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Louis XII, cinquante septième roi de France
1462 - 1515

Louis XII, 57ème roi de France - gravure de Daret - Gravure  reproduite puis restaurée par © Norbert Pousseur

La France m'a considé comme son second père.

 

LOUIS XII ROY DE FRANCE, fils de Louis, Duc d'Orléans second fils de Charles V, dit le Sage, il fut sacré à Reims et fit les délices du peuple, le père des sciences, et l'appui des lois. Il épousa en premières noces Jeanne sœur de Charles VIII, laquelle il répudia avec dispense du Pape, et en deuxièmes noces, Anne de Bretagne, veuve de son prédécesseur. Les Princes de l'Europe recherchèrent son amitié, il n'y eut que les forces du Duc de Milan, ce qui l'obligea à mener de belles troupes, contre lui, prit la Roque, Pavie, Alexandrie, et conquit tout cet État par force, fut pris, mis en prison à Loches, où il finit ses jours. Les Couronnes de France et d'Espagne s'unirent pour la conquête de Royaume de Naples, à condition qu'il serait partagé. Ils emportèrent tout cet État, mais l'Espagnol rompit le traité et se rendit maître absolu de ce royaume, après une entière défaite des français. Les Génois se révoltèrent contre le nobles qui ayant demandé secours de Louis, il marcha contre cette place, emporta le bastion et força par la mort, de tous ceux qui s'opposèrent à ses troupes. Il fit ligue avec l'Empereur contre les Vénitiens, les défit à Giralda 1509 et leur tua 10 mille hommes. Cette République eut été ruinée si les progrès des armes du Roy n'eut été arrêté par le Pape Jules, qui se ligua contre lui, l'excommunia. Louis fit assembler un Concile de l'Église Gallicane à Tours, qui déclara les censures du Pape nulles. Cependant l'Empereur, l'Espagne et l'Angleterre se liguèrent contre Louis, ces derniers entrèrent en France, les autres dans la Navarre d'où ils chassèrent le Roy Jean. La colère de l'Angleterre arrêtée par le mariage de Louis avec la Princesse d'Angleterre, néanmoins les affaires du Roy vinrent en fort mauvais état, et comme il se disposait à les rétablir, il mourut à Paris le jour de l'an 1515, la 27ème année de son règne sans avoir des enfants de sa jeune femme. Léon X étant Pape et Maximilien gouvernant l'Empire. Son corps fut mis à St Denis.

 

Retranscription du texte de la gravure (Gravure de Pierre Daret ?)

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Article de Wikipedia

 

Ci-dessous, Gravures et texte extrait de l'ouvrage
Costumes français depuis Clovis jusqu'à nos jours, publié par A. Mifliez en 1835

Louis XII en manteau, 57ème roi de France - gravure d'Alphonse Leroy - reproduite et restaurée par © Norbert Pousseur

Le vêtement ordinaire de Louis XII était une robe descendant jusqu'à terre, fourrée selon la saison, et aux manches de laquelle on avait pratiqué de longues ouvertures pour passer les bras ; il n'avait par-dessous qu'un pourpoint sans basque, et un pantalon; sa chaussure, qui est laque-jaune, couvre à peine la pointe du pied ; le chapel est noir, la robe est cramoisi, le pourpoint est laque-garance, et le pantalon blanc.

 

Louis XII, surnommé le Père du peuple, naquit à Bois, en 1462. Il se trouva le premier prince du sang au sacre de Charles VIII; où il représenta le duc de Bourgogne, et il était le plus proche du trône à la mort de ce monarque.
Sa disgrâce et une captivité de près de trois ans, pendant laquelle sa vie même fut exposée, furent l’école où son mérite et sa vertu se formèrent. L'adversité a souvent fait des héros, et elle en fit un de Louis, qui; ayant été fait prisonnier à la bataille de Saint-Aubin-du-Cormier, où il portait les armes en faveur de François, duc de Bretagne, contre l’armée du roi, commandée par Louis de la Trémoille, fut enfermé au château de Lusignan, d'où il fut transféré dans la tour de Bourges.

