Accueil Présentation Contenu Galerie Répertoire Lieux Thèmes


Description de l'Hôtel de Ville de Paris avant 1871

Le roi Louis XIV dinant à l'Hôtel de Ville de Paris - reproduction © Norbert Pousseur
Le roi Louis XIV dinant avec sa cour à l'Hôtel de Ville

Article extrait de "Paris à travers les siècles"
Par Henri Gourdon de Genouillac
(édition 1879 - F. Foy éditeur)

Toutefois, le dégagement par voie d'expropriation publique des abords de l'Hôtel de Ville ne se fit complètement que sous le second Empire, ainsi qu'on le verra plus loin.
Achevons la description de ce qu'était le palais avant qu'il ne disparût en 1871.

Ici nous empruntons au Grand Dictionnaire universel les excellents renseignements que contient la monographie qu'il en a donnée.

L'Hôtel de Ville, augmenté de deux tiers, renferma des salles pour les assemblées municipales, les bureaux de l'assistance communale et départementale, des salles et des galeries pour les fêtes, des salons de réception et les appartements du préfet de la Seine.
L'édifice formait un rectangle dont les grands côtés sur la place de l'Hôtel de Ville et sur celle Lobau, offraient un développement de 120 mètres de longueur et de 80 mètres sur le quai et sur la rue de Rivoli.
Les pavillons d'angle avaient deux étages sur rez-de-chaussée,  ornés de colonnes engagées. Des niches à fronton entre les colonnes   reçurent les statues dont la désignation suit :

Pavillon nord : Montyon, par Gayrard ; Monge, par Gaibeyre ; Gros, par Millet ; Voltaire, par Husson; d'Alembert, par Diéboldt; Buffon, par Deligand ; Ambroise Paré, par Ramus ; Papin, par Calmels ; le président du Harlay, par Barre.

Façade principale : Perronnet, par Antonin Moyne; d'Argenson, par Valcher; Mansart, par Faugince; Le Brun, par Caunois; Lesueur, par Chenillon; saint Vincent de Paul, par Ramus; Jean de la Vacquerie, prévôt, par Auvray; Philibert Delorme, par Faugince ; l'évêque Gozlin, par Grevenich ; Pierre Lescot, par Brun ; Jean Goujon, par Ghardigny ; Etienne Boileau, prévôt, par Huguenin; Hugues Aubryot, par Lequien; saint Landry , évêque, par Debay fils; Maurice de Sully, évêque, par Desprez ; Juvénal des Ursins, prévôt, par Dantan aîné ; Pierre Viole, par Duseigneur; Michel de Lallier, prévôt, par A. Moyne; Guillaume Budé, prévôt, par Brian; François Miron, prévôt, par Jaley; Robert Estienne, par Lescorné ; J. Aubry, par Gayrard ; Mathieu Molé, par Droz; Rollin par Gaillouette; l'abbé de l'Épée, par Préault; Turgot, par Foyatier ; Silvain Bailly, maire de Paris, par Husson ; Frochot, par Desprez.

Pavillon sud : Lavoisier,   par Toussaint ; Condorcet, par Carrier ; Lafayette, par Chevillon ; La Reynie, par Protat ; Colbert, par Mercier; Catinat, par Demesmay; de Thou et Boileau Despréaux, par Maindron ; Molière, par Ottin.

La corniche du couronnement des nouvelles constructions supportait en outre des consoles et des piédestaux surmontés de figures allégoriques et de statues. Les trois façades modernes étaient élevées de deux étages percés de baies en arcades, et le bâtiment donnant sur le quai présentait le même ordre d'architecture que les  pavillons d'angle. La façade sur la rue de Rivoli offrait treize travées d'arcades, séparées par des colonnes engagées. Enfin, celle qui bordait la place Lobau se composait de quinze travées d'arcades soutenues par des colonnes dégagées. Deux larges arcades conduisant à des cours latérales, s'ouvraient au bas des deux pavillons flanquant le pavillon central de la partie ancienne de l'hôtel. Les deux cours auxquelles on arrivait par ces arcades étaient placées symétriquement à droite et à gauche de l'ancienne cour. Elles mesuraient 34 métres de longueur sur 20 de largeur. Au fond de la cour centrale où se trouvait la statue de Louis XIV, un escalier en marbre blanc construit sur les dessins de l'architecte Baltard donnait accès dans la salle des séances du conseil municipal qui communiquait avec la salle des cariatides décorée de peintures dues à M. M. Gosse, Benouville et Cabanel. Cette salle, dont les voûtes en pendentifs portaient une tribune ornée de cariatides et surmontée d'un plafond s'ouvrait sur la galerie des fêtes, longue de 50 mètres, large de 13 mètres et haute de 12 mètres 50. Cette galerie était magnifique, sa décoration était blanc et or. H. Lehmann avait peint en 1852, dans l'espace de dix mois 28 pendentifs et autant de pénétrations composant sur une étendue de 140 mètres carrés, plus de 180 figures.

Lorsque la ville de Parts donnait un bal dans la galerie des fêtes, elle était éclairée par 26 lustres portant chacun 100 bougies.

Aux deux extrémités de cette salle se trouvaient deux salons dits des Beaux-arts. L'un était orné de peintures de Landelle représentant la sculpture, la peinture, la gravure, l'architecture, la poésie et la musique, l'autre était peint par Delacroix qui y avait représenté sur le plafond circulaire la Terre éplorée obtenant le retour de la paix, et, sur 19 tympans, des dieux, des déesses et les travaux d'Hercule

De ce second salon on passait dans le salon de l'empereur orné du magnifique plafond peint par Ingres en 1854, représentant l'apothéose de l'empereur ; au-dessus de la cheminée était placé le grand portrait de Napoléon par Gérard ; les murs étaient tendus de satin vert semé d'abeilles d'or.

Voir les statues des personnages célèbres situés sur les façades de l'Hôtel de Ville de Paris                                   Suite du texte sur l'hôtel de ville de Paris suite       

page précédente de l'article sur l'hôtel de ville de Paris                     page suivante de l'article sur l'hôtel de ville de Paris