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Termes utilisés, à travers l'histoire, dans l'habillement courant,
ainsi que et dans les tenues d'équipement des combattants.

ou Petit dictionnaire de l'habillement

Les différents termes listés ci-dessous proviennent des textes accompagnant les gravures de l'ouvrage
'Costumes français depuis Clovis jusqu'à nos jours
', publié par A. Mifliez en 1855.
Les articles de l'ouvrage sont complétés, en cas de besoin, par des définitions du dictionnaire Furetière de 1690 ou par celui du Littré ou autres dictionnaires anciens. Dans ces articles sont souvent cités Ménage (Gilles) et Du Cange (Charles du Fresne), tous les deux grammairien du 17ème siècle.

Un clic sur l'imagette renvoit à l'article contenant à l'origine, la description ou la citation du terme décrivant la gravure.
Dans le corps du texte, un terme de couleur rouge-brun, signifie qu'il est décrit en tant que tel, sur cette page.

Vous y trouverez à la fois des dénominations utilisés pour décrire les différentes parties des habillements
ainsi que ceux utilisés pour les armes ou les outils des personnages décrits dans cet ouvrage.

Les termes listés ci-dessous sont ajoutés au fur et à mesure de la mise en ligne des gravures contenu dans l'ouvrage cité.
Ces termes sont de différentes couleurs pour différencier les catégories.

En rouge-brun : les habillements et équipements.
En bleu : les tissus.
En violet : les machines et outils relatif aux habillements et équipements.
En vert, les métiers et artisans qui de l'habillement et des équipements.

 

Chausses bi-colores d'un valet de fauconnierRemarque sur la couleur des habits non seigneuriaux : Aux environs du XIVème siècle, un vêtement d'une seule couleur eût été du plus grand ridicule, pour peu que l’on ne fût pas de la dernière classe du peuple. Voir, pour exemple, la tenue de ce valet de fauconnier : ses chausses sont de deux couleurs, rouge et jaune. Chausses bi-colores d'un valet de fauconnier

 

A

Amadis porté par  Marguerite du BarAmadis : Manche de robe qui s'applique exactement sur le bras et se boutonne sur le poignet. " On appelle ainsi, dit Ménage, depuis quelques années, la manche d'une veste d'homme serrée et boutonnée jusqu'au poignet. Et elle a été ainsi appelée parce que dans l'opéra d'Amadis les acteurs avaient de ces sortes de manches. " (Le Littré) Amadis porté par  Marguerite du Bar

Anneau porté par saint PrudenceAnneau : L'anneau ayant été anciennement un signe de noblesse et d’autorité, appartient à ce titre aux évêques et aux archevêques. C’est encore le symbole de l’union de l’évêque avec l’église. L’anneau a été constamment d’or, et se porte à la main droite qui est celle qui bénit. Anneau porté par saint Prudence

Armoiries portées par Alic de BretagneArmoiries : On attacha d’abord aux armes quelques signes pour faire connaître les personnes, quoique cette marque ne passât pas dans les familles ; mais des chevaliers s’étant rendus célèbres avec ce signe, leurs descendants en continuèrent l’usage, et ce qui d’abord était arbitraire devint ainsi une distinction de famille dans les combats et dans les tournois. Bientôt on ne se contenta plus de les faire figurer dans les armures, on les ajouta aux cottes d’armes et jusqu’aux robes des femmes. Dans l’origine, il n’y avait que la noblesse qui eut le droit d’avoir des armoiries ; mais Charles V, par sa charte de 1371, ayant anobli les Parisiens, il leur permit d’en porter ; sur cet exemple, les bourgeois notables des autres villes en prirent aussi. Ménage dit que les armoiries des nouvelles familles étaient, pour la plupart, les enseignes de leurs anciennes boutiques. Armoiries portées par Alic de Bretagne

Blason de Philippe d'ArtoisArmes et Blason : Nous sommes obligés pour énoncer les armoiries de nous servir de termes techniques, le blason est une science à part qui parle une langue dont les mots n’admettent point d’équivalent. Ceux de nos lecteurs qui voudraient se former une idée exacte de cette science dont on ne saurait contester l’importance historique, peuvent consulter l’article Blason par M. Laine dans le Dictionnaire de la Conversation. Nous nous contenterons d’indiquer ici les couleurs et leur signification ; ces couleurs sont au nombre de cinq : gueule veut dire rouge ; azur, bleu ; sinople, vert ; sable, noir ; pourpre, violet. La plupart de ces termes viennent des langues de l’Orient. On sent en effet que ce sont les croisades qui ont donné naissance aux armoiries et à l’art héraldique. Blason de Philippe d'Artois

Aube portée par saint PrudenceAube : L'aube est un des attributs des évêques. L'aube est une robe blanche de lin, longue jusqu’à terre. Elle devait être retenue par une ceinture de lin entrelacé et tordu. Aube portée par saint Prudence

 

 


B

Bannièrer portée par le roi Saint LouisBannière : Les chevaliers bannerets seuls portaient des bannières. Elles étaient attachées au bout et à côté d’une lance, comme les guidons ou les drapeaux de notre temps ; elles étaient carrées, et cette forme les distinguait des pennons qui étaient fourchus ou plus étroits à l’extrémité que vers la lance. Les pennons étaient pour les chevaliers non bannerets, appelés bacheliers ; et c’est sous ces étendards qu’ils conduisaient ceux de leurs vassaux qu’ils menaient à la guerre. Les bannerets avaient quelquefois un pennon outre leurs bannières ; les bannières et les pennons étaient aux armes des chevaliers. Nos anciens historiens, et principalement Froissard, les blasonnent souvent lorsqu’ils en parlent. Les bannières n’étaient permises qu’aux chevaliers.Bannièrer portée par le roi Saint Louis

Banderole portée par Renaud comte de TonnerreBanderole : La coutume d’orner la lance d’une banderole auprès du fer est très ancienne, on la retrouve dès le temps des croisades (Lanoue, Alberr. L. IV, c. 6). Banderole portée par Renaud comte de Tonnerre

 

Bardocule porté par Chilpéric, roi de FranceBardoculle : Le bardocuculle faisait partie, dans ces temps reculés, du vêtement des habitants de la Saintonge et de Langres, et consistait en un capuchon qu’on attachait à un manteau, ou en un capuchon et un manteau. Ce capuchon était pointu ; et la pointe, qui n’était pas soutenue lorsqu’on ramenait sur la tête le bardocuculle se repliait et formait un crochet. Des bas-reliefs antiques, trouvés à Langres, nous montrent un personnage vêtu du bardocuculle ou manteau à capuchon. On en voit dans un dessin de Peiresc, publié dans le supplément de Montfaucon, et sur un bas-relief de Spon, où des paysans cueillent des fruits. Quoique la douceur du climat de Rome ne semble pas demander l’usage d’un manteau dans lequel la tête et le corps étaient entièrement cachés, le bardocuculle y devint cependant d’un usage assez commun. Vers le milieu des bas-reliefs de la colonne Trajane, on voit plusieurs hommes vêtus de grands manteaux, avec des capuchons pendants.Bardocule porté par Chilpéric, roi de France

Sergent coiffé d'un cabassetBassinet : s'est dit autrefois de l'habillement de tête fait en forme de chapeau de fer que portaient les hommes d'armes : et on disait, il y a deux mille bassinets en cette armée, pour dire deux mille gens d'armes.(Dic. Furetière, 1690) - Voir aussi cabasset. Sergent coiffé d'un cabasset

Armoiries portées par Alic de BretagneBlason : voir Armoirie

 

Blouse portée par un jardinier du 14ème siècleBlouse : substantif féminin. Sorte de surtout de grosse toile, que les charretiers portent par-dessus leurs autres vêtements, et qu’on nomme aussi Blaude.  Par extension tout vêtement taillé comme une blouse de charretier. Les ouvriers portent ordinairement la blouse quand  ils travaillent.  Cette petite fille à une fort jolie blouse.Blouse portée par un jardinier du 14ème siècle
Blouse : chaque trou des coins et des côtés d’un billard. Mettre une bille dans la blouse.
In Dictionnaire français illustré par Jean-Franc̜ois-Marie Bertet-Dupiney de Vorepierre (1867)
C’est uniquement ce  terme qui est décrit en 1690 dans le dictionnaire de Furetière. En ces temps-là (~1700) le terme semble n’être utilisé qu’en ce sens.  