Jeanne de France, son épouse, fille de Louis XI, lui obtint sa liberté, et il ne s’en servit que pour réparer la faute qu’il avait faite, et à laquelle ses mécontentements avaient eu beaucoup moins de part que son amour pour Anne de Bretagne, qu’il épousa depuis.

Louis XII avait aimé Anne de Bretagne, étant duc d'Orléans, et l'épousa après son divorce avec Jeanne de France. Cela fit dire à Maximilien que "Les rêves que faisaient les ducs d'Orléans se réalisaient, lorsqu'ils étaient devenus rois". En effet, quelle apparence que Louis pût jamais épouser Anne de Bretagne, après le mariage de ce prince avec Jeanne de France, sœur de Charles VIII, et celui d’Anne avec Charles VIII ? Et quelle apparence qu'un prince, aussi mal à la cour qu'il l'était sous le règne de Louis XI et de Charles VIII, épousa l'héritière de Bretagne ?

Anne de Bretagne, reine de France, dessinée  par J.A. Lafosse - Gravure reproduite puis restaurée par © Norbert Pousseur
Anne de Bretagne

A peine fut-il monté sur le trône (lire plus bas, sa tenue pour son sacre), qu’il s’en montra digne par ses sentiments et une conduite qui l’ont rendu le modèle des bons rois. Ceux qui lui avaient toujours été attachés pendant qu'il n'était que duc d'Orléans ne manquèrent p»s de lui rappeler les sujets de plainte qu'il avait eus; et en particulier le danger où l'avait exposé Louis de la Trémoille, en le faisant prisonnier à la journée de Saint-Aubin. La Trémoille, leur répondit Louis XII, a fait ce qu'il a dû, et a bien servi son maître ; le roi ne doit pas se soutenir des injures faites au duc d'Orléans. Avant de faire cette réponse, il avait fait une liste de tous ceux qui s’étaient déclarés contre lui, sous le règne de son prédécesseur, et avait marqué d'une croix le nom de chacun d'eux. Quelques-uns s'éloignèrent de la cour, craignant d'être les victimes de son ressentiment ; il les rappela tous, et leur dit qu'ils avaient tort de s'absenter. La croix, ajouta-t-il, que j'ai jointe à vos noms, ne doit pas vous annoncer de vengeance; elle marque, ainsi que celle de notre Sauveur, le pardon et l'oubli des injures. Ce beau mot fut consacré par une médaille où se trouve cette croix, avec la légende conforme à la pensée de ce prince.

Le même sentiment parut dans deux autres occasions. Un seigneur lui demanda la confiscation des biens d'un bourgeois d'Orléans, qui avait autrefois montré une haine ouverte contre lui. Je n'étais pas son roi, répondit-il, lorsqu'il m'a offensé. En le devenant, je suis devenu son père, je suis obligé de lui pardonner. Étant en Italie, il avait été traité avec peu de respect et de ménagement par le baron de Bénévent. Ce seigneur lui fut envoyé par le vice-roi de Naples, pour le féliciter sur son avènement à la couronne. Les courtisans français qui avaient été témoins des insultes faites à leur maître, lui conseillaient de se venger, puisqu'il était en son pouvoir de le faire. Croyez-vous, leur dit-il, qu'il soit bien séant à un roi de France de se venger, sur un ambassadeur, des injures faites au duc d’Orléans par le baron de Bénévent


Dès la première année de son règne, les impôts furent diminués d'un dixième, ensuite d'un tiers.

(Louis XII recevait quitte et net 7 millions 550 mille livres. Les peuples payaient en outre à peu près autant en autres charges. Letrosne compare les revenus de Louis XII avec ceux de Louis XV et prouve assez bien que Louis XII était beaucoup plus riche. (Réforme de l'impôt, 1. i, c. 6 et 7.)

Le service militaire et l'administration de la justice reçurent des règlements faits pour maintenir la discipline et le bon ordre ; les excès des étudiants de l'Université furent réprimés (3).

il y eu des disputes fréquentes de l'Université avec l'autorité royale. Ce corps, dont on peut faire remonter l'origine au XIIe siècle, n'abusa que trop souvent des privilèges qui lui avaient été accordés, et chercha à se distinguer par une audace que nos rois s’efforcèrent plusieurs fois vainement de réprimer.

