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Bonnet ou Chapel

Terme du Petit dictionnaire de l'habillement

Guillaume comte de Toulouse portant un bonnet - gravure restaurée par © Norbert Pousseur Jean de Chabannes  portant un bonnet - Gravure  reproduite puis restaurée numériquement par © Norbert Pousseur Conseiller de Paris du 16ème siècle,  portant un bonnet - Gravure  reproduite puis restaurée numériquement par © Norbert Pousseur

Vignette : Suivante du 15ème siècle portant un bonnet de brocart avec voile, - Gravure  reproduite puis restaurée numériquement par © Norbert Pousseur    Vignette : Jean sans Peur, duc de Bourgogne, portant un bonnet - Gravure  reproduite puis restaurée par © Norbert Pousseur

 

Bonnet porté par Guillaume comte de Toulouse - gravure restaurée par © Norbert Pousseur
Bonnet au 9ème siècle
Bonnet porté par Jean de Chabannes- gravure restaurée par © Norbert Pousseur
Bonnet au 15-16ème siècle

Bonnet de brocart avec voile, porté Hermengarde au 11ème siècle - gravure restaurée par © Norbert Pousseur
Hermengarde au 11ème siècle
en bonnet avec voile

Bonnet porté par un conseiller de Paris du 16ème siècle - gravure restaurée par © Norbert Pousseur
Bonnet carré des conseillers de Paris

Bonnet porté par Jean sans Peur au 14ème siècle - détail de gravure restaurée par © Norbert Pousseur
Bonnet de Jean-sans-Peur (14ème)

Bonnet : Le mot bonnet (ou chapel) vient d’une certaine étoffe dont se faisaient anciennement les bonnets. Cette étoffe s’appelait elle-même bonnet, vraisemblablement parce qu’elle se fabriquait dans une des villes de Bonne ou de Saint-Bonnet ; c’est l’étymologie que Caseneuve donne au mot bonnet. Tous les habillements de tête plus anciens que le XVe siècle, se faisaient d’étoffes ; c’étaient des chaperons dont le bourrelet formait le bonnet, la cornette ou la queue tombait sur le dos. Les paysans et les gens de la campagne portaient des capes, capuces, ou capuchons qui tenaient à leurs manteaux. Suivant L. Legendre, ce ne fut qu’au milieu du XVe siècle qu’on commença à avoir des bonnets détachés. Les rois, les princes, les grands seigneurs et les chevaliers, dans les parlements et en pleine paix, en portèrent de velours, qu’on appela mortiers ; et les gens ordinaires telles les bourgeoises, de drap ou de soierie, qu’on nomma bonnet. On vit même dans ce siècle des chapeaux dont les larges bords mettaient à l’abri des injures de l’air.
Quant aux bonnets de toute espèce que la noblesse française a portés lorsqu’elle n’a pas été dans le cas de faire usage du casque ou heaume, c’étaient tantôt des calottes qui se mettaient quelquefois sous le casque et formaient un second rempart pour la tête des guerriers, tantôt des bonnets plus élevés dont le fond était ordinairement de feutre ou de drap, et les rebords garnis de fourrures, du moins en hiver. La forme et les ornements de ces bonnets marquaient le rang et les dignités des personnes. Les mortiers de velours galonnés étaient affectés aux chevaliers lorsqu’ils étaient en pleine paix ; et c’est en mémoire de cet ancien usage que les premiers président des parlements portèrent le chaperon, qui, succédant aux bonnets, fut d’abord une coiffure générale qui enveloppait toute la tête. La cornette, morceau d’étoffe qui était attaché au chaperon, tombait sur les épaules ; la forme, la couleur et la simplicité servaient de distinction.
Le bonnet d’une certaine couleur a été et est encore en certains pays une marque d’infamie. En France, il ne reste plus de la chose que le mot : porter le bonnet vert, en parlant d’un homme qui a fait banqueroute.

Au commencement du XVI siècle, le bonnet des gens de robes était rond. Sous François 1er, un bonnetier de la rue des Cordeliers, nommé Patrouiller, inventa le bonnet carré, qui, après de longues discussions et de sanglants combats, fut adopté par la Sorbonne et le Palais.

