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Page de garde de l'Abrégé de la vie des plus fameux peintres - Reproduction © Norbert Pousseur

Polidore Caldara
(Polydore de Caravage - ou Polidoro da Caravaggio)

peintre lombard

né en 1495 et mort en 1543

Polidore Caldara, peintre italien - Reproduction © Norbert Pousseur

 

 

Gravure et texte extrait de l'ouvrage 'Abrégé de la vie des plus fameux peintres' d'Antoine Joseph Dezallier d'Argenville, édition de 1762, collection personnelle.

La nature, en formant les grands hommes, leur donne en naissant les talents nécessaires pour faire réussir son ouvrage. Polidore, par ses heureuses  dispositions pour la peinture, en est une preuve sensible ; sorti de la lie du peuple, sans aucun maître, il naquit peintre. Le bourg de Caravage, situé dans le Milanais, le vit naître en 1495 ; il en retint toujours le nom, qu'il joignit à celui de sa famille, qui était Caldara.

L'état de misère où il se trouva jusqu'à l'âge de dix-huit ans, l’obligea de sortir de son pays. Que pouvait-il mieux faire que de servir à Rome les peintres qui travaillaient, sous Léon X, aux Loges du Vatican. Polidore leur portait le mortier de chaux dont on fait l'enduit pour peindre à fresque. En voyant Maturin et Jean dans Udine, exécuter si parfaitement les dessins de leur maître Raphaël, il en fut si frappé, que dès ce moment ii devint peintre. Dans la suite, Polidore à été regardé comme un des meilleurs disciples de ce grand maître. Son dessin est exact, ses pensées élevées, ses dispositions nobles, ses attitudes naturelles, ses airs de têtes expressifs, son pinceau léger et moelleux.
Il lia une étroite amitié avec Maturin de Florence, qui l’aidait de ses conseils : Polidore, qui lui devint supérieur en peu de temps, dessinait exactement, et de grand goût ; l’étude des figures antiques donnait à ses ouvrages un peu trop de dureté, il colorait peu, travaillant de clair-obscur, et excellait surtout dans les bas-reliefs et les frises, dont il a orné plusieurs façades de maisons. Le paysage, la belle touche d'arbres, les terrasses, étaient de la derniers beauté dans les ouvrages de ce maître.

Ces deux amis s’attachèrent à l’élégance du dessin ; aucun morceau antique ne leur échappa. C’est sur ces modèles qu’ils se formèrent un goût si élevé et si parfait, qu’on n’y reconnaissait rien de copié ; tout y paraissait original ; ils rapprochaient  le temps de l’antiquité, et l'on eut dit qu’ils étaient contemporains des excellents sculpteurs qui avaient formé les statues, les frises et les bas-reliefs antiques : un même esprit, une même force, un même caractère s’y remarquait partout.
Comme ils virent l’un et l’autre que leur coloris à l’huile n’était ni si vif, ni si agréable que celui de leurs camarades, ils s’attachèrent au clair-obscur, particulièrement à celui nommé sgraffîto, dont la couleur grise imite l’estampe. On ne pouvait mieux s’accorder l’un et l’autre ; tout y paraissait peint de la même main, et personne n'a mieux imité que ces deux peintres, les habits, les vases, les armes, les sacrifices et les caractères des anciens.

C’était dans ce temps-là, la mode en Italie, et particulièrement à Rome et à Venise, de faire peindre de clair-obscur les maisons, en dehors ; distinction qu’on donnait à un bâtiment, pour le faire appeler palais. Le temps, qui a détruit tous ces beaux ouvrages, en a fait voir l’abus. Rome ayant été assiégée par les Espagnols, en 1527, Polidore, qui avait perdu son ami Maturin pendant la peste qui venait d’affliger cette ville y fut contraint de se retirer à Naples : il y trouva peu d’occasions de signaler son savoir ; il s'embarqua pour Messine, où il fut employé à peindre les arcs de triomphe qui furent dressés pour le passage de Charles-Quint dans cette ville, au retour de son expédition de Tunis.
Polidore, parmi plusieurs ouvrages qu’il a faits à Messine, peignit à l’huile un portement de croix, orné d’une multitude de figures si belles, qu’il parut bien qu’il était capable de représenter d’autres sujets que des triomphes, des batailles, et des clairs-obscurs. Les grandes compositions auraient fait le mérite de ce fameux artiste, s’il s’y était appliqué. La force du coloris l’aurait disputé au grand caractère des têtes, à la correction des figures, aux belles pensées, à l’excellence du paysage, et à tout ce qui forme les grands peintres.

Quelque considéré qu’il fut à Messine, Polidore avait une envie extrême de retourner à Rome. Une Messinoise, dont il était épris, combattait  cette idée ; enfin, il avait tout surmonté, il avait retiré son argent de la banque, lorsque son valet, ébloui par ce métal, l’assassina dans son lit, en 1543, âgé de quarante-huit ans. Ce malheureux, pour déguiser son action, avait porté son corps sur la porte de sa maîtresse. La vérité fut découverte, et il fut puni rigoureusement. On fit à Polidore des obsèques magnifiques, et il fut enterré dans la cathédrale de Messine.

Les dessins de Polidore sont presque tous lavés au bistre, relevés de blanc, avec un seul trait de plume qui en arrête les contours ; il y en a de lavés à l'encre de la Chine, et d’autres au bleu d’Inde. Les uns et les autres doivent caractériser le goût antique. On doit y trouver une finesse de pensées, une touche spirituelle, un grand goût de draperies, un style sévère, et beaucoup de correction.
Ceux de Maturin sont dans le même genre, mais moins excellents, toujours arrêtés d’un trait de plume, lavés au bistre et sans blanc. La plume de Maturin est plus sèche, et son contour est moins correct que celui de Polidore,

Les principaux ouvrages de Polidore sont, les Loges de Raphaël ; les salles du Vatican, où il a peint quantité de frises et d'ornements ; la fontaine du Parnasse, dans le jardin du palais Buffalo, à Rome ; dans la cour du même palais, des sacrifices, des armures, des vaisseaux, des batailles navales, avec l’histoire de Niobé, en camaïeu ; à saint Sylvestre, à Monte Cavallo, les peintures au-dessus  de la corniche, qui font deux sujets de la vie de la Madeleine, avec un paysage admirable.
À Naples, à sainte Marie delle grazie, un saint Pierre, au maître- autel ; plusieurs tableaux à saint Ange in Pescheria.
Le Roi (de France, Louis XV) possède une assemblée des Dieux, peinte en détrempe ; et l’on voit au palais Royal, les trois Grâces, peintes sur bois, elles sont en pied.

Les graveurs de Polidore sont, Chérubin Albert, Saërendam, J. B. de Cavaleriis, Bonafone, Goltius, Sadeler, C. Cort, P. Palumbus, J. B. Galestruzzi, Pietro sancti Bartoli, et autres. On possède de ce maître environ cent pièces.

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