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Jean de Montfort et sa femme, Jeanne de Flandre
1294 - 1345 / 1295 - 1374

Les costumes en France à travers les âges

Jean de Montfort, dessiné par Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur

Gravures (de Léopold Massard) et texte extrait de l'ouvrage 'Costumes français depuis Clovis jusqu'à nos jours', publié par A. Mifliez en 1855

 

Jean, comte de Montfort, né du second mariage d’Arthur II, duc de Bretagne, avec Yolande de Dreux, était frère consanguin de Jean III, successeur d’Arthur, né du premier mariage de ce prince avec Béatrix d’Angleterre. De ce même mariage était un autre fils, Guy de Bretagne, comte de Penthièvre, dont la fille Jeanne épousa, en 1337, Charles de Blois, fils de Marguerite, sœur de Philippe de Valois (Il est nécessaire de bien saisir ces détails généalogiques pour comprendre les prétentions de Jean de Montfort contre Charles de Blois,).
En mariant sa nièce, le comte Jean, qui n’avait pas d’enfant, reconnut Charles pour son successeur, sous la condition qu’il prendrait le nom, le cri et les armes de Bretagne. La plupart des seigneurs et des barons prêtèrent foi et hommage aux jeunes époux, comme héritiers présomptifs de leur souverain ; mais Jean de Montfort n’avait point renoncé à ses droits. Il dissimula jusqu’à la mort du duc, arrivée en 1340. Alors une longue et sanglante querelle s’engagea entre les deux rivaux. Jean de Montfort vint à Nantes, dont les habitants le reçurent avec enthousiasme. Il eut bientôt pour lui, presque partout, les villes, les communes et le peuple. Charles de Blois ralliait à sa cause la plus grande partie des prélats et des barons. Jean, après s'être emparé de Rennes, de Vannes, d’Auray, de Brest et d’Hennedon et du trésor ducal, passa en Angleterre et se ménagea l’appui d’Édouard III, tandis que Charles implorait la protection de Philippe VI. Les deux princes furent cités devant la cour des pairs, qui rendirent, à Conflans, en 1341, un arrêt par lequel était reconnue la validité des dispositions faites par Jean III et les droits de Charles de Blois au duché de Bretagne. Une armée, commandée par le duc de Normandie, frère du roi de France, entra aussitôt en Bretagne pour mettre cette sentence à exécution. Jean de Monfort, assiégé dans la ville de Nantes, fut fait prisonnier, conduit à Paris et renfermé dans la grosse tour du Louvre.
C’en était fait de ses prétentions, et une guerre qui devait durer vingt-trois ans était terminée, si Jeanne de Flandre, comtesse de Montfort, n’eût alors développé le plus grand caractère. « Cette princesse, dit d’Argentré, était vaillante de sa personne autant que nul homme. Elle montait à cheval mieux que nul écuyer. Elle donnait, parmi une troupe d’armes, comme le plus vaillant capitaine ; combattait par terre et par mer, savait dresser une bataille, garder une place, etc. » Loin de se laisser décourager par la captivité de son époux, elle prit dans ses bras Jean de Monfort, son fils, à peine âgé de trois ans, le présenta au peuple et, aux soldats, ramena les esprits abattus, et pendant deux ans elle ne cessa de faire en personne une guerre acharnée. On la vit au combat naval livré près de Guernesey, combattre, armée de toutes pièces, et attaquer à l’abordage les vaisseaux ennemis. En 1343, une trêve fut conclue à Malestroit, mais Jean de Montfort étant parvenu, à s’échapper du Louvre sous un déguisement de marchand, s’empressa de recommencer les hostilités.
Charles s’empara de Quimper-Corentin, dont les habitants furent passés au fil de l’épée de la manière la plus barbare. Montfort prit et saccagea Dinant ; mais n’ayant pu obtenir des secours d’Édouard, il mourut de chagrin à Jennebon, en 1345, laissant son fils unique sous la tutelle de sa mère. La guerre continua avec des succès divers. Charles de Blois, ayant été fait prisonnier à la bataille de Laroche-Darien, en 1346, fut conduit en Angleterre et enfermé à la tour de Londres.

