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Charles VI, cinquante troisième roi de France
1368 - 1422

Charles VI, 53ème roi de France - gravure de Daret - repro © Norbert Pousseur

J'ai été bon à tous et particulièrement bon à l'égard de la Ville.

 

CHARLES VI ROY DE FRANCE, fils de Charles V, monta sur le trône l'an 1380. Il fut sacré à Reims. Dans la cérémonie le Duc de Bourgogne précéda son frère aîné, le Duc d'Anjou Régent de France, alléguant qu'il était le Doyen des Pairs. Il passa les 13 premières années en bon sens, il fut frénétique pendant les autres, son règne fut assez malheureux par les troubles, et divisions, entre ses oncles, son frère et son fils. Il pacifia quelques désordres arrivés à Paris, à Rouen, et ailleurs, causés par le Duc d'Anjou, qui voulait continuer les subsides dont il les avait libéré ; assista le Comte de Flandre contre ses rebelles, leur tua 40 mille hommes, et fit retirer l'Anglais, qui avait fait irruption dans son pays. Il épousa Isabelle fille d'Étienne Duc de Bavière. Ensuite il fit trêve avec le Roy d'Angleterre. Le Duc de Gueldre envoya un héraut au Roy, pour le défier. Il vit en peu de temps une armée de 100 mille hommes, disposée de le châtier. Le Duc de Juliers son père détourna l'orage, demanda pardon pour son fils. À la requête des Génois le Roy et l'Anglais envoyèrent des troupes en Barbarie, assiégèrent quelques place inutilement, revinrent en France. Charles eut une vision qui lui troubla l'esprit, aussitôt les Princes du sang brouillèrent l'État, le Duc d'Orléans fut tué par les ordres du Duc de Bourgogne. L'Anglais refusé sur sa demande de Catherine de France y fit défendre une armée, prit toutes les Villes de Normandie jusqu'à Pontoise. L'Empereur voulut faire la paix mais en vain. Charles priva son fils de la Couronne, ayant fait tuer le Duc de Bourgogne. Le Roy d'Angleterre épousa Catherine et fut déclaré successeur de la Couronne. Henry mourut et Charles aussi 1422, régna 42 ans. Henry VI fut proclamé Roy dans Paris, Jean 22 étant Pape et Sigismond Empereur.

 

Retranscription du texte de la gravure (Gravure de Pierre Daret ?)

 


 

Charles VI,  dessiné par Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur


Charles VI, dit le Bien-Aimé, fils aîné de Charles V, et de Jeanne, fille de Pierre Ier, duc de Bourbon, naquit à Paris, en 1368, et n’avait par conséquent que douze ans lorsqu’il succéda à son père, en 1380. Sa minorité fut orageuse. Après bien des contestations pour la régence, entre les ducs d’Anjou, de Berry, de Bourgogne et de Bourbon, ses oncles, il fut décidé que la régence serait déférée au duc d’Anjou, et que les ducs de Bourgogne et de Bourbon seraient chargés de l’éducation du roi. Ce partage de l’autorité les rendit tous mécontents ; et lorsque la paix était dans l’état, la maison royale était en proie à une espèce de guerre civile. Les exactions du duc d’Anjou le rendaient l’objet de la haine publique ; sa chute semblait inévitable, lorsqu’il partit pour Naples, où il allait prendre possession des états de la reine Jeanne.

(Lorsque Charles VI reçut chevaliers ses cousins, Louis et Charles d’Anjou, ces jeunes princes portaient : « un habit de chevalerie   qui était de soie vermeille, fourré de même soie ; la robe ou tunique, taillée en rond, traînant jusqu’aux talons, et le manteau fait  en façon de chape ou d’épilogue impérial, descendait jusqu’à  terre ». )


Le premier événement qu’offre l’histoire militaire de ce règne fut la fameuse victoire de Rosbecq sur les Flamands, qui s’étaient révoltés : on la dut à la conduite du duc de Bourgogne. Le roi, quoique fort jeune, ne put se dispenser de faire cette campagne, parce que, seigneur suzerain du comte de Flandre, il devait protection au comte, son vassal, contre des sujets révoltés. Une troupe de scélérats, connus sous le nom de Maillotins, le rappelèrent en France : ces hommes féroces s’abandonnaient à tous les excès, et répandaient le désordre et la confusion dans la capitale ; leurs chefs furent punis, et l’esprit de désordre et de rapine qui les animait, fut éteint dans leur sang. Le schisme qui divisait l’Église arma la France contre l’Angleterre : une entreprise formée contre cette puissance rivale échoua, par la malignité jalouse du duc de Berry, qui, sous différents prétextes, se rendit trop tard à l’armée.
De nouveaux orages s’élevèrent du côté de la Bretagne, où le duc retint prisonnier le connétable de Clisson; le roi fit les instances les plus vives pour obtenir la liberté de son connétable, qui ne put l’obtenir lui-même que par la cession de plusieurs places. Clisson fut assassiné quelque temps après  et le meurtrier trouva un asile à la cour du duc de Bretagne. L'armée française réclama l’assassin ; et sur le refus qu’en fit le duc, elle menaça son pays. Le roi avait déjà éprouvé quelques éclipses de raison ; il tomba tout à fait dans un état de fureur et de démence; et le reste de sa vie, on ne vit plus en lui que quelques étincelles de bon sens qui brillèrent par intervalle.