Louis XII ; aussi avide de conquêtes que son prédécesseur, s'engagea, sur des espérances chimériques, dans une guerre qui lui devint funeste. Les droits qu'il avait sur le Milanais, par Valentine Visconti, sa grand-mère, l'engagèrent à s'unir aux Vénitiens, pour dépouiller le duc de Milan, Ludovic Sforce. Vingt jours suffirent pour la conquête du Milanais et de l'État de Gênes. Louis XII entra dans Milan. À peine en fut-il parti, que les Français en furent chassés par Ludovic; mais ils y rentrèrent presque aussitôt, et Ludovic ; fait prisonnier, fut conduit en France où il mourut

A la fin du XVIIIe siècle, on voyait encore à Loches l’endroit où ce prince avait été enfermé, et où il était mort. C'était une salle basse du château, où l'on descendait par un degré étroit de trente à quarante marches. Elle était voûtée, elle avait une petite cheminée du côté de la porte, et une garde-robe à l'extrémité opposée. Elle n’était éclairée que par une fenêtre qui recevait le jour d’en haut La voûte était ornée de fleurs courantes, et vers la clef de voûte étaient des lettres arabesques qui formaient le nom de Sforce. On disait que ces divers ornements étaient l'ouvrage du prince captif. On remarquait encore sur la cheminée un écu avec un casque, et les lambrequins qu'on disait être les armes de Milan; mais cela était presque effacé.


Encouragé par ces succès, Louis XII crut s’assurer la conquête du royaume de Naples, en offrant à Ferdinand-le-Catholique, roi d'Espagne, de le partager avec lui. Accablé par ces deux puissants alliés ; Frédéric, roi de Naples, fut forcé de chercher un asile en France, pendant que les deux rois vainqueurs partageaient sa dépouille. Mais ce partage produisit une guerre ouverte entre la France et l'Espagne. Les Français, victimes de la mauvaise foi de Gonsalve de Cordoue, général espagnol, surnommé le Grand Capitaine, furent battus à Séminare, à Cérignole, et se virent enlever toutes leurs conquêtes. Indigné des perfidies de Ferdinand, Louis XÎI fit marcher contre lui trois armées ; mais l'ambition de son premier ministre, le cardinal d'Amboise, l'empêcha de tirer tout l’avantage qu’il devait attendre d’un armement aussi considérable. Ce ministre, dans l'espérance de remplacer Alexandre VI au trône pontifical, retint les Français aux portes de Rome ; et cette inaction acheva de perdre leurs affaires.
Cependant il y eut quelques négociations que le roi d'Espagne, accoutumé à se jouer des traités, sut rendre infructueuses. D'un autre côté, le pape Jules II, jaloux de la puissance de Louis XII, engagea les Génois à se révolter de nouveau. Le roi marcha contre eux, en personne, pour les châtier ; Gênes se rendit à discrétion ; Louis XII y entra l'épée à la main, et pardonna aux rebelles. Sur ces entrefaites, les rois de France et d'Espagne, faisant trêve à leurs divisions particulières, conclurent une ligue avec le pape Jules II et l'empereur Maximilien, contre la république de Venise : la journée d'Aguadel fut funeste aux Vénitiens, ils furent complètement battus. On prit la plus grande partie de leurs places, et ils étaient perdus sans ressource, si l'ambition de Jules II et sa haine contre la France n'eût enlevé à ses alliés les fruits de leur ligue commune. Il pardonna aux Vénitiens, détacha les Suisses de leur alliance avec la France, et gagna Ferdinand-le-Catholique en lui donnant l'investiture du royaume de Naples, Maximilien fut le seul qui resta fidèle au traité.

