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Les costumes portés en France de l'an 450 à 1850

Les costumes
par catégorie,
ordre alphabétique des prénoms


Pour l'ordre chrono, voir les imagettes
ci-dessous


 

Rois de France

Charlemagne

Charles V

Charles le Chauve

Charles le Bel

Childebert

Chilpéric 1er

Clotaire 1er

Clotaire II

Clovis 1er

Clovis II

Dagobert 1er

Hugues-Capet

Jean le Bon

Lothaire II

Louis le débonnaire

Louis le Hutin

Saint Louis

Pépin le Bref

Philippe IV de Valois

Philippe le Bel

Philippe le Long

 

Empereurs

Lothaire 1er
empereur

Louis 1er
le germanique

 

Reines et princesses

Béatrice de Bourbon

Blanche, princesse

Blanche de Navarre

Clothilde

Frédégonde

Jeanne de Bourbon

Marguerite / Provence

Radegonde

Ultrogothe

 

Autres dames

Adèle de Vermandois

Agnès de Beaudement

Alix de Bretagne

Agnès de Loisy

Agnès de la Queue

Agnès Hellebic

Berthe

Jeanne de Flandre

Mabille Riez

Mahaut

Marie de Hainaut

Marguerite de Bar

 

Écclésiastiques

Abailard, abbé

St Germain

Saint Odon

Prudence le Jeune

Suger, abbé

Ulger, évêque

Saint Louis / Toulouse

 

Seigneurs et autres

Alain Fergent

Amaury de Montfort

Esavret de Toulouse

Duguesclin Bertrand

Geoffroy le Bel

Guillaume Dufort

Guillaume de Lorris

Guillaume de Toulouse

Guillaume IV Toulouse

Hélie 1er

Hélinand de Froidmont

Henri II Clément

Henri III de Namur

Hugues II / Bourgogne

Jean III de Chalons

Jean de Montfort

Jean de Térote

Jehan de Joinville

Louis Ier de Bourbon

Philippe d'Artois

Philippe Hurepel

Pierre Ier d'Alençon

Pierre Cardinal

Pierre de Courtenay

Pierre de Dreux

Pons de Toulouse

Rainald II

Raymond V / Toulouse

Renaud de St-Vincent

Rogiers Pierre

Roland de Roncevaux

Villiers, chevalier

Philippe d'Évreux


 

Page de garde des Costumes français - repro © Norbert Pousseur

COSTUMES FRANÇAIS

depuis

CLOVIS JUSQU'À NOS JOURS

Extraits des monuments les plus authentiques de sculpture et de peinture Avec un texte historique,

Enrichi de notes sur l'origine des modes, les mœurs et usages des français aux diverses époques de la monarchie.

 

Paris
Mifliez frères, éditeurs,
Quai des Grands Augustins, n° 37

1855

 


Quelques exemples des 650 gravures de l'ouvrage

Soldat saxon du VIIe siècle - Costumes de France - reproduction © Norbert Pousseur Charles le Chauve en son costume, dessiné par Massard - reproduction © Norbert Pousseur Radegonde, reine de France - Costumes de France - reproduction © Norbert Pousseur
Charlemagne, roi de France - Manuscrit de la Bibliothèque royale - reproduction © Norbert Pousseur Cavalier vers le 11e siècle, sessiné par Mansard - Costumes de France - reproduction © Norbert Pousseur Homme du peuple au XIIe siècle, dessiné par Massard - reproduction © Norbert Pousseur

 

Sources et interprétations

Pour de nombreuses gravures, l'auteur indique d'où provient la source du dessin présenté : manuscrit, vitrail, peinture, tombeau...

C'est précisément d'un tombeau que nous est proposé le portrait de Geoffroy de Plantagenêt. Ci-dessous côte à côte, la photo détourée du personnage en son tombeau (à gauche), et la gravure qu'il en résulte. Le tout à la même échelle.

Geoffroy le Bel, représentation tirée de son tombeau, photographe inconnu, détourage © Norbert Pousseur Geoffroy le Bel en son costume, dessiné par Massard - reproduction © Norbert Pousseur

Globalement la gravure à droite est assez fidèle dans ses détails : mais l'impression générale ne donne pas cette impression.
La gravure propose un personnage beaucoup plus majestueux, notamment par l'ampleur du manteau rouge qui le recouvre (et ce manteau est de teinte bleue et beaucoup plus décoré sur le tombeau), ainsi que par la largeur des cuisses musclées bien marquées sur le dessin.
Le dessinateur des gravures, Léopold Massard bien souvent comme ici, prend le parti de magnifier ces personnages qui ont fait l'Histoire de France.

(Voir ces reproductions en plus grand format sur la page consacrée à Geoffroy le Bel de Plantagenêt).

