Le premier Hôtel de Ville de Paris

La maison au piliers, premier Hôtel de Ville de Paris - reproduction © Norbert Pousseur
La maison au piliers, ou maison du Dauphin, ancien et premier Hôtel de Ville

Article extrait de "Paris à travers les siècles"
Par Henri Gourdon de Genouillac
(édition 1879 - F. Foy éditeur)

Une autre fondation bien importante, date aussi de 1533; nous voulons parler de l'Hôtel de Ville, dont la première pierre fut posée le 15 juillet par Pierre Viole, prévôt des marchands, accompagné des quatre échevins.

On sait que la hanse parisienne après avoir occupé une maison à la vallée de misère, dite la maison de la marchandise, était allée ensuite occuper le parloir aux bourgeois situé entre l'église Saint-Leufroy et le grand Châtelet et qu'enfin, il fut transféré sur le haut des coteaux de la rive gauche (à l'endroit correspondant au n°20 de la rue Soufflot, c'est là qu'en 1878, l'administration municipale fit graver sur la façade de la maison cette inscription :


Ici était anciennement situé Le parloir aux bourgeois. M. le préfet de la Seine, déférant aux vœux Des conseillers de la ville de Paris,  A fait placer en MDCCCLXXVIII
Cette inscription sur l'emplacement de l'édifice o ù siégeaient leurs prédécesseurs Jusqu'au milieu du quatorzième siècle.

Ce parloir étant devenu insuffisant, la ville de Paris avait établi son hôtel, ainsi que nous l'avons dit dans la maison aux piliers qui, à son tour, fit place au nouvel édifice qui fut élevé à peu près sur son emplacement.

« En l'an 1533, le 15 juillet, fut posée la première pierre du nouveau bastiment de l'hostel de ville par MM. Maistre, Pierre Viole, sieur d'Athis, conseiller du roy, notre sire en sa cour de parlement à Paris, prévost des marchands et Maistres Gervais Larcher, Jacques Boursier, Claude Daniel, et Jean Barthélémy, eschevins, lesquels avoient chacun une truelle argentée pour prendre du mortier fait de sable et de chaux. Sur laquelle pierre estoient gravées les armes du roy, et aux deux costés les armes de la ville avec cet escrit : facta fuerunt haec fondamenta; pendant que l'on faisoit l'assiette de cette pierre sonnoient les fifres, tambourins, trompettes et clairons, artillerie, cinquante hacquebutes (arquebuses) à crocq de la ville avec les hacquebutiers d'icelle ville qui sont en grand nombre et aussi sonnoient à carillon les cloches de Saint Jean de Grève, du Saint-Esprit et de Saint-Jacques de la Boucherie. Aussi au milieu de la grève, il y avoit vin défoncé, tables dressées, pain et vin pour donner à boire à tous venants en criant par le menu peuple à haute voix : Vive le roy et Messieurs de la ville. »

 

En 1549, deux étages étaient construits lorsque, les travaux s'arrêtèrent soudain; un artiste Italien, Dominique Boccardos dit Cortone, proposa au roi Henri II des modifications au plan primitif qui nécessitèrent de nouvelles dispositions. M. de Guilhermy n'est pas d'accord sur ce point avec la plupart des historiens ; il prétend que le plan original fut conçu par Cortone et exécuté par lui ; quoi qu'il en soit, les travaux marchèrent bien lentement, sans cesse interrompus par les troubles civils qui marquèrent les règnes de Charles IX et d'Henri III. En 1606, l'architecte Marin de la Vallée acheva le gros œuvre ; en 1608, la grande salle fut terminée, le pavillon du nord commencé et la tour octogone de l'horloge élevée sur le comble.

Le pavillon méridional avait été construit sous Henri II, celui du nord ne fut achevé que sous Louis XIII en 1628.

A cette époque l'hôtel de ville se composait d'un, corps de bâtiments central formant façade au couchant, flanqué de deux pavillons carrés et de constructions extérieures entourant une tour quadrangulaire, décorée de portiques d'un style très élégant.

Des divers corps de logis , celui qui occupait le centre de la façade se composait d'un rez-de-chaussée et d'un étage supérieur ; les deux pavillons d'angle avaient un étage de plus ; cette façade était coupée de fenêtres carrées ou cintrées divisées en croix par des meneaux de pierre ; des colonnes cannelées d'ordre composite, s'ajustaient entre les baies du rez-de-chaussée et allaient se relier par des consoles renversées à des niches placées entre les treize fenêtres du premier étage. Sous les niches, des culs de lampe historiés présentaient des génies, des têtes d'anges, le vaisseau des armoiries de la ville, des H couronnés. Au-dessus de la porte était placée une figure équestre de Henri IV par Pierre Biard; fort dégradée lors de la fronde, mutilée et enlevée en 1793, cette figure fut remplacée en 1815 par une statue en bronze. Les combles très élevés, étaient percés au-dessus de la corniche de grandes fenêtres de pierre ornées d'enroulements et de figures de femmes tenant des palmes. Au milieu de la façade un attique contenait le pavillon de l'horloge environné de statues de pierre : la Seine, la Marne, la force, la Justice et la ville de Paris ; à l'entablement, deux génies accompagnaient un écusson aux armes municipales — de gueules au vaisseau équipé d'argent, sur une onde du même, au chef cousu d'azur, semé de fleurs de lis d'or, couronne murale à quatre tours. Devise ; fluctuat nec mergitur, (il flotte mais ne sombre pas).

 

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