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Page de garde de l'Abrégé de la vie des plus fameux peintres - Reproduction © Norbert Pousseur

François Parmesan
(François Mazzuoli)

peintre lombard

né en 1503 et mort en 1540

François Parmesan, peintre italien - Reproduction © Norbert Pousseur

 

 

Gravure et texte extrait de l'ouvrage 'Abrégé de la vie des plus fameux peintres' d'Antoine Joseph Dezallier d'Argenville, édition de 1762, collection personnelle.

 

Les peintres du mérite du Parmesan n’ont pas besoin d’éloges ; ils possèdent tant de parties de leur art, qu'une seule suffirait pour éterniser un artiste. L’esprit, la légèreté de la main, l’élégance, la belle touche, les grâces furent le partage de François Mazzuoli dit le Parmesan, parce qu’il était né à Parme en 1504. Son père mourut, lorsque  François n’était encore qu’un enfant, et ses oncles qui étaient peintres, prirent soin de son éducation. Une disposition naturelle le portait à dessiner de lui-même, en apprenant à écrire ; à l’âge de seize ans, il fit de son invention plusieurs choses à fresque, et il peignit à l’huile un baptême de Saint Jean placé à Parme, dans l’Eglise de l’Annonciade. De si heureux commencements ne tenaient  rien de l’écolier ; tout annonçait un maître très-expérimenté.

Le Parmesan vint demeurer avec son cousin Jérôme  Mazzuoli bon peintre, qui dans la suite devint son élève. Ils firent plusieurs ouvrages ensemble ; pendant les troubles du pays, ils allèrent à Viadani dans les états de Mantoue, où François peignit à détrempe les stigmates de S. François et le mariage de Sainte Catherine. Le calme revenu dans la ville de Parme, François y donna de nouvelles preuves d'une capacité consommée ; il semblait animer ces figures et leur donner cette vie, ce caractère, et ces passions qui rapprochent si fort l'art de la nature. Enfin, l’envie lui prit de voir Rome, à l'âge de vingt ans, et accompagné d’un de ses oncles, il y porta trois tableaux, une Vierge avec l'enfant Jésus, recevant des fruits de la main d’un ange, une tête de vieillard, si terminée, que l’on pouvait compter les poils de sa barbe, son portrait était le troisième morceau. Il l'avait fait dans un miroir, en observant de faire tourner tous les objets qui l'entouraient, tels qu’il les avait vus ; il les peignit sur une planche épaisse tournée en demi-bosse, et par une couleur sombre et luisante qui couvrait le fond du tableau, il imita le transparent  d’une glace. Clément VII, à qui il présenta ces tableaux, n’en fut pas moins surpris que toute sa Cour. Une circoncision peinte pour ce Pontife, fut regardée comme un chef-d’œuvre. Sur le champ il eut ordre de peindre la salle des Papes, dont Jean d'à Udine avait déjà orné le plafond de peintures et d’ornements de stuc.

Les ouvrages de Raphaël et de Michel-Ange lui donnèrent une maniére si belle, en y joignant quelque chose de celle du Corrège, qu’elle a été suivie de tous les peintres. Un auteur Italien rapporte qu'on disait à Rome, que l’esprit de Raphaël avait passé dans la personne du Parmesan (Lo spirito di Rafaelle si diceva poi esser passato nel corpo di Francesco Vasari, parte 3. page 239.). En effet, son génie se tourna du côté des grâces et des agréments ; il inventait facilement, distribuait avec art ses figures, leur donnait de la vie et de l'action, quoique ses expressions n’aient nul caractère. Son dessin svelte et savant est un peu maniéré ; mais ses draperies légères sont admirables : il a prêté à ses ouvrages toute la grâce qu'on peut souhaiter.
Pendant le sac de Rome en 1527, comme un autre Protogene, le Parmesan travaillait tranquillement ; les soldats qui le trouvèrent dans cet exercice en furent surpris, et le laissèrent continuer. Il ne lui en coûta que quelques dessins, pour un d’entre eux qui aimait la peinture. D'autres soldats moins polis survinrent, le firent prisonnier, et il fut obligé de payer sa rançon. Enfin, il partit pour Bologne où on lui donna des tableaux d’autel à exécuter, et plusieurs de ses dessins furent gravés en clair-obscur. L'attention avec laquelle il regarda Charles-Quint, pendant qu’il mangeait, lorsqu'il vint à Bologne se faire couronner par le Pape, lui fit faire de mémoire son portrait en grand avec une renommée qui le couronne, et un enfant qui sous la figure d’un jeune Hercule, lui présente le globe du monde. Le Pape surpris de cette ressemblance, lui donna un évêque pour l’accompagner chez l’Empereur à qui il présenta le portrait ; ce trait singulier frappa extrêmement Charles-Quint.