 

Vers Guillaume de Toulouse portant un bonnet au 9ème siècle Bonnet porté par Guillaume comte de Toulouse

Vers Jean de Chabannes, portant un bonnet au 16ème siècle Bonnet porté par Jean de Chabannes

Vers le Conseiller de Paris portant un bonnet carrée Bonnet porté par Jean de Chabannes

Vers Hermengarde en bonneten brocart avec voile Vers Hermengarde

Vers Jean sans Peur en bonnet enveloppant la tête Vers Jean sans Peur

 

BONNET, substantif masculin. Partie de l’habillement qui sert à couvrir la tête, et qui en a à peu près la figure. Bonnet d’enfant, bonnet à l’Anglaise. On met les cheveux sous le bonnet pour les friser. Il y a des bonnets de plumes, des bonnets ronds, des bonnets de fer, ou salades.
…/…
(Dic. Furetière, 1690)

 

Les exemples ci-dessous sont extraits de gravures de Louis-Marie Lanté
extraite des Costumes de femmes de Paris - Louis-Marie Lanté - 1827
Collection personnelle

 

Imagette : Lingère avec ses bonnets - gravure restaurée par © Norbert Pousseur
Bonnet porté par une lingère en 1820 - détail de gravure restaurée par © Norbert Pousseur

Bonnet féminin porté et ceux vendus par une lingère ambulante au début du 19ème siècle

Bonnet blanc féminin à petit poids vendu en 1820 - détail de gravure restaurée par © Norbert Pousseur
Bonnet féminin, blanc et simple   vendu en 1820 - détail de gravure restaurée par © Norbert Pousseur
Bonnet féminin, en forme de tonnelet, vendu en 1820 - détail de gravure restaurée par © Norbert Pousseur

Bonnet féminin en dentelle de 1820 - détail de gravure restaurée par © Norbert Pousseur
Même type de bonnet, mais porté par une Maîtresse-lingère
de la même époque, et donc un peu plus sophistiqé

BONNET. Habillement de tête, qui sert à se couvrir. ,       .              , , -

Deux des six Corps des Marchands de la Ville de Paris, font le commerce des Bonnets. Les uns qui de ce négoce ont pris le nom de Bonnetiers, font et vendent des Bonnets de soie, de laine, de coton, et de fil, tricotés à l'aiguille, et faits sur le métier ; et encore des Bonnets carrés de drap, pour l’usage des Gens d’Église et de Robe. Les autres, qui sont les Merciers, particulièrement ceux qu’on nomme Marchands du Palais, font et vendent toutes autres sortes de Bonnets : à l’Anglaise à la Polonaise ; de brocard, de velours, de taffetas, de toile, et avec fourrure.

Les droits d'entrée des Bonnets de laine de toutes sortes, se paient en France, conformément au Tarif de 1667 à raison de 20 livres le cent pesant ; et pour droits de sortie, suivant le Tarif de 1664, 3 livres comme Mercerie.

Bonnet à la Béarnaise. C’est une sorte de grand bonnet fait ordinairement de barracan, qui est propre pour la pluie. Ses bords qui se rattachent avec des boutonnières, forment, lorsqu’ils font abattus, une espèce de casque qui aurait la visière levée : en cet état ils couvrent les épaules et le dos. Ces bonnets ont pris le nom de la Province de Béarn où ils ont été inventés et où ils se fabriquent. Les meilleurs se font dans un village qui est à une grande lieue de la ville de Nay, dont les marchands en font le commerce qui est assez considérable, la plupart des paysans de Guyenne et des Provinces Voisines ayant coutume d’en porter.

Bonnets de Marseille. Ce sont des bonnets de laine fabriqués à Marseille, à Toulon, et dans quelques autres lieux de Provence, que les marchands provençaux envolent au Levant, particulièrement à Smyrne ; ils servent à faire cet habillement de tête que les Turcs nomment des Turbans. Il y en a de fins et de communs ; ils s’envoient en caisses à tant de douzaines par caisse que les marchands du pays vendent ensuite en détail. C’est sur Ces bonnets que s’arrangent les toiles de mousselines qui servent comme de bords aux turbans.

Bonnet Vert. Marque d’infamie, dont on punit les marchands, et autres, qui font cession judiciaire de leurs biens à leurs créanciers, qu’ils ne sont pas en état de satisfaire.

 

BONNETERIE. On appelle Ouvrage de Bonneterie, ou Marchandise de Bonneterie, les bonnets, les bas, et autres marchandises et ouvrages de cette nature, que les Marchands Bonnetiers ont la faculté de vendre, et de faire fabriquer.

Il avait été ordonné par un Arrêt du Conseil du premier Août 1713, que toutes les marchandises de Bonneterie venant du dehors, seraient portées à la Douane de Paris, pour y être visitées par le Sieur Savary, auteur de ce Dictionnaire, commis à cet effet.

