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Jean 1er, cinquante et unième roi de France
ou plutôt Jean II, dit le Bon
1319 - 1364

Jean II le Bon, 51ème roi de France - gravure de Daret - repro © Norbert Pousseur

Quoique vaincu je n'ai pas laissé de vaincre.

 

JEAN I ROY DE FRANCE, fils de Philippe de Valois monta sur le Trône l'an 1350. Il fit d'abord décapiter Raoul Comte d'Eu, Connétable de France, accusé d'intelligence avec L'Anglais ; institua l’Ordre de l'Etoile et donna la charge de Connétable à Charles d'Espagne son favori, qui fut assassiné par ordre du Roi de Navarre. Ce dit Roy s'arma contre Jean qui lui avait pardonné sa faute, mais voyant sa perfidie le poursuivi, le prit dans le Château de Rouen, et le mit dans le Châtelet de Paris après avoir fait trancher la tête à 4 seigneurs qui avaient appuyés sa révolte. Il marcha ensuite contre l'Anglais et refusant la paix que le Prince de Galles demandait, son armée fut taillée en pièces, et lui mené prisonnier avec quantité des Seigneurs à Bordeaux 1356. Charles son fils se retira à Paris, pour gouverner l'État, et faire quelques levés. Les Parisiens se soulevèrent, entrèrent en armes dans le Parlement, le poursuivirent jusque dans son Palais , et en sa présence tuèrent quelques personnes de marque qu’il mettait au nombre de ses affidés. le Dauphin, voyant la Ville remplie de massacre, et d ’horreur quitta Paris, et le Roy de Navarre étant délivré fut élu pour Gouverneur, d'où il fut chassé par la reddition de Paris au Dauphin, qui demanda le Roy à l'Anglais, ce que ne voulant accorder qu’avec des conditions très désavantageuses pour l'État, Édouard repassa, en France, prit Arras, Sens, Nevers, et mit le siège devant Paris jusqu'à deux fois, et fut repoussé. Enfin la paix fut faite à Brétigny, et le Roy mis en liberté après 4 ans de prison. Il fut sollicité par le Pape d'aller à la terre Sainte pour assurer la Paix. Passa en Angleterre où il mourut 1364, régna 14 ans. Il eut de Bonne fille de Bohême 4 fils. Charles régna après, Louis 2ème, fut Duc d'Anjou, Jean 3ème Duc de Berry et Philippe Duc de Lorraine. Gît à St Denis.

 

Retranscription du texte de la gravure (Gravure de Pierre Daret ?)

 


 

Jean le Bon,en robe d'intérieur, gravure de Léopold Massad - reproduction © Norbert Pousseur