Bonnet porté par Guillaume comte de ToulouseBonnet : Le mot bonnet (ou chapel) vient d’une certaine étoffe dont se faisaient anciennement les bonnets. Cette étoffe s’appelait elle-même bonnet, vraisemblablement parce qu’elle se fabriquait dans une des villes de Bonne ou de Saint-Bonnet ; c’est l’étymologie que Caseneuve donne au mot bonnet. Tous les habillements de tête plus anciens que le XVe siècle, se faisaient d’étoffes ; c’étaient des chaperons dont le bourrelet formait le bonnet, la cornette ou la queue tombait sur le dos. Les paysans et les gens de la campagne portaient des capes, capuces, ou capuchons qui tenaient à leurs manteaux. Suivant L. Legendre, ce ne fut qu’au milieu du XVe siècle qu’on commença à avoir des bonnets détachés. Les rois, les princes, les grands seigneurs et les chevaliers, dans les parlements et en pleine paix, en portèrent de velours, qu’on appela mortiers ; et les gens ordinaires telles les bourgeoises, de drap ou de soierie, qu’on nomma bonnet. On vit même dans ce siècle des chapeaux dont les larges bords mettaient à l’abri des injures de l’air.
Quant aux bonnets de toute espèce que la noblesse française a portés lorsqu’elle n’a pas été dans le cas de faire usage du casque ou heaume, c’étaient tantôt des calottes qui se mettaient quelquefois sous le casque et formaient un second rempart pour la tête des guerriers, tantôt des bonnets plus élevés dont le fond était ordinairement de feutre ou de drap, et les rebords garnis de fourrures, du moins en hiver. La forme et les ornements de ces bonnets marquaient le rang et les dignités des personnes. Les mortiers de velours galonnés étaient affectés aux chevaliers lorsqu’ils étaient en pleine paix ; et c’est en mémoire de cet ancien usage que les premiers président des parlements portèrent le chaperon, qui, succédant aux bonnets, fut d’abord une coiffure générale qui enveloppait toute la tête. La cornette, morceau d’étoffe qui était attaché au chaperon, tombait sur les épaules ; la forme, la couleur et la simplicité servaient de distinction.
Le bonnet d’une certaine couleur a été et est encore en certains pays une marque d’infamie. En France, il ne reste plus de la chose que le mot : porter le bonnet vert, en parlant d’un homme qui a fait banqueroute. Bonnet porté par Guillaume comte de Toulouse

Sergent coiffé d'un cabassetBourguignotte : Arme défensive pour couvrir la tête d'un homme de guere : c'est une espèce de casque ou de salade(Dic. Furetière, 1690) - Voir aussi cabasset. Sergent coiffé d'un cabasset

 

Bouclier porté par le roi Saint LouisBouclier : Le bouclier différa et varia en France, tant pour la forme que pour la grandeur ; il y en avait de ronds ou d’ovales qu’on appelait pour cette raison rondelles. Il y en eut d’autres presque carrés, mais qui vers le bas s’arrondissaient et s’allongeaient en pointe. Ceux de l’infanterie étaient plus longs que ceux de la cavalerie, et quelques-uns couvraient presque le corps. Ces boucliers s’appelaient targes, nom qui se donnait aussi à d’autres boucliers, dont on ne se servait pas pour combattre, mais pour se couvrir. Ceux qui les portaient n’avaient point d’autres fonctions que de les soutenir et de couvrir les archers qui étaient derrière et tiraient leurs flèches contre les ennemis. On appelait aussi ces boucliers tavellas. Les boucliers dont on se servait dans les combats et les tournois étaient de bois, couverts de cuir bouilli, ou d’autres matières dures et capables de résister à la lance. Les chevaliers y mettaient leurs armoiries sur les bords, ou sur le centre, ou à l’extérieur. On ne voit point dans nos histoires que les Français se soient jamais servis de boucliers de cuivre, ni de certains boucliers quadrangulaires et extrêmement concaves. Bouclier porté par le roi Saint Louis

Bouracan : substantif féminin. On disait autrefois Barracan. Gros camelot, ou étoffe tissue de poil de chèvre, qui sert à faire des manteaux de pluie. Ce mot vient de l’Italien baracane (Ménage). D’autres le dérivent de varocino, ou varonico, parce que c’était une étoffe qui était particulièrement propre à vêtir les hommes que les Espagnols nomment varones. Du Cange le dérive de barres, parce que leurs fils ou leurs lisses représentent des barres.(Dic. Furetière, 1690)

Brandebourg : substantif masculin. Grosse casaque qui est venue à la mode ces dernières années (~1680) . Elle va jusqu’à mi-jambe, et a des manches bien plus longues que les bras ; et quand on y veut mettre quelque ornement, elle est chargée de boutons à queue espacés assez large. (Dic. Furetière, 1690)

Busque :  substantif masculin. Morceau de bois, d’ivoire, ou de baleine, que les femmes mettent dans les corps de jupe pour se tenir droites. On fait des busques de baleine, d’ivoire, de bois verni. On en fait aussi d'acier.
On appelle aussi busque, certain treillis dur et piqué que les tailleurs mettent au bas du pourpoint des hommes par devant, pour leur donner plus de fermeté. (Dic. Furetière, 1690)

Busquière : substantif féminin. Est le trou ménagé dans un corps de jupe, dans lequel les femmes fourrent leur busque. On le dit aussi de l'extrémité ronde de leurs corps de jupe par où elles commencent à fourrer leurs busques. (Dic. Furetière, 1690)

 


C

Sergent coiffé d'un cabassetCabasset, arme défensive qui couvrait la tête. Ce mot, selon Nicot, vient de l’hébreu coba, qui signifie casque ou heaume, ou de l’espagnol cabeça, tête. On l’appelait aussi pot-en-tête, bourguignotte, et bassinet (voir ces mots).
Le dic. Furetière ajoute : On dit ptoverbialement, qu'un homme a bien du bon sens ou de la malice sous son cabasset, pour dire, dans sa tête. Sergent coiffé d'un cabasset


Calandre : substantif féminin. Terme de Manufactures. C’est une machine propre pour presser les draps et les toiles, et autres étoffes, et pour les rendre polies, unies et lissées. Elle sert aussi pour y faire ces ondes qui sont sur le tabis et les mohairs. Elle est composée de deux gros rouleaux de bois, autour desquels on roule les pièces d’étoffe. On les met entre deux gros madriers de bois dur, large, épais et fort poli. Celui de dessous sert de base. Celui de dessus est mobile par le moyen d’une roue telle que celle des grues. Un câble est attaché à un tour qui compose son axe. Cette partie du dessus est d'un poids prodigieux, parfois de 50 ou 60 milliers. C’est cette pesanteur qui fait les ondes sur les étoffes qui sont autour des rouleaux, par le moyen d’une légère gravure qu'ils contiennent. On met et on ôte ces rouleaux, en inclinant un peu la machine. Ce mot vient du Latin cylindrus, parce que tout l’effet de la machine vient d’un cylindre. Borel dit que ce nom lui vient d’un petit oiseau de même nom, parce que les marques quelle imprime sont semblables à ses plumes. Les Auteurs de la basse Latinité l’ont appelée celendra. (Dic. Furetière, 1690)

Cale : substantif féminin. Est une espèce de coiffure de femme, un bonnet plat par en haut, qui vient couvrir les oreilles, et est échancré par devant avec une petite bordure de velours. Toutes les servantes de Brie portent des cales.
Cale, est aussi un bonnet d’homme fait en rond et plat, qui couvre seulement le haut de la tête. Tous les Clercs portaient autrefois la cale, et ils le font encore aujourd’hui à la Chambre des Comptes. Les Bedeaux, les Pâtissiers, les petits laquais des femmes portent des cales. Borel dériveé ce mot d’écaille, aussi bien que celui de calotte. (Dic. Furetière, 1690)

Olivier de Clisson coiffé d'une calotteCalotte : substantif féminin. Petite cale ou coiffe de cuir, de satin, ou d’autre étoffe, qui couvre le haut de la tête. On s’en sert particulièrement quand on est en des lieux où on est obligé d’être longtemps tête nue. Les vieillards portent des calottes à oreilles. On porte aussi des perruques à calotte. La calotte rouge est une marque de dignité, car il n’y a que les Cardinaux qui en portent. (Dic. Furetière, 1690) Olivier de Clisson coiffé d'une calotte

Camelot : substantif masculin. Étoffe faite ordinairement de poil de chèvre, avec laine ou soie.
Camelot de Hollande, de Lille.
Camelot ondé, ou calandré, ou non ondé, sans ondes.
Camelot à eau, ou avec apprêt, sans eau, ou sans apprêt.
Ménage tient que ce mot vient de zambelot, qui est un mot Levantin qui se dit des étoffes faites d’un poil fort délié, qui se tire de certaines chèvres qu’on trouve en quelques endroits de Turquie, dont Scaliger fait mention, et Busbec en ses Voyages : d’où vient qu'on a dit du camelot de Turquie. D’autres le dérivent de l’Italien ciambellotto. Bochart dit que le mot de zambelot est corrompu de l’Arabe giamal qui signifie un chameau. Aussi a-t-on appelé proprement camelot, l’étoffe qui se fait de poil de chameau.
On dit proverbialement d’un homme qui a pris de mauvaises habitudes qu’on ne lui peut faire quitter, qu’il est comme le vieux camelot, qu’il a pris son pli. (Dic. Furetière, 1690)

