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Officiers d'armes du 15ème siècle

Les costumes en France à travers les âges

Officiers d'armes du 15e siècle, dessin de Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur

Gravure (de Léopold Massard) et texte extrait de l'ouvrage 'Costumes français depuis Clovis jusqu'à nos jours', publié par A. Mifliez en 1855

 

Officiers d'armes : Charles VII reçut à Espally, château peu distant du Puy-en-Velay, la nouvelle de la mort de Charles VI, son père. Le lendemain, vétu d'une robe de vermeil, il fut proclamé roi, dans la chapelle du château, par quelques seigneurs ou gentilshommes, qui le saluèrent en criant vive le roi !

Cette gravure représente les officiers d’armes qui annoncèrent à Charles VII la mort de Charles VI. Leur costume se compose d’une cotte d’armes à manches larges recouvrant un habillement de guerre et de longues  chausses. La cotte d’armes de l’officier d’armes qui est sur le second plan est violette ; celle de celui qui est sur le premier plan est bleue. Les chausses de celui qui tient un chapel de couleur noire sont rouges, celles de l’autre sont vertes. Les fleurs-de-lis sont en or. Les enseignes sont aux armes de France. Sous les cottes d’armes on aperçoit un vêtement dont les manches sont ouvertes et laissent voir la chemise.
Le vêtement de dessous du second officier d’armes est rouge, celui de l’autre est vert.

 

Chemise : Les anciens n’ont point usé de chemise. On n’est point d’accord sur le temps où l’on a porté des chemises en France.
Sous Charles VI et Charles VII, l’usage des chemises de toile était peu répandu ; on ne se servait que de chemises de serge. On taxa de luxe extraordinaire la reine Isabeau de Bavière, parce qu’elle avait deux chemises de toile. Anne d’Autriche, mère de Louis XIV, avait la peau si délicate, qu’on ne pouvait trouver de batiste assez fine pour lui faire des chemises. Le cardinal Mazarin avait coutume de lui dire : « Si vous allez en enfer, vous n’aurez pas d’autre supplice que de coucher dans des draps de toile de Hollande ».
Duloir rapporte que le sultan Mourat ayant pris Boydat par une intelligence avec le gouverneur, la femme de celui-ci s’étant empoisonnée pour ne point survivre à cette trahison, le sultan, par rareté, fit apporter à Constantinople, dans son trésor, deux chemises de cette généreuse dame, qu’il choisit parmi le butin, parce qu’elles étaient tellement enrichies de pierreries, qu’on les prisait 50 mille sequins.
De nos jours, nos dames n’ont enrichi le bas de leurs chemises que de mousselines et de dentelles.
Le vieux de la Montagne envoya des ambassadeurs à Saint-Louis lorsqu’il était en Palestine : « Sire, lui dirent-ils, nous sommes venus à vous de part notre sire, et il vous mande que tout ainsi que la chemise est l’abellement le plus près du corps de la personne, ainsi vous envoie-t-il sa chemise que voici, dont il vous fait présent, en signifiance que vous êtes celui roi lequel il aime le plus  à voir en union et à entretenir ».
En 1771, Mme la duchesse de Bourbon accoucha du duc d’Enghien, après avoir souffert pendant quarante-quatre heures des douleurs que les femmes seules peuvent apprécier. L’enfant vint au monde tout noir et sans mouvement : 0n l’enveloppa d’une chemise trempée dans l’esprit-de-vin, mais ce remède faillit lui être funeste, car une étincelle ayant volé sur le linge, le feu s’y mit. Cet accident fut arrêté par les soins de l’accoucheur et du médecin. Ce premier événement de la vie du duc présageait sa fin malheureuse.
On appelle chemisette une sorte de camisole ou partie du vêtement qui va jusqu’à la ceinture et qui couvre les bras, le dos et l’estomac. Hommes et femmes portent cet ajustement de dessous.

........................ in (Dic. Furetière, 1690)
CHEMISE, substantif féminin. La première pièce d’un habillement, qu’on met immédiatement sur la peau. Celui qui donne la chemise au Roy est la personne de la plus grande qualité qui se trouve à son lever. On fait des chemises de toile de Hollande, de coton, de chanvre. Être en chemise, ou nu en chemise, c’est N’avoir rien sur soi que sa chemise. On fait faire les amendes honorables aux criminels nus en chemise, pour marque d’une plus grande infamie.
Ce mot vient de camisa, que les Latins ont employé en cette signification, et qui se trouve dans la Loi Salique, qui a été fait de cama mot étranger qui signifie un lit, comme il fait encore en Espagne, parce qu’on se servait des chemises, quand on se mettait au lit. Ménage.
On appelle aussi chemises, les aubes des Ecclésiastiques, dont le premier usage était pour les Lecteurs servant au Chœur. On trouve le mot de camisia dans St. Jérôme dans une Épitre ad  Vabiolam.
On appelle aussi une chemise de maille, un corps de chemise fait de plusieurs mailles ou anneaux de fer qu’on met sous le pourpoint comme une arme défensive.
On dit, qu’un homme n’a pas une chemise à mettre à son dos, pour dire, qu’il est bien pauvre. On dit, qu’on l’a mis en chemise, pour dire, qu’on l’a entièrement ruiné.
On dit aussi, qu’on mangera jusqu’à sa chemise à la poursuite d’une affaire, pour dire, qu’on y dépensera jusqu’au dernier sol de son bien.
Chemisette, substantif féminin.. Partie du vêtement qui va jusqu’à la ceinture, et qui couvre les bras, le dos, et l'estomac. Les hommes portent des chemisettes lotis le pourpoint, de futaine, basin, ratine chamois, ouate, etc. Les femmes en portent de serge, ou d'autres étoffes par-dessus leurs corps de cotte.