Le Parmesan de retour à Parme, fut choisi pour peindre à fresque la voûte et  la grande arcade de la Madona della steccata. C'était un ouvrage considérable, et qui devait l’occuper pendant plusieurs années, Souvent pour se délasser, la musique lui était d’un grand secours ; et il se faisait un plaisir de graver à l’eau forte de petits morceaux. Il avait même dans sa maison un graveur Allemand, qui lui vola pendant qu’il dormait, toutes ses planches et ses dessins. Le déplaisir qu'il en eut, fut diminué par le recouvrement des planches.
Ce peintre a fort bien fait le portrait et le paysage ; ses figures sont légères et gracieuses, ses têtes sont charmantes (Voria chiamar fio de le gracie quel Parmesanin Svelto e legiadro piu d'un Balarin agile - se puol dire - del vento al par. Boschini, Rime, page 324) ; ses attitudes bien contrastées  ont du mouvement, ses contours sont flexibles  et ravissants. La légèreté de ses draperies ne se peut imiter ; il avait un art particulier de faire valoir les belles carnations de ses Vierges, en les opposant à des voiles jaunes ou verts dont il couvrait  leurs bras ; les enfants qu’il a parfaitement bien peints, ont un air si vif, qu'ils paraissent spirituels.
Le Parmesan fut malheureux toute sa vie, et peu récompensé de ses travaux. Pour comble d’infortune, la chimie fut cause de sa ruine (Dolce ne convient point de cet amour pour la chimie. Il dit : Tu incolpato à torto ch’egli attendere all' alchymia.) ; il s’y livra avec tant de passion, qu’il quitta la peinture et abandonna la voûte della steccata. Les confrères de cette église, qui lui avaient avancé beaucoup d’argent, le poursuivirent en justice ; il s’enfuit à Cazal Maggiore où il se remit de nouveau à souffler ; la vapeur du charbon, et le mauvais état de ses affaires, le rendirent fort mélancolique. Le peu de soin qu’il prenait de ses cheveux et de sa barbe, en avait fait une figure de sauvage. Enfin, la fièvre l’emporta dans cet état misérable en 1540, à l’âge de trente-six ans ; lui-même ordonna sa sépulture à un mille de la ville dans l’église della fontana des pères Servites.

Le Parmesan ne mérite pas moins que le Corrège, quelques vers à sa louange.

L’élégance, l’esprit, la touche noble et sûre,
Etaient du Parmesan l’immortelle parure ;
Jalouse des attraits qu’il prêtait à l’Amour,
Vénus prit ce modèle, en lui vit le contour ;
Et son souffle céleste animant sa peinture,
Embellit de son fils la divine structure.

Ses élèves sont Jérôme Mazzuoli son cousin, Vincent Caccianemici gentilhomme Bolonais, Baptiste de Parme, sculpteur.
Ses dessins sont encore plus recherchés que ses tableaux. Le beau maniement de la plume y égale l’esprit, la touche et la légèreté. Ses figures sont en mouvement, leur contour est admirable, et il semble  que le vent agite ses draperies. Parmi toutes ces perfections, on remarque des figures gigantesques, des têtes allongées, des jambes singulières, des doigts longs comme des fuseaux ( affectation qui lui est propre ) des parties incorrectes et peu proportionnées. C'est à toutes ces marques que vous reconnaîtrez le Parmesan. Quoique presque tous ses dessins soient à la plume avec des hachures fines et croisées, il y en a de lavés au bistre, quelquefois rehaussés de blanc, d’autres à la sanguine avec des hachures presque droites et croisées.

Les estampes à l’eau forte qu’il a gravées de sa main, sont un Christ au tombeau avec les trois Maries ; une résurrection du Sauveur avec plusieurs soldats ; une Judith qui tient un sabre d’une main, et de l’autre la tête d’Holopherne qu’elle met dans un sac que lui tend sa suivante ; un homme assis avec une femme dans un paysage ; un jeune homme avec deux vieillards ; un berger debout appuyé sur sa houlette ; une adoration des bergers ; une Vierge assise tenant l’enfant Jésus ; une sainte en extase avec le Saint-Esprit dans une gloire ; l’apôtre Saint Jacques marchant avec son bourdon, et autres.
On a gravé un assez grand nombre d’estampes en clair-obscur, d’après les dessins du Parmesan, dont les principales sont, l’adoration des Rois ; une Vierge avec l’enfant Jésus en ovale ; un Saint Jean en petit ; le grand Diogène avec le coq ; le martyre de Saint Pierre et de Saint Paul, grande pièce en travers ; la guérison des lépreux ; Sainte Cécile en rond ; Porcenna ; Diane avec ses chiens ; un prophète avec un ange ; une femme tenant deux épées avec un infiniment dans le fond ; un homme assis qui tient une lyre ; un autre appuyé sur un côteau, duquel on ne voit que le dos, avec une tête de femme dans un des coins. Depuis peu d’années, M. Zanetti en a donné à Venise un recueil en deux volumes, qui contiennent les dessins les plus précieux du Parmesan, qu’il a recueillis et qu’il a gravés pour la plus grande partie lui-même eu clair-obscur ; les autres sont gravés au burin par Faldoni.

