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Philippe le Bon, duc de Bourgogne, et Isabelle de Portugal
1396 - 1467     /     1397 - 1471

Les costumes en France à travers les âges

Philippe le Bon, duc de Bourgogne, dessin de Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur

Gravure (de Léopold Massard) et texte extrait de l'ouvrage
'Costumes français depuis Clovis jusqu'à nos jours', publié par A. Mifliez en 1855

 

Philippe-le-Bon, duc de Bourgogne, né en 1396, à Dijon, fils de Jean-Sans-Peur et de Marguerite de Bavière, était marié à la sœur du Dauphin, depuis Charles VII, lorsqu’il reçut la nouvelle de l’assassinat de son père. Se jetant aussitôt dans les bras du roi d’Angleterre, il inédite avec lui l’envahissement de la France. La perte du légitime héritier de ce royaume est jurée à Troyes, et Paris est bientôt au pouvoir des deux princes coalisés. Cependant une contestation survient parmi ceux-ci au sujet des prétentions du duc de Gloucester, nouvel époux de Jacqueline de Bavière, sur la souveraineté de Brabant, et ces mésintelligences sont mises habilement profit par le Dauphin, que les succès du duc de Bourgogne avaient réduit à prendre la fuite. Tandis que Philippe, suivit de la noblesse bourguignonne qui a abandonné le régent Bedfort, va harceler les Anglais dans le Hainaut et la Hollande, les troupes royales, après la levée du siège d’Orléans, s’avancent victorieuses vers Reims, et Je duc, plusieurs fois appelé à Paris, consent enfin à entrer en accommodement avec le parti de Charles. Vers la même époque, il instituait l’ordre célèbre de la Toison-d’Or, en l’honneur d’Isabelle de Portugal qui lui donnait sa main. La guerre avait recommencé avec une fureur nouvelle ; l’avantage était toujours de son côté, mais il sut s’honorer par le refus positif qu’il fit de livrer aux Anglais l’héroïque Pucelle, qui était tombée en son pouvoir au siège de Compiègne. A la mort du duc de Brabant, son cousin, il eut à repousser les prétentions de Jacqueline, qui lui laissa enfin la paisible possession de la Hollande et du Brabant. Quelques autres démêlés partiels avaient encore compliqué les sanglantes querelles qui remplissent cette époque, lorsqu’après de longs préliminaires, fut signé à Arras le célèbre traité de paix du 21 septembre 1435. Philippe reconnut la suzeraineté de Charles VII, qui, de son côté, désavouant le meurtre de Jean-Sans-Peur, promit une amnistie générale, et céda au duc, entre autres immunités, plusieurs seigneuries limitrophes du duché de Bourgogne, ainsi que la souveraineté de Picardie, déclarée toutefois rachetable moyennant 400,000 écus. Cette union fut cimentée par la rupture définitive de Philippe avec l’Angleterre, où avaient été insultés les ambassadeurs qu’il chargeait d’offrir sa médiation à Henri VI, en lui présentant le traité d’Arras.

Diverses révoltes des Gantois, la soumission du duché de Luxembourg à l’autorité d’Élisabeth, tante de Philippe qui, par reconnaissance, céda à celui-ci tous ses droits moyennant une pension de 10,000 livres tournois ; enfin quelques préparatifs pour une croisade qui n’eut pas lieu, et d’infructueuses tentatives pour réconcilier Louis XI avec le roi, son père, remplirent les dernières années de la vie de Philippe-le-Bon, qui mourut à Bourges en 1467, pleuré de ses sujets et respecté par l'Europe.

Protecteur éclairé des lettres et des arts, il fonda l'université de Dole, encouragea les talents du peintre J. Van Eyck, dressa les coutumes de Bourgogne et de Franche-Comté, étendit et favorisa le commerce des Hollandais, enfin mérita par ses vertus, autant que par la sagesse de son administration, le surnom que lui a conservé l’histoire. II avait été marié trois fois : 1° avec Michelle de France, fille de Charles VI ; 2° Bonne d' Artois, fille de Philippe, comte d'Eu ; 3° avec Isabelle, fille de Jean Ier, roi de Portugal, morte à Dijon, le 17 décembre 1472 et enterrée aux Chartreux de cette ville, dont il laissa Charles, comte de Charolais, qui lui succéda.

