| Accueil | Présentation | Contenu | Galerie | Répertoire | Lieux | Thèmes |
Texte ci-dessous extrait des Costumes français depuis Clovis jusqu'à nos jours
Épingle : L’épingle est un petit instrument de métal, droit, pointu par un bout, ayant une tête à l’autre, qui sert d’attache amovible au linge et aux étoffes, pour fixer les différents plis qu’on donne à la toilette, à l’ouvrage. François Besson dit que l’invention des épingles est due aux dames, et fait sans doute beaucoup d’honneur à leur modestie, car c’est avec elles qu’on attache les fichus, les cornettes, les coiffes, les voiles ; d’ailleurs elles mettent les insolents en risque de se faire des blessures. Enfin, dit galamment Besson, ce sont les épines des roses chrétiennes. Quoique de tous les ouvrages mécaniques, l’épingle soit le plus mince, le plus commun et le moins précieux, ç’est peut-être celui qui demande le plus de combinaisons. Tant il est vrai que l’art ainsi que la nature étale ses prodiges dans les plus petits objets, et que l’industrie est aussi bornée dans ses vues qu’elle est admirable dans ses ressources. Une épingle, avant d’être livrée au commerce, passe dans les mains de dix-huit ouvriers différents. Avant l’invention des épingles, les dames se servaient de brochettes de bois très déliées, très flexibles. Les premières épingles furent faites en Angleterre en 1543. On fait des épingles d’or, d’acier, etc. Quelques-unes ont pour tête de petits brillants. Elles servent à la coiffure, à la parure. On dit d’une femme affectée dans sa parure, qu’elle est tirée à quatre épingles. Épingle se dit aussi du présent qu’on fait aux filles ou aux femmes lorsqu’elles ont rendu quelque service, ou qu’on achète quelque chose où elles ont part. Épingle est pour les femmes ce que pot-de-vin est pour les hommes. Que de guerres civiles causées à Paphos pour une épingle ôtée ou remise ! On disait jadis délit d’épingle, parce qu’en 1445 une insigne latronesse dont on ignore le pays, mais qui n’était de Paris ni des environs, ni peut-être même de France, creva les yeux à un enfant de deux ans, et commit le délit d’épingle, ce qui était une grande cruauté. Cette femme fut mise en croix ; on l’exécuta tout échevelée, avec une longue robe, et ceinte d’une corde, les deux jambes liées ensemble au-dessous. Toutes les femmes de Paris, à cause de la nouveauté, la voulurent voir mourir, chacune interprétant son supplice à sa manière. Les unes disaient que c’était à la mode de son pays ; d’autres, que la sentence le portait ainsi, afin qu’il en fût plus longuement mémoire aux autres femmes ; toutes que ce crime méritait une plus grande punition. L’épingle n’a pas toujours été pour les dames l’arme de la cruauté. On sait quel usage en faisait, au temps du roi Jean dit le Bon, la dame des Belles cousines. C’est en portant une épingle à sa bouche qu’elle indiquait un rendez-vous au petit Jehan de Saintré, et, dit l’historien véridique des amours de cette princesse et de ce page, elle mettait si souvent l’épingle en jeu qu’on craignait que l’habitude ne gâtât bientôt les plus belles dents du monde ; il fut même question de la dénoncer pour ce fait, comme coupable d’attentat sur elle-même, à la Cour d’amour, qui l’eût probablement acquittée sur la question intentionnelle. Les épingles sont des instruments belliqueux, même pour les hommes. Un tacticien ne saurait s’en passer. On s’en sert pour indiquer sur les cartes géographiques les positions des armées. Texte extrait du Dictionnaire universel de Commerce, de Jacques Savary des Bruslons et Philémon Savary, édition 1723 - collection personnelle ESPINGLE / ÉPINGLE. Petit brin de laiton tiré à la filière, blanchi, et coupé d’une certaine longueur, qui a une tête d’un côté, et une pointe de l’autre, qui ferra attacher des habits, du linge, des coiffures, etc. et qui est d’un usage très commun et très grand dans le ménage. L’on fait aussi des Épingles de fer, qui étant blanchies comme les autres, passent pour être de laiton : mais ces sortes d’Épingles ne sont pas permises en France, à cause de leur mauvaise qualité ; et plusieurs Arrêts du Parlement de Paris en défendent la fabrique et le débit. Il y a une Sentence du 16 Juillet 1695, du Lieutenant Général de Police, exécutée dans la cour de son Hôtel, qui confirme la saisie qui avait été faite par les Jurés Épingliers, de plusieurs milliers de ces Épingles de fer blanchies, et qui ordonne qu’elles soient brûlées. Ce commerce est si sévèrement interdit, et l’usage