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François Ier, cinquante huitième roi de France
1494 - 1547

François Ier, 58ème roi de France - gravure de Daret - Gravure  reproduite puis restaurée par © Norbert Pousseur

Il ne fallait que cet autre Achille contre un second Hector.

 

FRANÇOIS I ROY DE FRANCE fils de Charles Comte d'Angoulême et de Louise de Savoie, fille d'Amédée Duc de Savoie. Fut couronné l'an 1615 au mois d'août. Épousa en premières noces Claude de France fille de Louis douze 1517. En secondes noces Éléonore d'Autriche fille de Philippe Roy d’Espagne. Son règne se passa en une continuelle guerre. Il confirma la paix que son prédécesseur avait fait avec l'Anglais. Gagna la bataille de Marignan où ses adversaires laissèrent plus de 14 mille hommes sur la place, l'an 1515 prit Milan et la Lombardie se soumit au victorieux ; rétabli Henry d'Albret Roy de Navarre, dépossédé par les Espagnols, mais voulant entrer plus avant fut repoussé. Robert de la Marck, Seigneur de Bouillon pour quelques différents se jette entre les bras du Roy pour éviter la fureur de l’Empereur qu’il avait envoyé défier avec insolence, ce que fit persuader cet Empereur que le Roy était auteur de ceci, et sur cette pensée déclara la guerre. Le Comte de Guise et l'Amiral de Bonnivet furent envoyés en Guyenne. Odet de Foix passa les monts pour la conservation de Milan, le Duc d’Alençon en Champagne, le Duc de Vendôme en Picardie, le reste demeura avec le Roy sous la conduite du Connétable de Bourbon, l'Empereur ayant une puissante armée sous les ordres d'Henry de Nassau, qui prit Mouzon, et attaqua Mézières inutilement. Le Roy emporta les villes de Bapaume, et de Landrecies, prit Hesdin, ou la garnison fut taillée en pièces, et les troupes de l'Empereur ; le Duc de Guise prit Fontarabie ; l'Empereur appelle l'Anglais a son secours ; les Bourguignons grossirent ses troupes, assiégea Hesdin mais cette place se défend et Dourlans ; ensuite qu'ils retournèrent, le Connétable de Bourbon se révolte, passe en Italie ; l'Empereur le fit Général d'armée, ligue de l'Empereur et du Pape contre le Roy, assiègent Parme, et repoussés par le Maréchal de Foix ; perte de Fontarabie, le Roy passe en Italie, prend Milan, assiège Pavie, son armée est taillée en pièces, et lui fait prisonnier, l’an 1525, fut délivré avec des conditions fort rudes ; Bourbon, assiège Rome où il fut tué, la ville prise et le Pape mis en prison, François conquête la Savoie, l'Empereur entre en France ; le Roy le poursuit, lui défait 18 mille hommes. Ensuite se fait une trêve pour 10 ans. Fameuse bataille de Cérisolles 1544, paix avec l'Empereur,1546. Le Roy mourut à Rambouillet le dernier de mars 1547, la 52ème année de son âge, de son règne 32 ans. Sous Le Pape Paul III et l'Empire de Ferdinand. Il laissa 3 fils de sa première femme, le dauphin mourut à 19 ans, le Duc d'Orléans mourut en 1545. Henry second fut mis sur le Trône après lui. A Paris chez L Boissevin.

 

Retranscription du texte de la gravure (Gravure de Pierre Daret ?)

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Article de Wikipedia

 

Ci-dessous, Gravures et texte extrait de l'ouvrage
Costumes français depuis Clovis jusqu'à nos jours, publié par A. Mifliez en 1835

François 1er, roi de France, en habit de tous les jours - gravure de Léopold Massard - reproduite et restaurée par © Norbert Pousseur

Cette planche représente François 1er dans le costume qu'il portait habituellement. Ce prince est ici vêtu d'un surtout de velours noir dont le large collet, rejeté sur les épaules, est de fourrure. Le vêtement de dessous, à taillades, est blanc, ainsi que le pantalon et la trousse ; le chapeau, orné d'une pierre de prix et bordé d'une plume, est noir. Nous faisons observer en passant que depuis le règne de ce prince jusqu'à celui de Louis XV, la coiffure des Français fut constamment noire.

