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Serviteurs, pages, valets et damoiseaux

Les costumes en France à travers les âges

Damoiseau du 15ème siècle, dessiné par Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur
Damoiseau du XVème siècle

Gravures (de Léopold Massard) et textes extraits de l'ouvrage 'Costumes français depuis Clovis jusqu'à nos jours',

 

Valets ou Damoiseaux, et aussi Pages ou Garçons

Ce mot, ainsi que celui d’écuyer et de valet, ont souvent été confondus. « Le chevalier doit avoir écuyer, garçon ou paige qui le servent, et prennent garde de ses chevaux ».

Les premiers emplois que l’on donnait à remplir aux jeunes gentilshommes qui sortaient de l’enfance étaient ceux de pages, varlets ou damoiseaux, noms quelquefois communs aux écuyers. Les autres domestiques, d’un ordre très inférieur, étaient distingués par celui de gros varlets; mais souvent aussi confondus par les mêmes dénominations de pages, de garçons et de varlets. Les fonctions de ces pages étaient les services ordinaires des domestiques auprès de la personne de leur maître et de leur maîtresse : ils les accompagnaient à la chasse, à la guerre, dans leurs voyages, dans leurs visites ou promenades, faisaient leurs messages, et même les servaient à table et leur versaient à boire. Les premières leçons qu'on leur donnait regardaient principalement l’amour de Dieu et des dames. Les instructions que ces jeunes gens recevaient par rapport à la décence, aux mœurs et à la vertu, étaient continuellement soutenues par les exemples des dames et des chevaliers qu’ils servaient. Les soins généreux des seigneurs riches pour élever cette multitude de jeunes gentilshommes pauvres, tournaient à l’avantage de ces mêmes seigneurs. Outre qu’ils employaient utilement cette jeune noblesse au service de leur personne, leurs enfants y trouvaient des émules pour les exciter à l’amour de leurs devoirs et des maîtres, pour leur rendre l'éducation qu’ils avaient reçue. Les liaisons qu’une longue et ancienne habitude de vivre ensemble ne pouvait manquer de former entre les uns et les autres, étant resserrées par le double nœud du bienfait et de la reconnaissance devenaient indissolubles. Mais ce qu’il était le plus important d’apprendre au jeune élève et ce qu’en effet on lui apprenait le mieux, c’était à respecter le caractère auguste de la chevalerie, dont on trouve quelques traces dès le temps de Charlemagne, et qui était alors très florissante. Les jeux même qui faisaient partie de l’amusement des élèves contribuaient encore à leur instruction. Le goût naturel à leur âge, d’imiter tout ce qu’ils voyaient faire à des personnes d’un âge plus avancé, les portait à lancer comme eux la pierre ou le dard, à défendre un passage que d’autres essayaient de forcer; et faisant de leurs chaperons des casques ou des bacinets, ils se disputaient la prise de quelque place ; ils prenaient un avant-goût des différentes espèces de tournois, et commençaient à se former aux nobles exercices des écuyers et des chevaliers. Mais avant de passer de l’état de page à celui d’écuyer, la religion avait introduit une espèce de cérémonie, dont le but était d’apprendre aux jeunes gens l’usage qu’ils devaient faire de l’épée qui, pour la première fois, était remise entre leurs mains. Le jeune gentilhomme nouvellement sorti hors de page était présenté à l’autel par son père et sa mère, qui, chacun un cierge à la main, allaient à l’offrande. Le prêtre célébrant prenait de dessus l’autel une épée et une ceinture, sur laquelle il faisait plusieurs bénédictions, et l’attachait au côté du gentilhomme, qui alors commençait à la porter. C'est peut-être à cette cérémonie qu’on doit rapporter ce qui se lit dans nos historiens de la première et de la seconde race, au sujet des premières armes que les rois et les princes remettaient avec solennité aux jeunes princes leurs enfants.

 

Le costume de cette planche, se compose d’un surtout blanc, relevé de broderies vertes, dont les fleurs sont rouges, et d’un pourpoint rouge brodé de noir. Les chausses sont rouge-vermillon, entremêlées d’or près du genou. D’une main il tient une épée, et de l’autre il s’appuie sur un bouclier blanc et sans armoirie, qui indique que ce jeune gentilhomme n’a pas encore été reçu chevalier.

Surtout : Les Français, dit J. Villani, portaient au XIIIe siècle un surtout serré à la ceinture, dont les grandes manches pendantes, doublées de vair ou d'hermine, arrivaient jusqu’à terre.
Surtout est un nom qu'on a donné à une grosse casaque ou justaucorps qu'on met en hiver sur les autres habits ou justaucorps. Ce mot est nouveau, et n'a été en usage qu'en cette présente année 1684. Anciennement on appelait la même chose souravis, comme qui dirait surhabits. On trouve ce mot dans le Sire de Joinville. On trouve aussi que dès l'an 1226, il est défendu aux religieuxde St Benoît par leur Règle, de porter des habits laïques, comme des balandrans et des surtouts, qui sont appelés ballandrana et supertoti, en français, surcots. (Dic. Furetière, 1690)

 

 

Varlert, Valet : Ce mot, ainsi que celui d’écuyer et de valet, ont souvent été confondus. « Le chevalier doit avoir écuyer, garçon ou paige qui le servent, et prennent garde de ses chevaux ».

Saintré, jouvencel âge de treize ans, étant passé de l’hôtel du seigneur de Preully à la cour du roi Jean, où il fut paige et enfant d’honneur, est appelé quelquefois valet ou valleton, et d’autres lois écuyer. Lorsqu’on lui adresse la parole ou qu’on parle de lui, il est traité tantôt de maître, tantôt de sire ou beausire. Les écuyers furent aussi appelés varlets, sergents ou damoiseaux

C’est dans ce sens que Juvénal des Ursins dit : « Il y eut huit  mille chevaliers et écuyers, et gens de traits et gros varlets sans nombre ».