de ces sortes d’Épingles jugé si dangereux, qu’en d’autres lieux elles sont brûlées par l’Exécuteur de la haute Justice. L’on trouve à la suite des Statuts de la Communauté des Maîtres Épingliers de Bordeaux, un Arrêt du Parlement de cette Ville, qui les y condamne, et le procès-verbal de l’exécution, l’un du 30 Mars 1634, et l’autre du 7 Avril de la même année. Il n’est pas néanmoins défendu de fabriquer des Épingles de fer, vernies en noir pour le deuil. Les Épingles qu’on estime les meilleures, sont celles d’Angleterre ; celles de Bordeaux suivent, et ensuite celles qui se font à Rugles, à Laigle, et en quelques autres endroits de Normandie. Les Épingles de Paris ne le cédaient point autrefois à celles d’Angleterre ; et elles conservent même encore leur réputation, quoiqu’il ne s’y en fabrique plus et que celles qu’on y vend sous ce nom, et dont le commerce est très considérable, viennent toutes de Normandie. La perfection d’une bonne Épingle consiste à la raideur du laiton, qui ne plie point, et en son blanchiment : il faut aussi que la tête soit bien tournée, et Ies bouts bien limés, en sorte qu’ils ne puissent égratigner. L’appointage et le blanchiment de Paris avaient toujours passé pour les meilleurs : l’appointage, parce que les Ouvriers, après avoir passé la pointe de leurs Épingles sur la meule, l’adoucissaient sur le polissoir ; ce qu’on ne fait guère dans les fabriques des Provinces ; et le blanchiment, parce que les Épingliers de Paris employaient, pour blanchir leurs ouvrages, de l’étain fin bien calciné, et souvent des feuilles d’argent préparées par les Batteurs, d’or, du moins pour les plus fines Épingles, qu’on nomme, façon d’Angleterre. En Normandie, et dans les autres lieux de France, où l’on fait des Épingles, on ne se sert guère que d’étain, de plomb, et de vif-argent, mêlés ensemble dans la fonte ; ce qui non-seulement les blanchit moins bien, mais est encore très dangereux, à cause de la mauvaise qualité de ce minéral, qui rend la piqûre de celles, qui en sont blanchies, très difficile à guérir. Le premier blanchiment, c’est-à-dire, le blanchiment de Paris, s’appelle Blanchiment à l’eau ; et l’autre, Blanchiment au pot. Depuis que la fabrique des Épingles de Paris est tombée, les Ouvriers de Rugles, pour les mieux imiter, se sont accoutumé de blanchir à l’eau, et y réussissent assez bien. Le commerce des Épingles a toujours été très grand en France ; et quoiqu’il ne s’en fabrique présentement que peu ou point à Paris, on ne peut imaginer combien est considérable le négoce que les Marchands Merciers de cette Ville en font, et pour quelles sommes ils en débitent, soit dans cette Capitale même, soit par les envois qu’ils ont coutume d’en faire dans les Provinces, et dans les Pays étrangers. La plupart du fil de laiton, dont on fait les épingles de France, vient de Stockholm, d’où les Marchands de Paris en tirent quantité de divers échantillons, propres à plusieurs sortes d’ouvrages. Les plus déliés de ces laitons s’emploient par les Épingliers, particulièrement par ceux de Rugles, qui sont au moins au nombre de cinq cens Ouvriers, tous les Habitants de cette petite Ville n’étant guère occupés qu’à faire des épingles, et en vendre. La consommation de ce fil à épingles est si grande, qu’il s’en débite à Paris seul pour plus de cinquante mille écus par an. Il n’y a guère de marchandises qui se vendent moins cher que les Épingles ; et cependant il n’y en a point qui passent par plus de mains, avant que de pouvoir être mises en vente. L’on compte jusqu’à plus de vingt-cinq Ouvriers, qui y travaillent successivement, depuis que le fil de laiton a été tiré à la filière, jusqu’à ce que l’Épingle soit attachée au papier. Les Épingles pour la vente en gros se débitent au sixain, c’est-a-dire, en paquet de six milliers, chaque millier de dix cens. Le papier où on les pique, de la manière qu’on le dira dans la suite, s’appelle Papier à Épingles, et se fabrique dans quelques moulins de Normandie, et du Pays du Maine. Pour piquer les Épingles, ou plutôt pour faire les trous dans les papiers où on les pique, on se sert d’un instrument d’acier fait en manière de peigne, dont les dents, de la grosseur et de la distance convenables aux divers numéros des Épingles, sont d’un seul coup de marteau qu’on donne dessus tous les trous nécessaires pour chaque quarteron. Les milliers sont divisés en demi-milliers par un espace assez large, qui les sépare dans toute la longueur du papier. Chaque demi-millier, est