 

François Ier, roi de France, naquit à Cognac en 1494. Elevé à la cour de Louis XII, qui le chérissait et dont il avait épousé la fille Claude, il succéda à ce prince en 1515, mort sans postérité mâle, et fut le premier roi de la deuxième branche des Valois.
Ce prince, qui avait déjà signalé sa valeur dans la Navarre contre les Espagnols, et dans la Picardie contre les Anglais, eut bientôt occasion de la montrer de nouveau dès qu'il fut assis sur le trône. Héritier des prétentions de son prédécesseur sur le duché de Milan, il se hâta d'envoyer, pour en prendre possession, une belle armée commandée par les meilleurs capitaines  qu’on eût encore vus, le connétable de Bourbon, Trivulce, La Trimouille, Bayard, etc. ; lui-même il gagna en personne, sur les Suisses, la fameuse bataille de Marignan, qui dura deux jours, et à l’issue de laquelle il se fit armer chevalier par Bayard.

L'empereur Maximilien étant mort de chagrin en 1520, François 1er et Charles-Quint, déjà roi d'Espagne, se disputèrent sa succession ; les électeurs donnèrent la préférence au deuxième, et ce fut la source d'une rivalité qui ensanglanta et désola l'Europe pendant trente ans. La guerre éclata en 1521 ; les commencements en furent glorieux ; Bayard défendit Mézières contre 55,000 Impériaux ; mais le Milanais, dont le gouvernement avait été confié au maréchal de Lautrec, fut perdu, et le connétable de Bourbon, poussé à bout par les persécutions de la duchesse d'Angoulême, mère du roi, quitta les drapeaux de ce prince pour aller se mettre à la tête des armées de Charles Quint en Italie. Vainqueur des Français sur ce théâtre de la guerre, le connétable poursuit le cours de ses succès, entre en Provence, s'empare d'Aix, de Toulon, et met le siège devant Marseille. François Ier le force à le lever, le refoule sur l’Italie, y pénètre de nouveau lui-même, s'empare de Milan et est fait prisonnier à la funeste bataille de Pavie en combattant comme un lion au milieu des cadavres de l’élite de ses guerriers, pouvant dire d'eux et de lui :
Tout est perdu, fors l’honneur !

Toutefois, il faut bien l'avouer, cet honneur reçut une tache quand François signa le honteux traité de Madrid, avec l’intention formelle de n'en pas remplir les dures conditions. Cependant la guerre se rallume ; Charles de Bourbon meurt au siège de Rome, la ville est prise, saccagée et le pape fait prisonnier. Les Français rentrent en Italie sous la conduite de Lautrec ; le Milanais est conquis, le royaume de Naples va l’être, lorsqu’un nouvel ennemi, la peste, étend ses ravages sur le camp des Français, et leur armée est anéantie sans avoir été vaincue.
La paix fut conclue à Cambrai en 1529. François Ier renonce à ses prétentions, donne 39200 écus pour la rançon de ses fils demeurés en otage, et, pour cimenter ce traité, épouse Eléonore, sœur de l’empereur. Ce prince ayant entrepris, six ans après, une expédition en Afrique, François Ier crut l’occasion favorable pour s'emparer encore une fois de l’Italie. Déjà il avait traversé la Savoie et le Piémont, quand Charles reparaît triomphant et pénètre dans la Provence dont il est forcé de se retirer plutôt par le manque de vivres que par les forces de l'ennemi. L'Europe fut étonnée de le voir, en 1i54o, demander passage à François Ier pour aller châtier les Gantois, et plus encore de la générosité avec laquelle ce roi chevalier l’accueillit à sa cour. La guerre recommence presque aussitôt ; elle est, après des succès variés, terminée en 1544,par le traité de Crespi, qui assure enfin la possession du Milanais au duc d’Orléans, deuxième fils de François, qui meurt en 1547, d'une maladie cruelle, dont son goût trop ardent pour les plaisirs lui avait fait contracter le germe dix ans auparavant, et contre laquelle la médecine de cette époque n'offrait encore que des remèdes impuissants.

François Ier a d'autres titres que sa gloire militaire au souvenir de la postérité : c'est lui qui, offrant un asile honorable dans ses Etats aux savants de la Grèce et de l’Italie, y naturalisa les arts et les sciences, fonda le Collège de France, bâtit les châteaux de Chambord, de Fontainebleau, de Madrid, commença celui du Louvre et mérita le surnom de Père des Lettres. Mais nous devons dire que le règne de ce monarque, brave, généreux, magnifique, fut terni par le supplice injuste du ministre Semblançai, par les persécutions exercées contre le protestantisme naissant, et surtout contre les malheureux Vaudois.

Claude de France, reine de France - Gravure reproduite puis restaurée par © Norbert Pousseur
Claude de France,
première femme de François Ier
Éléonore d'Autriche, reine de France - Gravure reproduite puis restaurée par © Norbert Pousseur
Éléonore d'Autriche
deuxième femme de François Ier

 

 

François 1er, roi de France, en habit de cérémonie - gravure de Léopold Massard - reproduite et restaurée par © Norbert Pousseur

Cette figure est copiée sur un portrait de François 1er, fait de son temps. Le surtout, orné de lacs d'amour, et sur lequel est passée une espèce de casaque noire, est blanc et or, ainsi que les trousses et les chausses. Le manteau, singulièrement agencé, est blanc. Ce riche habillement, qu'on indique comme un costume de cérémonie, nous semble être le vêtement que François Ier portait habituellement dans ses appartements ; les lacs d'amour dont il est orné paraissent confirmer cette conjecture.