 

Archer coiffé d'une capelineCapeline : La capeline était une espèce de casque de fer, auquel on donna toutes sortes de formes. costumes/france-archer.html#b

Chapeau que les femmes portent par galanterie et par ornement à la chasse, au bal, en mascarade. Elle est faite ordinairement de paille à grands bords, doublée de taffetas ou de satin, et est fort couverte de plumes ; et quelquefois ce n’est qu'un bonnet de velours bien garni de plumes. On appelle aussi proprement capeline, le petit chapeau qu’on peint sur la tête de Mercure. C’était aussi autrefois un chapeau de forme basse et de petit bord, que portaient les bergers, les messagers et laquais.
Les soldats en portaient de fer.
En termes de Blason, on a appelé capeline, une espèce de lambrequin que les anciens Chevaliers portaient sur leurs têtes : ce qui a donné lieu à cette façon de parler militaire, Homme de capeline, pour dire, Homme résolu et déterminé au combat. (Dic. Furetière, 1690) costumes/france-archer.html#b

Homme du peuple coiffé d'un capuchonCapuchon : Il est à remarquer que l’usage du capuchon fut général parmi les classes les plus humbles et les plus pauvres de la société jusqu’au XIVe siècle, et que, se perdant dans la suite, il resta un attribut des moines.Homme du peuple coiffé d'un capuchon

 

Chape portée par  Louis le DébonnaireChape : ce mot qui, comme cape, capuchon, et même chapeau, dérive du latin caput (tête), servait dans l’origine à désigner un grand manteau surmonté d’un chaperon qui se relevait sur la tête. Ce vêtement était commun aux hommes et aux femmes. Louis VII défendit les chapes aux femmes publiques. Depuis longtemps la chape est un ornement d’église ; on l’appelait autrefois pluviale, parce qu’elle servait à garantir de la pluie.Chape portée par  Louis le Débonnaire

Chapeau porté par Saint PrudenceChapeau : Le chapeau des évêques était semblable à celui qui fut en usage parmi les anciens Romains. Piscara dit qu’il devait être de deux sortes, l’un semblable à celui des cardinaux, l’autre plus simple, mais tous deux d’un tissu de laine noire à l’extérieur et le dessous doublé de soie verte. Ils étaient retenus par deux cordons de soie verte. Chapeau porté par Saint Prudence

Chapel porté par Guillaume comte de ToulouseChapel : voir Bonnet

 

Chaperon porté par un albalétrierChaperon : casque ou bonnet de mailles auquel on donnait aussi le nom de chapeau et de chapellet ; c'était l’armure de tête des arbalétriers. Chaperon porté par un albalétrier

Chaperon porté par Jean de Montfort Chaperon : Coiffure caractéristique composée d’une espèce de bourrelet dont le fond était formé d’un morceau d’étoffe froncé à gros plis et auquel se rattachait de chaque côté une bande tombant sur les épaules. La mode des chaperons dura jusque dans le XVe siècle. Lorsque l’on voulait saluer quelqu’un, on levait ou l’on reculait le chaperon de manière à ce que le front fût découvert. Voici comment Monet décrit la forme de cet habillement : « Chaperon, dit-il, est un habillement de teste des vieux François, façonné de drap à la lestière serrée, a guise de capuchon, terminée en bourrelet vers le derrière de la teste, duquel bourrelet pendait une longue et estroite manche qui s’entortillait au col : il y avait au milieu de la testière une longue creste de drap qui se couchait sur l'une des oreilles contre le chaud et le vent. » Suivant le même auteur, le chaperon du roi était « parsemé d’orfèvreries ou diapré de pierreries. » Chaperon porté par Jean de Montfort
Chaperon porté par un sergent massierCoiffure caractéristique composée d’une espèce de bourrelet dont le fond était formé d’un morceau d’étoffe froncé à gros plis et auquel se rattachait de chaque côté une bande tombant sur les épaules. La mode des chaperons dura jusque dans le XVe siècle. Lorsque l’on voulait saluer quelqu’un, on levait ou l’on reculait le chaperon de manière à ce que le front fût découvert.
Voici comment Monet décrit la forme de cet habillement : « Chaperon, dit-il, est un habillement de teste des vieux François, façonné de drap à la lestière serrée, a guise de capuchon, terminée en bourrelet vers le derrière de la teste, duquel bourrelet pendait une longue et estroite manche qui s’entortillait au col : il y avait au milieu de la testière une longue creste de drap qui se couchait sur l'une des oreilles contre le chaud et le vent. » Suivant le même auteur, le chaperon du roi était « parsemé d’orfèvreries ou diapré de pierreries. »Chaperon porté par un sergent massier

Chausses portées par Jean III de ChalonsChausse, substantif féminin. Un bas, ce qu’on met sur la jambe pour couvrir sa nudité, ou pour la tenir chaudement. Ce mot vient de calga, qui avait été fait de caliga, d’où vient aussi le mot de chausson et de calçon. Ménage. Du Cange le dérive de caltia, mot de la basse Latinité qu’on a dit dans le même sens, quod interdum cum calceis coniangeretur et una calceretur.
Chausses, au pluriel ou Haut-de-chausses, signifie la partie inférieure de l’habit d’un homme, qui lui couvre les fesses, le ventre et les cuisses. Les canons des chausses sont les deux côtés par où on passe les jambes. Chausses à tuyaux d'orgues, ce sont des chausses qui sont si amples, que les plis qu’elles font naturellement imitent les tuyaux d'orgues.
Chausses, signifie aussi, des trousses ou grègues ou culottes d’un Page. Ce Gentilhomme a quitté les chausses depuis peu pour dire, il est sorti de Page.
Chausses, se dit proverbialement en ces phrases.
On dit à celui qu’on veut chasser d’auprès de soi, Va te promener, tu auras des chausses, ou simplement, Va-t’en, tire tes chausses.
On dit aussi de ceux qui se sont mis en sureté par la suite, qu’ils ont bien fait de tirer leurs chausses.
On dit pour se moquer de la pauvre Noblesse, C’est un Gentilhomme de Beauce, qui se tient au lit quand on recoud ses chausses.
On dit aussi, Il est si pauvre qu'il n’a pas de  chausses.
On dit d’un jeune homme, qu’il à la clef de ses chausses, quand il est hors d'âge d'avoir le fouet.
On dit des Sergents qui mènent un homme prisonnier, qu’ils le tiennent au cul et aux chausses.
On le dit aussi des parties adverses qu’on a réduites à l’extrémité, qui ne peuvent plus fuir leur condamnation, ou de qui on juge le procès, qu’on les tient au cul et aux chausses.
On dit d’une femme qui gourmande son mari, qui fait les affaires de sa maison, qu’elle porte le haut-de-chausses.
On dit à celui à qui on voit des bas dépareillés, qu’il a des chausses de deux Paroisses.
(Dic. Furetière, 1690) Chausses portées par Jean III de Chalons

Cheval caparaçonné de Amaury de MontfortCheval houssé : cheval couvert et caparaçonné aux armes et blason du seigneur qui le chevauche. Cheval caparaçonné de Amaury de Montfort

 

Cotte d'armes portée par Henri II ClémentCotte d'armes : La cotte d’armes était une dalmatique sans manches, qui recouvrait la cotte de mailles ou la cuirasse, revêtait tout le corps, et descendait au moins jusqu’aux genoux. On mettait par-dessus la cotte d’armes le ceinturon qui portait l’épée ; il servait en même temps à la soutenir. Chez les Grecs et les Romains, elle n’était qu’une draperie non fermée. Celle des Gaulois ne leur venait que jusqu’aux hanches, et était attachée par devant par une agrafe ou cheville. Les Francs, quoique originaires de la Germanie, avaient coutume de la porter plus longue. Le Moine de Saint-Gal dit qu’elle descendait par devant et par derrière jusqu’à terre, et que par les côtés elle touchait à peine les genoux. Dans la suite, la cotte d’armes des Gaulois, qui était beaucoup plus courte, devint à la mode, comme plus propre pour la guerre, au rapport du même auteur. Quelques siècles après, Charlemagne rétablit l’ancien usage. Il paraît que sous Louis-le-Débonnaire on était revenu à la cotte d’armes des Gaulois ; mais dans les guerres continuelles que ses successeurs eurent à soutenir, la mode changea encore ; et comme alors la plupart des militaires étaient continuellement à cheval, non seulement la cotte d’armes couvrit tous leurs habits ; mais leur magnificence se renferma dans cet habillement militaire, qu’ils ornaient de leurs écussons ou des pièces de leurs armoiries, et qu’ils faisaient ordinairement de draps d’or et d’argent et de riches fourrures d’hermine, de martre zibeline, de gris, de noir et d’autres étoffes précieuses qu’on peignait même de différentes couleurs.
La cotte d’armes n’étaient permises qu’aux chevaliers. Cotte d'armes portée par Henri II Clément

