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Alain Chartier, poète français
1386 ~1450

Les costumes en France à travers les âges

Alain Chartier, dessiné par Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur

Gravure (de Léopold Massard) et texte extrait de l'ouvrage 'Costumes français depuis Clovis jusqu'à nos jours', publié par A. Mifliez en 1855

 

Alain Chartier, écrivain et poète français, né à Bayeux en Normandie en 1386, vint faire ses études à l’université de Paris, et y obtint des succès précoces. Il avait a peine seize ans, lorsqu’il conçut le projet d’écrire l’histoire de son temps. Déjà ses condisciples et même ses maîtres lui avaient décerné les titres de bon orateur, de noble poète et de savant rhétoricien. Charles VI, informé des talents du jeune Alain, le nomma clerc-notaire et secrétaire de sa maison, et il fut continué dans cette charge par Charles VII.
On ignore l’époque précise de sa mort. Duchesne la place à l’année 1468, La Monnoye avant 1457, enfin d’autres veulent qu’il ait terminé sa carrière en 1449,  à Avignon, où l’on voyait, disent-ils, son épitaphe dans l’église des Antonins de cette ville. Pasquier rapporte, pour donner une preuve du degré d’estime dont Alain Chartier avait joui de son vivant, que ce père de l'éloquence française (nom qu’on lui avait donné), s’étant un jour endormi sur une chaise à la cour de Charles VII, Marguerite d’Écosse, épouse du Dauphin (depuis Louis XI), s’approcha de lui et lui donna un baiser sur la bouche.
Les seigneurs et dames de la suite de cette princesse s’étonnant de cette action, elle leur dit « qu’elle ne baisoit pas la personne, mais la bouche dont estoient sortis tant de beaux discours. » Tous les ouvrages d’Alain Chartier ont été réunis et publiés par Duchesnes ; Paris, 1617.

Le costume de cet homme célèbre, se compose d’une cotte hardie de damas brun rouge, ornée de broderies d’or, serrée au-dessus des reins par une ceinture noire, et d’un chapeau retenu derrière le dos par une cornette verte, c’est-à-dire par un cordon ou ruban vert.

 

Cotte hardie : Lorsque l’empereur Charles IV, de la maison de Luxembourg, vint à Paris en 1377, il était vêtu d’une de ces cottes hardies, et par-dessus il portait un manteau d’écarlate doublé d’hermine. Dans les présents que le roi de France fit à cet empereur, il lui donna « un chapel ou chaperon garni de pierres précieuses, un frontier et une coiffe, vingt couronnes, des boutons et des boutonnières d’or et de perles ; pour mantel, une robe d’écarlate, un mantel de même, un surcot d’étoffe de soie, un chaperon de velours fourré d’hermine et un autre chaperon de subatis (satin) fourré de vair. » Ce détail nous apprend quels étaient les noms des habillements de ce temps-là.


Chapeau : Les chapeaux ont une origine fort ancienne ; sur plusieurs vases étrusques, la Victoire porte un chapeau fait comme les nôtres. Les Grecs appelaient leur chapeau sxiadiov, en latin umbella, un parasol. Celui d’Anacréon était aussi un petit chapeau comme ceux que portent les chasseurs ; plusieurs monuments attestent l’ancienneté de l’usage des chapeaux. À Athènes, il n’y avait que les malades qui portassent des chapeaux ; et porter un chapeau entrait dans l’ordonnance du médecin, au moins c’est ce qu’on voit dans Platon. L’usage des chapeaux commença à s’introduire en France sous le règne de François Ier ; ce n’est pas qu’ils ne fussent connus depuis fort longtemps. On prétend que ce sont les chapeaux de fer qu’on portait à la guerre, qui ont introduit les chapeaux de feutre et de castor pour la ville. Ils étaient d’abord de drap ou de toute autre étoffe, ensuite on les a faits de bourre de laine et de poils, non tissus ensemble, mais seulement foulés, collés ou apprêtés.

Vers le milieu du règne de Charles VI, cet habillement de tête fut adopte pour aller à la campagne. Sous Charles VII, il devint d’une nécessite indispensable pour la pluie. Lorsque Louis XI monta sur le trône, on le porta indistinctement dans tous les temps. Louis XII reprit le bonnet de velours, et ce fut François Ier qui adopta absolument le chapeau, dont il paraît que les bourgeois ne se servaient pas encore communément sous Henri IV.

Les grands seigneurs les portaient déjà relevés de plumes et de franges, lorsque les bourgeois se servaient encore de leurs chaperons, François Ier agrandit le chapeau, l’orna de plumes et le plaça de travers.

Charles VI porta le premier castor à son entrée à Rouen. LouisXI portait un chapeau gras ; il l’entourait de petites amulettes d’étain, ne le faisait ni laver, ni changer, ni réparer ; c’était pour lui une relique de saleté, d’avarie et de dévotion. Depuis ce temps, le chapeau n’a fait que gagner de la considération dans le monde. On le mit en toque, en pyramide, en cône, en bateau ; il subit autant de révolutions que la monarchie, et les lois de l’ancienne jurisprudence n’étaient ni plus variables, ni plus mobiles que les formes que la mode imprima tour à tour aux chapeaux. Franges, perles, pierreries, rubans, fourrures, furent consacrés à l’ornement des chapeaux. On y attacha des houppes, des houppettes, des plumes, des boutons, des fleurs. On en fit à bords, à roues, en rose, en triangle. On les noua sous le menton ; on les planta sur l’occiput, sur le sinciput et sur l’os frontal. Charles IX portait sa toque sur le coin de l’oreille.

Protée insaisissable, le chapeau passa tantôt du sexe masculin au sexe féminin, tantôt de celui-ci à l’autre ; tantôt nous coiffons les dames et les dames nous coiffent à leur tour. Sous Louis XIV, le chapeau à grands bords, ornés d’une surabondance de rubans, ressemblait au feutre de nos forts de la Halle, chargé de faveurs un jour de fête. Rabattu, c’était un parapluie véritable. Plus tard, on a relevé les bords, et tous les hommes se sont fait des cornes. Ou les a rabattus de nouveau, attachés avec des gances, coupés en divers sens, tournés et retournés de mille manières. On en a élargi, diminué, arrondi successivement la forme, la coiffe, les bords.

En 1784 les dames portaient des chapeaux à la caisse d’escompte, chapeau sans fond comme cette caisse. De nos jours elles portent des bibis, petits chapeaux ayant la forme d’une capote. Les chapeaux ronds, pour les hommes, sont d’un usage général, et pour les dames en habit d’amazone ; les chapeaux à trois cornes sont consacrés aux militaires ; les chapeaux retroussés, tel celui que porte Robert de Clermont à la Henri IV, sont adoptés par les princes, les grands dignitaires, etc.

 

 

Dictionnaire de l'habillement      /        Costumes français
Wikipedia

 


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