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Serge : substantif féminin. Vaugelas veut qu'on dise sarge ; mais l’usage est au contraire. C'est une étoffe commune et légère de laine croisée. La bonté des serges se connaît à la croisure ; celle des draps à la filure. Les serges se font de laine sèche ou dégraissée avec du savon noir. Les pauvres gens s’habillent de grosses serges, de serge d’Aumale, de serge à deux envers ; des serges de Limestre, de Beauvais. On fait des habits longs d’été de serge de Rome qui se manufacture à Amiens ; de serge de Seigneur, qui se fait à Reims. On fait aussi des serges de soie qui sont fort luisantes, et travaillées et croisées comme la serge ; et par cette raison Ménage dérive ce mot de serica. Les serges qui ne sont pas de pure laine doivent avoir la lisière bleue.
Début de l'article pour le mot Serge, qui fait plusieurs pages, dans le Dictionnaire universel du Commerce de Savary des Bruslons, édition de 1768, collection personnelle. SERGE. Étoffe de laine croisée, qui se manufacture sur un métier à quatre marches, ainsi que les ratines et autres étoffes semblables qui ont de la croisure. M. Vaugelas a décidé que l’on devait dire Sarge, et on le trouve ainsi dans quelques Tarifs de France ; mais l’usage est contraire à la décision, et tout le monde écrit et prononce aujourd’hui Serge. La Serge est une espèce de tissu composé de fils de laine entrelacés les uns dans les autres d’une certaine manière qui forme la croisure, dont ceux qui vont d’un bout à l’autre de la pièce, s’appellent la Chaîne ; et les autres qui sont disposés en travers sur la largeur de l’étoffe, se nomment communément la Trame, et quelquefois l’Enflure. Les Serges ont divers noms qui leur ont été donnés, ou par les Marchands et Fabriquas, pour les distinguer et les faire mieux valoir, ou qu’elles ont pris de leurs différentes espèces et qualités, ou des lieux de France où elles ont été fabriquées, ou des Pays étrangers d’où elles ont été imitées. Ainsi l’on dit : Une Serge de Seigneur, Une Serge à la Reine, Une Serge Impériale, etc. Une Serge raze, Une Serge à poil, Une Serge drapée, Une Serge à deux envers, etc., Une Serge de Berry, Une Serge de Beauvais, Une Serge de Mouy, Une Serge de S. Lo, Une Serge d’Aumale, Une Serge de Crèvecœur, Une Serge de Blicourt, Une Serge de Chartres, etc., Une Serge façon de Londres, Une Serge façon d’Aarschot, Une Serge de Rome, Une Serge de Ségovie, etc. Comme les Serges qui se fabriquent en France, de quelques noms dont on les distingue, ou de quelques qualités qu’elles puissent être, ont des longueurs et des largeurs différentes, suivant les lieux où elles sont manufacturées, et que ces longueurs et largeurs ont été fixées par des Règlements ou des Arrêts, on a cru faire plaisir au public d’en rapporter ici des extraits ; étant quelquefois assez difficile aux particuliers de pouvoir rassembler tant de différents Arrêts et Règlements. Extrait du Règlement général des Manufactures du mois d'Août 1669. Art. II. Les Serges à poil, Serges de Ségovie, Serges de Beauvais à poil et à deux envers ; Serges de S. Lo, Falaise et Vendôme ; Serges de Dreux, de Neuilly, d’Orléans et de Troyes, auront une aune de large, et la pièce de 20 ou 21 aunes de long. III. Les Serges de Berry et Sologne auront une aune de large, les lisières comprises, et seront de 21 aunes de longueur. VIII. Les Serges razes de S. Lo, celles de Caen, Frêne, Condé et Falaise, auront une aune de large et 35 à 40 aunes de long. IX. Les Serges façon de Londres, blanches, grises et mêlées, qui se font à Seignelay, Abbeville, Reims, S. Lo, Gournay et autres lieux, auront deux tiers et demi de large et 10 aunes de long. X. Les Serges drapées, larges, blanches, et grises de Beauvais, Sedan et Mouy, seront sans lisière, et auront une aune de large et vingt-une aunes de long. XI. Les autres Serges moyennes de laine pure, blanches et grises de Mouy, Merlon, Meru, Sedan, Mézières, Donchery, Tricot, Nantes, Bouillebecq, Haute-Épine et d’autres lieux où il s’en fait de pareille sorte, auront deux tiers de large et 21 aunes de long, et celles qui ne seront pas de laine pure, auront la lisière bleue, et auront même longueur et largeur. XII. Les Serges d’Amiens