Chérubin Albert, J. Bonasone, les Sadelers,  Bolfwert, F. Briccio, Hollart, Caraglio de Vérone, Andrea Andreassi de Mantoue, Ugo dà Carpi André Schiavone, le Guide, L. Vosterman, Lanier, C. Bloëmaert, Vouillemont, Lepicier, Antoine de Trente, Coëlemans et plusieurs autres, ont gravé d’après le Parmesan de belles estampes, tant en cuivre qu’en clair-obscur ; et : son œuvre monte à plus de cinq cens morceaux : deux de ses tableaux sont gravés dans le recueil des tableaux de la galerie de Dresde, et le beau tableau de la Vierge au long col, se trouve pareillement gravé dans le cabinet de Florence.

  • Ses principaux tableaux à Parme, sont le baptême de Notre Seigneur par Saint Jean dans l'église  de l’Annonciade ; pour une autre église, une Vierge avec l’enfant Jésus, Saint Jérôme d’un côté, et Saint Bernardin da feltre de l’autre ; à Saint Jean des Bénédictins, les coupoles des deux chapelles, où sont représentées Sainte Cécile et Sainte Agathe avec deux Evêques dans le fond, et plusieurs  autres figures ; au Saint sépulcre, la Vierge, l’enfant Jésus, Saint Jean avec trois anges dans un fond de paysage ; à la Madona della steccata, Moïse, Adam et Eve.
  •  On voit à Rome, une Vierge et son fils recevant des fruits de la main des anges ; une autre Vierge avec l’enfant Jésus dormant ; une belle circoncision ; ces trois tableaux sont dans le palais du Vatican. Il a fait pour Saint Salvator in Lauro, une Vierge sur les nuées avec son fils, Saint Jean et Saint Jérôme sont à leurs pieds.
  • On voit aux religieuses de Sainte Marguerite de Bologne, une Vierge tenant son fils avec Sainte Marguerite, Saint Jérôme, Saint Michel, et un ange qui tient la croix de la Sainte dont il menace le dragon. Dans l’église de San-Petronio, un Saint Roch avec son chien, en haut la Vierge avec l’enfant Jésus, qui tient en main le globe du monde.
  • A Cazal maggiore dans l’Eglise de Saint Etienne, une Vierge en l’air, Saint Jean et Saint Etienne debout.
  • Dans le Duché de Mantoue à Viadani, les stigmates  de Saint François, les épousailles de Sainte Catherine ; Sainte Claire, trois tableaux à détrempe. Au dôme de Mantoue, Sainte Agathe avec deux anges.
  • Dans la galerie de Dresde, le fameux tableau de la Vierge à la rose, qui était à Bologne dans le palais Zani, et une Vierge accompagnée de Saint François et de Saint Sébastien.
  • Dans la galerie du Grand Duc, la Vierge appelée au long cou.
  • Dans la galerie du Duc de Parme, Sainte Catherine et une autre sainte en petit ; une autre Sainte Catherine et une Sainte Barbe ; une grande Annonciation ; la Vierge avec la Madeleine, Saint Jérôme et Saint Jean, excellent tableau. Une autre Vierge avec Saint Jean-Baptiste et Saint Christophe ; la maîtresse du Parmesan appelée Lantea ; une Lucrèce, demi-figure peinte sur bois ; une tête d’enfant ; une Sainte Claire en habit de religieuse ; une Vierge très belle ; le portrait d’une fille appelée  la Ricolina.
  • Dans la galerie de l’Electeur Palatin à Düsseldorf, une Vierge allaitant son fils, et à ses côtés Saint Joseph et Saint Jean-Baptiste ; Sainte Lucie ; une Sainte famille.
  • Le Roi (de France, Louis XV) possède une Vierge et Sainte Elisabeth ; une autre Vierge ; l’enfant Jésus à qui Sainte Marguerite met la main sous le menton ; on y remarque St Jérôme, un ange et un évêque.
  • On voit dans la collection du palais Royal, une Sainte famille peinte sur toile ; la Vierge avec son fils, Saint Joseph et Saint François peints sur bois ; le mariage de Sainte Catherine peint sur cuivre ; une autre Sainte famille peinte sur bois, de grandeur naturelle.

 

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