Jean II, surnommé le Bon, duc de Normandie, né le 26 avril 1319 au château du Gué de Maulny près du Mans, succéda le 22 août 1350 au roi Philippe VI son père, et fut sacré le 26 septembre suivant. Le 29 février de la même année il avait épousé en secondes noces Jeanne, fille de Guillaume XII, comte d’Auvergne ; Bonne sa première femme, fille de Jean de Luxembourg, étant morte l’année précédente. Un des premiers actes de Jean II, en montant sur le trône, fut de faire arrêter le connétable Raoul de Nesle, comte d’Eu, soupçonné de trahison. Cette arrestation eut lieu le 16 novembre, et dans la nuit du 19, le connétable eut la tête tranchée devant l’hôtel de Nesle, sans nulle forme de procès. La charge de connétable fut alors donnée à Charles d’Espagne, connu sous le nom de La Cerda. Mais en 1354 Charles-le-Mauvais, roi de Navarre et gendre de Jean II, piqué de la fierté et jaloux du crédit du nouveau connétable, le fit assassiner dans son lit à L'Aigle, le 6 janvier. Jean II ressentit une grande douleur de ce crime ; cependant il fut obligé de le laisser impuni, parce que le coupable était son gendre et que d'ailleurs il était puissant.
L'année suivante, 1355, afin d'avoir de l’argent pour se défendre contre les entreprises d’Edouard, roi d’Angleterre, Jean II convoqua les états, et sur leurs plaintes et doléances il rendit, le 28 décembre 1355, une déclaration où l’on remarque entre autres choses qu’il s’engage à ne jamais contraindre personne à lui prêter de l’argent. Charles-le-Mauvais continuait de conspirer pour les Anglais. Jean se décida enfin à sévir contre lui, et en 1356 il alla en personne dans le château de Rouen l’arrêter avec plusieurs de ses complices qui furent décapités. Le roi de Navarre fut envoyé au château d’Arleux en Cambresis. Cependant les Anglais, sous la conduite du prince de Galles, s’avancaient en Aquitaine et avaient déjà pénétré dans le Berry ; Jean II quitte la Normandie, passe la Loire, les atteint à Maupertuis à deux lieues de Poitiers, au moment où ils se retiraient précipitamment. Les Anglais s’établirent dans une forte position, mais le manque de vivres rendait leur perte certaine. Déjà le prince de Galles offrait d’abandonner les conquêtes faites dans la campagne, de rendre tous les prisonniers, et promettait pour lui et les siens de ne porter de sept ans les armes contre la France. On rejeta ses offres et l’on eut raison, puisque par famine on pouvait avoir le prince et toute son armée. Il ne fallait qu’attendre trois jours pour cela ; mais la valeur imprudente de Jean II sauva les Anglais. Il alla les attaquer sur le monticule couvert de vignes où ils s’étaient retranchés. Les archers anglais, postés derrière des haies, ajustent à coup sûr leurs ennemis serrés dans des chemins étroits, entre des vignes pleines de fossés et hérissées d’échalas. Les Français sont bientôt en désordre. Le roi, une hache à la main, arrêtait les ennemis autour de lui. Philippe son fils, encore enfant, se jette au-devant des coups que l’on portait à son père ; il est blessé en le défendant. Mais Philippe duc d’Orléans, frère du roi et gouverneur des jeunes princes, croyant le combat désespéré, emmène ses pupilles, et entraîne avec lui la majeure partie des troupes. Alors, effectivement la bataille fut perdue, et Jean, après avoir reçu deux blessures au visage, tend son gantelet à Denis de Morbec et se rend prisonnier. La principale noblesse de France périt dans cette action ou partagea le sort du roi. La France eut alors à souffrir tout à la fois des attaques des Anglais et de celles des factions.
Le dauphin Charles (depuis Charles V) prit les rênes du gouvernement. Il assemble les états de la langue d’oïl, mais au bout de huit jours il les sépare, parce que les factieux y dominaient. Un certain Marcel, prévôt des marchands, excite une sédition à Paris pour ce sujet et force le dauphin à convoquer de nouveau les États. Ceux-ci destituent les principaux magistrats, nomment un conseil de régence et des officiers pour la levée des impôts. La trêve de deux ans que le roi conclut à Bordeaux où il était prisonnier, ne rétablit pas le calme. Aussitôt que le roi de Navarre arrive à Paris, Marcel lève l’étendard de la révolte. Un chaperon mi-parti de vert et de rouge devient le signal des séditieux. Robert de Clermont, maréchal de France, et Jean de Conflans, maréchal de Champagne, sont assassinés à l’hôtel de Saint-Paul en présence du dauphin. Le jeune prince abandonne la capitale, et va se faire déclarer régent aux états de Compiègne. Profitant de son absence, Marcel projette de livrer Paris aux Anglais le 1er août et de mettre la couronne de France sur la tête du roi de Navarre. Mais Jean Maillart et Pépin des Essarts massacrent ce traître dans la nuit du 31 juillet à la porte Saint-Antoine qu’il allait ouvrir aux Anglais, et le dauphin, rappelé dans Paris, y rentre le 4 août. Le roi de Navarre, pour venger la mort de Marcel, déclare la guerre au régent.
Cependant le roi Jean, impatient de mettre un terme à sa captivité, avait conclu avec le roi d’Angleterre un traité par lequel il abandonnait à celui-ci une partie du royaume. Mais les états refusèrent de le ratifier. Alors Edouard, furieux, fait enfermer Jean et son fils dans la tour de Londres, débarque à Calais avec plus de 100,000 hommes et ravage la France. Mais l’année suivante, s’il faut en croire les historiens du temps, un orage épouvantable qui fait périr mille hommes d’armes et six mille chevaux de l’armée d’Edouard, le détermine à faire la paix ; elle est enfin conclue en 1360 à Brétigny, près Chartres, et le roi Jean recouvre sa liberté. Il revint en France, mais on ne sait par quel motif il retourna en Angleterre quelque temps après. Les uns attribuent ce voyage à la passion qu’il avait conçue pour la comtesse de Salisbury ; les autres disent qu’il y allait pour traiter de la rançon du duc d’Anjou, qui s’était échappé étant en otage et avait été repris. Quoi qu’il en soit, à peine arrivé à Londres, le roi Jean y tombe malade et y meurt le 8 janvier 1364, âgé de 55 ans, dans la quatorzième année de son règne. Son corps fut rapporté en France et inhumé à Saint-Denis, le 6 mai suivant.

