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Soldats du 7ème au 14ème siècle et l'infanterie

Les costumes en France à travers les âges

Soldat saxon du VIIe siècle - Costumes de France - reproduction © Norbert Pousseur

Gravures (de Léopold Massard) et textes extraits de l'ouvrage 'Costumes français depuis Clovis jusqu'à nos jours', publié par A. Mifliez en 1855

 

Cette figure de soldat est tirée d’un manuscrit qui est en Angleterre : elle représente un soldat normand ou Saxon, combattant. Strutt le croit du VIIe siècle ; et en effet, si l’on se rappelle quelles étaient les armes des anciens peuples de la Germanie, on pourra juger des changements qu’elles ont pu subir pendant l’espace de deux ou trois cents ans.
Les armes étaient l’épée, la francisque, ou hache à deux tranchants, qu’on lançait quelquefois de près ; l’angon ou javelot à crochets, la massue, nommée Cateie ; enfin, la framée, espèce d’haste, dont le fer était court, étroit, mais assez fort et assez acéré, pour qu’on pût s’en servir de près ou de loin, suivant que l’occasion le demandait.
Les armes défensives consistaient en un bouclier plus long que large, qu’on peignait de différentes couleurs ; quelquefois en une cuirasse faite avec des peaux de bêtes féroces ; et d’autres fois, mais rarement, en un casque de cuir ou de métal. Du reste, les Germains combattaient presque nus.
Un petit manteau carré s’attachait sur l’épaule droite, et ce qui servait à distinguer les plus riches d’entre eux, c’étaient des vêtements courts, serrés, et qui dessinaient les formes du corps. (Tacit. Germ.)

 

Soldat du IXe siècle en son costume dessiné par Massard - reproduction © Norbert Pousseur

Ce soldat du 9ème siècle porte une cotte de mailles très courte sur une tunique qui descend jusqu’aux genoux. Ses souliers sont attachés par des bandelettes comme en portaient beaucoup de Français au temps de Charlemagne. Sa coiffure a la forme du bonnet phrygien. Il a pour arme offensive la lance, et pour arme défensive le bouclier.

 

Les armes des Français éprouvèrent un changement notable sous la seconde race de nos rois. L’usage des cuirasses, des casques, de l’arc ou des flèches, qui était peu connu dans nos armées sous la première race se trouve non-seulement introduit mais encore ordonné sous la seconde. Il est expressément dit dans les Capitulaires de Charlemagne : « Que le comte ait soin que les armes ne manquent pas aux soldats qu’il doit conduire à l’armée, c’est-à-dire qu’ils aient une lance, un bouclier, un arc, deux cordes et douze flèches.... qu’ils aient des cuirasses ou des casques.» Nous avons, dit le P. Daniel, dans son Histoire de la milice française, la description de l’armure de Charlemagne par le Moine de Saint-Gall : outre le casque et la cuirasse, il lui donne des manches de mailles en forme de brassards, des cuissards composés de lames de fer et des bottes de même métal. Les gens qui l’accompagnaient, ajoute cet auteur, étaient vêtus de même, excepté qu’ils ne portaient point de cuissards pour avoir plus de facilité de monter à cheval. Il est à remarquer que les costumes à cette époque étaient à peu de chose près tels qu’on les portait du temps de Charlemagne ; ils conservaient encore quelque chose des traditions romaines : c’était pour les uns les longues tuniques resserrées par une ceinture et recouvertes d’un ample manteau ou chlamyde, et, pour les autres, le costume militaire romain, où l’on commençait à voir l’invasion du mauvais goût : les boucliers, les épées, les casques avaient pris des formes bizarres qui les éloignaient chaque jour davantage des modèles sur lesquels on avait voulu les façonner, et l’on pourrait dire que le costume avait subi à peu près le même genre d’altération que le langage, corrompu qu’il était par le mélange des mœurs germaines avec les mœurs des anciens sujets romains.

On retrouve le costume romain jusque dans le XIe siècle, sur un sceau apposé à une charte de Robert, duc de Bourgogne.

Voir ci-dessous ce que l'auteur de ce texte donne comme exemple de tenues guerrières mixtes. Cette gravure montre des soldats aux équipements variés, s'activant autour d'un tombeau d'évêque, au 10ème siècle.

Funérailles d'un évêque au 10ème siècle, dessin de Massard - reproduction © Norbert Pousseur Cette représentation de mise au tombeau illustre aussi l'article sur les inhumations

 

 

Soldats d'infanterie du Xe siècle en leurs tenues,  dessin de Massard - reproduction © Norbert Pousseur

Ce groupe de soldats d’infanterie du Xème siècle, est extrait des manuscrits de Prudentius que possède la Bibliothèque royale. Leurs casques, leurs boucliers, leurs piques et leurs chaussures sont d’une forme rare.