Pour avoir une idée du luxe et du costume de cette époque, il suffit de lire le détail de l’entrée de François Ier à Paris, en 1515 ; on le retrouve dans l’Histoire des Inaugurations, et nous croyons devoir la rapporter ici en entier.

« Sa Majesté, y est-il dit, avança jusqu'à la chapelle, où les différents corps vinrent la recevoir selon l’ordre suivant : les archers, les arbalétriers de la ville, à cheval, marchant deux à deux, revêtus de leurs hoquetons couverts de lames d'argent, où était gravé un vaisseau, que Paris prend pour ses armes.

Après venait le prévôt, revêtu de son collier de velours moitié bleu, moitié cramoisi ; les échevins, le clerc, le receveur et douze conseillers de l’Hôtel-de-Ville, en robes écarlates, et tous à cheval.

Venaient ensuite les bourgeois, marchant deux à deux, habillés de robes, les uns de velours noir, les autres cramoisi, écarlate, et de différentes couleurs.

Le chevalier du guet, vêtu moitié de drap d’or et moitié de velours cramoisi ; ses deux lieutenants le suivaient, et tout le guet à cheval au nombre de soixante, avec leurs hoquetons garnis d’argent, la pertuisane à la main, et leurs drapeaux déployés, où il y avait de chaque côté une étoile d’or couronnée, et des devises sur des banderoles.

Les sergents à verge les suivaient à pied, ayant l’armet sur la tête et portant au milieu d'eux le guidon de taffetas blanc, jaune et rouge, chaussés et revêtus de pourpoints et de plumets de mêmes couleurs ; les uns avaient des piques sur l’épaule, les autres des hallebardes.

Après eux venaient les sergents à la douzaine, tous à cheval, vêtus du côté droit de drap noir à carreaux rouges, et du côté gauche gris cendré et barré.

Le prévôt de Paris, avec son habillement de soie, bordé d’un côté de velours cramoisi, et de l'autre de satin de Milan, enrichi de plaques et de devises en grosses lettres d*argent. Devant lui marchaient deux pages, vêtus de même que les sergents, et montés sur des chevaux caparaçonnés de velours cramoisi.

Suivaient les quatre sergents fieffés, précédés de deux laquais.

Venaient ensuite les lieutenants civil et criminel, avec les greffiers du Châtelet, tous vêtus d’écarlate.

Les conseillers, les avocats, procureurs et notaires du Châtelet, et les cent vingt sergents à cheval.

Après eux marchaient les quatre maréchaux de France, vêtus de velours noir, ayant chacun la chaîne d'or au cou ; ils étaient précédés du président, et suivis des conseillers de la chambre des généraux, vêtus d’écarlate ; leurs huissiers allaient devant.

Suivaient MM.  de la Chambre des Comptes, les uns vêtus de velours noir, les autres de damas, de satin et de camelot tanné, ayant leur pourpoint pareil à leurs habits, et une chaîne d'or au cou.

Venait ensuite la Cour de Parlement, suivie des quatre présidents, revêtus de leurs chapes écarlates, fourrées de menu-vair, et retroussées sur l'épaule gauche ; ils étaient couverts de leurs mortiers de velours noir, bordés par le haut de drap d'or ; à leur tête marchait le premier huissier en robe écarlate, avec son bonnet de drap d'or à rabat ; le greffier civil en chape écarlate, et le greffier criminel. Le premier président portait pour marque distinctive une chape avec trois bandelettes de drap d’or. MM. les conseillers laïques et ecclésiastiques en robes d'écarlate, et le chaperon fourré de menu-vair, sur l’épaule, étaient précédés des avocats, des procureurs et notaires à cheval.

Le prévôt de l’hôtel, vêtu d'une saie de damas blanc, à point de velours cramoisi, avec la chaîne d'or au cou, suivi de tous ses archers, avec leurs hoquetons parsemés de plaques d'argent, sur lesquelles était gravé un porc-épic couronné, surmonté d'une épée nue ; c’était la devise du feu roi ; ils avoient leur armet sur la tête et la pertuisane au poing.