pour ainsi dire, subdivisé par des rangées de cinquante chacune, qui le sont elles-mêmes au milieu par un petit vide, qui les partage en deux quarterons, qui quelquefois sont de vingt-cinq Épingles, et quelquefois seulement de vingt ; cette différence néanmoins ne diminuant point le millier, qui toujours est entier ; les cinq Épingles ôtées sur chaque quarteron se remplaçant par quelques rangées qu’on ajoute au total. Cette définition de vingt-cinq et de vingt au quarteron, n’est proprement que pour le débit ; celles de vingt passant pour Épingles d’Angleterre, quoiqu’aussi-bien que celles de vingt-cinq ; elles se fassent en France. Pour distinguer les grosseurs des Épingles, on les compte par numéros : les plus petites, qui font les camions, s’appellent Numéro 3, 4, 5. Depuis les camions, chaque grosseur s’estime par un seul numéro, jusqu’au numéro 6, 7, 8, etc. mais depuis le quatorzième, on ne compte plus que de deux en deux, c’est-à-dire, numéro 16, 18 et 20, qui est celui des plus grosses Épingles. Cette maniéré d’estimer la grosseur et longueur des Épingles par numéro, qui s’observe aussi pour plusieurs autres sortes de marchandises, est très commode et très abrégée ; suffisant, sans entrer dans un plus grand détail sur leur mesure, qu’il serait même très difficile de déterminer, de mander aux Ouvriers, ou Marchands, d’envoyer tant de sixains d’un tel numéro ; tant d’un autre ; ce qui sert aussi à dresser plus aisément la facture des envois. Les paquets d’Épingles sont marqués d’une empreinte, ou marque rouge, sur le papier de chaque demi-millier, et chaque Ouvrier a sa marque différente. Les deux demi-milliers sont joints ensemble par une bande de papier, large d’environ deux doigts, qui les entoure par le milieu, et qui est attachée par une Épingle, qui est comme l’échantillon du numéro. Sur un autre papier, qui enveloppe le sixain entier, c’est-à-dire, les douze demi-milliers, il est encore marqué en rouge l’enseigne de l’Ouvrier. Au bas de cette empreinte, qui est d’environ trois pouces ou quatre, plus longue que large, est le nom de celui qui les a fabriquées. Les ouvrages de Paris, ou qui passent pour en être, sont ordinairement marqués des armes de la Reine régnante, ou de quelque Princesse ; mais toujours cette enseigne est fausse ; les Ouvriers et les Marchands, quoique contre les Statuts et Règlements de l’Épingleries, envoyant leurs papiers tout imprimés aux Épingliers de Provinces. Outre les Épingles blanches, dont on vient de parler, on fait des Épingles noires, moyennes et fines, depuis numéro quatre jusqu’au numéro dix, qui servent pour le deuil ; mais la consommation en est beaucoup moins grande qu’autrefois. Ces sortes d’Épingles, comme on l’a dit ci-dessus, peuvent être, et sont ordinairement de fer. L’on fabrique aussi quantité de grosses Épingles de laiton de différentes longueurs ; les unes a tête de même métal ; les autres à tête d’émail. Elles servent pour faire des dentelles et guipures sur l’oreiller. Enfin, il y a des Épingles à deux têtes de plusieurs numéros, dont les Dames, en se coiffant de nuit, relèvent les boucles de leurs cheveux. Elles ont été imaginées, afin que pendant le sommeil, elles ne puisent en être ni piquées, ni égratignées. Les principaux Ouvriers de Rugles et de Laigle, et des environs de ces deux Villes de Normandie, débitent presque toutes leurs épingles à Paris ; les y apportant eux-mêmes, ou les envoyant aux Correspondants, qu’ils y ont, pour ne les vendre qu’en gros aux Épingliers et Merciers de cette Ville, qui ensuite les vendent, comme on l’a dit, pour fabrique de Paris. À l’égard des petits Ouvriers Normands, qui ne peuvent faire de crédit, ils les portent chaque semaine au marché ; le mardi à L’Aigle et à Rugles le Vendredi : et c’est là aussi où les Marchands de Paris ont des Commissionnaires, qui les achètent à bon compte, et qui les leur font tenir, quand ils en ont suffisamment amassé. Les Épingles de toutes fabriques payaient autrefois en France les droits d'entrée et de sortie sur le pied de mercerie, savoir, 3 livres le cent pesant de sortie, et 4 livres d'entrée aussi le cent pesant ; mais par l'Arrêt du 3 Juillet 1691, les Épingles de fabrique étrangère payent les droits d'entrée sur le pied de 20 livres le cent pesant ; et celles de fabrique Française, les droits, de sortie, seulement à raison de 2 livres quand elles sont destinées et déclarées pour l'Étranger. ESPINGLIER. Ouvrier qui Fait des épingles, où le Marchand qui les vend.
