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Fauconnier et chasse au faucon

Les costumes en France à travers les âges

Valet de fauconnerie du 14ème siècle, dessiné par Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur

Gravures (de Léopold Massard) et textes extraits de l'ouvrage 'Costumes français depuis Clovis jusqu'à nos jours',

Fauconnier - L’art de dresser des oiseaux de proie pour la chasse du gibier à plume, et même de certains quadrupèdes inconnus dans l’antiquité, remonte cependant à une époque reculée dans le moyen âge. Il est originaire du nord de l’Europe, et ce fut surtout en Allemagne qu’on le cultiva avec le plus de soin. Cependant, dès le 13e siècle, nos rois eurent une fauconnerie montée, et pour la diriger un maître fauconnier du roi, qui plus tard prit le titre de Grand fauconnier de France. L’institution de cette charge date de 1350, sous le règne de Saint Louis.
Jean de Beaune, qui en fut revêtu le premier, l’exerça pendant huit ans, et ses successeurs continuèrent de porter le titre de Maître fauconnier, jusqu’à Eustache de Jeaucourt, qui fut établi grand fauconnier de France en 1406. Le grand fauconnier avait différentes sortes de gages. Outre les gages ordinaires et ceux pour son état, il en avait comme chef du vol pour corneilles, et l’entretien de ce vol, pour l’entretien de quatre Pages, pour l’achat et les fournitures de gibecières, de leurres, de gants, de chaperons, de sonnettes, de vervelles et armures d’oiseaux, et pour l’achat des oiseaux.
Il prêtait serment de fidélité entre les mains du roi, et nommait à toutes les charges de vol, excepté à celles des chefs des oiseaux de la chambre et du cabinet du roi, et de celles de gardes des aires dans les forêts de Compiègne, de l’aigle et autres forêts royales.
Enfin, les marchands fauconniers devaient, à peine de confiscation de leurs oiseaux, avant de pouvoir les exposer en vente, venir les présenter au grand fauconnier, qui choisissait et retenait ceux qu’ils estimaient nécessaires, ou qui manquaient aux plaisirs du roi.


Costume du valet de fauconnerie : sa veste est bleue, et conformément à la mode en vogue du temps de Charles VI. Ses chausses sont de deux couleurs, rouge et jaune.
A cette époque, un vêtement d'une seule couleur eût été du plus grand ridicule, pour peu que l’on ne fût pas de la dernière classe du peuple ; or, la fauconnerie était alors tellement honorée, que même un fauconnier subalterne était un personnage important dans la maison d’un seigneur.

 


 

Chasse royale avec faucon au 13e siècle, dessiné par Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur

 

Roi à la chasse au 13ème siècle : S’il plaisait au roi, étant à la chasse, de jeter lui-même un oiseau, les chefs pourvus par le grand fauconnier présentaient l’oiseau à celui-ci, qui le plaçait ensuite sur le poing du roi. Quand la proie était prise, le piqueur en donnait la tête à son chef, et le chef au grand fauconnier qui la présentait au roi.
Cette planche offre un épisode d’une de ces chasses vraiment royales, auxquelles les dames pouvaient, sans aucun danger, prendre une part active, et qui entraînaient un luxe prodigieux de chevaux, de chiens et de veneurs.

Le costume des deux figures que représente cette planche est fort simple et même peu gracieux. La dame, dont les cheveux tombants sont maintenus par une rangée de perles, porte une robe rouge garnie d’un capuchon vert, destiné à garantir au besoin la tête et le visage. La longue robe verte du cavalier est sans aucun ornement ; mais la couronne d’or qu’il porte sur la tête, et la longueur de ses souliers à la poulaine, prouvent sa haute dignité. Ses gants de buffle lui couvrent presque tout l’avant-bras ; on s’en servait pour y placer un ou plusieurs oiseaux, en attendant le moment favorable de les déchaperonner, et de les lancer sur leur proie.

 

Soulier à la poulaine : Sous Philippe-le-Bel, le soulier se releva excessivement en hauteur, et le bec en devint plus ou moins long. Les gens du commun les portaient ordinairement d’un demi-pied ; la mesure des plus riches bourgeois était d’un pied ; les grands seigneurs, les princes lui donnèrent la longueur de deux pieds. Le bec était quelquefois orné de deux cornes, d’autrefois d’énormes griffes, de figures, d’ongles, de grotesques de différentes formes. Cette chaussure se nommait à la poulaine. Elle fut portée à un tel excès d’extravagance qu’on fut forcé, pour le réprimer, d’employer contre elle et l’autorité ecclésiastique et l’autorité séculière.
Le nom des souliers à la poulaine dont la mode caractéristique a duré pendant si longtemps, leur vint de la Pologne où cette mode avait pris naissance. La Pologne s’appelait alors dans notre langue Polaine, en latin Polonia. La pointe des souliers à la poulaine s’allongeait à proportion de la qualité de la personne qui les portait : cette pointe était longue de six pouces pour les particuliers, d’un pied pour les gens riches et de deux pieds pour les princes. Ces souliers furent défendus sous Charles VI ; mais ils ne tardèrent pas à reparaître.
À peine la sévérité des ordonnances de Charles V eut-elle fait disparaître les souliers à la poulaine, que sous Charles VI on leur vit succéder des souliers en bec de canne, qui furent remplacés à leur tour par des souliers d’un pied de large. Sous Louis XI, les souliers à la poulaine se montrèrent encore un instant et disparurent.

 

Répertoire des termes      /       Costumes français

 

 

Valet de fauconnerie du 14ème siècle, dessiné par Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur


 

 

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Chasse royale avec faucon au 13e siècle, dessiné par Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur

 


 


 

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