Ensuite venaient les cinquante archers de la garde, que le roi avait lorsqu’il n’était que dauphin ; ils étaient vêtus de leur hoqueton de drap blanc, à demi bordés et brodés, parsemés de fleurs d'argent devant et derrière ; une salamandre de même métal, jetant de l'eau par la gueule ; sur leurs collets renversés était écrit : Nutrisco et extinguo ; ils avaient le casque en tête, et sur la cuisse la lance, au bout de laquelle était un petit guidon de taffetas blanc, jaune et rouge ; ils étaient précédés de leurs capitaines et lieutenants, revêtus d'une cotte d'armes, moitié drap d'or et moitié velours cramoisi.

On voyait venir en bel ordre les maréchaux de France, précédés de quatre trompettes avec leurs bannières ; ils étaient vêtus moitié de drap d'argent, moitié de drap d'or frisé, avec un bord dentelé environné de rouleaux, sur lesquels la devise de chacun d'eux.

Après eux suivaient les gentilshommes pensionnaires du roi, richement habillés et montés sur des chevaux caparaçonnés de drap d'or, découpé et déchiqueté, attaché avec des aiguillettes de soie rouge, sous lesquelles était un drap d'argent ; au milieu d'eux était Louis de Clèves, frère du duc de Nevers, habillé de satin blanc brodé d'argent, sur lequel étaient brochés en or des trèfles rayonnants, et tout l'habillement était parsemé de pompons de vermeil ; il était couvert de velours cramoisi garni de riches pierreries.

Venait ensuite M. de Chaudon, capitaine de la porte, accompagné de quatre autres personnes, habillé de velours tanné et de toile d'argent découpée, avec des bandes de drap d'or.

Après eux MM. de Clermont et de La Mollière, frères du cardinal d’Auch, légat d'Avignon, avec M. le vicomte de Turenne, tous parés d'un habit moitié de drap d'or, et l'autre moitié de satin blanc, broché d'or et de gris ondé.
Ils étaient suivis d*un grand nombre de gentilshommes tous habillés de différentes couleurs, dont trois étaient vêtus de satin blanc couvert de paillettes d'or et d’argent, et un quatrième de satin cramoisi recouvert de rets de fil d'or.

Venait ensuite M. Charles de Rohan, comte douairier de Guise, accompagné de gentilshommes et de seigneurs avec des habits de velours, de drap d'or, de satin broché de diverses couleurs, et de toile d’argent ; leurs habits étaient relevés avec des cordes de fil d'or, nouées et garnies de gros feuillage de vermeil.

Suivaient les cent-suisses de la garde du roi, avec des pourpoints moitié rouges et moitié blancs et jaunes, les chausses et les plumets de mêmes couleurs ; ils avaient la hallebarde sur l’épaule, étaient accompagnés de quatre tambours et de deux fifres vêtus de damas blanc, jaune et rouge : M. de Montbason, leur capitaine, était à leur tête ; le côté droit de son habit était de drap d'or et de toile d'argent ondée, et le côté gauche de velours cramoisi.

Venaient après les chambellans du roi, vêtus de drap d’or ; ii y en avait deux dont les habits étaient moitié de drap d’or et moitié de velours cramoisi ; ils avaient tous l'ordre de Saint-Michel.

Les huit maîtres des requêtes ordinaires et les rapporteurs de la chancellerie, vêtus de longues robes de velours noir fourrées de martre, avec le chaperon sur l’épaule, doublé de menu-vair.

Deux chauffe-cire à pied, revêtus de damas tanné doublé de velours noir, avec les collets, les sayons, les pourpoints de même que la doublure ; ils menaient par la bride un grand cheval, couvert d'une longue housse de velours cramoisi qui pendait jusqu’à terre ; il portait un coffret recouvert de velours bleu semé de fleurs de lis d'or, dont les garnitures étaient d'or massif ; le couvercle était garni d'un coussin de velours bleu avec des fleurs de lis d'or : ce coffret contenait le sceau du roi.

Venait après le chancelier, en robe longue de velours cramoisi fourrée de martre, avec la chape d'écarlate doublée de menu-vair, retroussée sur épaule gauche ; à ses côtés étaient ses deux écuyers, et devant deux chauffe-cire, habillés de même que ceux qui conduisaient le cheval qui portait le sceau.

Venaient ensuite les treize pages du roi, marchant les uns après les autres, vêtus moitié de velours blanc, moitié satin blanc, montés sur de grands chevaux caparaçonnés de même couleur.

Suivaient les joueurs d’instruments du roi. avec leurs sambuques, hautbois et trompettes, vêtus de damas blanc.

