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Isabeau de Bavière, reine de France
1371 - 1435

Les costumes en France à travers les âges

Isabeau de Bavière, reine de France, dessinée  par Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur

Gravure (de Léopold Massard) et texte extrait de l'ouvrage
'Costumes français depuis Clovis jusqu'à nos jours', publié par A. Mifliez en 1855

 

Isabeau ou Isabelle de Bavière, reine de France, née en 1371, fille d’Etienne II, duc de Bavière et palatin du Rhin, fut mariée, en 1385, au roi Charles VI, et couronnée aux acclamations unanimes du peuple.
La nature l’avait parée des charmes les plus séduisants ; mais aimant le luxe et les plaisirs, elle se montra bientôt violente, avide, incapable de modérer ses désirs. Sa liaison criminelle avec le duc d’Orléans, frère du monarque, fut publique. Au moment même où le pouvoir suprême était disputé par ce prince et le duc de Bourgogne, la démence déclarée du roi Charles VI vint jeter le royaume dans le trouble et la confusion. Maître du cœur de la reine, le duc d’Orléans fit cabaler cette princesse pour obtenir le gouvernement de l’état, au préjudice du duc de Bourgogne qui s’y trouvait appelé. De là, cette horrible guerre civile qui déchira la France jusque sous le règne suivant. L’assassinat du duc d’Orléans, par la faction des Bourguignons, anima plus que jamais les fureurs.
Le connétable d’Armagnac, devenu chef du parti des Orléanais, dédaigna l’appui de cette reine, qui se trouva abandonnée à elle-même. Charles, dans un de ses moments lucides, pressé par les conseils du dauphin et du connétable, qui exposaient l’odieuse conduite de son épouse, sévit contre elle, fit noyer un de ses amants, et l’exila à Tours. Isabeau oubliant sa haine contre le duc de Bourgogne, implore son appui ; et ce prince, dans ses propres intérêts, délivre la reine, et la fait reconnaître dans une partie du royaume comme seule dépositaire de l’autorité royale. La faction des Armagnacs a le dessus. Isabeau reparaît triomphante dans Paris ; mais l'assassinat du duc de Bourgogne change bientôt la face des affaires. La reine fait déclarer le dauphin indigne du trône, traite avec les Anglais, donne sa fille à Henri V, et l'infâme traité de Troyes assure à ce monarque la succession de Charles VI. Enfin, les succès de Charles VII, et sa réconciliation avec le nouveau duc de Bourgogne, abrègent les jours de son implacable mère, qui mourut à Paris en 1435.

Charles VI, roi de France, dessiné par Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur Charles VI, son époux


La figure que nous donnons de cette reine, prouve son goût excessif et immodéré pour le luxe. Sa coiffure est des plus magnifiques, et se termine par une couronne florencée, d'une forme singulière, et à laquelle pend un voile. Son collier, sa robe et son manteau sont chargés d’un grand nombre de pierreries. Le surcot est des plus brillants. Sa robe, son manteau, qui font une longue queue traînante, sont relevés et portés. Ses souliers sont pointus, et semblent se terminer en poulaine. Il n'existe pas de costume de reine plus riche que celui-ci.

 

Voile : Il paraît que l’usage du voile est de la plus haute antiquité, qu’il n’était même porté que par les filles de joie. L’usage d’avoir la tête couverte ou découverte dans les temples, n’a pas été le même chez les différents peuples du monde. Les femmes, au XIIIe siècle, allaient à l’église voilées. Peut-être de cet usage vient que les femmes à qui on élevait des tombeaux à cette époque, portent généralement un voile. On permit ensuite aux filles de paraître à l’église sans voile, ce qui les flatta. Sous le règne de Charles VI, les femmes étaient coiffées d’un haut bonnet en pain de sucre et à peu près semblable à celui des Cauchoises de nos jours ; elles attachaient au haut de ce bonnet un voile qui pendait plus ou moins, selon la qualité de la personne. Le voile d’une bourgeoise ne venait que jusqu’aux épaules, tandis que le voile de la femme d’un chevalier descendait jusqu’à terre.

Surcot : On donnait ce nom à un vêtement qui se passait sur les épaules ; il était de la même largeur et par derrière et par devant, échancré sur les côtés, et retombait jusqu’au bas des hanches, où il s’attachait à un jupon qui était fort long. Les dames le portaient par-dessus une robe à manches, ornée d’une ceinture très riche ; elles l’enrichissaient et le variaient à l’infini. On cessa de le porter vers la fin du règne de Charles VIII.

Robe : Suivant un auteur qui écrivait sous le règne de Charles VI, un tailleur de Paris fit pour une dame du Gatinais une cotte hardie, dans laquelle il entra cinq aunes (environ 6m) de drap de Bruxelles à la grande mesure ; la queue traînait à terre de trois quartiers, et les manches à bombardes descendaient jusque sur les pieds.

La cotte-hardie, qui a été longtemps l’habillement des dames françaises et qui était commune aux hommes et aux femmes, était une tunique longue, descendant jusqu’aux talons, et serrée d’une ceinture, cachant bien la gorge et fermée aux poignets. Les reines, les princesses et les dames y ajoutaient un long manteau doublé d’hermine ou une tunique avec ou sans manche.

Soulier à la poulaine :Sous Philippe-le-Bel, le soulier se releva excessivement en hauteur, et le bec en devint plus ou moins long. Les gens du commun les portaient ordinairement d’un demi-pied ; la mesure des plus riches bourgeois était d’un pied ; les grands seigneurs, les princes lui donnèrent la longueur de deux pieds. Le bec était quelquefois orné de deux cornes, d’autrefois d’énormes griffes, de figures, d’ongles, de grotesques de différentes formes. Cette chaussure se nommait à la poulaine. Elle fut portée à un tel excès d’extravagance qu’on fut forcé, pour le réprimer, d’employer contre elle et l’autorité ecclésiastique et l’autorité séculière.

 

Répertoire des termes      /        Costumes français
Son article sur Wikipedia

 


 

 

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