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Marguerite de Valois, reine (Henri IV)
1552 - 1615

Marguerite de Valois, première femme d'Henri IV, gravure de Pierre-Louis Lanté, reproduite puis restaurée par © Norbert Pousseur
Marguerite de Valois, première femme d'Henri IV
gravure de Louis-Marie Lanté
extraite de Les Costumes des Femmes Françaises- Pierre Lamésangère.


Article extrait du recueil des gravures des Costumes des Femmes Françaises

Marguerite de France, fille de Henri II, femme d'Henri IV

Fille de Henri II, née le 14 mai 1552, épousa, en 1572, le prince de Béarn, son cousin. On a accusé ses mœurs, Henri IV, devenu roi de France, lui fit proposer de faire casser son mariage ; elle y consentit : les nœuds furent rompus en 1599.

Cette princesse était d’un caractère inquiet. Retirée en Auvergne, elle quitta la province secrètement, et ne fit avertir le Roi que quand elle fut aux portes de la capitale. Henri, quoiqu’un peu surpris, l’envoya complimenter, et ordonna qu’on lui rendît les honneurs dus à son rang. Lorsque ce prince alla la voir dans son palais qu’elle avait fait bâtir, en 1606, à Paris, dans la rue de Seine, il lui dit en la quittant, qu’il la priait d’être plus ménagère, à. quoi elle répondit que la prodigalité était chez elle un vice de famille.

Le temps fut sans influence sur Marguerite de France, et l’âge mûr ressembla chez elle à la jeunesse. Elle donnait des fêtes fréquemment, et Henri avait l’extrême complaisance d’y assister. Sa maison était le rendez-vous de tous les beaux esprits ; et, par une des singularités de son caractère, elle alliait une extrême dissipation aux études les plus sérieuses. On a d’elle des poésies très bonnes pour le temps. Ses Mémoires, écrits par elle-même pendant son séjour en Auvergne, sont fort curieux. Elle se justifie avant d’être accusée, preuve certaine des reproches que lui faisait sa conscience.

Cette princesse mourut à Paris, le 27 mars 1615, âgée de soixante-trois ans.

Son costume : On remarque son large collet blanc, montant. Elle tient en sa main droite un éventail fermé. Ses mains sont gantées en blanc, avec des décorations sur le dos des gants (voir via le zoom, ci-dessous).


Article extrait de la Biographie universelle - F.X. Feller - 1860 - collection personnelle

MARGUERITE DE FRANCE, fille de Henri II, née le 14 mai 1552, épousa en 1572 le prince de Béarn, qui fut ensuite Henri IV. La jeune princesse avait alors tout l’éclat de la beauté et de la jeunesse, mais son mari n’eut pas son cœur ; elle prétendit même par la suite n’avoir donné à ce mariage qu’un consentement apparent et forcé. Henri s’attacha à différentes maîtresses ; et Marguerite n’imita que trop ses désordres. Etant venue à la cour de France en 1582, elle s’abandonna à toutes ses faiblesses.

Le roi Charles IX, son frère, beaucoup plus sage et plus vertueux que ne le dépeignent les caricateurs de la Saint-Barthélemy, la fit rentrer pour quelque temps en elle-même la fit rentrer pour quelque temps en elle-même par un traitement ignominieux. Marguerite, profitant de l'excommunication lancée par Sixte-Quint contre son époux, s’empara de l’Agenois, et s’établit à Agen, d’où ses désordres et ses vexations la firent chasser.

Contrainte de se sauver en Auvergne, elle s’y conduisit en courtisane et en aventurière. Sa vie fut très agitée, jusqu’au moment qu'elle fut enfermée château d’Usson, dont elle se rendit maîtresse, après avoir assujetti le cœur du marquis de Canillac, qui l’y avait renfermée. Henri IV, devenu roi de France, fit solliciter la cassation de son mariage à Rome. Le Pape nomma des commissaires pour examiner sur les lieux les motifs de cette demande, qui étaient que Marguerite avait été violentée à contracter ce mariage, et que le roi et la princesse, étant parents au troisième degré, n’avaient pu se marier sans dispense. Marguerite prétendit qu’au moment même de contracter le mariage, et en présence du prêtre, on lui donna un petit coup sur le derrière de la tête, pour la faire incliner, et que c’est la seule marque de consentement qu’on en obtint. Les commissaires, ayant tout examiné, rendirent une sentence, par laquelle ils déclarèrent que le mariage était nul ; elle fut confirmée par Clément VIII, en 1599.

Marguerite, libre de ses liens, quitta son château d’Usson en 1605, et vint.se fixer à Paris, où elle fit bâtir un beau palais, rue de Seine, avec de vastes jardins qui régnaient le long de la rivière ; elle y vécut jusqu’en 1615, année de sa mort, dans le commerce des gens de lettres et dans les exercices de piété. Ce fut la dernière princesse de la maison de Valois, dont tous les princes étaient morts sans postérité.

On a d’elle : des Poésies, parmi lesquelles il y a quelques vers heureux ; des Mémoires depuis 1565 jusqu’en 1582, publiés en 1628 par Auger de Mauléon. Marguerite s’y peint comme une vestale. Le style en est naïf et agréable, et les anecdotes curieuses et amusantes. Godefroy en a donné une bonne édition à Liège, in-8,1713. M. Mongez, chanoine régulier, a donné l’Histoire de cette princesse, 1777, in-8. Il y règne un ton leste et de philosophisme que ci-devant l’histoire ne connaissait pas.

Marguerite fonda le couvent des Filles du Sacré-Cœur, et celui des religieux appelés Petits-Augustins. Cet édifice fut converti pendant la Révolution en Musée français ; il a été démoli en 1820.

Il nous semble qu’il est passé par la plume de Feller, en écrivant cet article, un peu du venin des calomnies lancées par les protestants contre Marguerite. « Élevée dans une cour voluptueuse (écrivait M. Alexandre du Mége en 1837), cette princesse unit au goût des plaisirs l’amour des arts et la bonté la plus affectueuse. Son histoire a été étrangement racontée par les pamphlétaires de son époque. Les protestants, qui n’eurent jamais à se plaindre d’elle, ne lui pardonnèrent point son attachement au catholicisme et l’empressement qu’elle mettait à assister au service divin, alors que, vivant à la cour huguenote de Navarre, elle n’avait auprès d’elle que quelques filles et quelques domestiques de sa religion, dans un pays où celle-ci était proscrite. 
Les écrits publiés contre Marguerite ont entaché ses mœurs à une époque où l’immoralité la plus grande régnait à la cour ; mais on ne croit plus aux nombreuses calomnies que ses ennemis répandirent contre elle. »

 

Sa fiche sur Wikipedia

Gravure provenant d'un recueil de 70 gravures
sur les femmes française du XIIe au XVIIIe siècle

(collection personnelle)

 

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