Les héraut des princes sang et des autres princes, chacun revêtu de la cotte d'armes de son maître ; ceux du roi étaient habillés en velours blanc : Mont-Joie-Saint-Denis, roi d'armes, les suivait avec le même habillement, portant la cotte d'armes de France ; ils étaient au nombre de vingt, avec des chapeaux et bonnets blancs ; trois gentilshommes couverts de la saie brodée de même que celle du roi, excepté leurs chevaux qui n’avaient point les crins mêlés des mêmes couleurs que ceux de Sa Majesté ; le premier était M. de Chissé, qui portait le chapeau royal de velours bleu parsemé de fleurs de lis d’or, avec un habit d'hermine ; le second, M. Francisque de Montréal, portant le manteau royal, de velours bleu semé de fleurs de lis d'or et doublé d'hermine ; le troisième était le premier écuyer, tenant l'épée royale, garnie d'or massif, avec le fourreau de velours bleu orné de fleurs de lis et garni d*or massif.

Ils étaient suivis du cheval d'honneur, couvert d'un velours bleu pendant jusqu'à terre, parsemé de fleurs de lis, et par deux palefreniers, velus de velours pers. Après eux et immédiatement avant le roi marchait le grand écuyer, habillé de même que le roi, sans autre distinction que la garniture de son bonnet ; il portait le heaume du roi, couronné, timbré, et fourré de velours pers et d'hermine.

Derrière le grand-écuyer, les huissiers de la chambre du roi marchaient à pied, vêtus de velours blanc chamarré à points dargent, avec les bonnets de même ; ils portaient sur l’épaule les masses d'argent ornées de fleurs de lis d’or émaillées en pers, et surmontées d'une couronne impériale d'or.

Le roi suivait richement vêtu d'une saie de drap d’argent frisé et bordé ; son cheval, dont la crinière était entrelacée de fils d'argent, avait le frein et le mors artistement travaillés ; son caparaçon était couvert de losanges d'argent en bas-relief, portant chacun une devise en chiffre : Sa Majesté avait un bonnet de velours blanc couvert de différentes pierres d'un très grand prix.

A la droite du roi, quelques pas en avant, marchait monseigneur Louis d'Orléans, duc de Longueville, marquis de Rothelin, grand chambellan de France, revêtu d*une saie bordée de velours cramoisi, sur laquelle étaient brodés des rayons en or ; aux côtés et sur le derrière il y avait un aigle brodé en or, regardant le soleil, et prenant son vol de son nid pour y parvenir ; il était couvert d'un bonnet de velours noir garni du gros diamant de la maison Dunois, taillé en facettes, et de trois rubis-balais à jour d'un prix inestimable, d'un petit carré rempli de diamants, et à chaque angle une grosse perle, et dans le milieu une en forme de poire et d’un très grand prix.

A la gauche de Sa Majesté était M. de La Trémoille, premier chambellan, vêtu de drap d'or, couvert de roues et dont les rayons étaient d'argent.

Auprès de la personne du roi étaient tous les laquais habillés de blanc avec leurs pourpoints brochés d'argent.

Les vingt-quatre archers de la garde écossaise, à pied avec leurs hallebardes, revêtus de leurs sayons de drap blanc parsemés de lames d’argent, chaussés en blanc, couverts de l’armet ; rehaussé de plumets blancs, ayant d'Aubigné, leur capitaine en tête, vêtu de même qu'eux, avec une salamandre d'argent devant et derrière, et couronné de vermeil.

Derrière le roi marchaient les princes du sang, les autres princes et seigneurs richement parés. »


François 1er, roi de France, en costume pour la guerre - gravure de Léopold Massard - reproduite et restaurée par © Norbert Pousseur

Cette figure, extraite d'un tableau original de l’époque, représente François Ier en habit de guerre. L'armure qui recouvre ce prince, et qui est celle des Gendarmes de cette époque, est noire avec des dessins gris-fer. Le tonnelet, qui est ici une pièce d'étoffe, et dont la couleur est rouge, est orné d'une riche broderie or. Le bel harnachement du cheval est laque-foncé, relevé de dessins or. La plume que le cheval porte au-dessus de sa tête est blanche. La masse d'arme que tient le prince est noire, avec des dessins or.

 

La mode fit adopter sous ce règne l'habit court et le pantalon, dont le haut était terminé par une braguette, à laquelle on ajouta ensuite les trousses, que la braguette faisait tenir entrouvertes ; ces trousses étaient bouffantes, et quelquefois tailladées. On portait un pourpoint, et par-dessus, soit un manteau très ample et très court, soit une casaque sans manches ; ou des manches presque aussi grandes que les mahoitres, et dont le large collet, coupé plus ou moins carrément, couvrait le haut du dos. La toque et le chapel, que l'on enfonçait bien à l'armée, ne couvraient qu’une oreille à la cour et à la ville ; la première était parée d'un beau diamant ou d'une grosse pierre. On sait que lorsque François Ier n'était que duc d’Angoulême, il portait les cheveux assez longs ; mais bientôt il les porta plus courts, et cessa de se raser en 1521. Pasquier dit expressément à ce sujet :

