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Anne de Boulen
1497 - 1536

 

Anne de Boulen, dessinée  par Louis-Marie Lanté - Gravure reproduite puis restaurée par © Norbert Pousseur
Anne de Boulen, gravure de Louis-Marie Lanté

Gravure et texte extrait de l'ouvrage la 'Galerie des femmes célèbres'
Pierre Lamésangères - 1827 + 1900

Anne de Boulen, Fille d'Honneur de Marie d'Angleterre, décapitée en 1536

Elle vint en France avec la reine Marie d’Angleterre, et fut ensuite attachée pendant près de dix ans à la reine Claude. Sa vivacité, son enjoûment, la faisaient distinguer parmi ses compagnes.

Voir ce qui est dit de son chaperon sur la page d'une autre Fille d'Honneur
de Marie d'Angleterre

 

Sa fiche sur Wikipedia

 

Dictionnaire de l'habillement     

Article extrait de la Biographie universelle - F.X. Feller - 1860 - collection personnelle

BOULEN, Bolleyn ou Bullen (Anne de), fille d’un gentilhomme d’Angleterre, passa en France avec Marie, femme de Louis XII.
Elle fut ensuite fille d’honneur de la reine Claude, qui la donna à la duchesse d'Alençon, depuis reine de Navarre.

De retour en Angleterre, elle y porta un goût vif pour les plaisirs et pour la coquetterie ; une conversation légère soutenue par beaucoup d’enjouement ; et des manières libres, qui cachaient une dissimulation et une ambition profondes. Ce n’était rien moins qu’une beauté, mais la passion embellit tout, et l’insatiable luxure dont la soif augmente, comme l’avarice, à mesure qu’elle possède, finit par ne mettre plus de choix dans ses jouissances.

On rapporte qu'elle avait six doigts à la main droite, une tumeur à la gorge, et une surdent. Henri VIII la vit, et ne s’en aperçut pas. Il lui déclara ses sentiments. Anne en parut d’abord plus offensée que flattée. Cette réserve, a laquelle le prince ne s’attendait pas, irrita sa passion. Il pensa dès lors a répudier sa femme pour épouser sa mattresse. Clément VII ayant refusé, comme il le devait, une sentence de divorce, le prétendu mariage se fit secrètement le 14 novembre 1532. Rouland Lée, récemment élevé à l’évêché de Coventry (à qui Henri insinua que le Pape lui avait permis d’abandonner Catherine d’Aragon, et de prendre une autre femme, pourvu que ce fût sans scandale), leur donna la bénédiction nuptiale, en présence de quelques témoins affidés.

Anne, devenue enceinte, fut déclarée femme et reine en 1533. Son entrée à Londres fut magnifique. La galanterie qu’elle avait puisée dans la cour de France ne l’abandonna point sur le trône d’Angleterre. On l’accusa d’avoir des commerces criminels avec plusieurs de ses domestiques, avec le lord Rochefort son frère, et même avec un de ses musiciens.

Henri VIII, qui aimait alors Jeanne Seymour, n’eut pas de peine à croire Anne coupable. On l’interrogea : toutes ses réponses se bornèrent à dire qu’elle s’était échappée en paroles libres et en airs familiers ; mais que sa conduite avait toujours été innocente. Ceux qu’on lui donnait pour amants firent les mêmes réponses, à l’exception du musicien Smeton, qui, frappé par la crainte, ou entraîné par la force de la vérité, avoua qu’il avait souillé le lit de son souverain.

Ils furent tous condamnés à la mort : Rochefort décapité, et le musicien pendu. Henri, voulant ôter à son épouse la consolation de mourir reine, fit prononcer une sentence de divorce, sous le vain prétexte qu’elle avait épousé milord Percy, avant que de lui avoir donné la main. Cette malheureuse en convint, dans l’espérance que cet aveu la sauverait du supplice du feu auquel on la destinait, et qu’elle n'aurait que la tête tranchée. Le jour de cette tragédie, elle se consola, sur ce qu'on lui dit que le bourreau était fort habile, et par la pensée qu'ayant le cou petit, elle souffrirait moins.

Avant de monter sur l’échafaud, elle écrivit une lettre extravagante à Henri VIII. « Vous m’avez toujours élevée par degrés, lui disait-elle ; de simple demoiselle, vous me fîtes marquise (de Pembrock), de marquise, reine ; et de reine, vous voulez aujourd’hui me faire sainte. » Ceci se passa en 1536.

L’amour l’avait mise sur le trône ; l’amour l’en chassa. Ces catastrophes sont les suites inévitables des passions violentes et insensées. La plupart des historiens l’ont couverte d'opprobre. Sanderus prétend que Henri VIII était son père. On ajoute que, quand ce prince la prit pour maîtresse, François Ier avait déjà eu ses faveurs, ainsi que plusieurs de ses courtisans ; et qu’on l’appelait en France « la mule du roi et la haquenée d’Angleterre » : anecdotes dignes de cette prostituée et de ses amants.

(Il est maintenant généralement admis qu'elle était innocente de ces accusations.)

 

 

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