Louis XII, rentré en France, fit déclarer que la guerre contre le pape était légitime et marcha contre lui. Jules II l'attend avec courage, met lui-même le siège devant la Mirandole, et entre par la brèche dans cette place. Plusieurs événements se succèdent avec rapidité; les Espagnols perdent la bataille de Ravenne; Gaston de Foix, duc de Nemours, y est tué. Les Suisses fondent sur le Milanais. Maximilien trahit la France, et toute la vaillance de l'intrépide Bayard, surnommé le Chevalier sans peur et sans reproche, ne peut empêcher l'évacuation entière du pays. Ferdinand enlève le royaume de Navarre à Jean d'Albret, parent et allié du roi de France ; Jules II meurt ; les Français, devenus les alliés des Vénitiens, rentrent dans le Milanais qu'on leur reprend presque aussitôt. Gênes se révolte. Henri VIII, roi d’Angleterre, fait une irruption en Picardie; les Français sont battus à la journée de Guinegate, dite la Journée des Éperons, parce qu'ils se servirent plus des éperons que de la lance. Dijon est assiégé par les Suisses, qui lèvent le siège moyennant des conditions un peu dures que Louis XII refuse de ratifier sitôt qu'ils sont partis. L'hiver suspend les hostilités.

La reine, Anne de Bretagne, étant morte sans laisser de fils, Louis XII épousa Marie, sœur de Henri VIII roi d'Angleterre. Une ligue offensive et défensive fut conclue entre les deux rois. Louis XII, à qui cette alliance donnait l'espérance de pouvoir réparer ses malheurs, reprenait ses projets sur le Milanais lorsqu'il mourut à Paris, dans son hôtel des Tournelles, le Ier janvier 1515. Il fut enterré à Saint-Denis. Il ne laissa point d'enfants mâles.

Louis XII mérita et reçut de la nation française le nom de Père du peuple, et s'il ne fut ni un grand héros ni un grand politique, il eut la gloire plus précieuse d’être un bon roi. On dit qu'à sa mort les crieurs des corps, en sonnant leurs clochettes, criaient le long des rues : Le bon roi Louis, le Père du peuple, Il est peu de souverains qui aient eu une aussi belle oraison funèbre.

 

Louis XII, appelé Le Père du peuple : Ce titre mérité lui fut d'abord donné, en 1506, par un docteur nommé Bricot, docteur de la Faculté de Paris, dans un discours qu’il fit au roi; au Plessis-les-Tours au nom du clergé, de la noblesse et du Tiers-État. Dans ce discours, le roi était supplié de conclure le mariage de Madame Claude de France avec le comte d'Angoulême, qui fut son successeur. Le nom de Père du peuple fut, depuis ce temps-là, donné à Louis XII, avec celui de Juste. Ce sont deux titres synonymes.

La tenue de Louis XII à son sacre : Lorsque Louis XII fit son entrée à Paris, le 12 juillets 1498, il était vêtu d'une tunicelle de drap d’or, enrichie de perles et de pierres précieuses. Sa toque de velours noir était surmontée d'un beau panache; ses belles armes éblouissaient par leur poli; son cheval était caparaçonné de drap d’or : il était précédé par son grand écuyer, qui, selon le cérémonial de France, « portait le heaume et le timbre royal, sur lequel était une couronne de fines pierres précieuses, et au-dessus du heaume, au milieu de la couronne, une fleur-de-lys d’or. A côté de lui marchaient quatre valets-de-pied, vêtus de drap d'or. Les princes du sang, les seigneurs, etc., venaient ensuite. »

 

Les édits sous Louis XII : En 1499, Louis XII érigea en parlement la Cour souveraine de Normandie, dite de l'Échiquier, En 1501, il créa le parlement d’Aix en Provence, et fit publier une patente du Soudan d’Égypte, qui le déclarait souverain de Jérusalem et des lieux saints. Il maintint l'usage où. étaient les parlements du royaume de choisir trois sujets pour remplir une place vacante ; le roi nommait un des trois. Les dignités de robes n’étaient données alors qu’aux avocats ; elles étaient l’effet du mérite ou de la réputation qui suppose le mérite. Son édit de 1499 a rendu sa mémoire chère à tous ceux qui administrent la justice et à tous ceux qui l'aiment. Il ordonne par cet édit qu'on suive toujours la loi, malgré les ordres contraires que l'importunité pourrait arracher au monarque.
Louis XII, à l'exemple de Charles VIII, défendit la vénalité de tous les offices de judicature ; mais il contrevint lui-même à cette défense en quelques occasions. Dès avant Saint-Louis, les offices des juridictions inférieures étaient vénaux, et continuèrent à l'être sous son règne. On trouve quelques traces de vénalité sous Louis-le-Hutin, et encore depuis. Charles VII réforma cet abus, qui se renouvela sous Louis XI

