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L'Ordre de Notre-Dame-du-Chardon et celui de l'Écu d'or

Les costumes en France à travers les âges

Louis II de Bourbon avec le costume de l'Ordre de Notre-Dame-du-Chardon, dessin de Léopold Massard  - reproduction © Norbert Pousseur

Gravure (de Léopold Massard) et texte extrait de l'ouvrage
'Costumes français depuis Clovis jusqu'à nos jours', publié par A. Mifliez en 1855

 

L’Ordre de Notre-Dame-du-Chardon (gravure ci-dessus) a été institué en 1370, à Moulins, par Louis II, duc de Bourbon. Cet ordre était composé de vingt-six chevaliers, y compris ce prince, qui voulut que ses successeurs en fussent chefs et souverains, et qu’on ne reçût pour chevaliers que des personnes nobles et sans reproches. Ils portaient toujours une ceinture de couleur bleu céleste, doublée de satin rouge, brodée d’or et sur laquelle on lisait le mot : Espérance, en broderie d’or aussi.
Aux grandes cérémonies, lorsque ce prince tenait table ouverte aux chevaliers, ils portaient des cottes de damas incarnat à manches larges, et étaient ceints de leurs ceintures bleues. Le grand manteau de cet ordre était bleu céleste, doublé de satin rouge, et le grand collier d’or fin du poids de dix marcs, fermant à boucles et ardillons d’or par derrière ; il était composé de losanges à double orle, émaillées de vert, percées a jour et remplies de fleurs-de-lis d’or et du mot Espérance écrit dans les losanges en lettres capitales à l’antique. De ce collier pendait sur l’estomac un ovale dans lequel était l’image de la Sainte-Vierge entourée d’un soleil d’or, couronnée de douze étoiles en argent, avec un croissant de même sous ses pieds, et au bout une tête de chardon émaillée de vert. Leurs chapeaux étaient de velours vert, rehaussés de panne cramoisie, sur laquelle était l’écu d’or à la devise d’Allen. Cet ordre, qui fut recherché par plusieurs grands seigneurs et même par des étrangers qui se faisaient honneur de porter l’ordre du duc de Bourbon, ne subsiste plus depuis longtemps.

Le manteau long et traînant qui enveloppait toute la personne était réservé particulièrement au chevalier, comme la plus auguste et la plus noble parure qu’il pût avoir lorsqu’il n’était point revêtu de ses armes. La couleur écarlate, que les guerriers avaient eue chez les Romains, fut pareillement affectée à ce manteau qui était doublé d’hermine ou d’autres fourrures précieuses : on l’appelait le manteau d’honneur. Nos rois les distribuaient aux nouveaux chevaliers qu’ils avaient faits, et ce don était ordinairement accompagné de celui d’un palefroi ou d’un mors de cheval en or ou doré, qui répondait au gage donné dans les investitures comme le signe du fief aliéné.
La distribution de manteaux et de palefrois ou mors fait un article considérable dans la dépense de nos rois, et se trouve souvent répétée dans les anciens comptes qu’on leur a rendus, sous le titre de Pallia militum. Les souverains renouvelaient souvent le don du manteau, qu on appelait leur livrée, soit dans les deux saisons de l’année, l’été et l'hiver, comme le dit le laboureur ; soit dans les Cours Plénières des grandes fêtes, comme le rapportent tous nos romanciers.
Le droit d’être compris dans ces distributions appartenait à de grandes charges, et fut depuis converti en une somme d’argent. Les pièces de velours ou d’autres étoffes qui se donnaient encore à la fin du XVIIIe siècle à certains magistrats, en étaient la représentation, comme l’ancien droit d’avoir le manteau d’hermine est encore figure dans les armoiries des ducs, qui l’ont eux-mêmes emprunte de l'usage des tapis et des pavillons armoriés sous lesquels les chevaliers se mettaient à couvert avant que le tournois fût commencé. Dans la promotion de 74 chevaliers de l’ordre du Saint-Esprit, en 1688, le roi en dispensa plusieurs de porter le manteau à la cérémonie de leur réception ; pour cette fois seulement, 0n dérogea à l'un des plus anciens usages des Français.

 

Ordre de l'Ecu d'or, Louis II de Bourbon au premier plan, dessin de Léopold Massard  - reproduction © Norbert Pousseur

L'Ordre de l'Écu d’or : On prétend que ce prince, de retour d’Angleterre, où il avait été fait prisonnier avec le roi Jean Ier, assembla les grands seigneurs de ses terres et leur dit qu’il voulait les étrenner d’un ordre qu’il avait fait, et qui s’appellerait de l'Écu d’or, dont la marque était un écu d’or dans lequel était une bande de perles avec le mot Allen. Quelques-uns soutiennent que ce n'était point un ordre de chevalerie, mais seulement une devise que ce duc prit pour lui, et qu’il permit aussi de prendre aux chevaliers de sa cour, et que le véritable ordre qu’il institua était celui de Notre-Dame-du-Chardon. Le peu d’accord des auteurs sur ce sujet et le défaut de renseignements nous forcent de nous en tenir à donner l'habillement de ces chevaliers, tel que nous l’avons trouvé à la Bibliothèque royale.

Il se compose d’un manteau de chevalerie bleu, double d’hermine, et d'une cape de même ; au côté droit est brodé l’écu d'or à la devise Allen. Le principal personnage de cette planche est le duc de Bourbon, Louis II (celui dont la tête a un bandeau d'or).



Dictionnaire de l'habillement      /       Article de Wikipedia      /       Costumes français

Louis II de Bourbon avec le costume de l'Ordre de Notre-Dame-du-Chardon, dessin de Léopold Massard  - reproduction © Norbert Pousseur

 

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Ordre de l'Ecu d'or, Louis II de Bourbon au premier plan, dessin de Léopold Massard  - reproduction © Norbert Pousseur


 

 

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