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Officiers d'armes du 15ème siècle

Les costumes en France à travers les âges

Officiers d'armes du 15e siècle, dessin de Léopold Massard - Gravure  reproduite puis restaurée par © Norbert Pousseur

Gravure (de Léopold Massard) et texte extrait de l'ouvrage 'Costumes français depuis Clovis jusqu'à nos jours', publié par A. Mifliez en 1835

 

Officiers d'armes : Charles VII reçut à Espally, château peu distant du Puy-en-Velay, la nouvelle de la mort de Charles VI, son père. Le lendemain, vétu d'une robe de vermeil, il fut proclamé roi, dans la chapelle du château, par quelques seigneurs ou gentilshommes, qui le saluèrent en criant vive le roi !

Leur costume : Cette gravure représente les officiers d’armes< qui annoncèrent à Charles VII la mort de Charles VI. Leur costume se compose d’une cotte d’armes à manches larges recouvrant un habillement de guerre et de longues  chausses. La cotte d’armes de l’officier d’armes qui est sur le second plan est violette ; celle de celui qui est sur le premier plan est bleue. Les chausses de celui qui tient un chapel de couleur noire sont rouges, celles de l’autre sont vertes. Les fleurs-de-lis sont en or. Les enseignes sont aux armes de France. Sous les cottes d’armes on aperçoit un vêtement dont les manches sont ouvertes et laissent voir la chemise.
Le vêtement de dessous du second officier d’armes est rouge, celui de l’autre est vert.

 

 

Officier d'armes (ou Héraut) :
Héraut.
Substantif masculin. Ancien Officier de guerre et de cérémonie, qui était autrefois en grande considération qui avait plusieurs belles fonctions, droits et privilèges. Son principal emploi était de composer ou de dresser des Armoiries, des Généalogies, et des preuves de Noblesse.
Les Hérauts étaient Surintendants des armes, et conservateurs des honneurs de la guerre, donc le blason est un symbole. Ils avaient droit aussi d'ôter les Armoiries à ceux qui méritaient d’être dégradés de Noblesse pour leur lâcheté et trahison. Ils avaient le pouvoir de reprendre les vices des nobles mal vivants, et de les chasser des joutes, tournois, et behourds (duels etc.).
Ils recevaient et vérifiaient les preuves du nom et des armes des Chevaliers, et faisaient peindre leurs quatre quartiers dans leurs livres armoriaux et cartulaires de Chevalerie. Ils avaient droit de corriger tous les abus et usurpations des couronnes casques, timbres et supports, et connaissaient des différents entre les Nobles pour leurs blasons, pour l'antiquité de leurs races et prééminences, et même la Cour les a quelquefois mandé pour avoir leur avis sur les différents de cette nature qui y étaient pendants. Ils allaient même dans les Provinces pour faire des enquêtes sur la Noblesse, et avaient droit de se faire  ouvrir toutes les Bibliothèques, et de se faire communiquer tous les vieux titres des Archives du Royaume.
Ils avaient l’entrée en toutes les Cours des Princes étrangers pour y annoncer la guerre ou la paix, et leurs personnes étaient sacrées comme celles des Ambassadeurs. Il était de leur charge d’aller publier les joutes de tournois, de convier à y venir, de signifier les cartels, de marquer le champ, les lices ou le lieu du duel ; de faire les cris pour appeler tant l’assaillant que le tenant, et de partager également le soleil aux combattants à outrance.
Dans La guerre ils avertissaient les Chevaliers et Capitaines du jour qu'on donnerait la bataille, ou ils assistaient en haut appareil devant le grand Étendard ; et dans le choc ils se retiraient en un lieu élevé pour voir ceux qui auraient le plus vaillamment combattu, et en faire le rapport au Roy. Ils faisaient le dénombrement des morts, relevaient les enseignes, redemandaient les prisonniers, sommaient les places de se rendre, et dans les capitulations ils marchaient devant le Gouverneur de la ville pour assurer sa personne. Ils étaient les principaux juges du partage des dépouilles des vaincus et‘ des récompenses militaires. Ils publiaient les victoires, et en portaient les nouvelles aux pays étrangers.
Ils publiaient la fête de la célébration des Ordres de Chevalerie, et s'y trouvaient vêtus du nom et des marques de l'Ordre. Ils faisaient la convocation des États Généraux, et y assistaient pour empêcher la confusion et les différents sur les préséances.

Ils assistaient aux mariages des Rois et souvent en faisaient la première demande, comme aussi aux festins royaux qui se faisaient aux grandes fêtes de l'année, quand les Roy tenaient Cour plénière et grand tinel (grande Cour plénière), où appelaient le Grand Maître, le Grand Panetier, le Grand Boutillier, pour venir faire leur charge. Ils faisaient aussi les cérémonies, des obsèques des Rois, et enfermaient dans le tombeau toutes leurs marques d’honneur, comme sceptre, couronne, main de justice, etc.

En France il y a seize Hérauts sous les noms de Bourgogne, Normandie, Dauphiné, Bretagne, Alençon, Orléans, Anjou, Valois, Berri, Angoulême, Guyenne, Champagne, Picardie, Bourbon, Poitou et Provence ; en Angleterre six ; en Ecosse quatre.

Le Roy baptisait les Hérauts avec une coupe d’or pleine de vin qu'il leur versait sur la tête en leur donnant le nom de leur Hérauderie. Ils ne pouvaient obtenir la charge de Héraut qu'après sept années d'exercice de poursuivant d'Armes, et ils ne pouvaient quitter leur charge que pour monter à celle de Roy d'Armes, ou à la dignité de Chevalier.

Il y a aussi un Héraut des ordres du Roy, qui porte une cotte d'armes de velours violet semée de fleurs de lis et de flammes en broderie d'or avec les armes et les colliers devant et derrière, ils portent aussi la croix de l’Ordre pendue à un cordon de soie noire en écharpe.
Les Hérauts ont comme les Rois d’Armes leur cotte de velours violet, à la réserve que la broderie n’en est pas si riche ; et ils portaient sur les manches le nom et les armes de la Province dont ils portaient le titre. On appelait plaque ces cottes d'armes qui étaient particulières aux Hérauts ; et tuniques celles qui appartenaient aux Rois d’Armes, ils portent encore un bâton appelé caducée, qui n'a ni fleur de lis, ni couronne au bout, et qui est seulement de velours violet semé de fleurs de lis d’or.
in (Dic. Furetière, 1690)


Dictionnaire de l'habillement / Costumes français

 

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