Cotte de mailles portée par le roi Saint LouisCotte de mailles : Espèce de cuirasse, faite de petits anneaux en fer ou de mailles de fer simples ou doubles, qui couvrait le corps depuis le cou jusqu’aux genoux. On la mettait sur le gobisson ou gambesson, vêtement de dessous, contrepointé, garni de bourre et de laine entrelacée et battue dans du vinaigre. Elle était aussi nommée chemise de mailles, auber ou haubert. Elle était d’abord sans manches ; mais on y en ajouta ensuite, ainsi que des chausses de mailles. Cotte de mailles portée par le roi Saint Louis

Cotte-hardie portée par une bourgeoiseLa cotte-hardie, qui a été longtemps l’habillement des dames françaises et qui était commune aux hommes et aux femmes, était une tunique longue, descendant jusqu’aux talons, et serrée d’une ceinture, cachant bien la gorge et fermée aux poignets. Les reines, les princesses et les dames y ajoutaient un long manteau doublé d’hermine ou une tunique avec ou sans manche.Cotte-hardie portée par une bourgeoise

Coutil : substantif masculin. Toile faite de fil fort délié, et fort pressée, qui sert à faire des tentes, à enfermer de la plume pour faire des lits, des traversins, et des oreillers, parce qu’elle est extrêmement forte et serrée; Les coutils doivent être faits de bon fil de chanvre et sans étoupe. Ils sont marqués à huit, neuf et dix raies, qui ont leurs longueurs et largeurs ordonnées par les statuts des Tapissiers, selon les villes où on les fabrique. Quelques-uns dérivent ce mot de culcitra.
On appelle coutils de brin, ou grains grossiers, les gros coutils dont on se sert pour garnir les chaises et autres meubles. (Dic. Furetière, 1690)

Crosse tenue par Saint PrudenceLa crosse est un attribut des évêques. Ce bâton pastoral est souvent désigné en latin par les noms de baculus pastoralis, pedum, ferula et cambuta. La première origine est incertaine ; car il n’était dans l’origine qu’un simple bâton terminé par une croix ou surmonté par une boule. Il est ordinairement de bois, couvert d’une plaque d’argent ; son extrémité supérieure est recourbée et richement travaillée. Il paraît qu’anciennement les archevêques, indépendamment de la crosse, portaient aussi le bâton pastoral terminé par une croix. Crosse tenue par Saint Prudence

 


D

Dalmatique portée par Saint PrudenceLa dalmatique est une tunique dont l’usage appartient aux évêques, ainsi qu’aux diacres. Elle a la forme d’une croix, et est ouverte sur le côté. On croit que la dalmatique était anciennement blanche, ornée de deux raies rouges devant et derrière. D’après l’ancien rituel romain, il paraît que les évêques devaient porter l’aube avec la ceinture, l’amict, la dalmatique majeure et la mineure, et enfin la chasuble. La dalmatique des évêques différait de celle des diacres en ce qu’elle avait les manches plus larges. Dalmatique portée par Saint Prudence

Damas porté par Jeanne de FranceDamas : substantif masculin. Étoffe faite de soie, qui a des parties élevées qui représentent des fleurs, ou autres figures. C’est une étoffe de mohere (moire ? mohaire ?) et de satin mêlés ensemble, en telle sorte que ce qui n’est pas satin d’un côté, l’est de l’autre. L’élévation qui fait le satin d’un côté, de l’autre fait le fonds. Les fleurs ont le grain de satin, et le fonds a un grain de taffetas. Elle est ainsi nommée, à cause qu’elle est venue originairement de Damas en Syrie. On fait de beaux ameublements de damas de Gennes, de Lucques, et de Venise ; celui-ci est le plus exquis.
Damas caffart, est un damas dont les trames sont de fil ou de fleuret, et les chaînes de soie.
Damassé. adjectif. Linge qui est fait en forme de damas, qui représente des fleurs, des paysages, et des figures. Un service de table damassé, une nappe damassée. On appelle aussi une étoffe de soie damassée, celle qui paraît de damas d’un côté, et qui a un envers tout uni. (Dic. Furetière, 1690) Damas porté par Jeanne de France

Droguet : substantif masculin. Étoffe de laine de bas prix, qui est une espèce de drap, mais fort mince et fort étroit. Le droguet de Hollande est presque drap. Il y a des droguets façonnés, dont la chaîne est de fil, et la trame de laine, qui se font à basse lisse à la marche de l’ouvrier. Il y a eu des droguets d'or et d’argent inventés par le seigneur Savary, dont la chaîne était en partie de fil d’or et d’argent, et la trame de laine. En général le droguet est une espèce de ratine ou de serge moitié fil et moitié laine. Il s’en fait aussi de toute laine. Les droguets faits de laine fine sont appelés demi-foulés.
On le dit aussi ironiquement pour mépriser quelque chose. On a dit d’un pauvre Duc, qu’il avait un dais de droguet.
(Dic. Furetière, 1690)

 


 

E

Collier de l'Ordre de l'Etoile porté par un chevalierLe collier de l’ordre de l’Étoile était d’or à trois chaînes, entrelacées de roses d’or émaillées alternativement de blanc et de rouge, et au bout pendait une étoile d’or à cinq rayons. Les chevaliers portaient le manteau de damas blanc, et les doublures de damas incarnat ; la gonnelle ou cotte d’armes de même ; au côté gauche était une étoile brodée en or.Collier de l'Ordre de l'Etoile porté par un chevalier

 


 

F

Fauchard d'un militaire du 14e siècle

Fauchard : C’est une faux emmanchée à revers, dentelée et extrêmement pesante : on la nommait fauchard, fauchon, et aussi couteau de brèche. On s’en servait, en effet, spécialement pour défendre les brèches et les portes des villes.Fauchard d'un militaire du 14e siècle

Frise : substantif féminin. Espèce d’étoffe de ratine grossière que n’est pas croisée. Les Italiens appellent fresoné,  un drap, velu de deux côtés. Ménage. (Dic. Furetière, 1690)

 

Flèches d'un archerFlèches : Les Français ont eu des flèches de plusieurs espèces ; on en remarque deux principales : l’une nommée carreau ou garot, et l’autre vireton. Il est souvent fait mention de cette dernière dans nos anciens historiens. Il paraît qu’on ne donnait le nom de carreau et de vireton qu’aux flèches des arbalètes. La plupart des flèches dont on se servait autrefois en France étaient unies et n’avaient qu’un simple fer qui était ou pointu, ou carré, ou arrondi, ou plat et triangulaire ; il est certain qu’on en fabriquait dont la forme était plus recherchée afin de rendre les blessures plus dangereuses. A. Paré rapporte qu’il y avait des flèches dont la tige était insérée dans le fer et d’autres dont le fer était inséré dans la tige, afin que le fer demeurât dans Je corps de celui qui en était blessé. Ce fer était dans quelques- unes de la longueur de trois doigts et moins long dans les autres. On compte aussi parmi les flèches et les dards une autre espèce de trait, quoiqu’il n’eût point de pointe ; on l’appelait matras. Il était beaucoup plus long que les flèches, beaucoup plus gros et armé au bout, au lieu d’une pointe, d’un fer arrondi. Il servait à fracasser les boucliers, les cuirasses et les os de ceux contre lesquels on le tirait. Il n’était lancé qu’avec des arbalètes. Flèches d'un archer

 


 

G

Gambeson : substantif masculin. Terme de l’ancienne milice. C’était une espèce de cotte d'armes ou de grand jupon qu’on portait sous la cuirasse pour empêcher qu'elle ne blessât, qui était composée de laine ou de coton piqué entre deux étoffes. On les appelait aussi Cottes gamboisiées, et Contrepointes. Les ouvriers qui les faisaient s'appelaient Coûpointiers. Ce mot vient du vieux Allemand Uvambon, ou du Saxon Uvambes, qui signifie le ventre, quasi Uvambasium, c'est â dire, Couverture du ventre et de la poitrine. On l’appelle encore en flamand, uvambais, en Anglais Doblet, en Espagnol juppon, et en Italien Guipone. (Dic. Furetière, 1690)

Gambessous ou gambeson ou gobisson - voir Jacque.Terme d'habillement d'un arbaltrier Voir aussi Cote de mailles Terme d'habillement de guerrier

Gants portés par Saint PrudenceGant : L’usage des gants paraît remonter à une époque très reculée. Il est difficile de déterminer la matière dont ils étaient composés ; mais tout semble faire présumer qu’ils étaient de lin. Gants portés par Saint Prudence

 

Grèves portées par le chavalier VilliersGréve : L'os de devant de la jambe, que les médecins appellent le grand fossile : de là vient qu'on a appelé autrefois greve, une espèce de bottines ou d'armures des jambes. (Dic. Furetière, 1690) Grèves portése par le chavalier Villiers