Une autre exemple d'interprétation, ici à partir d'un manuscrit

Louis Ier et Marie de Hainaut, de l'Armorial d'Auvergne, source BNF, traitement par Norbert Pousseur

Louis Ier et Marie de Hainaut, dessinés par Léopold Massard, reproduction © Norbert Pousseur

En premier, un extrait du manuscrit « Registre d'armes » ou Armorial d'Auvergne, dédié par le hérault Guillaume Revel au roi Charles VII,
source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France, dont l'original est reproduit, sur ce site, sur la page de Louis Ier de Bourbon et de Marie de Hainaut.
Et ci-dessus, les mêmes personnages, dessinés par Léopold Massard.
Les vêtements sont reproduits de façon assez fidèles. Par contre les attitudes sont légèrement différentes et le nez de Louis Ier est droit chez Massard, au lieu de retroussé sur le manuscrit.

 

Remarque : Il faut avoir à l'esprit que nombre de ses gravures sont tirées de représentations qui s'inscrivent dans l'esprit du temps au moment de leur réalisation. En effet, si la gravure avait pour source un tombeau, un vitrail, une peinture faite du vivant du personnage, il en résulte une transcription correspondant à ce que voulait faire voir de lui le seigneur ou roi ainsi représenté.
De plus, quelque soit la source, les gravures publiées dans cet ouvrage correspondent à l'idéologie dominante de l'époque à laquelle elles ont été gravées, les historiens et artistes n'échappant jamais à l'opinion ambiante.
Donc il faut regarder ces gravures en ayant en tête qu'elles correspondent aux connaissances historiques et aux croyances à un moment X (ici donc vers 1850).


Cet ouvrage est une variante de celui, beaucoup plus connu, qui a pour titre :
Costumes historiques de la France d'après les plus authentiques statues, bas-reliefs, tombeaux, sceaux, monnaies, peintures à fresque, tableaux, vitraux, miniatures, dessins, estampes etc. avec un texte descriptif, par le bibliophile Jacob (Paul Lacroix).

Les textes présentés ici et qui accompagnent les gravures, sont très légèrement différents de ceux du bibliophile Jacob, mais proviennent, de toute évidence, de la même source. Par contre, pas de nom d'auteur.

Pas d'introduction, dans aucune de ces deux éditions. Cependant, pour y remédier en partie, lire ci-dessous quelques-unes des premières pages transcrites du 'Recueil curieux de pièces originales rares ou inédites, en prose ou en vers, sur le costume et les révolutions de la mode en France' qui sert, comme il est indiqué dans le titre, 'd'appendice aux Costumes historiques de la France', et qui fait donc partie du même ensemble.

 

Autres sources
Il est intéressant, aussi de comparer l'ouvrage présent avec celui de Camille Bonnard publié initialement en 1829 et dont les éditions disponibles actuellement dates de 1860, sous le titre :
"Costumes historiques des XIIe, XIIIe, XIVe et XVe siècles... dessinés et gravés par Paul Mercuri"
La plupart des 200 costumes présentés dans cet ouvrage sont de personnages italiens, mais certains recouvrent ceux publiés ici.
Ci-dessous, à gauche, le dessin de Paul Massard, et à droite celui de Paul Mercuri. Ils sont contemporains (1804-1888 pour Mercuri, et 1812-1889 pour Massard). Massard aurait-il copié sur Mercuri - ce n'est pas sûr, malgré la similitude des dessins, tirés d'une sculpture. Par contre le texte parlant de l'origine du modèle (la sculpture) est absolument identique, et est certainement réellement de Camille Bonnard, de l'ouvrage de Mercuri.

Roland, par Léopold Massard © Norbert Pousseur
Roland par Léopold Massard
Roland, par Paul Mercuri © Norbert Pousseur
Roland, par Paul Mercuri

Texte de 1860 de Camille Bonnard / Mercuri (1ère édition 1829) : 
Ce costume, quel que soit le guerrier dont on a voulu conserver l’image, fait partie des sculptures assez grossières qui décorent le portail de la cathédrale de Vérone. Elles appartiennent au XIe ou au XIIe siècle, et précisent d’une manière assez certaine le costume militaire, non-seulement de cette époque, mais encore des siècles précédents, et l’on peut même, sans crainte de commettre un anachronisme, remonter jusqu’aux temps de Charlemagne, car les costumes ont éprouvé bien peu de variations pendant toute cette période.

Texte des Costumes français (non signé) 1855 :
Ce costume, quel que soit le guerrier dont on a voulu conserver l’image, fait partie des sculptures assez grossières qui décorent le portail de la cathédrale de Vérone. Elles appartiennent aux XIe et XIIe siècles, et précisent d’une manière assez certaine, non-seulement le costume de cette époque, mais encore celui des siècles précédents  et l’on peut, sans commettre un anachronisme, remonter jusqu’au temps de Charlemagne  car les costumes ont éprouvé bien peu de variations pendant toute cette période.

