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Sergents du 13ème siècle

Les costumes en France à travers les âges

Sergent en casaque au XIIIe siècle, dessiné par Massard - reproduction © Norbert Pousseur

Gravures (de Léopold Massard) et textes extraits de l'ouvrage
'Costumes français depuis Clovis jusqu'à nos jours', publié par A. Mifliez en 1855

Le sergent d’armes habillé de rouge de cette planche, a une casaque à grandes manches dentelées avec un collier ou chaîne qui lui descend sur la poitrine, et de longues chausses qui semblent être terminées à l’extrémité du  pied par ces pointes nommées poulaines, qui prirent naissance sous Philippe-le-Bel. Ce dernier les représente sans doute lorsqu’ils marchaient en quelques cérémonies. Comme ils étaient armés de pied en cap, il n’y a nul lieu de douter qu’ils ne servissent à cheval dans les combats ; mais ils faisaient la garde a pied au palais du roi. Charles V éteignit cette garde pendant la captivité du roi Jean, son père, et dès l’année 1393 elle paraît avoir été réduite de six à huit gentilshommes.

 

 

Sergent en armure du XIIIe siècle, dessiné par Massard - reproduction © Norbert Pousseur

Quand ils étaient de garde auprès de la personne du roi, ils étaient armés de pied en cap. La planche ci-dessus en représente un armé comme nous venons de le dire ; il n’a qu’un cabasset ou casque léger, sur lequel une espèce de voile est rejeté par derrière. Ce voile, au temps de Charles VII, s’appelait cornette. C’était de la même sorte qu’ils étaient armés à la guerre, excepté le cabasset, au lieu duquel ils avaient un heaume complet, et on croit que c’est de cette armure que leur vient le nom de sergents d’armes.

Cabasset, arme défensive qui couvrait la tête. Ce mot, selon Nicot, vient de l’hébreu coba, qui signifie casque ou heaume, ou de l’espagnol cabeça, tête. On l’appelait aussi pot-en-tête, bourguignotte, et bassinet.

Sergent de pied du XIIIe siècle, dessiné par Massard - reproduction © Norbert Pousseur

Ce sergent de pied est coiffé d’un bonnet d’écarlate. La jaque est blanche, et recouverte d’un corselet ou brigandine d’acier. Les manches du vêtement de dessous sont de damas violet. La chausse droite est blanche, ainsi que la gauche ; mais cette dernière a une bande écarlate à la partie extérieure de la jambe. Le fourreau de la dague est rouge.
Souvent un gentilhomme portait des chausses composées de pièces ou bandes de couleur qui entraient dans ses armoiries ; souvent aussi les milices des villes portaient les couleurs du quartier auquel elles appartenaient. On sait que les communes habillaient d’une couleur uniforme les hommes qu’elles envoyaient à la guerre.

Il y avait dans les armées trois sortes de servientes ou de sergents. Les premiers étaient ceux qui avaient des fiefs appelés sergenteries ; les seconds étaient des gentilshommes riches et avec suite qui servaient à cheval ; les troisièmes servaient à pied : c’étaient pour la plupart ceux que les communes envoyaient au service, et qui, avec les serfs, les domestiques à pied des gentilhommes et d’autres gens qui suivaient les années, formaient l’infanterie.

La forme du bonnet de cette figure était d’un usage assez général parmi les jeunes gens des XIVe et XVe siècles.

 

Les sergents : Les rois de France ne commencèrent à avoir une garde particulière que dans le treizième siècle, et son origine se trouve dans les sergents d'armes institués sous Philippe-Auguste, à l’occasion du danger qu’il avait couru à la bataille de Bouvines. Cette garde devait être de 150 à 200 hommes, puisque Philippe VI, dit de Valois, les réduisit au nombre de 100. Les sergents d’armes étaient tous gentilshommes ; ils avaient des privilèges qui marquaient la considération que le prince avait pour eux. Ils ne pouvaient être jugés par d’autres que par le roi ou le connétable ; et leur emploi ne cessait point par la mort du souverain. On leur confiait la garde des châteaux, des frontières, diverses avenues du royaume ; on les faisait châtelains (gouverneurs), et on leur assignait leurs gages sur les bailliages ou sénéchaussées où ces châteaux étaient situés, quand ils étaient pourvus de ces gouvernements ; mais quand ils n’en avaient point, c’était le roi qui les payait, ainsi que les autres officiers de sa maison.