« Dans mon jeune âge nul n'estoit tondu fors les moines. Advint que le roi François Ier ayant esté fortement blessé à la teste d'un tison, par le capitaine de Lorges, sieur de Montgomeri, il ne porta plus longs cheveux. Sur son exemple, les princes premièrement, puis les gentilshommes, et finalement tous les subjects, se voulurent former ; il n'y eust pas que les prestres ne se missent de la partie ; ce qui eust été auparavant trouvé de mauvais exemple. »

 

Ce fut à l’occasion des cheveux très court, que l’on renouvela la mode des calottes ; et les prêtres ayant voulu en porter, en demandèrent l’autorisation au pape, qui ne la leur donna par induit que moyennant 15 livres, et 60 livres pour ceux qui sollicitaient un bref ; les personnes chauves ou infirmes pouvaient bien en porter sans induit ni bref, mais elles ne devaient pas être retenues ni par des cordons ni par des attaches ; encore fallait-il les quitter lorsqu'on servait à l'autel, pendant la lecture de l’évangile et le canon de la messe. Les laïques quittèrent bientôt ces calottes ; mais le clergé, les trouvant fort commodes, les a conservées jusqu'à ce jour, et a fini par ne plus demander au pape ni induit ni bref.

Les dames continuèrent de se coiffer avec le voile et le chaperon comme sous le règne précédent, jusqu’à l’arrivée de la reine Eléonore ; mais elles reprirent alors la toque et le petit chapeau, quelles plaçaient un peu sur l’oreille, et y attachaient un petit plumet.

Les coches : C’est en 1530 que les Français se servirent pour la première fois des coches ou carrosses ; il n'y eut d'abord que celui de la reine, et ensuite celui de Diane, fille naturelle de Henri II. Ces voilures, rondes et petites, ne pouvaient contenir que deux personnes ; leur grandeur augmenta tellement et devint si incommode que le parlement pria Charles IX d'en défendre l’usage dans Paris, et il ne fut maintenu qu'en faveur des voyageurs.

Maréchal de France : Avant le règne de François Ier, l’état de maréchal de France n’était qu'une commission, et il n'y en avait que deux, excepté sous Charles VII, qu'on en voit quatre à la fois. François Ier les créa à vie, et en porta le nombre à quatre.

Cousin : Ce fut François Ier qui honora du titre de cousin les cardinaux et les maréchaux de France. Aussitôt qu'il traitait quelqu'un de de fils ou d'ami, ce mot était le précurseur de la disgrâce. La duchesse d'Usez, qu'il avait appelée ma fille en causant avec elle, se mit à faire semblant de pleurer après son départ. On en demanda la raison. Hélas ! j'ai grand peur, dit-elle, qu'il ne m’en fasse comme Semblançay, qu’il appelait tant son père.

François Ier avait pour devise une salamandre dans le feu, avec ces mots : Nutrisco et extinguo, dont on a donné diverses explications. On la voit sur tous les édifices qu'il a fait construire, et sur quelques-unes de ses monnaies, qu'on nomme pour cette raison écus à la salamandre. Paradin prétend que François Ier tenait cette devise de Charles, comte d'Angoulême, son père, et dit avoir vu une médaille de ce prince, où la salamandre était représentée avec ces mots italiens : Nustrisco il buono, e spingo  il reo. Je protège les bons et punis les méchants.

L'union de la Bretagne à la couronne se fit en 1532, à la demande des Etats, qui la jugèrent nécessaire pour la tranquillité de la province, malgré le désir qu'ils avaient devoir un duc chez eux.

Les sceaux : Jusqu'à François Ier, depuis le commencement du XIIe siècle, le sceau des actes tenait lieu de signature, et était d’autant plus nécessaire que la plus grande partie de la noblesse ne pouvait autoriser ses simples actes, faute de savoir écrire et signer, que par les sceaux sur lesquels étaient figurées leurs armoiries. Depuis 1515, que la noblesse, et même le peuple, ont cultivé davantage les sciences par la protection que les rois et les princes leur ont accordées, l'usage des sceaux a diminué, et présentement il est réduit aux provisions de charge, aux certificats et aux actes publics.


Sons le règne de François Ier, le baptême s'administrait encore en France par la triple immersion. Les statuts synodaux de Guillaume du Frat, évêque de Clermont, publiés en 1537, portent : Prima immersio fit cum dicitur in nomine Patris ; secunda cùm dicitur et Filii; tertia cùm dicitur et Spiritus Sancti.