Militaire, Hugues duc de Bourgogne, par Léopold Massard © Norbert Pousseur
Militaire par L. Massard
Mililtaire, par Paul Mercuri © Norbert Pousseur
Militaire, par Paul Mercuri

Ci-dessus, un autre exemple de similitude entre les deux dessinateurs.
L'ouvrage de Mercuri dit ceci :
J’ai extrait le costume suivant d’un manuscrit qui m’en a déjà fourni d’autres. Il servira encore à expliquer plus clairement la manière de tenir le bouclier. Les chevaliers portaient aussi généralement leurs casques ornés des mêmes emblèmes qui figuraient sur leurs écus, et cela pour être reconnus dans les combats. Cet usage donna naissance aux armoiries qui servirent ensuite à distinguer les familles nobles.

L'ouvrage de L Massard écrit ceci, tout en utilisant cette gravure pour illustrer le personnage de Hugues de Bourgogne :
Le guerrier représenté en cette planche est vêtu d'un haubert de mailles, et explique clairement la manière de tenir le bouclier. Il paraît qu’il était soutenu par trois courroies, et que le bras portait sur un cuir blanc.

A l'époque, la notion de copyright était encore peu appliquée,
même si un édit dès 1843 en parle.

Léopold Massard s'est-il inspiré quelquefois des dessins de Paul Mercuri, ou chacun, à partir des mêmes sources, a-t-il produit quasiment les mêmes interprétations ? Cette dernière hypothèse semble être la bonne, à voir la reproduction ci-dessous du manuscrit original, qui, à lire les commentaires, était une illustration en couleur (Pétrarque vêtu d'écarlate, militaire au casque bleu avec une bande dorée...). Mercuri est en fait plus fidèle au modèle - Le militaire de Massard a une attitude plus dynamique, mais on peut se demander pourquoi avoir choisi ce manuscrit italien pour illustrer la tenue d'un militaire français !!!

Tableau - manuscrit au militaire  © Norbert Pousseur
La gravure originale au militaire, mettant en scène Pétrarque,
l'un des 2 personnages de face, à droite.
in 'Italie, L'Univers - Histoire de tous les peuples' - édition 1835


Note de l'auteur de cet ouvrage au milieu du premier tome :

On commence aujourd'hui à ne plus croire sur parole ; on veut de la vérité jusque dans les arts, et l'on veut surtout que l'historien apporte la preuve des vérités qu'il expose. Sans avoir la prétention de faire de notre Recueil un trésor d’érudition, nous nous efforcerons plus que jamais de satisfaire à ce besoin de notre époque. Dorénavant nous indiquerons toujours nos autorités, les sources où nous aurons puisé, et où nos lecteurs pourront aller chercher eux-mêmes les développements dont ils auraient besoin. Toutes les fois même que le cadre dans lequel nous sommes obligés de nous renfermer nous le permettra, nous citerons les textes ; nous espérons qu’on nous en saura bon gré.


Répertoire des termes de l'habillement : De nombreux articles de cet ouvrage sont complétés par des notes explicatives ou historiques sur les costumes décrits dans les gravures.
Toutes ces notes ont été rassemblées sur une page-répertoire qui, au fur et à mesure de l’avancement, deviendra un petit dictionnaire sur l’habillement à travers les âges.
Chaque terme renvoie à la gravure d'origine, et chaque page de cet ouvrage possède un lien vers ce répertoire.


Note sur le Copyright : L'ensemble des textes et gravures de cet ouvrage est tombé dans le domaine public. Cependant chaque gravure a été corrigée des défauts du temps ou d'impression (environ 1/2heure de travail par gravure). De même les commentaires et notes, après retranscription (OCR,) ont été reportés en regard de chaque gravure (ce qui n'était pas le cas dans l'ouvrage d'origine). L'ensemble de ce travail éditorial explique que soit appliquée sur toutes ces pages une restriction de réutilisation (notion de copyright).
Cependant, l'usage de ces textes et gravures restent libre pour tout usage pédagogique en classe.

Pour tout autre usage, me contacter

Format des gravures : Les gravures dans l'ouvrage font un peu plus de 9 cm de large sur un peu plus de 15 cm de haut.
Elles ont été reprographiées sur un capteur 24x36 de 50 Mo.
Leurs dimensions une fois retravaillées font environ 6000 sur 4000 px, en 300dpi. Elles peuvent donc être imprimées, sans pertes, sur environ 50cm de hauteur.
Elles sont reproduites ici sur 650 px de hauteur (ou 700 px en largeur).
Lorsqu'elles sont zoomable, leur taille font au maximum 2500 px en hauteur ou largeur.