 

Son vêtement : Ce prince est ici représenté avec le collier et l’habit de l’ordre de la Toison-d’Or, qui était rouge doublé de blanc. De sa coiffure s’échappe une longue bande que nous pensons être une marque de souveraineté.

 

Note 1 : C’est sous le règne de Philippe-le-Bon que le comté de Bourgogne commença d’être nommé la Franche-Comté, non que cette province ne fût déjà libre, franche et non imposable, mais parce que les circonstances de l’institution de l’ordre de la Toison-d’Or  et de la création des hérauts d’armes, sous le nom des différents pays qui composaient les états du duc, déterminèrent à caractériser le héraut d’armes du comté de Bourgogne par un nom assorti à la liberté et aux immunités dont ce pays jouissait.

Note 2 : Ce fut vers la fin du règne de Philippe-le-Bon que les dames et les demoiselles changèrent entièrement leurs costumes ; on lit dans Commines :
« qu’elles se mirent à porter bonnets sur leurs têtes et couvre-chefs si longs que tels y avoient qui touchoient la terre par-derrière leurs dos, et elles prirent des ceintures plus larges et de plus riches fourrures que oncques ; mais elles laissèrent leurs queues à porter, et au lieu de cela elles prirent grandes et riches bordures. Les hommes aussi se prirent à se vêtir plus court que oncques ; mais ils avoient fait si, qu’on voyoit leurs derrières et leurs devants, ainsi comme on souloit vestir les singes, et se mirent à porter si longs cheveux, qu’ils leur empeschoient les visages et les yeux ; de plus, ils portoient de hauts bonnets sur leurs têtes trop mignonnement, et des souliers à trop longues poulaines. Les valets mesmement, à l’imitation des maîtres, et les petites gens indifféremment pourtoient des pourpoints de soye ou de velous, choses trop vaines et sans doute haineuses à Dieu ».


Isabelle de Portugal, dessin de Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur

 

Isabelle de Portugal porte une robe de damas or, relevé de broderies écarlates. Ce vêtement est long et traînant ; les manches en sont larges. Sa coiffure, qui paraît avoir été en vogue à cette époque, se montre ici pour la première fois ; elle est noire, ainsi que le vêtement de dessous qui recouvre la gorge. Le collier, duquel pend un médaillon, est façonné en perles d’or tenues par un fil


Damas : substantif masculin. Étoffe faite de soie, qui a des parties élevées qui représentent des fleurs, ou autres figures. C’est une étoffe de mohere (moire) et de satin mêlés ensemble, en telle sorte que ce qui n’est pas satin d’un côté, l’est de l’autre. L’élévation qui fait le satin d’un côté, de l’autre fait le fonds. Les fleurs ont le grain de satin, et le fonds a un grain de taffetas. Elle est ainsi nommée, à cause qu’elle est venue originairement de Damas en Syrie. On fait de beaux ameublements de damas de Gennes, de Lucques, et de Venise ; celui-ci est le plus exquis.
Damas caffart, est un damas dont les trames sont de fil ou de fleuret, et les chaînes de soie.
Damassé. adjectif. Linge qui est fait en forme de damas, qui représente des fleurs, des paysages, et des figures. Un service de table damassé, une nappe damassée. On appelle aussi une étoffe de soie damassée, celle qui paraît de damas d’un côté, et qui a un envers tout uni.
(Dic. Furetière, 1690)

 

 

Dictionnaire de l'habillement      /        Costumes français
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Philippe le Bon, duc de Bourgogne, dessin de Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur

 

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Isabelle de Portugal, dessin de Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur

 


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