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Manteau

Terme du Petit dictionnaire de l'habillement


Manteau-cape porté par Jean IV de Rieux, dessin de Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur

Manteau-cape porté par Jean de Rieux

Manteau porté  par Charles II d'Amboise, dessin de Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur

Large manteau porté; par Charles II d'Amboise

 

Le manteau vient du mot arabe mandil, ou persan mandel ; c’est du temps des croisades que nous sont venus le nom et la chose. Les manteaux, qui sont aujourd’hui de mode, étaient autrefois très communs. Nos rois ne paraissaient pas en public sans être revêtus d’un manteau d’écarlate fourré d’hermine. L’épitoge des présidents à mortier, les manteaux dont les armes sont chargées, les manteaux ducals, etc., sont un reste et un monument des manteaux royaux.
Les robes des magistrats, celles des avocats, sont, pour ainsi dire des émanations de ces manteaux.

Il n'y a pas cent cinquante ans que non seulement les gens de robes, mais aussi les médecins, étaient en soutane, même chez eux. Sous Saint-Louis et pendant les règnes de Philippe le Bel et de ses enfants, l’habit court n’avait lieu qu’à l’armée, et on portait des habits longs à la cour et à la ville. Sous Philippe de Valois, ils redevinrent courts. Charles VII, qui était petit et mal fait, voulut les reprendre longs ; mais Louis XI, Charles VIII et Louis XII les rétablirent courts pour n’être plus changés. Sous Henri II et ses enfants, les habits de dessous, ou pourpoints, furent portés si courts, qu’ils atteignaient à peine la ceinture ; on y suppléa par des manteaux.

On voit dans les romans que, lorsque les chevaliers venaient se reposer de leurs fatigues, après les tournois, dans les palais des rois, ou dans les châteaux des grands seigneurs, on les revêtait de manteaux fourrés.

Depuis François Ier jusque Henri IV le manteau a été une partie essentielle de l'habit décent, à la cour et à la ville. Les seigneurs, les chevaliers et les gens du bon air portaient leur manteau garni de dentelles, de passements d'or et d'argent, et de touffes de rubans.

Durant les règnes de Louis XIII, Louis XIV et Louis XV, lors des cérémonies, le manteau était plus regardé, que comme propre à défendre des injures de l’air, du vent, du froid et de la pluie. En conséquence, on n’en a plus fait que de drap de différentes couleurs. Les manteaux ont enfin cédé la place aux Redingotes, d'origine anglaise ; encore celles-ci ont-elles beaucoup perdu depuis l'usage des Habits à la française, des Fracs,  et de toutes les formes et façons d’habits inventés pour la mode.

En 1824, quelques jeunes gens reprirent l'usage des manteaux. Ces manteaux prirent le nom du général espagnol Quiroga. Ceux qui les portaient affectaient même de les draper à la manière de ce guerrier. Quelques dames, à cette époque, sont entrées dans un cercle brillant avec un manteau d'étoffe légère. Cette mode ne subsista qu'un moment.

La reine Elisabeth d'Angleterre se promenait dans son parc, suivie de plusieurs illustres seigneurs de sa cour ; un terrain marécageux s'étant présenté à traverser le comte d'Essex détacha le riche manteau qu’il portait et l'étendit sous les pieds de sa souveraine.

