoiqu’il fût élève des Carraches, il a suivi entièrement la manière du Corrège : il doit à ce grand maître les grâces qu’on remarque dans ses tableaux, et personne n’a si parfaitement imité son style. 

Ses premiers ouvrages firent grand bruit à Modène, et lui fournirent bien des occasions de se signaler. Le Duc Ranuccio de Parme, qui protégeait  les arts, l’attira à son service, le combla de biens, et le nomma son premier peintre. Il lui donna, dans la terre de Felegara, une maison commode pour pouvoir peindre en repos : Schidone s’y maria, mais il n’eut point d’enfants. Le Duc lui fit peindre tous les portraits de sa maison, et la variété qu’il sut y répandre, fit bien valoir toutes les autres parties de la peinture.
Les tableaux du Schidone sont aussi rares que ses dessins. Le cavalier Marin fut, selon Vidriani, cinq ans à en obtenir un de sa main ; et il rapporte dans une de ses lettres, que tous les connaisseurs prirent ce morceau pour être du Parmesan  ou du Corrège. Quel éloge pour Le Schidone, de disputer avec de tels maîtres !

La malheureuse passion qu’il avait pour le jeu, lui faisait beaucoup perdre de temps. C’est, sans doute, la raison pour laquelle ont voit si peu de ses ouvrages. Il perdit dans une nuit une grosse somme, qu’il n'était pas en état de payer ; et il en fut si touché, qu’il mourut de douleur à Parme, en 1616, âgé d’environ cinquante-six ans.

Peu d’auteurs ont parlé de ce peintre, et même ceux qui ont écrit des peintres Modenois, en ont rapporté peu de traits. Le Schidone est élégant dans son style, et la touche est admirable ; sans être exactement correct, les grâces qu’il a répandues dans ses tableaux, ses beaux airs de têtes, son précieux fini, attirent à eux les yeux des connaisseurs ; on y trouve un rajout de couleur, et une chaleur de pinceau peu commune. Ses tableaux, ses dessins sont extrêmement recherchés, et sont aussi chers et plus rares que ceux de Raphaël. On pourrait souhaiter d’y trouver les mêmes pensées, les mêmes ordonnances, et une aussi grande correction.

Nous ne connaissons point ses disciples.
Le petit nombre de dessins que nous avons de ce peintre, est excellent. Les uns sont heurtés d’une, grande manière, à la plume avec de grandes masses à l’encre de la Chine, et un peu de blanc au pinceau sur les grands jours. On y trouve, sans qu’il y ait rien de formé, une touche hardie, et un feu qui étonnent; quand on les regarde d’un certain point, ils font tout l’effet du tableau. Les autres dessins sont plus arrêtés et faits de la même manière ; ils expriment les grâces dont ce peintre était inspiré, et l’on y découvre un caractère et une finesse qui accompagnent toujours les vrais dessins de ce maître.

Les ouvrages du Schidone sont à Plaisance et à Modène.
Dans l’Eglise de saint François de la ville de Plaisance, on voit, du côté de la chapelle de la Conception, une Vierge avec des anges et divers saints : c’est un de ses plus beaux tableaux.
Au palais Scotti à Plaisance, une Vierge, en petit ; une autre tête fort belle.
Dans la Ville de Modène, à saint Pierre martyr, il a fait une belle copie de la fameuse nuit du Corrège ; dans la chambre neuve du conseil, un Coriolan et plusieurs figures symboliques très belles ; dans la maison de Prospero Toschi, une Vierge qui tient l’enfant Jésus avec plusieurs saints.
Dans la galerie de l’archevêque de Milan, une Vierge, en petit avec saint François, peinte sur bois.
Chez le Duc de Modène, tous les portraits des Princes de sa maison sont faits de sa main, une frise avec des enfants, et les forces d’Hercule autour d’une petite cour du palais.
Chez le Grand Duc, une sainte famille assise, avec saint Jean-Baptiste et deux anges.
M. le Duc d’Orléans possède une sainte famille et une Vierge qui montre à lire à l’enfant Jésus, tableaux peints sur bois.
Ce maître a gravé de sa main une sainte famille, en petit ; J. Smith une Vierge d’après lui, à la manière noire ; et Sisto Badalocchio une autre sainte famille, à l’eau forte.


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