 

Officier d'armes (ou Héraut) :
Héraut.
Substantif masculin. Ancien Officier de guerre et de cérémonie, qui était autrefois en grande considération qui avait plusieurs belles fonctions, droits et privilèges. Son principal emploi était de composer ou de dresser des Armoiries, des Généalogies, et des preuves de Noblesse.
Les Hérauts étaient Surintendants des armes, et conservateurs des honneurs de la guerre, donc le blason est un symbole. Ils avaient droit aussi d'ôter les Armoiries à ceux qui méritaient d’être dégradés de Noblesse pour leur lâcheté et trahison. Ils avaient le pouvoir de reprendre les vices des nobles mal vivants, et de les chasser des joutes, tournois, et behourds (duels etc.).
Ils recevaient et vérifiaient les preuves du nom et des armes des Chevaliers, et faisaient peindre leurs quatre quartiers dans leurs livres armoriaux et cartulaires de Chevalerie. Ils avaient droit de corriger tous les abus et usurpations des couronnes casques, timbres et supports, et connaissaient des différents entre les Nobles pour leurs blasons, pour l'antiquité de leurs races et prééminences, et même la Cour les a quelquefois mandé pour avoir leur avis sur les différents de cette nature qui y étaient pendants. Ils allaient même dans les Provinces pour faire des enquêtes sur la Noblesse, et avaient droit de se faire  ouvrir toutes les Bibliothèques, et de se faire communiquer tous les vieux titres des Archives du Royaume.
Ils avaient l’entrée en toutes les Cours des Princes étrangers pour y annoncer la guerre ou la paix, et leurs personnes étaient sacrées comme celles des Ambassadeurs. Il était de leur charge d’aller publier les joutes de tournois, de convier à y venir, de signifier les cartels, de marquer le champ, les lices ou le lieu du duel ; de faire les cris pour appeler tant l’assaillant que le tenant, et de partager également le soleil aux combattants à outrance.
Dans La guerre ils avertissaient les Chevaliers et Capitaines du jour qu'on donnerait la bataille, ou ils assistaient en haut appareil devant le grand Étendard ; et dans le choc ils se retiraient en un lieu élevé pour voir ceux qui auraient le plus vaillamment combattu, et en faire le rapport au Roy. Ils faisaient le dénombrement des morts, relevaient les enseignes, redemandaient les prisonniers, sommaient les places de se rendre, et dans les capitulations ils marchaient devant le Gouverneur de la ville pour assurer sa personne. Ils étaient les principaux juges du partage des dépouilles des vaincus et‘ des récompenses militaires. Ils publiaient les victoires, et en portaient les nouvelles aux pays étrangers.
Ils publiaient la fête de la célébration des Ordres de Chevalerie, et s'y trouvaient vêtus du nom et des marques de l'Ordre. Ils faisaient la convocation des États Généraux, et y assistaient pour empêcher la confusion et les différents sur les préséances.

Ils assistaient aux mariages des Rois et souvent en faisaient la première demande, comme aussi aux festins royaux qui se faisaient aux grandes fêtes de l'année, quand les Roy tenaient Cour plénière et grand tinel (grande Cour plénière), où appelaient le Grand Maître, le Grand Panetier, le Grand Boutillier, pour venir faire leur charge. Ils faisaient aussi les cérémonies, des obsèques des Rois, et enfermaient dans le tombeau toutes leurs marques d’honneur, comme sceptre, couronne, main de justice, etc.

En France il y a seize Hérauts sous les noms de Bourgogne, Normandie, Dauphiné, Bretagne, Alençon, Orléans, Anjou, Valois, Berri, Angoulême, Guyenne, Champagne, Picardie, Bourbon, Poitou et Provence ; en Angleterre six ; en Ecosse quatre.

Le Roy baptisait les Hérauts avec une coupe d’or pleine de vin qu'il leur versait sur la tête en leur donnant le nom de leur Hérauderie. Ils ne pouvaient obtenir la charge de Héraut qu'après sept années d'exercice de poursuivant d'Armes, et ils ne pouvaient quitter leur charge que pour monter à celle de Roy d'Armes, ou à la dignité de Chevalier.

Il y a aussi un Héraut des ordres du Roy, qui porte une cotte d'armes de velours violet semée de fleurs de lis et de flammes en broderie d'or avec les armes et les colliers devant et derrière, ils portent aussi la croix de l’Ordre pendue à un cordon de soie noire en écharpe.
Les Hérauts ont comme les Rois d’Armes leur cotte de velours violet, à la réserve que la broderie n’en est pas si riche ; et ils portaient sur les manches le nom et les armes de la Province dont ils portaient le titre. On appelait plaque ces cottes d'armes qui étaient particulières aux Hérauts ; et tuniques celles qui appartenaient aux Rois d’Armes, ils portent encore un bâton appelé caducée, qui n'a ni fleur de lis, ni couronne au bout, et qui est seulement de velours violet semé de fleurs de lis d’or.
in (Dic. Furetière, 1690)


Dictionnaire de l'habillement / Costumes français

 

 

 

 

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