En 1716 un autre Arrêt du 8 Janvier, avait enjoint à tous les Voituriers, Maîtres de Coches, et Messageries, de déclarer aux Commis des portes et des barrières, toutes les marchandises de Bonneterie dont ils seraient chargés, ensemble les noms des marchands à qui elles seraient adressées, avec obligation de prendre des passavants desdits Commis pour la Douane, qui seraient visés par ledit Sieur Savary, et rendus aux dits Voituriers, le tout à peine de confiscation.

L’inexécution de ces deux Arrêts avait donné lieu à un troisième Arrêt rendu le 20 Novembre 1717 suivant lequel toutes, les marchandises de Bonneterie sans distinction, tant à l’aiguille qu’au métier, devaient être portées ladite Douane.

Mais ces trois Arrêts continuant d’être également mal exécutés, particulièrement du côté des Commis des portes et barrières, qui négligeaient d’envoyer à la Douane lesdits Voituriers et leurs marchandises de Bonneterie, sous prétexte qu’ils n’étaient pas payés pour cette nouvelle fonction ; et que d’ailleurs il leur était défendu de prendre les intérêts d’aucunes des Communautés de Paris.

Sa Majesté pour lever tous ces prétextes, et pour assurer de plus en plus la visite des marchandises de Bonneterie à la Douane de Paris, d’où dépend en partie la perfection des fabriques soit au métier, soit à l’aiguille, ordonna par un dernier Arrêt du 28 Août 1721 l’exécution des trois autres, et en conséquence.

Premièrement : Que les Commis des portes et barrières de Paris, seraient tenus sous peine d’interdiction pendant un mois ; et de révocation et amende en cas de récidive, d’envoyer au Bureau général de la Douane tous les Marchands Forains, Voituriers, Conducteurs de coches, et Messagers, qu’ils trouveront être chargés de paquets, caisses ou ballots de marchandises de Bonneterie, tant au métier qu’à l’aiguille, de leur délivrer des envois, de leur faire laisser des gages proportionnés à la quantité de marchandises dont ils feront chargés; et même de les faire conduire à ladite Douane lorsqu’il y aura apparence de fraude.

En second lieu : Qu’en cas qu’il se trouvât des Voituriers, Marchands Forains oh autres qui voulussent faire entrer lesdites marchandises sans les déclarer; lesdits Commis seraient tenus d’en dresser leur procès-verbal qu’ils remettraient avec lesdites marchandises dans les vingt-quatre heures, à l’Inspecteur ou à son Adjoint, lequel après les avoir visitées, en ferait son rapport au Lieutenant Général de la Police, pour sur icelui en ordonner ce qu’il appartiendra.

Enfin : Que pour dédommager les Commis de leurs peines, Sa Majesté ordonne qu’il leur appartiendra le tiers des marchandises qui entreront en fraude, et dont ils auront procuré la confiscation.

Bonneterie. Se dit aussi du Corps des Marchands Bonnetiers, qui est le cinquième des six Corps des Marchands de Paris ; lequel a droit de vendre toutes sortes de bonnets de drap, ou de laine, tant carrés qu’autres ; bas, gants, chaussons, camisoles, caleçons, et autres semblables ouvrages faits au métier, au tricot, ou à l’aiguille, soit avec de la soie, de la laine, du fil de chanvre et de lin, du poil de chameau et de castor, du coton, et d’autres pareilles matières.

Les derniers Statuts du Corps de la Bonneterie, sont de l’année 1608, sous le Règne de Henry IV.

Par ces Statuts, les Marchands Bonnetiers sont appelés Aulmulciers-Mironniers. On prétend qu’ils ont été ainsi nommés, parce qu’anciennement ils vendaient, ou faisaient certaines espèces de dominos, ou camails d’étoffe, que l’on appelait Adlmuces, qui servaient à couvrir la tête, quand on allait à la campagne ; et qu’ils vendaient aussi des mitaines d’étoffe, qui étaient des manières de gants, qui n’avaient qu’un pouce.

(in Dictionnaire universel de commerce de Jacques Savary des Bruslons édition 1748)

 

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Le terme ci-dessus est l'un de ceux utilisé pour décrire le costume des personnages en illustration, provenant de l'ouvrage :
'Costumes français depuis Clovis jusqu'à nos jours', publié par A. Mifliez en 1855.

 

 

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