Sous le même règne il y avait des conseillers du roi languayeurs de pourceaux, dont l'exercice consistait à examiner les langues des cochons, pour vérifier s'ils n’étaient point ladres.

François Ier est l'auteur de la formule, car tel est notre bon plaisir, qui s’employait encore dans la plupart des édits ou lettres royaux, à la fin du XVIIIe siècle.

La cotte d'armes, sous ce règne, était ouverte de chaque côté, et les manches amples ne couvraient que les bras.

Homme d'armes : François Ier établit des légions composées chacune de six compagnies de mille hommes, dont le tiers était armé d'arquebuses, et les autres de piques et de hallebardes. Quant à l’homme d'armes, aux chevau-légers et aux arquebusiers, voici les expressions de son ordonnance :

« L'homme d'armes sera armé de soullerets, grèves entières, missots, cuirasses avec les tassettes, gorgerin, armet avec ses bavières, gantelets, avant-bras, gossels et grandes pièces. Il doit avoir l’épée d'armes au côté, l’estoc à l'arçon de la selle d'une part, et la masse de l'autre.

Les chevau-légers seront bien à cheval, et armés de hausse-cou, de hallecret, avec les tassettes jusqu'au-dessous du genou, de gantelets, d'avant-bras et grandes épaulettes, et d'une salade forte et bien coupée, à vue coupée…. Ils doivent porter l’épée large au côté, la masse à l’arçon, et la lame bien longue au poing.

Les arquebusiers aussi seront bien montés, et leur harnais sera pareil à celui des estradiols, réservé la salade; car ceux-ci auront seulement un cabasset, afin de viser mieux et avoir la tête plus délivrée ; l'épée au côté la masse à l’arçon d'une part, et l’arquebuse de l'autre, dans le fourreau de cuir bouilli, lequel tienne ferme sans branler; ladite arquebuse pourra être de deux pieds et demi de long ou trois au plus, et qu’elle soit légère ; des manches et des gants de mailles, et ainsi que les chevau-légers, des armes défensives moins complètes et beaucoup moins pesantes. »

L’armure du piéton, selon G. du Bellay, était ou un halecret, ou une chemise ou golette de mailles, et le cabasset.
Les gardes du corps avaient le pourpoint, à manches bouffantes jusqu’au coude ; les uns avaient cette partie tailladée, les autres n’avaient de taille que sur la partie étroite qui couvrait l’avant-bras; ils portaient quelquefois un manteau ample et court, et de panaches à leur chapeau ; leur principale arme était la hallebarde.

On changea sous ce règne la forme des étendards de la cavalerie ; ils sont courts et arrondis à l’extrémité ; ils étaient, sous Louis XII, longs, étroits, et fendus en banderole.

Les Suisses introduisirent l'usage du fifre dans les années. Les timbales, qu'on appelait nacaires, n’imitaient qu’en petit l’instrument de ce nom, dont se servaient les Sarrasins : notre cavalerie l'avait pris des Allemands.

L'usage de l'arc et de l’arbalète cessa en France vers le milieu de ce règne ; il n'y avait qu'un seul arbalétrier au siège de Turin en 1536.

Dans les funérailles d'un chevalier on portait alors avec appareil devant le cercueil son casque, ses gantelets, ses éperons, son écu et ses armoiries ; on suspendait le tout sur la sépulture, avec les enseignes et les étendards qui caractérisaient ses services.

Le marc d'or fut porté sous ce règne à i65 livres 7 sous 6 deniers, et celui d'argent à 14 livres 10 sous.

Les impôts augmentèrent de plus de neuf millions. C'est à ce règne que commence le code de la volumineuse législation fiscale, et c’est ce qui distingue cette époque de l'histoire de nos finances des époques précédentes. Elle est aussi caractérisée par des innovations de tous genres. La vénalité des offices pratiquée ouvertement, les tailles augmentées arbitrairement, les aides, les gabelles, les traites, les droits domaniaux accrus, et souvent par le seul effet d'un régime plus fiscal.
Ce qui distingue encore cette époque, c'est qu'on y trouve l’origine de la dette nationale, à laquelle les cours contribuèrent sans aucun droit ; car les états de Blois, sur lesquels elles ont ensuite fondé leur prétendu droit à cet égard, sont d'un demi-siècle de date postérieure.

