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Vertugadin : Quelques portraits qui nous restent de cette époque, et ceux du temps de Charles IX, nous représentent toutes les dames avec des corps de robe et d'amples vertugadins, modèles de ces paniers qui n'ont totalement disparu qu'à la cour de Louis XVI. La fureur des vertugadins fut telle que, de son temps, le Chancelier de L’Hôpital la réprima par une loi somptuaire. Il eut mieux fait de s'en remettre à l'empire de la mode. La loi ne fut point exécutée.
Vertugadin, substantif masculin. c'était une pièce de l'habillement des femmes, quelles mettaient à leur ceinture pour relever leurs jupes de quatre ou cinq pouces. Il était fait de grosse toile tendue sur de gros fil de fer. Il les garantissait de la presse, et était fort favorable aux filles qui s'étaient laissé gâter la taille. La mode en est encore demeurée chez les espagnoles, qui l'appellent garde-infante. Ce mot vient avec la chose de l'espagnol vertugado. On les a aussi appelé vasquines, ou hocheplis : ce qui s'est dit encore de la robe fort ample qui se tenait ouverte et étendue par le moyen du vertugadin, qu’on a appelle aussi autrefois vertugade. (Dic. Furetière, 1690) Et aussi (de l'ouvrage Femmes célèbres de Lamésangère) :
Vers Louise de Lorraine , portant un vertugadin Vers une femme de joie portant un vertugadin Vers la marquise de Verneui au vertugadin à coquille Retour à la liste des termes du Petit dictionnaire de l'habillement
En complément, des extraits de l'ouvrage Mesdames nos aïeules, dix siècles d'élégance Ce sont ces modes qui vont régner pendant tout le temps de François Ier, à la cour éblouissante du Roi Chevalier, et à la ville chez les nobles dames et les bourgeoises aisées. L’innovation principale, celle qui doit influer sur le reste du vêtement, en déterminer en partie la coupe et les proportions, la dominante du costume d’alors, c’est le vertugadin, dit aussi vertugalle, vertugardien... Chose non vue encore, grande nouveauté qui va bouleverser le costume et changer toutes les lignes. Le vertugardin, c’est-à-dire la jupe large soutenue par une armature quelconque, en voilà pour trois siècles, pendant trois cents ans, avec des interrègnes plus ou moins longs, il durera sous des noms différents, panier, crinoline, pouf, tournure, etc. Il dure encore et nous le reverrons. Depuis trois cents ans la largeur des jupes suit un mouvement régulier, d’abord modeste, elle augmente peu à peu, lentement, en habillant progressivement l’œil à ses proportions, elle arrive à une envergure formidable, exagérée, impossible, puis elle diminue lentement reprenant l’une après l’autre ses étapes successives. Villipendé, chansonné, ridiculisé sans trêve ni merci à toutes les époques et quelque fut son nom, il a triomphé toujours, même des édits qui prétendaient diminuer son envergure. Et pourtant nulle puissance au monde n’a vu se liguer autant d’ennemis enflammés couvre elle, aucune institution n’a été attaquée avec autant de vigueur et d’acharnement. Le Vertugadin, né sous François Ier, vers 1530, marque la fin du moyen âge, mieux et plus complètement que n’importe quel changement politique. C’est la disparition des robes collantes ou flottantes à plis droits, si sculpturales. Un monde est fini. Le chancelier de l’Hôpital, ennemi de la trop grande ampleur des vertugadins, les avait un peu dégonflés et diminués par une sévère ordonnance en 1563, par laquelle il interdisait également aux hommes les hauts de chausses rembourrés. Mais à un passage du roi Charles IX à Toulouse, les belles Toulousaines étant venues implorer un adoucissement aux rigueurs de l’austère chancelier, le roi, plus clément qu’il ne se montrera plus tard aux Huguenots, fit grâce au vertugadin et lui permit de reprendre ses monumentales proportions. Ne nous moquons pas de cette ampleur des vertugadins, un jour elle sauva la France s’il est vrai, comme la chronique le dit, que Marguerite de Valois put préserver les jours d’Henri de Navarre son mari, en le cachant sous un immense vertugadin quand les massacreurs de la Saint-Barthélemy se mirent à dépêcher à coups de hallebarde les huguenots qu’on avait logés au Louvre à l’occasion des noces d’Henri et de Margot. Les vertugadins continuaient à se porter et à grandir malgré tout Le vertugadin humilié a passé la frontière, il règne en Espagne où sous le nom de guarde infante, il prend de si colossales proportions que l’autorité veut par des édits, comme en France, arrêter leur développement. A l’amende s’ajoute la saisie et l’exposition publique des objets prohibés. L’édit, sévèrement appliqué, suscita des résistances violentes et des émeutes où le sang coula. Le vertugadin eut la vie si longue de l’autre côté des Pyrénées que les galants de la cour de Louis XIV le revirent avec surprise porté par les dames de la cour espagnole lors de l’entrevue dans l’île de la Conférence pour le mariage de Louis avec Marie-Thérèse.
Le terme ci-dessus est l'un de ceux utilisé pour décrire les costume des personnages en illustration, provenant de l'ouvrage :
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