 

Guimpe portée par une paysanneGuimpe : Substantif féminin. Partie de l’habit d'une religieuse, qui est faite d’une toile fine qui s’attache des deux côtés de la tête, et sert à couvrir la gorge. Ce mot vient de vinculum, selon Ménage : car on disait autrefois guimple, qui signifie seulement un lien ou accoutrement de tête. Du Cange le dérive du Latin corrompu guimpa, ou vimpa : c'est ainsi que ceux de Catane appellent encore le voile de Sainte Agathe qu’ils gardent parmi leurs reliques. (Dic. Furetière, 1690) Guimpe portée par une paysanne

 


 

H

Cotte de mailles portée par le roi Saint Louis

Haubert : Voir Cotte de mailless Cotte de mailles portée par le roi Saint Louis

 

Hennin porté par Jeanne de FlandreHennin : coiffure dont la mode dura jusque dans le XVe siècle, et dont nos Cauchoises modernes semblent avoir conservé la tradition. Le plus ordinairement le hennin était blanc, ainsi que le voile qui s’y rattachait ; quelquefois cependant il était noir ou de toute autre couleur. Hennin porté par Jeanne de Flandre

Jacque portée par un albalétrierHucque - voir Jacque.Terme d'habillement d'un arbaltrier

 

 


 

J

Jacque portée par un albalétrierJacque : Espèce de justaucorps qui venait au moins jusqu’aux genoux, Nicot le définit un habillement de guerre. Ces jaques étaient bourrées entre les toiles ou l'étoffe dont ils étaient composés. Ils s’appelaient aussi hucque et gambessous ou gambeson. Jacque portée par un albalétrier

Archer habillé d'une jacque... La jaque était un justaucorps de peau de buffle ou de cerf. On la couvrait ordinairement de laisches, c’est-à-dire de minces lames ou plaques de fer superposées l’une sur l’autre comme des écailles de poisson. Archer habillé d'une jacque


Jacque portée par un albalétrier... Cet habillement de guerre, ainsi que nous l’avons déjà dit, était bourré entre les toiles et l’étoffe dont il était composé. Il était d’un cuir de cerf, doublé de vingt-cinq ou de trente toiles usées, et médiocrement déliées. Il y a des auteurs qui prétendent que ces jaques étaient à l’épreuve, et qu’on avait rarement vu des soldats tués dans cette armure. Jacque portée par un albalétrier

Grèves portées par le chavalier VilliersJarabard : voir Gréve

 

Jupe :  substantif féminin. Habillement de femme qui prend depuis les hanches jusqu’en bas, et qui se met sous un manteau ou un bas de robe. Les jupes de dessus sont trainantes, et ont une longue queue effilée. Les Dames sont obligées de faire porter la jupe. Quand elles disent à leurs gens, Prenez ma jupe, on entend le bas de la robe avec cette jupe. Les jupes de dessous sont à fleur de terre. On fait des jupes de toutes sortes de riches étoffes, des jupes en broderie, des jupes de point. On appelle une jupe volante, une jupe légère pour l’été, de taffetas, de gaze de toile, etc. Ce mot vient de l’Allemand jupp, qui signifie pourpoint de paysan, d’où on a fait jupon ; ou de l’Arabe giubba, d’où les Espagnols ont fait aljuba, qui signifie la même chose. Ménage. Du Cange dit que les auteurs de la basse Latinité ont dit jupa  et  jupellum, pour dire jupe et jupon. Les Picards disent aussi jupel. (Dic. Furetière, 1690)

Jupon porté par une paysanneJupon : substantif masculin. Petite jupe de dessous fort courte, que portent les femmes. du Cange dit qu’il vient de gipo, qui dans la basse latinité a signifié  pourpoint.Jupon porté par une paysanne
Jupon : se dit aussi d’une espèce de grand pourpoint, ou de petit justaucorps qui a de longues basque, et qui n’a point de busquière, qui ne serre point le corps,  et qui est une espèce de veste propre pour l’été. (Dic. Furetière, 1690)

Justaucorps porté par Pierre, comte d'AlençonJustaucorps : Juste-au-corps - espèce de veste qui va jusqu'au genoux, qui serre le corps, et montre la taille. Depuis quelque temps la mode est venue que chacun va en juste-au-corps, s'habille en juste-au-corps, de velours, de drap, etc. Il ne se portait autrefois que par les gens de guerre. (Dic. Furetière, 1690)
Espèce de vêtement à manches qui descend jusqu'aux genoux et qui serre la taille (Le littré). Justaucorps porté par Pierre, comte d'Alençon

 


 

L

Lambrequin : terme de Blason. Quelques-uns disent lamequin, et d’autres lambequin. C’était l’ancienne couverture des casques, comme la cotte d’armes était celle du reste de l’armure, qui les préservait de la chaleur, de la pluie, de la poudre, et qui faisait reconnaitre les Chevaliers dans la mêlée. Ils étaient d’étoffe, et servaient à soutenir et à lier les cimiers qui étaient de plumes. Les lambrequins formés de feuillages, entremêlés les uns dans les autres sont plus nobles que ceux qui sont composés de plumes naturelles.
Quelques-uns les ont aussi appelés feuillards, parce qu’ils ressemblaient aucunement à des feuilles d’acanthe. Ils ont été quelquefois mis sur le casque en forme de bonnet élevé comme celui du Doge; et leur origine vient des anciens chaperons, qui servaient autrefois de coiffure tant aux hommes qu’aux femmes.
Le fond et le gros du corps des lambrequins doivent être de l’émail du fond et du champ de l’Ecu ; mais leurs bords doivent être de ses autres émaux. Quelques Hérauts ont appelé volet, cet habillement du casque, lorsqu’il était léger, parce qu'il voletait au gré du vent, et n'était attaché qu’avec un tortil ou bourrelet composé de cordons et de rubans entrelacés des couleurs et métaux des armes du chevalier. D’autres fait en manière de capes, d'où est venu un ancien proverbe militaire. Homme de capeline, pour dire, résolu et déterminé au combat. On la aussi appelé mantelet, quand il était large et court, et enveloppait le casque et l’Ecu : ce qui le faisait appeler par quelques-uns camail. On croit que les lambrequins ont été ainsi nommés, parce qu’ils pendaient en lambeaux, et étaient tout hachés à cause des coups qu’ils avaient reçus dans les batailles. Mais le Père Ménestrier prétend que ce mot vient du Latin lemniscus, qui signifie ces rubans volants dont les couronnes des Anciens étaient attachées. (Dic. Furetière, 1690)

Lin : Substantif masculin. Plante qui croît et qui porte de la graine à peu près comme le chenevy, et dont l’écorce est pleine de filets qui servent à faire de la toile déliée. Cette plante est semblable au coton, lequel n’est qu’une espèce de lin. Elle n’est guère haute, et a peu de rameaux, et jette des feuilles triangulaires. Il y a aussi un lin sauvage, qui ressemble au lin tant en sa tige, qu’en la figure de ses feuilles et de ses fleurs, quoiqu’elle les ait de couleur d’or. On le réduit en filasse, qu’on file comme les autres. En Latin linum. On appelle fil de lin, toile de lin, le fil et la toile fait des filets tirés de l’écorce de cette plante roués, séchés, et broyés, comme le chanvre. On fait aussi grand trafic d’huile de lin qu’on tire de sa graine. (Dic. Furetière, 1690)

 


 

M

Manche : substantif féminin. Partie d'un habillment qui couvre les bras en tout, ou en partie. Les manches d'une soutane vont jusqu’au poignet. Les manches d'ange que portent les femmes, ne passent guère le coude. Les manches d'une casaque, d'un manteau à manches, d’un brandebourg sont si longues, qu’on les redouble. Ce pourpoint est chamarré sur les manches. Cette robe est ouverte par manches. Les Espagnols portent des manches pendantes attachées au dos de leur pourpoint. Les Pages de la Chambre en portent aussi. Ce mot vient du Latin manica.
On appelle des fausses manches, de grands poignets qui servent au lieu de manches de chemises fines, et dont on change pour la propreté ; ou de doubles manches de ratine et d’ouate, qui sont potiches, pour tenir plus chaudement les bras. Garde-manches, sont des fourreaux qu’on met sur les manches pour les conserver. Des tours de manches sont des garnitures de dentelles ou de rubans qu'on met entre le bout de la manche et la manchette. On appelle des bouts de manches, de petites manchettes qui sont cousues au bout des manches du pourpoint des Ecclésiastiques, ou des gens qui portent le grand deuil.
On appelle Cordeliers à la grande manche, des Cordeliers qui ont en effet des manches fort larges et qui différent des autres, en ce qu'ils sont rentés. Il n'y en a guère qu’en Provence et qu’en Italie.
On appelle chez le Roi Gardes de la manche, les Gardes qui marchent toujours au côté de sa personne, et qui sont armés de pertuisanes.