La voix publique accusait de tous les désordres et de toutes les nouveautés le chancelier Duprat. Citait donc au chancelier qu'il fallait s*en prendre. Le malheureux surintendant en pâtit : Semblancay fut pendu. On le plaignit, et l’opinion publique avait vengé sa mémoire avant qu'elle fût réhabilitée.
On peut juger de ce quêtaient les Élus à cette époque, par une sentence de ceux de Lisieux de 1525.Elle condamne Jean d'Annebault, père de Claude, maréchal et amiral de France, à payer la taille, parce qu'il avait hébergé des bœufs sur l'une de ses terres, pour les revendre. Les Élus ne tardèrent pas déchoir, parce qu'on ne tarda pas à pouvoir se passer d'eux. L’autorité n'eut plus besoin d’intermédiaires.
Enfin, ce qui caractérise cette époque, c'est la grande différence qui s*établit entre les villes franches de tailles et les campagnes. La taille augmentée arbitrairement, la collecte rendue solidaire, les visites des commis aux aides et aux gabelles, inquisitions qui n’ont pas lieu dans les villes fermées, commencent à rendre la campagne inhabitable.

Jadis la formation des communes eut de bons motifs, il s'agissait de mettre un frein à l’anarchie féodale. Dans des temps moins reculés, les privilèges des villes eurent encore de bons motifs ; il y avait trop de cultivateurs et pas assez de consommateurs. La position est bien changée. Il est temps de mettre tout sol au même niveau ; la terre qui nourrit les hommes mérite autant de faveur que le bâtiment qui les loge.

 

 

Gravures de Léopold Massard et texte extrait de l'ouvrage
Costumes français depuis Clovis jusqu'à nos jours, publié par A. Mifliez en 1835


Répertoire des termes de l'habillement

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Article de Wikipedia

François Ier - gravure par Jacques Harrewyn - Gravure  reproduite puis restaurée par © Norbert Pousseur

Devise latine
Nutrisco et extinguo
qui pourrait se traduire par
Je nourris et je détruis
Gravure et article extrait de Mémoires pour servir à l'histoire de France

.../... année 1517

Le grand Roy François Père et Restaurateur des bonnes lettres succéda au bon Roy Louis Père du peuple au commencement de Janvier 1515. il fut sacré en ce mois à Reims par l’Archevêque Lenoncour, et fit son entrée à Paris à la fin de Février, le Chancelier du Prat et autres lui firent faire de grandes fautes dont la France se ressentira toujours.

En cette année au mois d’Octobre il fut assailli par les Suisses à Marignan près Milan, il les vainquit et en tua grand nombre, plusieurs Seigneurs et Gentilshommes Français furent tués en ce combat.
Après une telle prouesse le Roy se laissa gagner par le Pape Léon X. Il l’alla trouver au mois de décembre à Boulogne, et par le conseil de son Chancelier il consentit au concordat qui donne aux Papes, et aux Rois de France ce qui ne leur appartient pas, et il céda à l'importunité de Léon pour abolir la pragmatique. Quand le Chancelier qui après la sortie du Roy était resté à Boulogne pour achever le traité, fut revenu vers le Roy,  Sa Majesté lui dit Mr le Chancelier j’ai grande peur que ces lettres nous envoient tous deux vous et moi en enfer.

Le Roy qui s’était obligé faire ratifie le concordat par l’Église gallicane et publier en la cour de Parlement, commanda qu’on le publia et ratifia, mais les Prélats, Chanoines et suppôts de l'Université, pareillement les Présidents et Conseillers s’assemblèrent à part pour délibérer ce qui était à faire, puis pour les gens d’Église le Cardinal de Boissy dit au Roy que la matière touchait l’état de l’universelle Église gallicane, et que sans icelle assemblée ne pourraient ratifier les concordats : auquel le Roy en grand déplaisir fit réponse qu’ils leur ferait bien faire, ou les enverrait à Rome pour disputer avec le Pape les dits concordats, le Président Baillet dit pour les Présidents et Conseillers qu’ils se conduiraient en sorte que Dieu et le Roy devraient être contents, lors le Chancelier dit au Roy que ceux de sa Cour l’entendaient bien, qui répondit telles paroles, à ceux-là je leur ferait bien faire.

Enfin après grandes menaces et jussions de la part du Roy et après beaucoup d’excuses et de remontrances de la part de la Cour de Parlement ladite Cour fut contrainte d’accorder la lecture et publication desdits concordats ayant auparavant fait déclaration et protestation de n’avoir pour agréable ces concordats et de ne faire aucuns jugements selon iceux, la lecture et publication ne se faisant de son vouloir et contentement, mais du commandement du Roy, ainsi déclaré et protesté en Parlement les 19 et 24 de Mars 1517  avant Pâques par devant les Greffiers et Notaires du Parlement, outre cette appellation ad Papam melius consultum et concilium generale, en présence de Messire Michel Boudet Evêque Duc de Langres, Me. André Verjus, Nicole Lemaître, François de Loyne, Nicole Dorigny, Jean de la Haye Conseillers et commis pour ce, firent bien leurs devoirs.

 


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