On croit que dans l’origine ils étaient tous employés à la garde du roi, soit autour de sa tente ou du palais où il demeurait, soit dans les cérémonies, où ils l’escortaient ; mais il est vraisemblable que depuis ils ne servaient que par brigades ou par quartiers : au moins cela se faisait-il ainsi du temps de Philippe-le-Bel. On lit dans un statut de ce prince de l’an 1285 "Item sergents d'armes, trente, lesquels seront à cour sans plus" les autres étaient dans leurs gouvernements ou occupés à d’autres emplois.

Leurs armes étaient non seulement la masse d’armes (massue d’airain ou d’acier), mais encore l’arc et les flèches. Il est dit dans le même statut : ils porteront toujours leurs carquois pleins de carreaux : c’était une espèce de flèche ainsi appelée, parce que le fer en était carré. Une autre ordonnance de 1388 leur donna aussi des lances.

Bailliage, sénéchaussée : étendue ou siège de la juridiction d’un bailli ou d’un sénéchal.

 

Le mot de sergent est un des plus anciens de ceux qui soient restés dans les troupes. Rigord et Guillaume le Breton disent que ce nom se donnait à tous ceux qui étaient dans le service, soit de cavalerie et d’infanterie, et qui ne faisaient point partie de corps de troupes ayant des noms particuliers. Ces sergents sont désignés dans nos anciennes histoires écrites en latin, par le mot de servientes, d’où est venu le mot français sergent, c’est-à-dire, de gens qui sont dans le service. Depuis que nos rois prirent des hommes à leur solde particulière, le nom de soldat se communiqua insensiblement, et, avec le temps, le nom de sergent ou servientes cessa de désigner un homme qui est dans le service. Enfin, quand Louis XII s’appliqua à discipliner l’infanterie, ce nom de sergent fut restreint à certains bas-officiers qui avaient quelque commandement dans les compagnies.

 

Massier XIVe siècle, dessiné par Massard - reproduction © Norbert Pousseur

Ce Massier, ou Sergent d’Armes du 14ème siècle porte un justaucorps de tricot rouge, une robe courte de drap d’or fourrée de vair, et pour coiffure une espèce de turban qui plus tard, en se modifiant un peu, prit le nom de Chaperon et devint d’un usage général.

 

Vair : On nommait ainsi du latin Varius, varié, une fourrure mêlée de gris et de blanc, qui pendant tout le moyen âge fut extrêmement recherchée.

Chaperon : Coiffure caractéristique composée d’une espèce de bourrelet dont le fond était formé d’un morceau d’étoffe froncé à gros plis et auquel se rattachait de chaque côté une bande tombant sur les épaules. La mode des chaperons dura jusque dans le XVe siècle. Lorsque l’on voulait saluer quelqu’un, on levait ou l’on reculait le chaperon de manière à ce que le front fût découvert.
Voici comment Monet décrit la forme de cet habillement : « Chaperon, dit-il, est un habillement de teste des vieux François, façonné de drap à la lestière serrée, a guise de capuchon, terminée en bourrelet vers le derrière de la teste, duquel bourrelet pendait une longue et estroite manche qui s’entortillait au col : il y avait au milieu de la testière une longue creste de drap qui se couchait sur l'une des oreilles contre le chaud et le vent. » Suivant le même auteur, le chaperon du roi était « parsemé d’orfèvreries ou diapré de pierreries. »

 

Répertoire des termes      /       Costumes français

Sergent en casaque au XIIIe siècle, dessiné par Massard - reproduction © Norbert Pousseur
13ème siècle

Sergent en armure du XIIIe siècle, dessiné par Massard - reproduction © Norbert Pousseur
13ème siècle

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Sergent de pied du XIIIe siècle, dessiné par Massard - reproduction © Norbert Pousseur
13ème siècle

Massier XIVe siècle, dessiné par Massard - reproduction © Norbert Pousseur
14ème siècle


 

 

 

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