Bien des auteurs ont dit que ce fut pour amuser le roi, pendant sa folie, qu’on imagina les cartes à jouer; d’autres en font remonter l’origine vers le temps du roi Jean son aïeul, et quelques écrivains plus rapprochés de nous la reculent jusqu’au temps de Charles VII. Ce serait à cette dernière opinion que nous nous fixerions volontiers. Lahire, dont le nom est au bas du valet de cœur, pourrait bien en être l’inventeur, et s’être fait compagnon d’Hector et d’Ogier le Danois, qui sont les valets de pique et de carreau. Le P. Ménestrier est celui qui a le mieux traité cette matière ; le P. Daniel, à l’exception de ce qu’il a emprunté au P. Ménestrier, ne présente que des conjectures très hasardées. L’origine des cartes est traitée, dans la préface du Jeu des cartes du blason, d’Oronce Finé de Brianvile. On croit cette préface du P. Ménestrier.

La nécessité de confier les rênes de l’état à un prince qui pût les diriger, fut la source des animosités qui éclatèrent entre les maisons de Bourgogne et d’Orléans. Le duc d’Orléans, chargé d’abord de l’administration publique, fut presque aussitôt supplanté par son rival, qui non seulement conserva la régence, mais encore la transmit à son fils Jean-Sans-Peur. L’exclusion donnée à la reine et au duc d’Orléans, qui furent forcés de sortir de la capitale, excitèrent de nouvelles tempêtes. Une feinte réconciliation sembla les calmer, et ne fit que les grossir. Le duc de Bourgogne, trop ambitieux pour souffrir un égal, fit assassiner le duc d’Orléans. Dès-lors, il affecta tout le faste de la royauté ; il en avait tout le pouvoir, et l’on peut bien dire qu’il ne lui en manquait que le titre. La faction des Orléanais, autrement appelés les Armagnacs, se déchaîna contre son administration. On voulut en vain forcer les deux partis à consentir à la paix. La haine était trop invétérée ; ils la signèrent cependant, mais ils la rompirent bientôt après. Tous ceux qui se montrèrent partisans du duc de Bourgogne furent forcés de s’éloigner de Paris, où la fureur du peuple, dont le duc était l’idole, leur donnait lieu de tout craindre. Les factions se renouvelaient dans la capitale, et la déchiraient. La guerre étrangère se mêla à la guerre civile. Le duc d’Orléans, dont le ressentiment était excité par le malheur, appelle les Anglais, et leur fait franchir les barrières du royaume. Le roi arme contre lui par le conseil du duc de Bourgogne. Un traité de paix, signé à Auxerre, promet aux Français la fin de leurs maux. La guerre recommence, et détruit leur espoir. Les Parisiens cédant aux instigations du duc de Bourgogne, emprisonnent Louis, dauphin, pour le punir de ses liaisons avec le duc d’Orléans. Le roi se joint, pour cette fois, au duc d’Orléans, contre le Bourguignon. La perte de la bataille d’Azincourt entraîna celle de la Normandie, qui subit le joug de l’Angleterre. Isabeau de Bavière, épouse infidèle et mère dénaturée, trahit son mari et son fils, en se liguant avec leurs ennemis. Elle livra aux Anglais Paris et Tours. Le dauphin, obligé de fuir à Poitiers, y transféra le parlement, et prit le titre modeste de Tuteur du royaume. Ce titre convenait parfaitement à la faiblesse de l’état. Le duc de Bourgogne profitant de son éloignement, rentre dans Paris , qu’il change en une scène de carnage. Villiers de l’Isle-Adam, instrument de ses vengeances, semblait vouloir faire de la capitale le tombeau de ses habitants. Le duc, naturellement inquiet, s’effraie du progrès des Anglais, et la terreur dont il est frappé lui fait accepter un accommodement. Le pont de Montereau fut indiqué pour traiter des conditions; mais il ne s’y fut pas plutôt présenté, qu’il fut poignardé par Tannegui-du-Chatel, serviteur zélé du duc d’Orléans. Philippe-le-Bon, fils de Jean-Sans-Peur, devint implacable ennemi du dauphin, qui cependant n'avait point trempé dans cet assassinat. Isabeau, née pour l'opprobre de son sexe et le fléau de la France, se ligua avec lui pour se soustraire à son ressentiment. On conclut à Troyes un traité, aussi honteux que funeste à la monarchie : il fut stipulé que Catherine de France épouserait le roi d’Angleterre, auquel, après la mort de Charles, la couronne devait appartenir. Henri V prit dès-lors le titre d’héritier et de régent du royaume. La bataille de Baugé, gagnée par le maréchal de La Fayette sur le duc de Clarence, lieutenant-général de Normandie, en l'absence de Henri V, est le dernier événement de ce règne faible et malheureux. Charles VI mourut le 21 octobre 1422, après quarante-deux ans, un mois, dix jours de règne, si l’on peut donner ce nom à la situation d’esprit et de corps où il se trouva depuis le mois de juin 1392.

