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Page de garde de l'Abrégé de la vie des plus fameux peintres - Reproduction © Norbert Pousseur

Pierre François Mola dit Le Mole
peintre lombard
né en 1612 et mort en 1666

Pierre François Mola, peintre italien - Reproduction © Norbert Pousseur

 

 

Gravure et texte extrait de l'ouvrage 'Abrégé de la vie des plus fameux peintres' d'Antoine Joseph Dezallier d'Argenville, édition de 1762, collection personnelle.

 

Il est difficile d’acquérir durant sa vie, un plus grand nom que Pierre-François Mola. Il naquit à Coldrè, diocèse de Côme, dans le Milanais (à présent dans le Tessin en Suisse), en 1621. Son père Jean-Baptiste, peintre et architecte, connut aisément la forte inclination de son fils pour son art, et la favorisa ; il le mena donc à Rome, pour entrer chez le cavalier Josepin,  pendant le séjour qu'il fit en cette ville ; il alla à Bologne, pour commencer le fort de Castel Franco, par ordre d’Urbain VIII, et retira son fils qu’il mit entre les mains de l’Albane. Ce maître trouvant dans son nouveau disciple, des talents et des mœurs douces, voulut lui donner sa fille en mariage. Le Mole peu déterminé à prendre un engagement, s’en alla à Venise trouver le Guerchin, dont la manière forte et vigoureuse joint aux ouvrages du Titien et du Bassan, le perfectionna entièrement ; la jalousie du Guerchin occasionna au Mole une nouvelle séparation, Rome fut sa ressource ; il y exposa sa nouvelle manière Vénitienne, qui lui était devenue propre, et qui rendit son nom célèbre ; son ardeur présageait le succès, Innocent X le reçut favorablement, et l’employa dans plusieurs endroits de son palais ; on lui donna à peindre une chapelle au Jésus, où il représenta le miracle de saint Pierre, dans la prison, et la conversion de saint Paul. Ces deux morceaux à fresque furent extrêmement goûtés, et lui procurèrent d’autres ouvrages.

Après la mort d’innocent X, Alexandre VII qui lui succéda, protégea de même le Mole,  et il se servit de son pinceau pour représenter l’histoire de Joseph, dans la galerie de Monte Cavallo, et le Pape le combla de biens. Pendant qu’il faisait le portrait de ce Pontife, il fut toujours couvert et assis. La Reine Christine de Suède ne le favorisa pas moins ; elle le reçut parmi ses officiers, lui fit une forte pension, et lui ordonna plusieurs tableaux pour son cabinet.
Le Mole était encore jeune, lorsqu'il se trouva environné de tous ces honneurs ; la fortune semblait le conduire par la main ; les Cardinaux, les Princes Romains, les maisons religieuses, s’empressaient à lui donner de nouveaux sujets d’augmenter sa réputation ; elle eût été trop bornée, si elle n’eût pas passé les Alpes. Louis XIV instruit de ses talents, lui fit proposer de venir à sa cour, avec tous les agréments qu’il pouvait attendre d’un Prince aussi généreux et aussi magnifique. Dans le temps qu’il le préparait à partir, et qu’il achevait un tableau que le Pape lui avait commandé pour l’église de la Paix, une dispute qu’il avait eue quelque temps auparavant avec le Prince Pamphile (au sujet d’un plafond qu’il peignait dans son palais de Val montone, ce qui fit naître le procès qu’il fit à ce Prince pour être payé, et causa la destruction de cet ouvrage que le dépit du Prince occasionna.), lui causa tant de chagrin, qu’il mourut à Rome, en 1666, à l’âge de quarante-cinq ans, en dix heures de temps, d’un violent mal de tête dont il fut atteint en peignant.

Le Mole fut chef de l’académie de saint Luc ; son génie était fécond et vif ; grand dessinateur, encore plus grand coloriste, quoique souvent un peu noir ; il excellait dans le paysage de dans les caricatures. Une facilité admirable se remarque dans tous ses tableaux ; tant de qualités lui ont mérité le titre de très grand peintre.
Les élèves de Pierre-François Mola ont été Jean Bonati, Jean-Baptiste Pace, Jean-Baptiste Buoncuori, Antoine Gherardi, Forest et Collandon, peintres français.
Pierre-François Mola et Jean-Baptiste Mola tous deux élèves de l’Albane, ont excellé dans le genre paysagiste : leurs dessins sont difficiles à distinguer ; il n’y aurait que le goût des figures qui pût les rendre chacun à leur véritable auteur. Celles qui font dessinées dans le goût de l’Albane, doivent être attribuées à Jean-Baptiste ; les autres au contraire qui approcheront de l’école des Carraches, et surtout du Guerchin, sont de la main de Pierre-François Mola : ses dessins sont corrects et pleins d’expressions ; le trait de la plume est lavé au bistre avec des hachures presque couchées ; outre cela, il y règne un goût et une intelligence qui ne peuvent partir que d’un aussi grand maître.

Les ouvrages de Pierre-François Mola, à Rome, sont dans l’église du Jésus, à la chapelle Ravenna ; saint Pierre dans la prison, et la conversion de St Paul, dont il a été parlé ci-dessus ; on voit à St Marc, St Michel archange, et le martyre de deux saints, dans les arcades de la nef ; aux religieuses  de san Domenico e Sisto, l’image du saint portée à Soriano par trois saintes ; pour l’église de Saint Charles al Corso, saint Barnabé prêchant ; l’histoire de Joseph, dans le palais de Monte Cavallo ; Ariane et Bacchus, dans un plafond à fresque, dans le palais Costaguti, et une Judith à l’huile.
Dans le palais du Prince Sonnino, deux plafonds ; l’un Adam et Ève chassés du paradis, l’autre Caïn qui tue son frère Abel,
À Milan, dans l’église delle Monache della Vittoria, un saint Jean dont le paysage est de Guaspre Poussin.
Dans la galerie de l’Électeur Palatin, à Düsseldorf, on remarque une belle crèche et un paysage, orné de trois figures.
On voit, dans la collection du Roi, une sainte famille en petit ; un saint Jean qui prêche dans le désert ; saint Bruno aussi dans le désert, beau paysage ; deux tableaux pendants, l’un Herminie visitant les blessures de Tancrède, appuyé sur son Écuyer ; la même écrivant sur un arbre le nom de Tancrède son amant.
La collection du palais Royal offre un repos en Égypte, peint sur toile ; Archimède tenant un compas, et un soldat qui le blesse, grand comme nature ; une prédication de saint Jean, peinte sur toile ; Agar et Ismaël, petit tableau peint sur cuivre.

Coëlemans, Spierre, Pletro santi Bartoli, ont travaillé d’après ce maître, et il y a trois morceaux gravés dans le recueil de Crozat. Son tableau de Joseph reconnaissant ses frères, dans la galerie de Monte Cavallo, a été gravé par lui-même.

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