façon d’Aarschot, blanches et de toutes sortes de couleurs, auront une aune de largeur et 21 aunes de longueur. XIII. Les Serges façon de Chartres, appelées Serges à la Reine, auront demi-aune de largeur et 20 aunes de longueur. XIV. Les Razes façon de Châlons auront demi-aune demi-quart de large et vingt-une aunes de long. XV. Les Serges façon de Seigneur auront trois quartiers de large et 21 aunes de longueur. XVI. Les Serges appelées d’Ypres et d’Aarschot seront d’une aune de large et de 21 aunes de long. XVII. Les Serges de Colles, ci-devant appelées façon d’Aumale, auront demi-aune demi-quart de large, et 20 aunes de long. XIX. Les Serges appelées de Rome croisées et lisses, auront demi-aune de large et 21 aunes de longueur. Il faut remarquer que les montchaniards croisés se nomment quelquefois Serges de Rome, quoique leur longueur et largeur soient différentes de celles de Rome dont il est parlé en cet article. XXIV Les Serges de Chartres, d’Illiers, Nogent-le-Rotrou, Pontgouin et autres lieux des environs où il s’en fait de pareilles, fines et moyennés, auront demi aune de large étant foulées, et 20 aunes et demie de long. XXV Les Serges d’Aumale, Grandvilliers, Feuquières, et de tous les lieux circonvoisins, tant blanches que grises, auront demi-aune demi-quart de large, et 38 à 40 aunes de long. XXVI Les Serges de Crèvecœur, Blicourt et de tous les lieux circonvoisins, tant blanches que grises, auront ; savoir, les larges demie-aune demi-quart de large, et vingt-une aunes et demie de longueur étant foulées ; et les étroites auront demi-aune de large, et pareille longueur étant foulées. XXIX. Les Serges étroites de la Ville de Roye auront deux tiers de large et vingt aunes de long ; et celles qui ne seront pas de laine pure auront la lisière bleue, et même longueur et largeur que les susdites. L’Arrêt du Conseil du 19 Février 1671 veut, Que les Serges façon de Londres, de dix-huit à dix-neuf aunes de long et de trois quarts de large, et les Serges façon de Seigneur, de deux tiers de large et de vingt-une aunes de long mesure de Paris, soient marquées par les Gardes et Jurés des Marchands et Communautés, ce faisant débitées dans le Royaume, pourvu qu’elles soient de qualités et teintures portées par les Règlements. Par autre Arrêt du Conseil dd 18 Novembre 1673, il est permis aux Drapiers-Drapants du Bourg de Bouillebecq, de fabriquer des Serges de trois quarts et un quart de large pour les ambles, ainsi qu’ils le faisaient avant le Règlement de 1669. À l’égard des autres Serges qui se fabriquent audit lieu, le même Arrêt veut, Qu’elles soient fabriquées conformément à l’article 11 dudit Règlement ; Suivant un autre Arrêt du 20 Février 1687, les chaînes des Serges communes d’Aumale, Grandvilliers, Feuquières et autres de pareille qualité, doivent être de 44 portées ; à raison de 38 fils chacune portée, et celles des Serges fines de 48 portées et 38 fils chacune portée : et à l’égard des Serges façon de Crèvecœur, les larges doivent être de 52 portées, de 34 fils chacune portée, et les étroites au moins de 42 portées, et 34 fils chacune portée, pour être, au sortir de l’étille, savoir les larges de trois quarts de largeur et de vingt-deux aunes trois quarts de longueur et pour revenir étant foulées à une demi-aune demi-quart de largeur et vingt aunes et demie de longueur, et les étroites de pareille longueur, et de demi-aune un douze et un pouce de largeur au sortir de l’étille, pour revenir étant foulées à demi-aune de largeur et pareille longueur. Suivant une Lettre écrite par M. le Marquis de Louvois à M. de Basville, Intendant en Languedoc, le 27 Septembre 1689, enregistrée au Greffe de l’Hôtel de Ville d’Uzès le 24 Octobre en suivant, et dont s’ensuit la teneur, il est permis aux Ouvriers de Nîmes et d’Uzès de fabriquer leurs Serges sur le pied de demi-aune moins deux pouces de largeur étant apprêtées, nonobstant le Règlement de 1669.
Terme décrivant les tissus utilisés pour l'habillement Retour à la liste des termes du Petit dictionnaire de l'habillement
Le terme ci-dessus est l'un de ceux utilisé pour décrire, le cas échéant, le costume du personnage en illustration, provenant de l'ouvrage :
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