Jean était brave et libéral, mais il était d’un caractère violent et il s’adonnait à des prodigalités qui épuisèrent le trésor. Les seigneurs de sa cour ne manquèrent pas de l’imiter, et quoique son règne soit l’un des plus malheureux de la monarchie, le luxe devint plus grand à cette époque parmi la noblesse de France qu’il n’avait jamais été. Les habits des seigneurs et même ceux de leurs valets resplendissaient d’or et d’argent. Leurs ceintures étaient chargées de perles et de pierres précieuses, et leurs bonnets, enrichis des mêmes ornements, étaient surmontés de plumes d’un grand prix. Leur train de vie répondait à la richesse de leur costume, et pour subvenir à tant de profusions, ils accablaient d’exactions les manants des campagnes que par dérision ils appelaient Jacques Bonhomme. Mais Jacques Bonhomme finit par se lasser, et, peu de teins après la bataille de Poitiers, on vit se lever une multitude de paysans qui se réunirent contre la noblesse. Ils brûlèrent les châteaux, outragèrent les femmes des seigneurs et massacrèrent tous ceux qu’ils purent attraper ; mais ceux-ci se hâtèrent de réunir toutes leurs forces, et la guerre d’extermination qui s’en suivit, connue dans l’histoire sous le nom de Jacquerie, ne dura pas longtemps ; les nobles, couverts de fer, eurent bientôt anéanti des hommes qui combattaient avec des fourches et des bâtons.

 

La figure en tête de cet article représente le roi Jean revêtu d’une simple robe bleue garnie de fourrure ; c’est très probablement un costume qu’il portait dans  l’intérieur de ses appartements. Il est tiré d’un tableau que l’on voyait autrefois à la Sainte-Chapelle de Paris.

 

Jean le Bon, en amrmure, gravure de Léopold Massad - reproduction © Norbert Pousseur

Cette figure est copiée sur une miniature du premier volume de Froissart, Mss. de la Bibliothèque du Roi, n° 830, f. 187, qui représente l’arrestation de Charles-le-Mauvais, par le roi Jean en personne. Elle nous le montre revêtu de son armure toute de fer, par-dessus  laquelle il porte une pelisse de drap d’or doublée de velours rouge.

 

Jean le Bon, au casque d'or, gravure de Léopold Massad - reproduction © Norbert Pousseur

Cette gravure est extraite, comme les précédentes, de la collection Gaignières. Elle est surtout remarquable par le casque d’or, qui complète l’armure du roi. Sa forme sphérique, avec une fleur-de-lis pour cimier, nous semble tout-à-fait inusitée.


 

Gravures (certainement de Léopold Massard) et texte extrait de l'ouvrage
Costumes français depuis Clovis jusqu'à nos jours, publié par A. Mifliez en 1855


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