 

Jeanne la flamande, dessinée  par Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur


Alors la guerre se trouva soutenu par deux femmes : la comtesse de Montfort et la comtesse de Penthièvre. Ce fut pendant cette guerre cruelle qu’eut lieu, en 1350, le combat des trente. Elle continua avec fureur pendant plus de quatorze ans. Chandos commandait pour le jeune duc de Montfort, Duguesclin pour Charles de Blois, qui avait racheté sa liberté moyennant 50 mille écus. Enfin, la bataille d’Auray, livrée le 29 septembre 1364, décida du sort de la Bretagne. Malgré les prodiges de courage de Duguesclin, de Rohan, de Laval et de l’élite des Bretons, Montfort et les Anglais furent vainqueurs. Charles de Blois périt dans le combat, et le 12 avril suivant (1365), le traité de Guerrande assura la possession de la Bretagne au jeune duc Jean de Montfort, qui prit le nom de Jean IV, et qui fit en cette qualité hommage à Charles V.

Après avoir joué un rôle si éclatant, la comtesse Jeanne, dont le but était rempli, disparut de la scène politique, et l’on ignore l’époque précise de sa mort.

 

Ces deux figures sont copiées d'une miniature d’un des plus anciens manuscrits de Froissart, conservé à la Bibliothèque du Roi et qui représente la réception de Jean de Monfort et de la comtesse sa femme par les bourgeois de Nantes, en 1340. Le costume des deux principaux personnages, leur coiffure surtout, est trèsbremarquable. Le comte, dont les chausses et les souliers sont d’une étoffe de laine noire, porte une robe courte de velours violet, fourrée de vair, et sur la tête un chaperon, coiffure caractéristique composée d’une espèce de bourrelet dont le fond était formé d’un morceau d’étoffe froncé à gros plis et auquel se rattachait de chaque côté une bande tombant sur les épaules. La mode des chaperons dura jusque dans le XVe siècle. Lorsque l’on voulait saluer quelqu’un, on levait ou l’on reculait le chaperon de manière à ce que le front fût découvert.

La comtesse de Monfort porte un hennin, coiffure dont la mode ne dura pas moins longtemps que celle des chaperons, et dont nos Cauchoises modernes semblent avoir conservé la tradition. Le plus ordinairement le hennin était blanc, ainsi que le voile qui s’y rattachait ; quelquefois cependant et notre figure en offre un exemple, il était noir ou de toute autre couleur. Nous ferons encore remarquer la ceinture de la comtesse Jeanne pour dire qu’au XIVe siècle les ceintures des femmes, brodées d’or et de perles, étaient un de leurs atours les plus riches et les plus dispendieux.

 

Chaperon : Voici comment Monet décrit la forme de cet habillement : « Chaperon, dit-il, est un habillement de teste des vieux François, façonné de drap à la lestière serrée, a guise de capuchon, terminée en bourrelet vers le derrière de la teste, duquel bourrelet pendait une longue et estroite manche qui s’entortillait au col : il y avait au milieu de la testière une longue creste de drap qui se couchait sur l'une des oreilles contre le chaud et le vent. » Suivant le même auteur, le chaperon du roi était « parsemé d’orfèvreries ou diapré de pierreries. »

 

Note du transcripteur : La gravure de Jean de Montfort porte la mention 'Jean IV de Montfort'. Wikipedia le nomme Jean II de Montfort, fils de Jean III... L'historien, Michel Mourre (1928-1977) indique qu'il était le frère consanguin de Jean III de Montfort. Par ailleurs, il nomme le suivant, son fils, Jean IV, dans la mesure où celui dont nous parlons en cette page, n'a pas été considéré officiellement par l'Histoire comme un duc de Bretagne.

 

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Jean de Montfort sur Wikipedia et Jeanne de Flandre

Cavalier vers le 10e siècle, dessiné par Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur
Jean

 

 

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Amaury IV de Montfort, comte de Toulouse dessiné par Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur
Jeanne

 


 

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