Avoir aussi, sur ce même site,
les pages consacrées à la mode du 19ème siècle

Et aussi les pages consacrées
aux costumes traditionnels du 19ème siècle

 

Ci-dessous, les mêmes listes de personnages, mais vus à travers leur gravures, en imagettes - Chacune d'elles renvoie à la page correspondante, comme les listes ci-dessus.
Lorsqu'un personnage est illustré par plusieurs gravures sur leur page, seule la première de celles-ci est présentée ci-dessous.

L'ordre chronologique est ici plus ou moins respecté, l'ouvrage d'origine semblant classer par moment les personnages, par la période de son costume et non par celle de son existence :
Par exemple, Guillaume IV, comte de Toulouse, ayant vécut au 11ème siècle, est montré dans un habit du 13ème, la planche publiée dans le livre ayant sans doute été réalisée à partir d'un document ou autre représentation datant du 13ème.

Le classement en liste est alphabétique tout d'abord par les prénoms dans la mesure où les anciens personnages historiques était d'abord nommé par leur prénom et par le lieu de leur château ou région, ou de leur ville où ils ont principalement vécus.

Le classement en imagettes ci-dessous respecte plutôt la chronologie des vies des personnages, sauf quand le décalage de date du costume est spécifié, ce qui est donc le cas de Guillaume IV de Toulouse, qui a vécu au 11ème siècle mais qui, par son costume est mis avec les personnages du 13ème siècle.

Les costumes
par type,
ordre
alphabétique


Les mêmes peuvent être vues en imagettes
ci-dessous




Arbalétrier 12-14ème

Archer

Bourgeois au 14e s.

Bourgeoise au 10e s.

Bourreau 9e s.

Cavaliers 10e au 13e s.

Guerrier 11e s.

Homme du peuple

Laboureur 7e s.

Mise au tombeau

Musiciens/nes
danseuse, jongleur

O. Cosse du Genêt

Ordre de l'étoile 12ème

Seigneurs de Cour

Sergents du 13e s.

Serviteurs et valets

Soldats du 7e au14e s.

Templiers

 

 

 

 

 

Les rois de France (ordre chronologique)
Clovis, roi de France - Costumes de France - reproduction © Norbert Pousseur Childebert, roi de France - Costumes de France - reproduction © Norbert Pousseur Clotaire 1er, roi de France - Costumes de France - reproduction © Norbert Pousseur Chilpéric 1er, roi de France - Costumes de France - reproduction © Norbert Pousseur Clotaire II, roi de France - Costumes de France - reproduction © Norbert Pousseur Dagobert Ier, roi de France - Costumes de France - reproduction © Norbert Pousseur Clovis II en son costume, roi de France - Manuscrit de la Bibliothèque royale - reproduction © Norbert Pousseur Pépin le Bref en son costume, roi de France - reproduction © Norbert Pousseur Charlemagne, roi de France - Manuscrit de la Bibliothèque royale - reproduction © Norbert Pousseur Louis le Débonnaire en son costume, roi de France - Manuscrit de la Bibliothèque royale - reproduction © Norbert Pousseur
Charles le Chauve en son costume, dessiné par Massard - reproduction © Norbert Pousseur lothaire II, roi de France, dessiné par Massard - Costumes de France - reproduction © Norbert Pousseur Hugues Capet, roi de France, dessiné par Massard - Costumes de France - reproduction © Norbert Pousseur Saint Louis, roi de France, gravure de Léopold Massad - reproduction © Norbert Pousseur Philippe III le Hardi en son costume toulousain, roi de France, dessiné par Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur Philippe le Bel en son costume dessiné par Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur Louis le Hutin  dessiné par Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur Charles le Bel,  dessiné par Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur Philippe le Long en son costume dessiné par Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur Philippe IV de Valois, roi de France - reproduction © Norbert Pousseur
Jean le Bon, en amrmure, gravure de Léopold Massad - reproduction © Norbert Pousseur Charles V, roi de France, dessiné par Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur                

Empereurs (ordre +- chronologique)
Lothaire 1er, en son costume, dessiné par Massard - reproduction © Norbert Pousseur Louis 1er le germanique, en son costume - dessiné par Massard - reproduction © Norbert Pousseur                

Reines et princesses royales (ordre +- chronologique)
Clothilde, reine de France - Costumes de France - reproduction © Norbert Pousseur Ultrogothe, reine de France - Costumes de France - reproduction © Norbert Pousseur Radegonde, reine de France - Costumes de France - reproduction © Norbert Pousseur Frédegonde, reine de France - Costumes de France - reproduction © Norbert Pousseur Marguerite de Provence, reine de France - gravure de Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur Blanche, fille de la reine Marguerite de Provence, gravure de Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur Béatrice de Bourgogne, dessinée par Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur Blanche de Navarre, reine de France - gravure de Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur Jeanne de Bourbon, reine de France, dessinée  par Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur  