Main de justice de Charles le ChauveMain : Montfaucon pense que cette main est un signe de la Providence divine, et il avance, mais avec une extrême réserve, qu’elle peut avoir donné lieu à ce que nous avons appelé depuis la main de justice. Ces mains se voient quelquefois sur les médailles des empereurs de Constantinople. (Une main sort d’une nuée, et paraît sur la tête du roi.Main de justice de Charles le Chauve

Miséricorde portée par Raymond V de ToulouseMiséricorde : Lorsqu’un chevalier en avait terrassé un autre, il quittait son épée, prenait sa dague plus facile à manier et cherchait le défaut de ses armes pour la lui enfoncer dans le corps, à moins que le chevalier renversé ne demandât merci et miséricorde. Cet usage de la dague lui fit donner le nom de miséricorde. Il paraît que ces miséricordes étaient encore en usage en France en 1316. On lit dans un inventaire d’armes de cette époque : Item, huit épées de Toulouse et deux miséricordes ; item, deux épées et une miséricorde. Il est à remarquer qu’aucun de nos romanciers ni de nos historiens n’ont décrit la forme de cette arme. Miséricorde, dague portée par Raymon V de Toulouse

Sergent coiffé d'un cabassetMorion : armure de soldat, pot qu'il met sur sa tête pour sa défense, salade. Le morion est pour les gens de pied : le heaume est pour les cavaliers pesament armés.
Se dit aussi d'un châtiment qu'on donne aux soldats dans le corps de garde, quand ils ont fait quelque légère faute ; ce sont quelques coups qu'on leur donne sur les fesses avec la crosse du mousquet. Quelques-uns croient que ce nom et la chose même sont venus des Maures Menage. (Dic. Furetière, 1690) - Voir aussi cabasset. Sergent coiffé d'un cabasset

Bonnet porté par Guillaume comte de ToulouseMortier : voir Bonnet Guillaume de Toulouse en bonnet

 

 


 

N

Nimbe de Pépin le BrefNimbe : Ce signe symbolique, dont parlent les historiens et les poètes de l’antiquité, était autrefois placé autour de la tête des dieux et des empereurs. Dans les premiers temps du christianisme, on le reproduisit sur les images qui représentaient Dieu, les anges et les saints. C’est là sans doute, non moins que l’exemple des empereurs romains, ce qui porta les anciens rois de France à mettre cet orne­ment sur leurs portraits et sur leurs statues. Du reste, cet usage, ainsi que nous l’avons déjà dit, s’éteignit avant la fin de la première race, et on ne retrouve plus le nimbe que dans les images et statues des rois qui ont été regardés saints.Nimbe de Pépin le Bref

 


 

O

Collier de l'Ordre de l'Etoile porté par un chevalierOrdre de l'étoile : Le collier de lordre de l’Étoile était d’or à trois chaînes, entrelacées de roses d’or émaillées alternativement de blanc et de rouge, et au bout pendait une étoile d’or à cinq rayons. Les chevaliers portaient le manteau de damas blanc, et les doublures de damas incarnat ; la gonnelle ou cotte d’armes de même ; au côté gauche était une étoile brodée en or. Collier de l'Ordre de l'Etoile porté par un chevalier

Oriflamme tenue par Henri II Clément Oriflamme : L’oriflamme, qu’il ne faut point confondre avec l’étendard royal parsemé de fleurs de lis, était originairement la bannière de l’abbaye de Saint-Denis, qui était portée dans les guerres particulières que l’abbé était quelquefois obligé de soutenir contre les seigneurs qui envahissaient les biens de l’abbaye. Dans aucune de nos histoires, il n’est fait nulle mention de l’oriflamme ou bannière de Saint-Denis dans nos armées avant Louis-le-Gros ; et c’est sous ce règne, ou plutôt sous celui de Philippe Ier, son père, qu’on doit fixer l’origine de la coutume de mener cette bannière à la guerre contre les ennemis de l’État. Depuis Louis-le-Gros jusqu’à Charles VI inclusivement, il n’y a presque point de règne sous lequel l’histoire ne marque quelque occasion où l’on ait porté l’oriflamme. Oriflamme tenue par Henri II Clément

 


 

P

Passement : substantif féminin. Dentelle, ouvrage qu'on fait arec les fuseaux pour servir d'ornement, en l’appliquant sur des habits. On en fait d'or, d’argent, de soie et de fil. Le mot de passement est presque général à toutes sortes de dentelles. Il diffère des galons, et veloutés (velours), en ce que ceux-ci se font sur le métier des Tissutiers, comme n’étant qu'un simple tissu ; au lieu que les passements et dentelles se font sur un oreiller avec des fuseaux, et en suivant les points et piqures d’un patron.
(Dic. Furetière, 1690)

Pennon : Étendard à longue queue, qui appartenait autrefois à un simple Gentilhomme. C’est proprement un guidon à mettre sur une tente. Il est opposé à bannière, qui était carrée : car quand on faisait quelqu'un Banneret, la cérémonie était de couper la queue de son pennon, d’où est venu un ancien proverbe: faire de pennon bannière, pour dire, Passer à une nouvelle dignité.
Il y a encore à Lyon des Compagnies des quartiers qu'on appelle Pennonage, et leurs Chefs s'appellent Capitaines Pennons.
Ce mot vient du Latin pannas, parce que ces bannières étaient autrefois faites de drap, ou d’autre riche étoffe, qui était comprise sous le même genre. (Dic. Furetière, 1690)

Sergent coiffé d'un cabassetPot : ou Pot-en-tête. En terme de guerre, est une espèce de morion ou de salade (voir ces mots) que portent les gens de pied, qui ne couvre que le haut de la tête. Il était armé seulement de pot et de cuirasse. (Dic. Furetière, 1690) - Voir aussi cabasset. Sergent coiffé d'un cabasset

Souliers à la poulaine portés par Pierre, comte d'AlençonÀ la poulaine : voir soulier.

 

Pourpoint : substantif masculin. Habillement d’homme pour la partie supérieure du corps depuis le cou jusqu’à la ceinture. On a fait des pourpoints tailladés, et d’autres fermés ; des pourpoints de peau de senteur, de satin, de drap, de toile. Panurge disait que l’eau était entrée dans ses souliers par le collet de son pourpoint. Un pourpoint sans manches se met en été sous la soutane. Des pourpoints à grandes basques, et à petites basques. Les duellistes mettaient pourpoint bas, pour montrer qu’ils se battaient sans supercherie. Ce mot vient du Latin perpunctum. Ménage. C’était un habit militaire ou cotte d’armes qui était faite de laine ou de coton, piquée entre deux étoffes, qu’on appelait autrefois gambeson.
On dit proverbialement, Il faut sauver le moule du pourpoint pour dire, son corps. On dit aussi, Il y a un sot dans son pourpoint, pour dire, que c’est un sot. Tirer on coup à brule-pourpoint, pour dire, à bout portant. On appelle aussi figurément un argument à brade-pourpoint, qui est convaincant. On dit aussi qu’on a donné un pourpoint de pierre à quelqu’un   pour dire, qu’on l’a mis en prison. On dit aussi, qu’on met un homme en pourpoint, quand on l'a dépouillé de son bien. (Dic. Furetière, 1690)
Pourpointier : substantif masculin. C’était ci-devant un Maître dans un Corps de Marchands de Paris qui ne vendaient que des pourpoints et des manteaux ; il y avait un Corps de Drapiers Chaussetiers qui ne vendaient que des hauts et bas de chausses. Il fallait avoir affaire à ces deux sortes d’Ouvriers pour s’habiller, parce que le pourpoint et les chausses étaient alors de différente parure. Depuis peu d’années on a fait union du Corps des Pourpointiers à celui des Tailleurs, à cause des différents perpétuels qu’ils avaient ensemble, prétendants que les Tailleurs qui n’étaient pas Marchands n’avaient pas droit de faire des fournitures.(Dic. Furetière, 1690)
... Il paraît qu'à cette époque les tailleurs d’habits d’hommes s’apelaient pourpointiers, ou plutôt il y avait deux espèces de tailleurs, dont les uns faisaient les robes, et les autres les habits courts ou pourpoints. Le travail des tailleurs a varié bien des fois depuis que la monarchie subsiste. Comme il n’existe aucun livre écrit avant ou pendant le XVIe siècle qui traite particulièrement des habits que portaient nos aïeux, on ne peut, pour en parler, qu'avoir recours aux anciens monuments, à d’anciennes gravures, et à plusieurs passages de nos premiers poètes ou de nos vieux romanciers.