 

L'ordre du Porc-Épic : Plusieurs auteurs disent que Louis XII avait pris pour devise un porc-épic avec ces mots : Cominus et eminus : Je sais me défendre de près et de loin ; mais c'est une erreur. Cette devise était celle de la maison d'Orléans, et de l'ordre du Porc-Épic, institué en 1393 par Louis, duc d'Orléans, fils de Charles V, à la naissance de Charles, duc d'Orléans, père de Louis XII. Cet ordre était composé de vingt-quatre chevaliers ; le duc, qui en était le chef, faisait le vingt-cinquième. Ils portaient un porc-épic attaché à un collier d’or, et le duc d’Orléans avait prétendu insinuer par cet emblème et la devise qu’il saurait se venger des attaques du duc de Bourgogne, et se défendre contre lui de près et de loin. Louis, devenu roi, abolit cet ordre et n'en retint que la devise.

 


L'habillement sous le règne de Louis XII : On voit les robes ou tuniques des hommes descendre jusqu'à terre, ou se terminer à mi-jambe ou à mi-cuisse. On n'avait par-dessous qu'un pourpoint sans basque et un pantalon. Ces robes étaient fourrées selon la saison. On mettait ordinairement la ceinture par-dessus, et on passait le poignard à côté ; quelquefois on le suspendait par devant, surtout lorsqu'on ne portait que le pourpoint, qui souvent était fermé par devant, et ressemblait à un jupon, de la ceinture en bas, et finissait au-dessus du genou. Les petits plumets droits, les bonnets, les chapels à grands bords et à petits bords retroussés étaient alors de grande mode. Les gens de lois portaient ces chapels à petit bord retroussé, mais le bord était rabattu et la forme peu profonde ; une coiffe, bonnet ou barrette leur enveloppait le menton et cachait le bas du visage ; leur habit, à manches longues et amples, était fermé par-devant et ceint sur les reins.

Les dames, sous ce règne, portaient des chaperons ou de petits voiles ; d'autres portaient un bandeau sur le front ; leurs robes traînantes, fermées sur le devant par le haut, et ouvertes par le bas, étaient garnies de manches qui  élargissaient beaucoup vers le poignet ; le bout de leur riche ceinture tombait par-devant jusqu'à mi-jambe.

Une gravure anonyme de 1500, représentant une espèce d’assemblée ou de bal paré, nous montre les hommes et les femmes ajustés ainsi qu'il suit : les hommes ont le haut de la poitrine découverte et le pourpoint de quelques-uns est fermé par devant ; d’autres ont le pourpoint ouvert et la poitrine entièrement découverte ; leurs manches tailladées sont de deux pièces, qui laissent quelques doigts d'intervalle entre elles vis-à-vis les coudes, mais un cordon les réunit et empêche celle qui couvre l'avant-bras de tomber. Ils portent presque tous des manteaux qui diffèrent, et pour la forme et pour la longueur. Quelquefois il est court, sans collet, ample et coupé écrèment au bas du dos. C’est ce qu'on appelait Tabard : il fut en usage parmi les gens de guerre lorsque les habits longs étaient de mode ; les uns l'ont placé sur les deux épaules, d'autres sur la gauche seulement ; tantôt il est beaucoup plus long par devant, où il se termine de part et d'autre en pointes ; tantôt il couvre les genoux, est garni d'un collet et ouvert par côté pour passer les bras. Tous portent des chausses qui remontent jusqu’au haut de la cuisse, où ils sont couverts par une braye très étroite. Les cheveux des uns sont courts et plats, ceux des autres sont courts et ondoyants ; la plupart, cependant, les ont longs. On en voit qui n’ont pour coiffure que les chapeaux, et d’autres ont par-dessus un réseau dans lequel sont renfermés leurs cheveux. Le bord de ces chapeaux est coupé par les côtés, et relevé devant et derrière. Leur chaussure est une vraie babouche, ouverte pardessus, attachée avec un cordon ou un ruban, et quelquefois tailladé.
La robe des femmes est traînante, ouverte par-devant sur le haut, et laisse à nu une grande partie de la gorge, des épaules et du dos ; les manches, qui descendent en s’élargissant  jusqu'au bout des doigts, ont la même forme que celles des hommes. Les unes n’ont pour coiffure que le chapeau des hommes ; leurs cheveux, sans être retenus par aucun lien, flottent sur les épaules et sur le dos ; d’autres ont une coiffure dont le devant couvre le front et enveloppe les côtés et le derrière de la tête, comme les cornettes de nuit les dames se servent encore aujourd’hui ; et le reste est un Escoffion.