Autres dames (ordre +- chronologique)
Adèle de Vermandois  dessinée par Massard - reproduction © Norbert Pousseur Berthe en son costume, dessiné par Massard - reproduction © Norbert Pousseur Agnès de Beaudement, dessiné par Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur Agnès Hellebic, dessinée par Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur Mabille de Riez en son costume, dessiné par Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur Alix princesse de Bretagne, dessinée par Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur La princesse Mahaut, dessinée sans doute par Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur Agnès de la Queue, dessinée par Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur Marguerite de Bar, dessinée par Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur Agnès de Loisy, dessinée par Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur
Jeanne de Flandre, dessinée par Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur Marie de Hainaut dessinée  par Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur                

Écclésiastiques (ordre +- chronologique)
Saint Germain - Costumes de France - reproduction © Norbert Pousseur Saint Odon en son costume, dessiné par Massard - reproduction © Norbert Pousseur Prudence le Jeune dans son habit d'évêque, dessiné par Massard - reproduction © Norbert Pousseur Suger, abbé de Saint Denis en son costume, dessiné par Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur Abailard, abbé - Costumes de France - reproduction © Norbert Pousseur Ulger, évêque d'Angers en son costume, dessiné par Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur St Louis, évêque de Toulouse, dessiné par Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur      

Seigneurs et autres (ordre +- chronologique)
Guillaume comte de Toulouse, dessiné par Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur Roland en son armure, dessiné par Massard - reproduction © Norbert Pousseur Esavret de Toulouse dessiné par Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur Pons de Toulouse dessiné par Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur Alain Fergent en son costume, dessiné par Massard - reproduction © Norbert Pousseur Geoffroy le Bel en son costume, dessiné par Massard - reproduction © Norbert Pousseur Hélie  Ier du Maine en son costume, dessiné par Massard - reproduction © Norbert Pousseur Renaud ou Rainald II dessiné par Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur Pierre Rogiers en son costume, dessiné par Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur Raymond V de Toulouse, dessiné par Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur
Hugues II de Bourgogne, dessiné par Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur Guillaume Bertrand de Dufort, dessiné par Massard - reproduction © Norbert Pousseur Henri II du Gâtinais en son armure, gravure de Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur Pierre de Dreux de Bretagne, dessiné par Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur Pierre de Courteany comte de Nevers dessiné par Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur Amaury IV de Montfort, comte de Toulouse dessiné par Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur Philippe comte de Dammartin, dessiné sans doute par Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur Guillaume de Lorris, dessiné par Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur Jehan de Joinville dessiné par Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur Guillaume IV de Toulouse en costume du 13ème siècle, dessiné par Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur
Renaud de St Vincent, de Senlis, dessiné par Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur Henri III de Namur et d'Arlon, dessiné par Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur Le chevalier Villiers, dessiné par Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur Pierre Ier, comte d'Alençon, dessiné par Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur Robert de Clermont, dessiné par Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur Philippe d'Artois, dessiné par Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur Hélinand de Froidmont, poète,  dessiné par Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur Pierre cardinal, poète,  dessiné par Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur Philippe d'Evreux dessiné par Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur Jean de Meung, dessiné  sans doute par Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur
Jean de Terote, dessiné  par Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur Jean de Montfort, dessiné  par Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur Louis Ier dessiné  par Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur Jean III de Chalons dessiné  par Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur Bertrand Duguesclin dessiné par Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur          

Soldats, métiers... (ordre alphabétique)
Arbalétrierr vers le 12e siècle, dessiné par Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur Archer-piéton du 13ème siècle, dessiné par Léopold Massard - Costumes de France - reproduction © Norbert Pousseur Bourgeois au 14ème siècle dessiné par Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur Bourgeoise au 10ème siècle - Costumes de France - reproduction © Norbert Pousseur Bourreau en son costume au 9ème siècle, dessiné par Massard - Costumes de France - reproduction © Norbert Pousseur Cavalier vers le 10e siècle, dessiné par Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur Guerrier en son costume au 11ème siècle, dessiné par Massard - Costumes de France - reproduction © Norbert Pousseur Homme du peuple au XIe siècle, dessiné par Massard - reproduction © Norbert Pousseur Laboureur au Moyen-âge - Costumes de France - reproduction © Norbert Pousseur Funérailles d'un évêque au 10ème siècle, dessin de Massard - reproduction © Norbert Pousseur
Musique et danse au 9ème siècle, dessin de Massard - reproduction © Norbert Pousseur Chevalier à l'Ordre de la Cosse du Genêt avec son collier, dessiné par Léopold Massard  - reproduction © Norbert Pousseur Chevalier à l'ordre de l'Étoile, costume au 12ème siècle, dessiné par Massard - Costumes de France - reproduction © Norbert Pousseur Seigneur de la cour de Charles V, dessiné par Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur Sergent en casaque au XIIIe siècle, dessiné par Massard - reproduction © Norbert Pousseur Valet du 14ème siècle, dessiné par Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur Soldat du IXe siècle en son costume dessiné par Massard - reproduction © Norbert Pousseur Templier en habit de guerre avec sa croix, dessiné par Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur    

Lois somptuaires - 1294 (Philippe Le Bel).