 



R

Ratine : substantif féminin. Espèce d’étoffe de laine qui jette un poil frisé, qui sert à doubler des habits, et à tenir chaudement. La ratine de Florence est la plus estimée. La frise est une ratine grossière. Le droguet est une ratine moitié fil, et moitié laine.
(Dic. Furetière, 1690)

Robe portée par la princesse BlancheRobe seigneurale : Sous le règne de Philippe-Auguste, et sous ceux de Louis VIII et Louis IX, les femmes de distinction mariées portaient de longues queues à leur vêtement de dessus, des collets renversés et des ceintures dorées ou enrichies de pierreries précieuses. Ces différents ornements étaient défendus aux bourgeoises. Robe portée par la princesse Blanche

Robe portée par  Marguerite du BarRobe : Sous le règne de Saint-Louis et pendant les deux siècles suivants, les robes et les manteaux des dames et des demoiselles de haute naissance étaient chargés des armoiries de leurs maisons ; ceux des femmes mariées étaient mi-parties des armoiries de leurs maris et des leurs propres.
Les veuves mettaient quelquefois par-dessus leurs tuniques armoriées un scapulaire blanc, semé de larmes noires, et ne le quittaient que dans le cas où elles se remariaient. Ces veuves avaient pour ceinture une corde à gros nœuds comme les religieuses de Saint-François, tandis que les dames mariées avaient des ceintures brillantes d’or et de pierreries : les ceintures des veuves s’appelaient cordelières.
Au XVe siècle, il ne fut plus question de robes armoriées : les dames commencèrent à découvrir leur cou et une partie de leur gorge ; elles se décorèrent de colliers, de perles et de diamants, et de boucles d’oreilles brillantes ; elles portèrent des corps qui marquaient assez élégamment la taille et des manteaux retroussés ; les manches continuèrent à descendre jusqu'au poignet, et les jupes d’être si longues qu’il était impossible de rien voir de leurs pieds.
Charles VIII, Louis XII et François Ier ayant fait la guerre en Italie, et la mère de Louis XII étant Italienne, nos dames adoptèrent pour l’habillement une partie des modes de ce pays qui commençait à donner le ton à toute l’Europe en matière de goût. Ce fut alors qu’on commença à voir à découvert les bras de quelques dames françaises, et que les jupes, devenues plus courtes, laissèrent apercevoir le bout de leurs pieds.
Bientôt après, les modes espagnoles succédèrent aux italiennes ou s’y mêlèrent : on vit alors les vertugadins ou guard’enfants, modèles des paniers, et plus ridicules encore que cette invention moderne, les collets montés qui siéent très bien à certains visages, les robes et manches taillées et découpées.
Sous Charles IX, les dames avaient des corps de robes et d’amples vertugadins ; les étoffes les plus riches étaient employées dans les différentes parties de leur parure : leurs robes, ouvertes par devant, laissaient voir une superbe jupe communément chargée de perles et de pierreries ; leurs manches étaient ou larges à grands parements de fourrure, ou bouffantes, tailladées, ou à petites bouffettes séparées d’espace en espace par des perles ; leurs gorges ou leurs épaules découvertes ou simplement ombragées par un filet de perles ou de pierreries à grands carreaux, des espèces de manchettes attachées au bout des manches boutonnés sur le côté, c’est-à-dire aux amadis.
Sous Louis XIII, les dames abandonnèrent les larges vertugadins ; mais sous leurs robes, ordinairement de velours ou de satin, elles portèrent une jupe d’une étoffe riche, surhaussée de broderies : la robe était ouverte par devant et les deux côtés se relevaient par derrière, afin de laisser voir l'habillement de dessous ; les manches étaient bouffantes à longues bandes, et nouées de distance en distance avec des rubans. Sur le bord de l’amadis, on appliquait un morceau de point, qui faisait l’effet d’une manchette relevée par dessus ces manches ; il y en avait d’autres qui ne descendaient que jusqu’au plis des bras, et dont l’ouverture de l’épaule aux jointures du bras était assujettie avec un nœud de perles ou de rubans ; les collets montés étaient de différentes formes, ou carrée ou ronde ; on les rabattait sur la robe ou on les relevait, selon qu’on le jugeait à propos : toujours ils laissaient la gorge assez découverte.
Jusqu’à nos jours, les modes dans l’habillement des dames sont impossibles à suivre dans leurs variations, dans leurs détails ; elles ont été et sont encore toutes imitées des anciens ; un goût plus simple, élégant, conduit la main de nos modistes et de nos couturières. Robe portée par  Marguerite du Bar

Rodingote portée par Pierre, comte d'AlençonRodingote : Vêtement différent de l'habit parce que les pans de la jupe y sont entiers, tandis que ceux de l'habit sont coupés sur le devant. Mettre une redingote par-dessus son habit (Le littré). Rodingote portée par Pierre, comte d'Alençon

 

 


 

S

Sergent coiffé d'un cabassetSalade : En terme de guerre, est un léger habillement de tête que portent les chevaux légers, qui diffère du casque en ce qu'il n'a point de crête, et n'est presqu'un simple pot. On l'a aussi appelé bourguignote ; et figurément on l'a dit du cavalier. Il y avait 200 salades dans ce parti, c'est à dire 200 chevaux légers. Pour les gens de pieds on l'apelle morion. Nicod dit que ce mot vient de sila, qui a signifié la même chose chez les latins. D'autres le dérivent de saladinus, et que c'est une arme venue des orientaux ; d'autres de l'italien celata, sic dicta, quod ea capus indutus miles celetur ; d'autres qu'il vient de l'espagnol celada, qui appellent ainsi un petit casque. (Dic. Furetière, 1690) - Voir aussi cabasset. Sergent coiffé d'un cabasset

Sayon porté par Raymond V de ToulouseSayon : Le sayon ou saie était un habillement militaire, une espèce de manteau en usage chez les Grecs et les Romains, qui s’attachait avec une agrafe, et qui descendait à peine jusqu’aux hanches. C’était le vêtement de dessus (Glossaire sur Marot). Il était propre aux Gaulois (Varron, Diodore de Sicile). Il était fait de gros drap ou de peaux, le poil en dehors, et de forme carrée. Il y en avait d’hiver et d’été. Il était brodé : Sayon porté par Raymond V de Toulouse
Sayon porté par  Louis Ier de GermanieEt leurs sayons de gaze et de satin bandés, Se voyent, d’argent trait, aux jointures bordés. (P. Lemoine.). Les Belges en faisaient un grand commerce à Rome même et jusqu’aux extrémités de l’Italie. (Description historique et géographique de la Haute-Normandie, t. II, p. 3.) Sayon porté par  Louis Ier de Germanie

Serge : substantif féminin. Vaugelas veut qu'on dise sarge ; mais l’usage est au contraire. C'est une étoffe commune et légère de laine croisée. La bonté des serges se connaît à la croisure ; celle des draps à la filure. Les serges se font de laine sèche ou dégraissée avec du savon noir. Les pauvres gens s’habillent de grosses serges,  de serge d’Aumale, de serge à deux envers ; des serges de Limestre, de Beauvais. On fait des habits longs d’été de serge de Rome qui se manufacture à Amiens ; de serge de Seigneur, qui se fait à Reims. On fait aussi des serges de soie qui sont fort luisantes, et travaillées et croisées comme la serge ; et par cette raison Ménage dérive ce mot de serica. Les serges qui ne sont pas de pure laine doivent avoir la lisière bleue.
(Dic. Furetière, 1690)

 

Simarre porté par St Louis, roi de FranceSimarre : Habillement long et traînant, dont les femmes se servaient autrefois. Il s'est dit aussi d'une robe d'homme. Espèce de soutane que certains magistrats portent sous leur robe. (Dictionnaire Le Littré)
La Simarre est un habit de femme qui a de longues manches pendantes. Ce mot vient de l'italien zimarra, qui vient de l'espagnol samarra. L'espagnol l'a pris des arabes, et les arabes des persans, dont ont a fait aussi le mot chamarrer (Menage). (Dic. Furetière, 1690) Simarre porté par St Louis, roi de France