Communauté de Paris. La Communauté des Maîtres Épingliers de Paris est très ancienne, et y était autrefois très considérable ; on y a souvent compté plus de deux cent Maîtres, qui travaillaient eux-mêmes, et qui occupaient au-delà de six cent Compagnons, y ayant tels Maîtres, qui en avaient vingt, et quelquefois trente. Depuis que la plupart des Maîtres se sont contentés d’être Marchands, et ont cessé d’être Ouvriers, et surtout depuis que de forts Marchands Merciers se sont mêlés de ce négoce, la fabrique des épingles est entièrement tombée à Paris, à peine vers l’an 1680 y avait-il cinquante Maîtres et dix-huit Veuves, encore n’y avait-il de ces Maîtres que cinq, qui travaillaient eux-mêmes, ou qui fissent travailler ; les autres ne s’appliquant qu’aux divers menus ouvrages de fil de laiton, et de fil de fer, que les Épingliers peuvent fabriquer en vetu de leurs Statuts. La Communauté ayant continué de dépérir, et aucun Ouvrier de Paris ne travaillant plus en épingle, on parla en 1690 de l’unir à une autre Communauté encore plus affaiblie, qui était celle des Aiguilliers, où il ne restait plus que six Maîtres ; ce qui fut exécuté peu d’années après, comme on le dira dans la suite. Avant cette union, le Corps était gouverné par d’anciens Statuts, renouvelés par Henri IV, dont les Lettres Patentes de 1602 furent enregistrées au Parlement le 28 Juin de la même année. On les rapporte ici en extrait, parce qu’il n’y a point eu de nouveaux Règlements donnés après la réunion des deux Communautés, et quelles ont conservé leurs Statuts, auxquels les Lettres Patentes d’incorporation n’ont ajouté que peu de choses concernant les Jurés et le chefs-d’œuvre. Trente et un articles composent ces Statuts, dont le dernier règle le nombre des Jurés à quatre, desquels deux doivent être élus par chaque an à la pluralité des voix. Chaque Maître ne peut avoir que deux Apprentis à la fois, obligés au moins pour quatre années, et avec la clause expresse que c’est pour être au pain du Maître, c’est-à-dire, pour être nourri à la maison. Si l’Apprenti s’absente plus de six mois, le brevet de son apprentissage demeure nul, et le Maîrre est tenu de le remettre aux Jurés. L’Apprentis commencé peut être fini par la veuve de son Maître, ou par un autre Maître. Avant d’être reçu au chef-d’œuvre, l’Aspirant, outre les quatre-années de son apprentissage, doit encore avoir servi un an en qualité de Compagnon. Nul n’est exempt du chef-d’œuvre que les fils de Maîtres, et les Apprentis, ou Compagnons de Paris épousant les veuves et filles de Maître, qui ne sont tenus les uns et les autres que de l’expérience. Le Patron, pour faire chef-d’œuvre, se donne par les Jurés, et se fait dans la maison de l’un d’eux, en présence de quatre Bacheliers du métier. Il consiste en un millier d’épingles, qui après avoir été achevé, doit être vu, et déployé en présence de tous les Maîtres pour en dire leur avis. Aucun Maître, ou Veuve, ne peuvent tenir plus d’un ouvroir, ou boutique pour vendre, si ce n’est la veille et le jour de l’an qu’ils en peuvent tenir deux. Cet article a été conservé des plus anciens Statuts, et on le met aussi ici pour rappeler dans un temps de profusion et de luxe, l’aimable simplicité de nos pères, qui se contentaient de donner pour étrenne des épingles aux jeunes filles ; c’est de lâ qu’est venue la coutume, qui donne encore le nom d’Épingle a certains présents qui accompagnent les marchés les plus considérables, ne se concluant guère sans qu’on n’y donne quelque chose pour les épingles, ou de ceux qui s’en sont mêlés, ou des femmes et des filles, des personnes avec qui l’on traite. Les marchandises foraines doivent être visitées et marquées du poinçon des Jurés, pour être vendues comme foraines ; et les ouvrages des Maîtres de la Ville, de leur propre marque et enseigne, pour être vendues comme Épingles de Paris. Les Compagnons Apprentis de la Ville, et les Fils de Maîtres ont la faculté de travailler en chambre, mais non pour eux. L’ouvrage