Ordonnance contre le luxe
.

Premièrement. Nulle bourgeoise n’aura de char.

Item. Nul bourgeois ni bourgeoise, ne portera vair, ni gris, ni hermines, et se délivreront de ceux qu'ils ont, de Pâques prochaines en un an. Ils ne porteront, ni pourront porter or, ni pierres précieuses, ni couronnes d’or, ni d’argent.

Item. Nul clerc, s'il n’est prélat, ou établis en personnage, ou en dignité, ne pourra porter vair, ni gris, et hermines, faits en leurs chaperons tant seulement.

Item. Le duc, le comte, le baron de six mille livres de terre, ou de plus, pourront faire quatre robes par an et non plus, et les femmes autant.

Item. Nul chevalier ne donnera à nul de ses compagnons, que deux paires de robes par an.

Item. Tous prélats auront tant seulement deux paires de robes par an.

Item. Tous chevaliers n’auront que deux paires de robes tant seulement, ni par don, ni par achat, ni par autre manière.

Item. Chevaliers, qui aura trois mille livres de terre, ou plus, ou les bannerets, pourra avoir trois paires de robes par an, et non plus, et sera l’une de ces trois robes pour été.
Nul prélat ne donnera à ses compagnons, qu'une paire de robe l’an, et deux chapes.
Nul écuyer n’aura que deux paires de robes, par don ni par achat, ni en nulle autre manière.
Garçons n’auront qu’une paire de robe l’an.
Nulle damoiselle, si elle n’est châtelaine, ou dame de deux mille livres de terre, n’aura qu’une paire de robe par an.
Nul bourgeois, ni bourgeoise, ni écuyer, ni clerc, s'il n’est en prélation, ou en personnage, ou en geigneur état, n’aura torche de cire.

Nul ne donnera au grand manger, que deux mets, et un potage au lard, sans fraude. Et, au petit manger, un met et un entremet. Et, s'il fait le jeûne il pourra donner deux potages aux harengs, et deux mets, ou trois mets, et un potage. Et ne mettra en une écuelle, qu'une manière de chair, une pièce tant seulement, ou une manière de poisson, ni ne fera autre fraude. Et sera comptée toute grosse chair pour met, et n’entendons pas que fromage soit met, s'il n’est en pâte, ou cuit en sauce.

Il est ordonné, pour déclarer ce que dessus est dit des robes, que nul prélat, ou baron tant soient grands, en puisse avoir robe, pour son corps, de plus de vingt et cinq sols tournois l’aune de Paris.
Les femmes de barons à ce feux.

Le comte et le baron ne pourront donner robes à leurs compagnons, de plus de dix-huit sols l’aune de Paris.
Le banneret et le châtelain ne pourront avoir robes, pour leur corps, de plus de dix-huit sols tournois l’aune de Paris, et leurs femmes à ce feux. Et pour leurs compagnons, de quinze sols l’aune de Paris.
Les écuyers, fils de barons, banneret et châtelain ne pourront avoir robes de plus grand prix de quinze sols tournois de Paris.
Prélats, comtes, barons, bannerets et châtelain ne donneront robes à leurs écuyers, de plus de sept sols ou de six sols l’aune de Paris.
Les autres écuyers qui ne sont de ménage, et se vêtent de leur propre, ne pourront faire robe de plus de dix sols tournois l'aune.

Clercs qui sont en dignités, ou en personnages, ne pourront faire robes, pour leurs corps, de plus de seize sols tournois l'aune de Paris, et, pour les compagnons, de douze sols tournois l'aune.
Clercs qui ne sont en dignités, ni personnages, fils de comtes, barons, bannerets ou châtelains, ne pourront faire robe de leur corps, de plus de seize sols l'aune, et, pour leurs compagnons ou pour leurs maîtres, de dix ou douze sols tournois tout au plus l'aune.
Les autres clercs, qui font robe du leur, ne pourront faire robe pour leur corps, de plus de douze sols six deniers l'aune, Et, s’il est chanoine d’église cathédrale, il pourra faire robe de quinze sols tournois l’aune, et non plus.

Bourgeois qui auront la valeur de deux mille livres tournois, et au-dessus, ne pourront faire robe de plus de douze sols six deniers tournois l’aune de Paris.
Et leurs femmes, de seize sols au plus.
Les bourgeois de moins de valeur ne pourront faire de robe de plus de dix sols tournois l'aune, et pour leurs femmes, de douze sols au plus.