Souliers à la poulaine portés par Pierre, comte d'AlençonSoulier à la poulaine : La chaussure de nos ancêtres consistait en des espèces de sandales de bois, attachées aux pieds avec des courroies. Ils eurent ensuite une chaussure de cuir fort, qui allait jusqu’à la cheville. Les Grecs et les Romains en ont eu de cuir ; les Égyptiens, de papyrus ; les Espagnol, de genet tissu ; les Indiens, les Chinois et d’autres peuples, de jonc, de soie, de bois, d’écorce d’arbres, de fer, d’or, d’airain, d’argent. Le luxe les a quelquefois couvertes de pierreries. Les formes et les noms des chaussures anciennes nous ont été conservés dans quelques historiens ; mais il est difficile d’appliquer à chaque forme son propre nom. Souliers à la poulaine portés par Pierre, comte d'Alençon
Souliers à la poulaine portés par Guillaume de LorrisSous Philippe-le-Bel, le soulier se releva excessivement en hauteur, et le bec en devint plus ou moins long. Les gens du commun les portaient ordinairement d’un demi-pied ; la mesure des plus riches bourgeois était d’un pied ; les grands seigneurs, les princes lui donnèrent la longueur de deux pieds. Le bec était quelquefois orné de deux cornes, d’autrefois d’énormes griffes, de figures, d’ongles, de grotesques de différentes formes. Cette chaussure se nommait à la poulaine. Elle fut portée à un tel excès d’extravagance qu’on fut forcé, pour le réprimer, d’employer contre elle et l’autorité ecclésiastique et l’autorité séculière.
Le nom des souliers à la poulaine dont la mode caractéristique a duré pendant si longtemps, leur vint de la Pologne où cette mode avait pris naissance. La Pologne s’appelait alors dans notre langue Polaine, en latin Polonia. La pointe des souliers à la poulaine s’allongeait à proportion de la qualité de la personne qui les portait : cette pointe était longue de six pouces pour les particuliers, d’un pied pour les gens riches et de deux pieds pour les princes. Ces souliers furent défendus sous Charles VI ; mais ils ne tardèrent pas à reparaître.
À peine la sévérité des ordonnances de Charles V eut-elle fait disparaître les souliers à la poulaine, que sous Charles VI on leur vit succéder des souliers en bec de canne, qui furent remplacés à leur tour par des souliers d’un pied de large. Sous Louis XI, les souliers à la poulaine se montrèrent encore un instant et disparurent.
Les souliers des homme» sont depuis très longtemps de cuir noirci, de maroquin ; mais ils ont été quelquefois coupés et tailladés élégamment, sous François Ier, son fils et son petit-fils.
La mode, dans certains temps, a été de porter les talons fort hauts. Les talons rouges et les oreilles de soulier de même couleur ont eu leur vogue.
Aux touffes et nœuds de rubans, ont succédé les boucles de métal ou de diamants, dont la forme et la grandeur ont infiniment varié.
Quelques personnes croient que le mot cordonnier vient des cordons qui les premiers ont servi à retenir les souliers. Le mot cordonnier vient du mot cordouon c’est ainsi que s’appelait le cuir noirci dont on a toujours fait les souliers.Souliers à la poulaine portés par Guillaume de Lorris

Soutane portée par Jean de Bourbon RochefortSoutane : substantif féminin. Habit long et descendant jusques sur les talons, que portent les Ecclésiastiques et les gens de Justice sous leurs manteaux et sous leurs robes. Les Gens de soutane sont d’une profession tout à fait opposée à celle des gens de guerre. Les Évêques portent une soutane noire. Un grand Magistrat doit tou­jours aller en robe et en soutane. Ce mot vient de l’Italien sottana, qui vient de sotto, parce que c’est un habillement qu’on met sous la robe, ou sous le manteau. Ménage. D’autres croient que ce mot vient de sultane, qui était un habit long et vénérable que portaient les Émirs ou parents de Mahomet. Geliot. Du Cange le dérive de subtaneum, mot de la basse latinité signifiant la même chose.
On dit d’un homme, que la soutane ne tient qu’à un bouton, lors qu’il n’est pas trop engagé dans l’Église, ou dans la Robe, et qu’il la quitterait volontiers à la moindre occasion.(Dic. Furetière, 1690) Soutane portée par Jean de Bourbon Rochefort

Surcot porté par Marguerite de ProvenceSurcot : On donnait ce nom à un vêtement qui se passait sur les épaules ; il était de la même largeur et par derrière et par devant, échancré sur les côtés, et retombait jusqu’au bas des hanches, où il s’attachait à un jupon qui était fort long. Les dames le portaient par-dessus une robe à manches, ornée d’une ceinture très riche ; elles l’enrichissaient et le variaient à l’infini. On cessa de le porter vers la fin du règne de Charles VIII.Surcot porté par Marguerite de Provence

Surtout porté par Guillaume de LorrisSurtout : Les Français, dit J. Villani, portaient au XIIIe siècle un surtout serré à la ceinture, dont les grandes manches pendantes, doublées de vair ou d'hermine, arrivaient jusqu’à terre.Surtout porté par Guillaume de Lorris
Surtout est un nom qu'on a donné à une grosse casaque ou justaucorps qu'on met en hiver sur les autres habits ou justaucorps. Ce mot est nouveau, et n'a été en usage qu'en cette présente année 1684. Anciennement on appelait la même chose souravis, comme qui dirait surhabits. On trouve ce mot dans le Sire de Joinville. On trouve aussi que dès l'an 1226, il est défendu aux religieuxde St Benoît par leur Règle, de porter des habits laïques, comme des balandrans et des surtouts, qui sont appelés ballandrana et supertoti, en français, surcots. (Dic. Furetière, 1690) Veste portée par Philippe d'Evreux

 


 

T

Bouclier porté par le roi Saint LouisTavella : voir Bouclier

Targe : voir Bouclier

Toque portée par un page du 14ème siècleToque : Substantif féminin. Bonnet d’homme de figure cylindri­que, ou d’une forme de chapeau, qui n’a qu’un petit bord. Les Officiers de la Chambre des Comptes portent des toques de velours. Les Consuls, les Maîtres et Gardes des Corps des Marchands en portent aussi. C’était autrefois la coiffure de tous les Officiers qui n’étaient point gradués. Encore aujourd’hui les pensionnaires des Collèges qui font dans les Humanités, portent des toques. Les Artiens portent des bonnets quarrés. Les cent Suisses de la Garde du Roy portent aussi des toques. Ce mot vient du Latin toga. Il est fort ancien en Français, et signifiait un bonnet rond. On l’appelait aussi torque : et toc en langage Celtique ou Bas Breton signifiait chapeau. (Dic. Furetière, 1690) Toque portée par un page du 14ème siècle

Toquet : Substantif masculin. Bonnet d’enfant, surtout de petite fille, ou de servante. Un toquet de satin. Cet enfant a encore le toquet. Ces paysannes se sont battues, et se sont prises toquet. Quelques-uns ont dérivé ce mot de toga, parce que c’est une pièce d’habillement qui couvre la tête. (Dic. Furetière, 1690)

Tisserand : Substantif masculin. Ouvrier qui fait de la toile. En quelques endroits on l’appelle Texier, Tellier et Tissier, d’où sont venus plusieurs noms de familles semblables. Un nœud de Tisserand est celui qui se fait à l’extremité du fil. (Dic. Furetière, 1690)

Tissutier Rubanier : Substantif masculin. Artisan qui fait des rubans, des franges, des boutons, de la toile de soie, et autres tissus.
Les Maîtres Tissutters Rubaniers sont un Corps séparé d’avec les Ouvriers en draps d’or et de soie, et ne peuvent faire d’ouvrages qu’au-dessous d’un tiers d’aune de largeur (environ 119 cm), ni avoir chez eux des métiers des étoffes de la grande navette, par arrêt du Conseil du 8 Avril 1666. (Dic. Furetière, 1690)

 


 

V

Vair porté par Robert de ClermontVair : On nommait ainsi du latin Varius, varié, une fourrure mêlée de gris et de blanc, qui pendant tout le moyen âge fut extrêmement recherchée. Vair porté par Robert de Clermont

Vertugadin porté par  Marguerite du BarVertugadin : c'était une pièce de l'habillement des femmes, quelles mettaient à leur ceinture pour relever leurs jupes de quatre ou cinq pouces. Il était fait de grosse toile tendue sur de gros fil de fer. Il les garantissait de la presse, et était fort favorable aux filles qui s'étaient laissé gâter la taille. La mode en est encore demeurée chez les espagnoles, qui l'appellent garde-infante. Ce mot vient avec la chose de l'espagnol vertugala. On les a aussi appelé vasquines, ou hocheplis : ce qui s'est dit encore de la robe fort ample qui se tenait ouverte et étendue par le moyen du vertugadin, qu’on a appelle aussi autrefois vertugade. (Dic. Furetière, 1690) Vertugadin porté par  Marguerite du Bar

Voile porté par Agnès de la QueueVoile : Il paraît que l’usage du voile est de la plus haute antiquité, qu’il n’était même porté que par les filles de joie. L’usage d’avoir la tête couverte ou découverte dans les temples, n’a pas été le même chez les différents peuples du monde. Les femmes, au XIIIe siècle, allaient à l’église voilées. Peut-être de cet usage vient que les femmes à qui on élevait des tombeaux à cette époque, portent généralement un voile. On permit ensuite aux filles de paraître à l’église sans voile, ce qui les flatta. Sous le règne de Charles VI, les femmes étaient coiffées d’un haut bonnet en pain de sucre et à peu près semblable à celui des Cauchoises de nos jours ; elles attachaient au haut de ce bonnet un voile qui pendait plus ou moins, selon la qualité de la personne. Le voile d’une bourgeoise ne venait que jusqu’aux épaules, tandis que le voile de la femme d’un chevalier descendait jusqu’à terreVoile porté par Agnès de la Queue

 

 

 

 

Mise à jour 15.11.2018

 

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