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Soulier

Terme du Petit dictionnaire de l'habillement

 

Souliers à la Poulaine portés par Pierre, comte d'Alençon, dessin de Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur Souliers à la Poulaine portés par Guillaume de Lorris, dessin de Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur

 

Soulier à la poulaine : La chaussure de nos ancêtres consistait en des espèces de sandales de bois, attachées aux pieds avec des courroies. Ils eurent ensuite une chaussure de cuir fort, qui allait jusqu’à la cheville. Les Grecs et les Romains en ont eu de cuir ; les Égyptiens, de papyrus ; les Espagnol, de genet tissu ; les Indiens, les Chinois et d’autres peuples, de jonc, de soie, de bois, d’écorce d’arbres, de fer, d’or, d’airain, d’argent. Le luxe les a quelquefois couvertes de pierreries. Les formes et les noms des chaussures anciennes nous ont été conservés dans quelques historiens ; mais il est difficile d’appliquer à chaque forme son propre nom.
L’historien Villaret prétend que l’existence des souliers à la poulaine est due à Henri, fils de Geoffroy Plantagenet, comte d’Anjou, qui, regardé comme le prince le plus accompli de son temps, gémissait de voir ses grâces naturelles défigurées par une excroissance de chair assez longue qu’il avait au bout du pied ; pour dérober la vue de cette difformité, il portait une chaussure dont le bout se terminait en griffe. M. de Sainte-Foix pense que de la longueur des souliers à la poulaine est venu le proverbe : Il est sur un grand, pied en France. Quelle que soit son origine, il a donné lieu à plusieurs plaisanteries, parmi lesquelles nous choisirons la suivante. Un bossu, qui se piquait sans doute de savoir les origines, voulut un jour faire usage de celte expression contre un homme qui avait un pied très grand, mais sans aucune prétention à la noblesse : « Il faut avouer, lui dit-il, que vous êtes, monsieur, sur un grand pied en France. » L’homme au grand pied se contente de lui répondre : « Il est vrai, monsieur, que la fortune ne m’a pas tourné le dos. »

 

Sous Philippe-le-Bel, le soulier se releva excessivement en hauteur, et le bec en devint plus ou moins long. Les gens du commun les portaient ordinairement d’un demi-pied ; la mesure des plus riches bourgeois était d’un pied ; les grands seigneurs, les princes lui donnèrent la longueur de deux pieds. Le bec était quelquefois orné de deux cornes, d’autrefois d’énormes griffes, de figures, d’ongles, de grotesques de différentes formes. Cette chaussure se nommait à la poulaine. Elle fut portée à un tel excès d’extravagance qu’on fut forcé, pour le réprimer, d’employer contre elle et l’autorité ecclésiastique et l’autorité séculière.
Le nom des souliers à la poulaine dont la mode caractéristique a duré pendant si longtemps, leur vint de la Pologne où cette mode avait pris naissance. La Pologne s’appelait alors dans notre langue Polaine, en latin Polonia. La pointe des souliers à la poulaine s’allongeait à proportion de la qualité de la personne qui les portait : cette pointe était longue de six pouces pour les particuliers, d’un pied pour les gens riches et de deux pieds pour les princes. Ces souliers furent défendus sous Charles VI ; mais ils ne tardèrent pas à reparaître.
À peine la sévérité des ordonnances de Charles V eut-elle fait disparaître les souliers à la poulaine, que sous Charles VI on leur vit succéder des souliers en bec de canne, qui furent remplacés à leur tour par des souliers d’un pied de large. Sous Louis XI, les souliers à la poulaine se montrèrent encore un instant et disparurent.
Les souliers des homme» sont depuis très longtemps de cuir noirci, de maroquin ; mais ils ont été quelquefois coupés et tailladés élégamment, sous François Ier, son fils et son petit-fils.
La mode, dans certains temps, a été de porter les talons fort hauts. Les talons rouges et les oreilles de soulier de même couleur ont eu leur vogue.
Aux touffes et nœuds de rubans, ont succédé les boucles de métal ou de diamants, dont la forme et la grandeur ont infiniment varié.
Quelques personnes croient que le mot cordonnier vient des cordons qui les premiers ont servi à retenir les souliers. Le mot cordonnier vient du mot cordouon c’est ainsi que s’appelait le cuir noirci dont on a toujours fait les souliers

 


Vers Pierre, comte d'Alenšon, portant des souliers à la Poulaine Jupon porté par une paysanne

Vers Guillaume de Lorris portant des souliers à la Poulaine Jupon porté par une paysanne

 

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Le terme ci-dessus est l'un de ceux utilisé pour décrire, le cas échéant, le costume du personnage en illustration, provenant de l'ouvrage :
'Costumes français depuis Clovis jusqu'à nos jours', publié par A. Mifliez en 1855.


Sans mention particulière, cette définition provient des notes de cet ouvrage.


 

 

 

 

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