Ses funérailles, où pas un prince du sang n’assista, et où aucun n’alla à l’offrande que le duc de Betfort, ne laissèrent pas de se faire avec magnificence. À l'inhumation, Berry, roi d’armes, ayant, suivant l’usage, cria sur la fosse : Dieu veuille avoir pitié et merci de l'âme de très-haut et très excellent prince, Charles, roi de France, sixième du nom, notre naturel et souverain Seigneur et il y ajouta aussitôt : Dieu doint bonne vie à Henri V, par la grâce de Dieu, roi de France et d’Angleterre. N’eût-on pas dit qu’on faisait plutôt les funérailles de la France que celles de Charles VI ?

Isabeau de Bavière, reine de France, dessiné par Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur  Isabeau de Bavière, son épouse

 

Le costume de Charles VI est extrait d’une peinture à fresque, exécutée à la fin du XIVe siècle, dans le cloître des Carmes de Toulouse; elle le représentait rendant un vœu à Notre-Dame-de-Bonne-Espérance, en présence de plusieurs chevaliers de l’Ordre de la Ceinture de l'Espérance (Cet ordre fut institué par Charles VI en 1385, c’est tout ce qu’on en sait). La cotte d’armes que porte ce prince est fendue sur le côté et aux armes de France. L’armure, dont il est vêtu, est celle des chevaliers de cette époque. Son casque, qui se voit derrière lui, au sommet d’un arbre, est d’or, ombragé d’un cimier blanc, et surmonté d’une fleur-de-lis d’or. Son cheval est richement harnaché.

Cotte d'armes : La cotte d’armes était une dalmatique sans manches, qui recouvrait la cotte de mailles ou la cuirasse, revêtait tout le corps, et descendait au moins jusqu’aux genoux. On mettait par-dessus la cotte d’armes le ceinturon qui portait l’épée ; il servait en même temps à la soutenir. Chez les Grecs et les Romains, elle n’était qu’une draperie non fermée. Celle des Gaulois ne leur venait que jusqu’aux hanches, et était attachée par devant par une agrafe ou cheville. Les Francs, quoique originaires de la Germanie, avaient coutume de la porter plus longue. Le Moine de Saint-Gal dit qu’elle descendait par devant et par derrière jusqu’à terre, et que par les côtés elle touchait à peine les genoux. Dans la suite, la cotte d’armes des Gaulois, qui était beaucoup plus courte, devint à la mode, comme plus propre pour la guerre, au rapport du même auteur. Quelques siècles après, Charlemagne rétablit l’ancien usage. Il paraît que sous Louis-le-Débonnaire on était revenu à la cotte d’armes des Gaulois ; mais dans les guerres continuelles que ses successeurs eurent à soutenir, la mode changea encore ; et comme alors la plupart des militaires étaient continuellement à cheval, non seulement la cotte d’armes couvrit tous leurs habits ; mais leur magnificence se renferma dans cet habillement militaire, qu’ils ornaient de leurs écussons ou des pièces de leurs armoiries, et qu’ils faisaient ordinairement de draps d’or et d’argent et de riches fourrures d’hermine, de martre zibeline, de gris, de noir et d’autres étoffes précieuses qu’on peignait même de différentes couleurs.
La cotte d’armes n’étaient permises qu’aux chevaliers.

 

Gravure et texte extrait de l'ouvrage
Costumes français depuis Clovis jusqu'à nos jours, publié par A. Mifliez en 1855


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