que les Maîtres peuvent donner aux Compagnons chambrelans, est seulement de faire tirer, frapper, et poindre épingle, et non autre. Outre les épingles, les Maîtres Épingliers peuvent faire diverses sortes d’ouvrages de fil de laiton et de fer ; comme sont tous fers et affiquets pour coiffures de femmes, crochets, brochettes à tricoter, fourchettes de laiton et de fer, agrafes, chaînes, châssis, volières, annelets, treillis en losange ou carrés, cages de fil de laiton, etc. L’union de la Communauté des Épingliers de Paris, avec la Communauté des Aiguilliers de la même Ville, dont on a parlé ci-dessus, fut exécutée en 1695, en vertu des Lettres de Louis XIV du mois d’Octobre de la même année. Le nombre des Jurés fut réduit à trois, deux Épingliers, et un Aiguillier, dont l’un s’élit tous les ans à la pluralité des voix des Maîtres de chaque profession, en observant néanmoins de choisir deux Épingliers de suite contre un Aiguillier ; ce qui ne se pratique pourtant que peu souvent à cause du petit nombre des Aiguilliers. Le chef-d’œuvre des Épingliers ne se fait plus sur le patron des épingles ; mais chaque Aspirant est reçu sur la partie du métier qu’il s’est choisi ; l’un sur les agraffes ; l’autre sur les treillis de fil de fer, ou de laiton ; quelques autres sur les clous, qu’on appelle Clous à Tapissier et à Cordonnier, ou de (semblables petits ouvrages. À l’égard des Aiguilliers, l’ancien chef-d’œuvre subsiste toujours, si l’Aspirant se propose cette partie des deux Communautés réunies. À l’exception de ces deux ou trois changements de police, qui sont devenus communs aux deux Corps, leurs anciens Règlements subsistent toujours. La fête des deux Communautés est la Nativité de la Vierge, dont la Confrérie est établie aux Grands Augustins.
Communauté de Bordeaux. Ce n’est que depuis l’année 1584, que Les Maîtres Épingliers de Bordeaux ont été érigés en Corps de Jurande. Ils reçurent le 11 Août de cette année leurs premiers Statuts, qui pour l’essentiel ne sont guère différents de ceux de Paris, sur lesquels les Maires et Jurats de cette Capitale de Guyenne, qui les leur donnèrent, sous le bon plaisir du Roi et du Parlement, semblent les avoir dressés. Ces Statuts ne consistaient d’abord qu’en vingt-quatre articles, les Maîtres en ayant obtenu la confirmation de Louis XIV, près de cent ans après. Ils y firent ajouter quatre autres articles, qui, aussi-bien que les anciens, furent enregistrés au Parlement de Bordeaux le 18 Juin 1672, en conséquence des Lettres Patentes de Sa Majesté du mois de Mars précédent. Les Jurés, qu’on nomme Bayles, sont seulement au nombre de deux, qui se changent chaque année. Les enfants mâles des Maîtres, dont les pères sont décédés, peuvent lever boutique ; à la charge, lorsqu’ils seront en âge, d’être examinés, et de prêter serment. Nul, s’il n’est fils de Maître, n’est reçu sans chefs-d’œuvre, et ne peut tenir boutique sans avoir pris des Lettres de Maîtrise des Maire etc Jurats. L’apprentissage est de cinq années entières, après quoi les Apprentis sont reçus Compagnons. Enfin les visites des Bayles se font deux fois le mois d’obligation, et eux et les Maîtres Jurés, c’est-à-dire, qui ont fait le serment, aussi-bien que les Compagnons, en font un de demeurer dans la Ville, et non ailleurs. Outre ces articles de discipline, il y en a plusieurs qui concernent la Confrérie de Sainte Claire Patrone de la Communauté, et l’enterrement et convoi des Maîtres et Compagnons décédés.
Épinglier. Instrument de bois, qui fait partie du rouet à filer, le long duquel sont disposés de petits crochets de laiton, ou de fil de fer, à travers des deux desquels passe successivement le fil à mesure qu’il fait des silions sur la bobine ou fusée.
Retour à la liste des termes du Petit dictionnaire de l'habillement
|
![]()
Dépôt de Copyright contre toute utilisation commerciale
des photographies, textes et/ou reproductions publiées sur ce site
Voir explications sur la page "Accueil"
| Plan de site | Recherches | Liens |