Et sont ces ordonnances commandées à garder, aux ducs, aux comtes, aux barons, aux prélats, aux clercs, et à toutes manières de gens du royaume, qui sont en la foi, sur celle foi qu’ils sont tenus. En telle manière que les ducs, les comtes, les bers, les prélats, qui fera contre cette ordonnance, paiera cent livres tournois pour peine. Et sont tenus à, faire garder cet établissement à leurs sujets, en quelque état qu’ils soient, et en telle manière que, si aucun banneret fait encontre, il payera cinquante livres tournois, et le chevalier ou vavasseur, vingt-cinq livres tournois, et les doyens, et les archidiacres, les prieurs, et les autres clercs qui ont dignité, ou personnage, soient de siècle, soient de religion, quiconque sera encontre, il paiera cent sols, aussi comme l’autre ; et les amendes de toute manière de gens lais, qui pour cette achoison de cet établissement seront levées, seront aux seigneurs, en qui terre, ou en qui seigneurie les forfaits seront fait, soient le seigneur clerc, ou lais, et les amendes des clercs, en quelque état qu'ils soient, seront à leurs prélats, ou à leur souverain. Et en telle manière, que celui, par qui le forfait vendra à la connaissance  du seigneur, aura le tiers de l’amende. Et s'il advenait qu’aucun clercs ou lais, de quelque condition qu'il fût, accusé qu'il eût fait contre cette ordonnance, et il s’en voulait purger par son serment, en la manière que chacun a accoutumé à jurer, ils en seront crus, et seront quittes de la peine. Et se purgera chacun, soit clercs ou lais, qui de cette chose se voudra purger. Ce fut fait et ordonné à Paris l’an de grâce 1294.

Sic reperitur in quodam parvo libro Cameræ Compotorum pro tranquillo statu regni.

 

Commentaire du transcripteur :

On a donc ici des lois contre le luxe - Il ne s'agit pas de limiter la fortune des gens, mais bien que leur train de vie public soit limité. Il doit s'agir à la fois d'un besoin de ne pas irriter le peuple par de trop tapageuses richesses, mais sans doute aussi que les différents corps constitués ne fassent pas ombrage aux personnages de la Cour et au Roi.


