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Jean de France , duc de Berry
1340 - 1416

Les costumes en France à travers les âges

Jean de France dessiné par Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur

Gravure (de Léopold Massard ?) et texte extrait de l'ouvrage 'Costumes français depuis Clovis jusqu'à nos jours', publié par A. Mifliez en 1855

 

Berry (Jean de France, duc de), troisième fils du roi Jean et de Bonne de Luxembourg, naquit en 1340, et fut d’abord appelé comte de Poitou. Il se trouva à la bataille de Poitiers, où son père fut fait prisonnier, et, par le traité de Brétigny, fut donné en otage aux Anglais. Après être resté neuf ans en Angleterre, il revint en France, sur un congé d’Édouard, pour venir moyenner sa rançon, et différa ensuite son retour sous plusieurs prétextes. En 1372, il eut le commandement de l’armée royale, en Guyenne, contre le prince de Galles, sur lequel il emporta les villes de Limoges, de Poitiers, de La Rochelle et de Thouars.
Son caractère inconsidéré, dissipateur et modéré par indolence , détermina d’abord Charles V à l’écarter du conseil de régence ; mais à sa mort, en 1380, il lui confia une partie de l’autorité, conjointement avec le duc de Bourgogne, afin de balancer le pouvoir de son frère, le duc d’Anjou, nommé régent du royaume. Immédiatement après la mort du roi, les ducs de Berry et de Bourgogne s’assurèrent, à Melun, de la personne de Charles VI. Le duc de Berry, qui jusqu’alors n’avait témoigné aucune ambition, demanda et obtint le gouvernement du Languedoc ; mais avec un pouvoir si étendu, qu’il en était plutôt le souverain que le gouverneur.

Les Parisiens s’étant soulevés en 1382, il détourna le roi d'user de clémence. La dureté de son commandement en Languedoc excita des révoltes, qu’il étouffa par des exécutions sanglantes, de même qu’en Auvergne et en Berry. Lorsque Charles VI prit les rênes du gouvernement, il l’éloigna de ses conseils ; et le duc, se voyant sans autorité, se retira dans ses domaines.
Le roi, pendant son séjour dans le midi de la France, indigné de ses vexations en Languedoc, lui ôta le gouvernement de cette province, et fit exécuter Béthisa, son favori. La maladie de Charles VI remit le duc de Berry à la tête du gouvernement, avec le duc de Bourgogne, qui, plus habile, disposa bientôt à son gré de l’autorité principale. Il se rendit médiateur dans les différends du duc d’Orléans, son neveu, avec le duc de Bourgogne; mais lorsque Jean-Sans-Peur, fils de ce dernier, se fut rendu maître du gouvernement, le duc de Berry, honteux de n’avoir plus aucun crédit, se retira de nouveau dans les terres de son apanage.
Il se ligua ensuite, à Gien, avec les princes du sang contre le duc de Bourgogne, et prit part à la guerre civile. Quand Henri V, roi d’Angleterre, profitant des déchirements de la France, passa la Somme avec une armée, le duc de Berry ne fut point d’avis de livrer la bataille d’Azincourt ; mais étant presque seul qui combattît cette résolution, il insista au moins pour que le roi ne se trouvât point à la bataille, ainsi qu’il en témoignait le désir : « J’ai vu celle de  Poitiers, dit ce prince, où mon père le roi Jean fut prins, et mieux vaut perdre la bataille que le roi et la bataille. »
Le duc de Berry mourut à l’âge de soixante-seize ans, dans son hôtel de Nesle, à Paris (1416). Sa devise était Oursine le temps viendra.

Sa vie fut un tissu d’inconséquences, de profusions et d’injustices. Il ruina le roi et l’état qu’il fit ses héritiers, et, après avoir pillé les provinces, il mourut si pauvre, que l’on fut contraint d’abandonner sa succession à ses créanciers.

 

La figure qui le représente est extraite d’un livre d’heures fait à l’usage de ce prince, et conservé à la bibliothèque du roi. Son bonnet façonné de velours cramoisi et fourrure brune, est fort remarquable, ainsi que la robe qu’il porte, dont les manches, attachées sur le côté, ne descendent que jusqu’aux plis du bras. Ses armoiries qui se voient sur le riche tapis qui recouvre la table qu’il a devant lui, sont de France à la bordure engrêlée de gueules.

 

Bonnet : Le mot bonnet (ou chapel) vient d’une certaine étoffe dont se faisaient anciennement les bonnets. Cette étoffe s’appelait elle-même bonnet, vraisemblablement parce qu’elle se fabriquait dans une des villes de Bonne ou de Saint-Bonnet ; c’est l’étymologie que Caseneuve donne au mot bonnet. Tous les habillements de tête plus anciens que le XVe siècle, se faisaient d’étoffes ; c’étaient des chaperons dont le bourrelet formait le bonnet, la cornette ou la queue tombait sur le dos. Les paysans et les gens de la campagne portaient des capes, capuces, ou capuchons qui tenaient à leurs manteaux. Suivant L. Legendre, ce ne fut qu’au milieu du XVe siècle qu’on commença à avoir des bonnets détachés. Les rois, les princes, les grands seigneurs et les chevaliers, dans les parlements et en pleine paix, en portèrent de velours, qu’on appela mortiers ; et les gens ordinaires telles les bourgeoises, de drap ou de soierie, qu’on nomma bonnet. On vit même dans ce siècle des chapeaux dont les larges bords mettaient à l’abri des injures de l’air.

 

 

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