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Charles le Chauve, vingt-sixième roi de France
778 - 840

Charles le Chauve, 26ème roi de France - gravure de Daret - repro © Norbert Pousseur

Aussi bien dressé à vaincre comme à combattre.

 

CHARLES LE CHAUVE ROY DE FRANCE et 3ème empereur, fut fils de Louis le Débonnaire, auquel il succéda, l'an 842. Il eut quelque démêlée avec ses frères, Lothaire le voulut déposséder du Royaume de France, et Louis de la Bavière. Charles joignit ses forces à celle de Louis contre Lothaire, dont l'armée fut taillée en pièces, près de Fontenay, petit village de L'Auxerrois ; ils firent leur paix et ensuite de nouveaux partage ; cette paix ne dura pas, Charles fit ligue avec Lothaire contre Louis et quelques seigneurs français mécontent de sa conduite, donnèrent la couronne de France à Louis, qui peu de temps après fut contraint de la quitter, et Charles fut rétabli ; Lothaire voulut profiter de la division de ses frères, mit des forces sur pied, marcha contre Paris, mais un débord de la rivière de Seine fit périr la meilleure partie de son armée. De dépit il se retira, et se fit moine à Pluviens, ayant partagé ses Royaumes à ses enfants. Louis mourut peu après, et Charles se fit déclarer Empereur par le Pape Jean VIII, pour laquelle grâce il renonça au droit de souveraineté que les Empereurs prétendaient sur la ville de Rome et sur les terres données au St Siège ; Le reste de son règne se passa dans une guerre contre les Bretons, et contre les Normands, qui après avoir assiégé Paris jusqu'à deux fois firent la paix. Il conduisit une armée en Italie, pour déposséder Hermingrade, fille de Lothaire, des terres qu’elle y possédait. Cette entreprise ne réussit pas, il se retira et mourut à Brios, et fut enterré à Nantua, et 7 ans après porté à St Denis. Il régna 37 ans, et eut 5 enfants de femmes, nommées Hermingrade, et Richilde ; ses enfants furent Lothaire, Carloman Charles, Judith, qui épousa Alphonse, Roy d’Angleterre, et Louis, qui fut successeur de sa Couronne, et de son Empire ; Jean VIII étant Pape.

A Paris chez Louis Boissevin rue St Jacques.


 

Retranscription du texte de la gravure (Gravure de Pierre Daret ?)

 


 

Charles le Chauve en son costume, dessiné par Massard - reproduction © Norbert Pousseur


Charles II, dit le Chauve, fils de Louis-le-Débonnaire et de Judith de Bavière, né en 823 à Francfort-sur-le-Mein, fut élu roi de France en 840 par le pape Jean VIII, successeur d’Adrien II, avec lequel il avait eu des démêlés. Après avoir, à diverses reprises, employé l’argent et les promesses pour soustraire la France aux dévastations des Normands, moyens indignes d’un roi, et plus propres à perpétuer les invasions qu’à les faire cesser ; après avoir soutenu des guerres longues et san­glantes pour conserver l’Aquitaine, royaume qu’il pos­sédait au préjudice de son neveu, Pépin II, il fut, en 877, appelé en Italie par le pape, effrayé des incursions des Sarrasins.
Charles ne put mener avec lui qu’un petit nombre de troupes. Arrivé à Pavie, où le Saint Père (le Pape) était venu au devant de lui, ils concertaient ensemble les moyens d’attaquer les infidèles, lorsqu’ils apprirent que Carloman, roi de Bavière, venait de fondre sur la Lombardie avec une nombreuse armée. Dans l’impossibilité de lui résister, Charles se hâta de revenir en France. La honte, l’inquiétude et les regrets frappèrent tellement son imagination, qu’il fut attaqué d’une fièvre violente, et mourut en 877 au village de Brios en Bresse, dans la chaumière d’un paysan. Son corps fut inhumé à Nantua, dans le diocèse de Lyon, d’où, huit ans après, ses os furent transférés à Saint-Denis, qu’il avait désigné pour le lieu de sa sépulture, parce qu’il en avait été abbé. Il ne laissa qu’un fils, Louis-le-Bègue, qui lui succéda, et une fille qui, devenue veuve d’un roi d’Angleterre, fut enlevée et épousée par Baudouin, comte de Flandre, sans que Charles pût s’y opposer. Les historiens assurent qu’un juif nommé Sédécias, son médecin et son favori, l’empoisonna ; à quoi Mézerai ajoute : « accident assez ordinaire aux grands qui se servent de pareils gens. »

C’est de l’époque du règne de Charles-le-Chauve que datent la ruine de la maison carolingienne et la puissance de la féodalité, qui brava si longtemps le sceptre des rois de France. Il a laissé des Capitulaires qui ont été joints à ceux de Charlemagne.

 

Cette gravure représente Charles-le-Chauve, figure tirée d’un manuscrit que possède la Bibliothèque Royale ; Ce roi est assis sur un trône fort large ; il a sous lui un coussin, d’une forme qui paraît avoir été très en usage au IXe siècle, car on la retrouve dans la plupart des peintures qui ornent les manuscrits de cette époque. Le sceptre de Charles est terminé, à sa partie supérieure, par une fleur de lis, et à sa partie inférieure par une pointe qui permet de le considérer comme une haste ou une épée. Dans la main gauche il a un globe marqué d’une croix ; la couronne, de forme annulaire, est surhaussée de quelques fleurs de lis et ornée de pierres pré­cieuses. La chlamyde n’offre rien de remarquable. Une main sort d’une nuée, et paraît sur la tête du roi.

Dans les Chroniques de France, par Nicole Gilles, impri­mées en 1492, on lit que Charles-le-Chauve déplut beaucoup à la nation française, parce qu’il méprisait l’habillement de son pays; mais, dit le chroniqueur, « il se vêtissait à la mode des Grecs, por­tant une longue dalmatique qui lui venait jusqu’aux talons; il avait la tête enveloppée d’un couvre-chef de soie, comme on peint le grand Soudan de Babylone. Il portait une couronne dessus, et tou­jours avait à son côté un grand batelair turquois (sabre à la turque). »

 

Sarasin : Parmi les différentes étymologies de saracen (sarasni), on doit préférer le mot arabe saraini, qui signifie peuple pasteur. On concevra sans peine comment saraini a pu se corrompre en saracini.

Abbé : C’était un usage établi parmi les princes francs du IXe siècle, de se faire inscrire au nombre des religieux d’un monastère, afin, disait-on, d’avoir part aux prières et aux bonnes œuvres qui s’y faisaient : on les appelait fratres conscripti (frères inscrits) ; et l’on trouve encore dans plusieurs ouvrages quelques-uns de ces cata­logues où les princes sont inscrits parmi les moines comme avec leurs frères. « Cela a bien changé, s’écrie Montfaucon, et nous n’avons plus de frères inscrits de cette qualité. »

Ce manuscrit appartenait de temps immémorial au chapitre de Saint-Étienne de Metz, qui en fit présent à M. de Colbert, ministre de Louis XIV. Il est incontestablement du temps de Charles-le-Chauve, puisqu’on y trouve une prière qui a pour objet de demander au ciel la conservation de Charles et de sa femme Hermintrude.

Main : Montfaucon pense que cette main est un signe de la Providence divine, et il avance, mais avec une extrême réserve, qu’elle peut avoir donné lieu à ce que nous avons appelé depuis la main de justice. Ces mains se voient quelquefois sur les médailles des empereurs de Constantinople.

 

Gravure et texte extrait de l'ouvrage
Costumes français depuis Clovis jusqu'à nos jours, publié par A. Mifliez en 1855

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