Texte inclus dans le corps de l'ouvrage des Costumes Français

Des rois et des Leudes

Dans les premiers temps de la monarchie française, les rois étaient héréditaires et électifs, c’est-à-dire qu’on ne pouvait les choisir que dans la famille de Clovis. Dans l’origine, ils furent des soldats valeureux et même des héros, autant que la barbarie de leur temps pouvait le permettre ; mais depuis Dagobert Ier, ils cessèrent d’a­bord de commander leurs troupes, et ensuite de gouverner : l’autorité des rois passa entre les mains des maires du palais. Ces ministres insolents régnèrent effectivement sur la France et sur leurs souverains, qui se confiaient à leur tutelle.
Dans l’origine, cette charge, qui devint si redoutable aux descendants de Clovis, était inaperçue dans le nombre de toutes celles dont étaient revêtus les Leudes qui entouraient le monarque. Alors le roi nommait à la place de maire du palais. C’était le maire du roi et non pas le maire du royaume ; mais du moment que les héritiers de Clovis ne purent plus sou­tenir les rênes de l’État, qu’ils les laissèrent échapper avec le glaive des combats, les Francs, l’esprit encore rempli de ce principe des Germains, dont ils avaient fait partie, que, dans le choix de leur roi, il fallait se déterminer par la noblesse, et dans celui de leur chef d’armée, par la valeur, revendiquèrent le droit d’élire leur général. Leur choix s’arrêta enfin sur les maires du palais. Dès-lors le roi ne nomma plus à cette place ; ce furent les Leudes, parce qu’ils en avaient fait leur chef pour les conduire à l’ennemi.
Les Leudes étaient ces volontaires qui, chez les Germains, suivaient les chefs qu’ils s’étaient choisis dans toutes leurs entreprises. Tacite les désigne sous le nom de compagnons ; les lois du temps, par celui d’hommes qui sont sous la foi du roi ; nos premiers historiens par celui des Leudes, ou fidèles, et les écrivains postérieurs, par celui de vassaux et de seigneurs. Ils n’avaient pas de biens en propre ; mais ce qu’on appela dans la suite, des biens fiscaux, des honneurs, des bénéfices, des fiefs, était particulièrement réservé à ces volontaires. Ces biens étaient le sort d’une armée, et non le patrimoine d’une famille. Les rois pouvaient les donner et les ôter à caprice à leurs Leudes. Bientôt ils en assurèrent la possession pour un an, puis pour la vie, et enfin ils les rendirent héréditaires. Ce fut une source de révoltes et de conjurations à l’avènement d’un nouveau roi ou d’un nouveau ministre. Le prince, ou celui qui régnait à sa place, voulait profiter de la loi qui lui donnait la disposition arbitraire du patrimoine des Leudes, pour en enrichir momentanément ses créatures : mais ceux qui, de simples gouverneurs, de simples usufruitiers, étaient parvenus, soit à force d’intrigue ou d’argent, à devenir propriétaires incommutables des biens qu’on voulait leur ravir, s’armaient contre l’innovateur, s’il était faible, ou conspiraient contre lui, s’il était puissant ; et quelquefois plus coupables encore, ils trahissaient leur patrie, en n’opposant qu’une résistance molle et que la lâcheté aux ennemis extérieurs qui attaquaient leur pays.
Au moindre cri de guerre, les Leudes étaient obligés de faire prendre les armes à leurs vassaux et arrière-vassaux, en conséquence de leur fief ; mais il n’y avait pas que ces braves qui fussent obligés au service militaire ; les hommes libres, Francs, Romains, Gaulois, servaient sous un comte, et étaient menés par lui et ses officiers.
On nommait hommes libres tous ceux qui n’étaient ni nobles, ni serfs : les comtes les conduisaient à la guerre, et remplaçaient même les Leudes pour conduire leurs vassaux, lorsque quelque emploi de la maison du roi empêchait ceux-ci de les mener eux-mêmes. Les comtes étaient les Leudes des hommes libres et les Leudes les comtes de leurs vassaux. Les évêques, les abbés ou leurs avoués marchaient aussi aux combats, avec les vassaux de leurs bénéfices ou des fiefs qu’ils possédaient ; mais on ne vit jamais les rois de France qu’à la tête des vassaux des Leudes; jamais ils ne daignèrent commander ceux des évêques. « Nos rois, dit un éloquent publiciste, courageux, fiers et magnanimes, n’étaient point dans l’armée pour se mettre à la tête de cette milice ecclésiastique ; ce n’étaient point ces gens-là qu’ils choisissaient pour vaincre ou mourir avec eux. » Comme si l’autorité des armes n’était pas assez étendue, c’était un principe fondamental de la monarchie, sous la première race, que ceux qui étaient sous la puissance militaire de quelqu’un, fussent aussi sous la juridiction civile, et ce pouvoir provenait de ce que celui qui menait à la guerre faisait payer les droits du fisc. Ainsi, les Leudes jugeaient les vassaux ; les comtes les hommes libres, et ceux qui relevaient des évêques, relevaient également de leur justice : despotes dans les camps, ils étaient juges absolus dans la paix. Quel pouvoir colossal était donné à ces seigneurs ! La puissance civile, la puissance militaire et même la puissance fiscale, étaient réunies. Et ces Leudes, et ces Comtes étaient encore révocables à volonté.

Peut-on concevoir un despotisme plus étendu et mieux calculé ? Il est constant, il faut l’avouer, qu’ils devaient se faire assister dans leurs jugements d’un gravion, d’un centainier et d’autres adjoints, qui montaient jusqu’à sept, et qu’enfin on ne pouvait juger qu’au nombre de douze, nombre qui était rempli par les notables. Mais c’était un faible obstacle à leurs vexations : ils pouvaient impunément se livrer à toutes les sortes d’exactions. Les prétextes et les moyens iniques ne manquent jamais à la puissance arbitraire, qui n’a de frein qu’elle-même, pour dépouiller ceux dont elle convoite les biens7 et peser de tout son poids sur les infortunés, ne serait-ce que pour les tourmenter. Aussi vit-on des malheureux qui, jouissant d’une modeste aisance, furent condamnés sans motifs, à des amendes qui dépassaient la valeur de leurs biens, et qui, pour subsister dans un temps où l’industrie était étouffée, se voyaient réduits à renoncer pour toujours à leur liberté, et à livrer leur personne et leurs propriétés aux chaînes de l’esclavage. Ils devenaient serfs et leur condition alors différait peu de celle des animaux domestiques : les maîtres les achetaient, les vendaient, les battaient, les tuaient, selon leur bon plaisir. Cent cinquante coups de fouet étaient la punition infligée pour les fautes les plus légères. Commettait-on des fautes plus graves, on leur coupait les oreilles, le nez, un pied, une main ; on leur arrachait les yeux ou la vie. Puisque telles étaient les mœurs et coutumes de ces temps, on ne s’étonnera pas d’apprendre que l’ignorance était poussée à un si haut degré, que non-seulement l’amour de l’étude était éteint, non-seulement il y avait peu de personnes qui eussent appris à lire et à écrire, mais que la raison était déjà dégradée au point que les premières règles de la morale étaient méconnues par les hommes qui nous ont transmis l’histoire de ces temps, et qui devaient être l’élite de la science. (De Clugny.)

 

 

 

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