L'infanterie : Tous les historiens se réunissent pour nous apprendre que les Francs, lorsqu’ils sortirent pour la première fois des forêts de la Germanie, combattaient à pied. Cela devait être ainsi ; le peu de pas qu’ils avaient faits vers la civilisation, le climat sous lequel ils vivaient et le pays qu’ils habitaient leur en faisaient également la loi.
Malgré l’exemple des Gaulois, qui combattaient plus à cheval qu’à pied, les Francs durent conserver longtemps leur manière de faire la guerre, et sans doute même l’exemple du peuple qu’ils avaient vaincu fortifia leurs préjugés en faveur de l’infanterie ; aussi cette arme fit-elle la force de leurs armées sous les rois de la première race et sous une partie de ceux de la seconde, c’est-à-dire jusqu’au moment de l’introduction des fiefs. A cette époque, l'infanterie ne fut plus formée que de serfs ou de la lie des hommes libres ; mal composée, elle perdit son ancienne réputation, finit par être infiniment peu nombreuse, et par n’être plus comptée pour rien. Elle resta dans cet état de langueur jusqu’au moment où Louis-le-Gros, en rendant la liberté aux serfs, forma, sous le nom de Communes ou Municipalités, des associations de citoyens dans les villes fermées.
Alors l’infanterie reprit un peu de force, parce que, en reconnaissance de la liberté qu’on leur avait rendue, les communes s’obligèrent à servir à pied toutes les fois que le besoin l’exigerait. Les successeurs de Louis-le-Gros ayant imité la conduite de ce prince, les communes se multiplièrent et l’infanterie devint nombreuse, sans néanmoins devenir bonne. Cet état de choses se maintint jusqu'au moment où Charles VII porta la réforme dans sa cavalerie, et s’occupa réellement de l’infanterie. Les grandes compagnies disparurent, les communes furent oubliées et les francs-archers créés. Ces francs-archers formèrent, pendant tout le règne de Charles et pendant une grande partie de celui de Louis XI, le corps de l’infanterie française. Sous Charles VIII, l’infanterie commença à se perfectionner ; les Suisses nous avaient appris ce que peut une bonne infanterie ; sous elle acquit de la force et de l’éclat, parce qu’elle fut mieux composée et mieux disciplinée : on vit des gentilshommes et même des grands seigneurs servir dans l’infanterie, où ils avaient refusé jusque-là de prendre de l’emploi.
François Ier conserva, pendant les premières années de son règne, l’infanterie française sur le pied où il l’avait trouvée lorsqu’il parvint au trône : en 1534, il crut ne pouvoir mieux faire que de donner à l’infanterie le nom, et en partie la forme et la composition des troupes romaines : en conséquence, il créa des légions ; mais ces légions ne subsistèrent que bien peu de temps.
Henri II remit d’abord l’infanterie en bandes, et bientôt après en régiment. Depuis le moment où l’infanterie française a été divisée en régiments, et surtout depuis le règne de Louis XIV, le nombre des régiments, celui des bataillons dans chaque régiment, la force et la constitution de chaque compagnie ont éprouvé des variations trop fréquentes et presque toujours trop peu importantes pour que nous nous y arrêtions.

 

Soldat du XIVe siècle,  dessin de Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur

Soldat d'infanterie du XIVème siècle : La figure représentée sur cette planche est celle d’un soldat d’infanterie du XIVème siècle que l’on nommait alors archer ou sergent d'armes. Sa veste brune, ornée de broderies d’or, annonce qu’il appartenait à quelque seigneur opulent. La croix blanche qu’on lui voit au milieu du dos se rencontre presque constamment dans le costume bourbon depuis les croisades. Par-dessous ce premier vêtement, il porte une cuirasse de maille dont l’usage depuis Philippe de Valois avait été presque exclusivement abandonné aux fantassins. L’espèce de hallebarde qu’il tient de la main droite est plutôt une arme de parade qu’une arme de guerre.

 

Militaire du XIVe siècle,  dessin de Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur

Cette figure représente un soldat d’infanterie du 14ème siècle, revêtu d’un costume à peu près semblable que celui qui précède, immédiatement ci-dessus. Il faut remarquer l’arme qu’il porte sur l’épaule droite. C’est une faux emmanchée à revers, dentelée et extrêmement pesante : on la nommait fauchard, fauchon, et aussi couteau de brèche. On s’en servait, en effet, spécialement pour défendre les brèches et les portes des villes.

 

Soldat du XIVe siècle dit 'chapeau blanc',  dessin de Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur

Soldat au 'chapeau blanc' : Quoique l’infanterie ait été longtemps peu estimée en France, et regardée comme la partie la moins importante de l’armée, cependant les soldats qui la composaient n’étaient point exposés sans défense aux Coups de l’ennemi, et ils avaient des armes défensives telles qu’il leur convenait, c’est-à-dire beaucoup moins pesantes et en même temps beaucoup moins fortes que celles de la cavalerie.

 

Soldat du XIVe siècle au bouclier,   dessin de Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur


Soldat avec bouclier : Les armes défensives qu’on donne ici aux piétons sont la capeline, le jaque et le panier. La capeline était une espèce de casque de fer, auquel on donna toutes sortes de formes. Le jaque était un justaucorps de peau de buffle ou de cerf. On le couvrait ordinairement de laisches, c’est-à-dire de minces lames ou plaques de fer superposées l’une sur l’autre comme des écailles de poisson. Ces paniers de tremble, étaient les boucliers des piétons : on les appelle paniers, parce qu’en dedans ils étaient creux et faits d’osier ; l’osier était couvert de tremble ou de peuplier noir et d’un cuir par-dessus. Ces boucliers couvraient presque tout le corps du piéton la figure ci-dessus en offre un exemple.

 

Répertoire des termes      /       Costumes français

 

Soldat saxon du VIIe siècle - Costumes de France - reproduction © Norbert Pousseur
7e siècle

Soldat du IXe siècle en son costume dessiné par Massard - reproduction © Norbert Pousseur
9e siècle

Soldats d'infanterie du Xe siècle en leurs tenues,  dessin de Massard - reproduction © Norbert Pousseur
10e siècle

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Militaire du 14ème siècle, dessiné par Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur
14e siècle

Soldat du 14ème siècle, dessiné par Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur
14e siècle

Soldat du XIVe siècle dit 'chapeau blanc',  dessin de Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur
14e siècle

Soldat du XIVe siècle au bouclier,   dessin de Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur
14e siècle


 

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