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Le nouvel Hôtel de Ville de Paris de 1878

Salon de l'horloge de l'Hôtel de ville de Paris - reproduction © Norbert Pousseur
Festin dans le salon de l'horloge de l'Hôtel de ville avant sa destruction

Article extrait de "Paris à travers les siècles"
Par Henri Gourdon de Genouillac
(édition 1879 - F. Foy éditeur)

Ensuite venait la salle des banquets qui occupait le premier étage du pavillon d'angle de la place Lobau et du quai. Cette salle communiquait avec les salons municipaux; le salon jaune, ainsi nommé de la couleur de ses tentures, et dans la quelle se trouvait une superbe pendule de Denière; le plafond était peint sur stuc par Lachaize ; le salon des arcades, destiné aux réceptions d'hiver avec trois plafonds peints par Picot, Schopin et Vauchelet. Ce salon mesurait 23 mètres de longueur et 13 de largeur, et le salon bleu. Ces salons de réception étaient reliés à la salle du Trône par la galerie de marbre décorée de huit paysages de Hubert Robert et provenant de l'hôtel Beaumarchais. La salle du Trône occupait tout le premier étage du bâtiment central de la façade sur la place de l'hôtel de ville. Cette salle mesurait 28 mètres 60 de longueur, 11 mètres de largeur et 7 mètres 80 de hauteur. On y admirait deux cheminées monumentales du temps de Henri IV, avec leurs colonnes et leurs statues de Biard et Bodin. La cheminée du côté nord était surmontée de la célèbre horloge de Biard (1608), l'autre, du buste de l'Impératrice Eugénie, par Crauck; sur les portes, couvertes de bas reliefs, étaient peintes les armes de la ville. Dans cette salle se trouvaient avant 1789 un grand nombre de tableaux de maîtres de l'École française notamment : Les échevins aux pieds de Louis XIII, et la proclamation de la majorité de Louis XIV, tous deux de F. Porbus jeune. Louis XV reçu à l'hôtel de ville par Roslin Louis XV recevant les actions de grâces des échevins par Carle Vanloo ; des tableaux de Rigaud, un grand portrait de Louis XIV, etc.; lors de la Révolution, toutes ces œuvres d'art disparurent; on les remplaça par quatre grands panneaux de Séchan, retraçant l'histoire de Paris aux Ve, XIIe, XVIIe et XVIIIe siècles.

Entre la salle du Trône et l'antichambre des salons municipaux, étaient placés autrefois les appartements du roi composés de la salle du zodiaque et d'un grand salon. Dans la salle du zodiaque, revêtue eu dernier lieu de panneaux de chêne et tapissée de damas vert, Léon Cogniet avait peint les quatre saisons. Le salon qui suivait fut, sous le second empire, appelé salon du vote, en raison des peintures du plafond où Schopin avait représenté les villes de France marchant au scrutin.

Le rez-de-chaussée n'offrait rien de remarquable que la grande salle Saint-Jean, dont l'entrée était sur la place Lobau et où se faisaient les tirages au sort des jeunes gens et ceux des loteries de la ville. A l'une de ses extrémités était un vestibule situé sous la salle des cariatides, où se trouvaient deux escaliers monumentaux, à rampe droite, donnant accès au premier étage et conduisant aux salles des prévôts. La frise d'une de ces salles était ornée des portraits de 56 prévôts des marchands depuis Jean Morin (1524) jusqu'à Ch. Trudaine (1716). Le plafond de Riésener, plate adulation, représentant la ville de Paris ressaisissant au 2 décembre le sceptre de la civilisation. Le second salon contenait les bustes des premiers prévôts (de 1263 à 1523). Le plafond de Ch. Muller représentait l'affranchissement des communes par Louis le Gros

Toutes ces salles décorées avec une grande richesse formaient un ensemble magnifique ; toutefois, il faut croire que les services administratifs se trouvaient encore trop à l'étroit à l'Hôtel de Ville, puisqu'en face du palais, de l'autre côté de la place, avenue Victoria, on éleva vers 1859 deux vastes bâtiments qui, sous le nom d'annexes, renfermaient une partie des bureaux de la mairie centrale réunie à la préfecture de la Seine et les archives de l'État civil de Paris.

En mai 1871 les membres de la commune de Paris, qui s'étaient installés à l'Hôtel de Ville, le brûlèrent, et il ne resta du superbe palais municipal que des pans de murs noircis ; on lira à sa date le récit de ce triste épisode de nos discordes civiles.

En 1873, le gouvernement a mis au concours la reconstruction de l'Hôtel de ville. Soixante-six projets furent présentés, parmi lesquels un jury constitué à cet effet, a choisi celui de MM. Ballu et Deperthes. Le nouveau palais s'élèvera sur l'emplacement de l'ancien qu'il doit reproduire avec quelques modifications. Un plus grand développement sera donné à la façade et aux ailes qui auront une autre disposition.

La commission spéciale des beaux-arts a décidé que les statues décorant les niches seraient au nombre de 254, et que la décoration compterait, en outre, 141 bas-reliefs.

En principe, ces statues seront celles de Parisiens ayant des titres absolus à la reconnaissance de leurs concitoyens ou ayant par leurs travaux et leurs inventions augmenté la fortune et fait progresser l'industrie de la ville.

Voici les personnages célèbres nés à Paris dont les statues seront placées sur les façades. L'ordre suivi dans cette énumération va de gauche à droite et de l'étage supérieur au rez-de-chaussée :

Façade principale. — (Pavillon de gauche.) Richelieu, Lesueur, Sauvai, d'Alembert, P.-L. Courrier, Fagon, Bailly, Ledru-Rollin, Pigalle.
  (Pavillon du centre.) Mansard, de Thou, Pasquier, Le Nôtre, Jean Goujon, Jean Brillant, P. de Montreuil, Ch. Dumoulin, Mathieu Molé, Etienne Boileau, Michel Lallier, Guill. Budé, P. de Viole, Fr. Miron, Trudaine, de Harlay, H. Estienne, Boccador, P.Lescot, Germain Pilon.
  (Rez-de-chaussée.) Lavoisier, Voltaire, Molière et Turgot
(Pavillon de droite.) Rollin, Tourville, Cattinat, La Bruyère, Hérold, David, Fourcroy, Michelet, Pache.

Façade sur le quai. — (Pavillon de Gauche.) P. Charron, Boucher, Ch. Lebrun, Béranger, Beaumarchais, M11e Mars, Mme Roland, Mme de Sévigné, George Sand.
  (Pavillon de droite.) Alex. Lenoir, Marivaux, La Rochefoucauld, Mme Geoffrin, Eug. Delacroix, Alfred de Musset, Mme de Staël, Mme de Lafayette.

Voir les statues des personnages célèbres situés sur les façades de l'Hôtel de Ville de Paris                                   Suite du texte sur l'hôtel de ville de Paris suite       

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