L'armée sous Louis XII : Les lansquenets, dont on commença à parler sous ce règne, était un corps d'infanterie armé de longues piques ; une partie était à cheval, et portait le nom de reître.
C'est sous Louis XII que nous avons commencé à avoir une infanterie nationale. Le préjugé avait tellement avili l’infanterie, qu’on la regardait comme un asile contre la misère, et qu*un gentilhomme ne croyait pas pouvoir y acquérir de l'honneur. Ce ne fuit que par déférence pour ses volontés, et à condition de conserver leur premier état, que plusieurs gendarmes consentirent à commander les troupes à pied que Louis avait levées dans son royaume et surtout dans la Gascogne. Mais les services importants que rendit cette infanterie dans les guerres d'Italie, la réputation éclatante que s'acquirent des capitaines, qui se chargèrent de les discipliner, changèrent peu à peu les idées à cet égard.

 

Louis XII à cheval, 57ème roi de France - gravure de Jean-Adolphe Lafosse - reproduite et restaurée par © Norbert Pousseur


Cette planche représente Louis XII armé en guerre, et tel qu’il était lorsqu’il sortit d’Alexandrie pour aller combattre les Génois. Il est à cheval, et porte une cotte d’armes blanche, sans manches, et ceinte sur les reins. Il tient de la main droite un bâton de commandement.  Sur la cotte d'armes on voit une ruche et des abeilles qui voltigent autour. La housse du cheval qui est noir, est blanche ; elle porte de même des ruches et des abeilles. Une inscription, qu'on lit sur la cotte d’armes, autour de l’épaule, et au bas de ce vêtement militaire, et qui se répète autour de la housse du cheval, indique pourquoi ces abeilles sont ici représentées. Cette inscription est : Non utitur aculeo Rex : Le Roi ne sert pas de l'aiguillon. Ce qui semble signifier qu'il ne traitera pas les Génois avec sévérité. Il y a encore quelques mots latins ; mais les replis de l'étoffe empêchent de les lire. Sur le casque du roi est un panache de longues plumes blanches. La ceinture, les ruches et les abeilles sont en or.


Louis XII écrivant, 57ème roi de France - gravure sans doute de Lafosse - reproduite et restaurée par © Norbert Pousseur

Louis XII assis, écrit sur une table couverte d'un tapis violet. La soubreveste, à manches amples jusqu’au coude, et étroites depuis le coude jusqu’au poignet, est rouge. Il est coiffé d’un chapel noir à bord relevé et orné d'une fleur en or. Le manteau agencé autour de l'épaule gauche et du corps est bleu. Le vêtement de dessous, qui se voit près du cou et par les ouvertures que laissent les rubans qui attachent la soubreveste sur la poitrine, est blanc. L'écritoire ; le canif et la petite boîte sont ornés en or.

 

Gravures (sans doute de Léopold Massard) et texte extrait de l'ouvrage
Costumes français depuis Clovis jusqu'à nos jours, publié par A. Mifliez en 1835


Répertoire des termes de l'habillement

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