Manteau porté  par Odet de Foix - reproduction © Norbert Pousseur

Manteau sans manche,
porté; par Odet de Foix


Définitions extraites du Dictionnaire. Furetière, 1690

MANTEAU, substantif masculin. Habillement de dessus qu’on porte en été par ornement, et l’hiver pour  se défendre du froid et de la pluie.
Un habit complet consistait autrefois en pourpoint, haut de chausses et manteau. Maintenant on ne porte de manteau sur le Justaucorps qu’en hiver, et à la campagne pour le garantir des injures de l’air.
Les gens de robe et d'Église ont des manteaux longs traînants à terre. Les séculiers ont des manteaux courts, qui ne vont que jusqu’aux genoux. Les malades ont des petits manteaux fourrés qui ne vont que jusqu’aux coudes. Les Bourgeois portent des manteaux doublés de laine, de velours. Les gens en grand deuil portent de longs manteaux de drap noir, Les Moines portent aussi des manteaux sur leurs robes,  et il y en a eu qu'on a appelle les blancs-manteaux, autrement Guillemins.
Ce manteau était autrefois l'habit des Philosophes, et de ceux qui faisaient profession d’une vie plus austère. Tertullien a fait un Livre exprès sur ce sujet.
Les filous la nuit tirent les manteaux, ôtent les manteaux. Quand on veut sortir, on demande ses gants et son manteau.
Ce mot aussi bien que celui de mante, dérivé du Grec mandonï, ou du Persan mandne, d’où on dérive aussi mandille ou bien de mantica.besace, parce qu’on porte les manteaux comme les Besaces, partie devant,  et partie derrière ; d’autres enfin de manus et de tego, Borel après Papias et Isidore. Servius le dérive du Grec mandyas qui était une étoffe velue dont on couvrait les tables aussi bien que les épaules, Mais il vient plutôt de mancel, qui en langage Celtique ou bas-breton signifie la même chose.

Manteau, a été aussi l’habit que tous les Anciens ont porté pat dessus leur Robe. Eli donna le don de Prophétie à Élisée en lui laissant son manteau. On reprochait à Diogène, qu’on voyait sa vanité à travers les trous de son manteau. Les Romains se couvraient la tête d’un des bouts de leurs manteaux.

Le Manteau Royal, est un riche habit de cérémonie qui s’attache sur l’épaule droite, et se relève sur la gauche, traînant devant et derrière jusqu’à terre. Il est chargé de fleurs de lis d’or en broderie, et doublé d’hermines. Le Roy le porte en son sacre, et en d’autres occasions. Le manteau était aussi autrefois un ornement Papal ;  et on donnait l’investiture aux Papes par le manteau.

Manteau, est aussi une espèce de robe de chambre que mettent les femmes par-dessus leurs corps de jupes. Manteau de brocard. Manteau d’ouate.

Manteau, en termes de blason, c'est la représentation de la cotte d’armes du Chevalier, qu’on met derrière son écu ; et on le chamarre de les Armoiries.
Ces anciennes cottes d’armes ou manteaux étaient ouvertes sur le côté ; et descendaient plus bas que le nombril en forme de jupe volante, avec les manches raccourcies à l’endroit du coude, comme celles que les femmes appellent manches d’ange.
Les Princes qui ne sont pas Souverains,. et les Ducs et Pairs de France en couvrent leurs écus, et il est fourré d’hermines. Il y fait le même effet que le pavillon sur celui du Roy. L’usage des manteaux fourrés d’hermines n’a guère plus d’un siècle, et ils sont armoriés sur les replis. Ceux des Présidents sont bien plus modernes, mais ils ne sont pas armoires de cette façon, ils sont d’écarlate doublée d’hermines et de petit gris, Celui de Chancelier est de drap d'or.
François Ier. et Charles IX mettaient un grand manteau de gueules rebrassé d’argent sur leurs Armoiries. Les manteaux sont appelés dans les anciens Manuscrits, blasons, Enseignes d'armes et housses d’écu.
Manteau, en Fauconnerie, signifie la couleur du poil de plusieurs animaux et de plusieurs oiseaux, entr’autres de ceux de proie, d'où est venu le nom de corneille emmantelée.

Manteau, se dit proverbialement en ces phrases. On dit d’un avare, qu’il mange son pain sous son manteau, pour dire, qu’il mange tout seul, qu’il ne fait part de son bien à personne. On dit aussi d’un homme qui a les fièvres quartes en Septembre, qu’il a un vilain manteau pour son hiver. On dit aussi, faire une chose sous le manteau, pour dire, en cachette.
Les Livres défendus se vendent sous le manteau.


Vers Jean IV de Rieux portant un manteau court Manteau court  porté par Jrean IV de Rieux

Vers Chearles II d'Amboise portant un grand manteau Grand manteau porté par Charles II d'Amboise

Vers Odet de Foix portant un manteau sans manche Manteau porté par Odet de Foix

 

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Le terme ci-dessus est l'un de ceux utilisé pour décrire, le cas échéant, le costume du personnage en illustration, provenant de l'ouvrage :
'Costumes français depuis Clovis jusqu'à nos jours', publié par A. Mifliez en 1855.


 

 

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