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Talma et robe de taffetas
année 1851

Talma et robe de taffetas, gravure Cendrillon décembre 1851 - Reproduction © Norbert Pousseur

Cendrillon,
Journal encyclopédique de tous les travaux de femmes -
décembre 1851

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Jusqu’ici l’hiver n’est point rigoureux, mais il est sombre, triste et morose. L’atmosphère, sans être glaciale, est imprégnée d’une humidité qui vous pénètre et vous refroidit jusque dans la moelle des os : le manteau est donc plus que jamais de saison. Le plus généralement adopté est le manteau burnous en ouatine, qui doit le jour à la maison Delisle. On se ferait difficilement une idée de la vogue acquise à cette espèce de pardessus. Chaud, commode, élégant, confortable, il convient et se plie à tous les genres de toilette. Il est tour à tour, et suivant la couleur de l'étoffe, manteau du matin, manteau de ville, manteau de promenade, manteau de voyage. Ajoutez-y un capuchon doublé de satin et orné d’un beau gland algérien, vous en faites une sortie de bal ravissante. En un mot, le burnous (qu’on nous passe le terme), est un manteau omnibus. La faveur dont il jouit est telle, qu’à l’heure qu’il est plusieurs nuances sont déjà complètement épuisées, et que le reste, suivant toute apparence, ne tardera pas longtemps à l’être.

C’est encore à Delisle qu’on doit le Talma fait en velours grande largeur et dépourvu de toute espèce de couture dans le corps du vêtement. Ce velours, de 2 mètres, appartient exclusivement à cet établissement. Le Talma de velours n’étant point de nature à se relever sur les bras, par la raison que ce tissu ne possède ni la souplesse ni le drapé du drap, on y supplée à l’aide d’une bande rapportée par devant, à droite et à gauche, et dans laquelle est pratiquée une ouverture qui livre passage à la main. Le moins possible d’ornements : deux petits glands en soie servant d’attache, pas davantage. Ce. qui constitue la richesse de ce marteau, c’est la nature de l’étoffe dont le prix élevé lui conservera sa distinction.

Les manteaux garnis de fourrures n’attendent que les premières gelées pour faire leur apparition. La fourrure sera, tout l’annonce, en grande vogue cette année, bien entendu la fourrure riche, telle que la martre, la zibeline, l’hermine, et même le chinchilla, que la mode parait vouloir tirer de l’abandon où il est depuis longtemps relégué.

On porte pour le matin beaucoup de châles écossais. Les plus distingués sont à fond gris avec rayures de fantaisie.

Le gilet est plus que jamais en faveur. Ce n’est pas une mode, c’est un engouement, une fièvre, une épidémie. Il y a des gilets du matin, des gilets de promenade, des gilets de visite. Les premiers sont en piqué blanc tout simplement, leur richesse est dans la garniture : rien de joli comme des boutons figurant de petits grelots en malachite flottant au bout d’un chaînon. On voit des gilets en moire blanche ou rose, ayant pour fichu de dessous une toute petite fraise en dentelle qui se continue en jabot ; on en voit d’autres en soie encadrés de broderies à l’aiguille et rehaussés d’un semis de fleurs ; on en voit enfin en satin blanc brodés de dessins d’or. Un genre tout nouveau est celui des gilets Molière boutonnés jusqu’au cou, sans collet, pourvus de petites poches et descendant très bas et carrément au-dessous de la ceinture, à partir de laquelle les deux côtés commencent à s’écarter. Pour achever de donner au gilet Molière le véritable cachet du temps, il faut y joindre une collerette à godrons, formée de plusieurs rangs de dentelle, un jabot assorti et des manchettes ombrageant la main jusqu’à la naissance des doigts. Les boutons sont en cornaline, en agate, en turquoises ou simplement en or, à grelots ; il n’est pas rare de voir, dans les toilettes de spectacle, le gilet attaché par des boutons montés en brillants.
Inutile de dire que tout gilet est muni d’un gousset de montre d’où s’échappe une chaîne en or émaillé mélangé de pierres fines, s’accrochant à une boutonnière par une agrafe à laquelle flotte une multitude de breloques de prix. Quelques élégantes de haute naissance portent leurs armoiries ciselées ou peintes au revers de leur montre. Mais c’est un luxe qui n’est pas permis à tout le monde.

Quelque chose de charmant, en fait de toilette habillée, c’est la robe de taffetas à trois volants rayés de petits velours gradués de largeur.
Pour bal les tarlatanes brodées de paille, et les tulles de soie brodés en soie plate, conservent toujours l’avantage. On introduit avec bonheur le jais dans la broderie de soie.
Du reste, ce brillant accessoire n’a pas cessé d’être le favori du jour. On façonne, avec le jais, les plus jolies choses qu’on puisse imaginer : boutons, agrafes, galons, que sais-je ?

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Cette vue peut être agrandie,
jusqu'à environ 8 fois sa taille d'origine
( la gravure d'origine mesure 9x13cm)

 


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