 

Garçon : Ce mot est synonyme de domestique inférieur dans le passag esuivant de Froissart : « Se ferit ès tentes et ès logis des seigneurs de France, et y fit bouter le feu, et n’y trouvèrent que garçons et varlets qui tantôt s’enfuirent  ».

L’amour de Dieu et des dames : L’un ne devait pas aller sans l’autre, et l’amant qui entendait à loyalement servir une dame était sauvé, suivant la doctrine de la Dame des Belles Cousines. (Voyez sa logique et sa théologie dans l’histoire de Saintré : jeune page de 13 ans qu'une jeune veuve, Dame des Belles Cousines, prend à son service pour l'éduquer et comme amant - roman d'Antoine de La Sale.
La galanterie française avait introduit dans le commerce épistolaire cette formule dont se sert Olivier de la Marche en finissant une lettre qu’il écrit au maître-d’hôtel du duc de Bretagne : « Je prie Dieu qu’il vous doint joye de votre dame et ce que vous désirez ». C’est dans le même sens que la reine dit à Saintré : « Dieu vous doint de la chose que plus désirez  ».

Liaisons : L’habitude de vivre ensemble formait souvent entre les jeunes gens une amitié que rien il était capable de rompre, comme on peut le voir par l'intimité qui régna dès la plus tendre jeunesse entre Saintré et Boucicaut, élevés ensemble au service du roi.

Chaperon : Nos premiers aïeux avaient certainement la tête nue, ou ne portaient pour toute coiffure que des bonnets plats ou simples. Ils adoptèrent ensuite une coiffure connue sous le nom de chaperon. Le chaperon était commun à tous les états, hors aux derniers de la société ; mais les marques distinctives dont il était accompagné, aussi bien que l'étoffe dont il était fait, différenciaient le rang de ceux qui le portaient. Il fut en usage sous Jean-le-Bon, Charles V. Charles VI et Charles VII. C’était donner une grande preuve de respect à quelqu’un que d’ôter le chaperon devant lui. De là vient que les rois et les dames ne l’ôtaient devant personne, et que tout le monde le baissait devant eux. Les femmes des bourgeois quittèrent le chaperon bien plus tard que les hommes ; et ce fut par une espèce de vanité qu’elles le conservèrent si longtemps, car il prêtait peu à relever les agréments de la figure ; mais on distinguait les femmes a chaperon de velours, d’avec les femmes à chaperon de drap. Les premières étaient les épouses des magistrats, et les secondes des bourgeois ordinaires. Les cornettes, les bonnets, les chapeaux, ont remplacé le chaperon. On appelait aussi chaperon une mère ou une belle-mère, ou une parente, qui se chargeait de mener dans le monde, au moins pendant deux ans, une nouvelle mariée, qui n'allait jamais à la cour, aux spectacles, ou faire des visites sans son chaperon.

Cérémonie de remise de l'épée : On peut consulter sur cet usage le Traité de l'épée française, par Savaron, et le Théâtre d'Honfleur, par Favin. Quelques auteurs, trompés par le rapport de cette cérémonie avec celle de la réception des chevaliers, l’ont prise pour la chevalerie même, dont ils ont fait remonter l’institution bien au-delà du XIe siècle, auquel elle a commencé ; d’autres ont supposé, avec aussi peu de fondement, que les dames avaient pu conférer la chevalerie. Cependant, on lit dans l'Histoire de Du Guesclin, par Ménard, que Jeanne de Laval, veuve de ce connétable, ceignit l’épée qu’il avait portée, à André de Laval, depuis Maréchal de France, alors fort jeune, et le fit chevalier. Nous ne trouvons dans nos historiens aucun autre exemple qui puisse nous faire croire que les dames aient jamais fait des chevaliers.


Page du 14e siècle, dessiné par Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur
Page du 14ème siècle


Page : Sous nos rois de la première race, la jeune noblesse était instruite dans les maisons des grands seigneurs, d’où elle était ensuite admise à la cour des rois. Cette coutume subsistait encore du temps de Montaigne, et il en fait l’éloge en ces termes : « C'est un bel usage  de notre nation, qu’aux bonnes maisons nos enfants soient reçus  pour y être nourris et élevés pages comme en une eschole de noblesse, et est discourtoisie, dit-on, et injure d’en refuser au  gentilhomme ». La facilité d’entrer de bonne heure dans le service militaire a rendu ce secours mutuel moins nécessaire.
 Le jeune Bayard, au sortir de l’école, fut placé par ses parents dans la maison de l’évêque de Grenoble, son oncle, qui le mena à la cour de Savoie. Le prélat ayant été admis à la table du duc : « Durant icelui (dîner) estoit son nepveu le bon chevalier  (Bayard), qui le servait de boire très bien en ordre, et très mignonnement le contenoit », Qu’on lise les chapitres III, IV et V de la vie du chevalier Bayard, on y trouvera des détails capables de donner une juste idée de la protection que les seigneurs accordaient aux jeunes gens attachés à leur service, de l’émulation qu’ils leur inspiraient par leurs éloges, et des efforts que ces jeunes élèves faisaient continuellement pour mériter leurs bonnes grâces.

 

Costume de page — Ce joli costume se compose d’un surcot vert, à manches courtes et larges, et par dessous, d’un justaucorps complet de tricot mi-parti de rouge et de bleu. La toque de velours bleu, brodée d’or, est surmontée de deux plumes blanches.

 

Surcot : On donnait ce nom à un vêtement qui se passait sur les épaules ; il était de la même largeur et par derrière et par devant, échancré sur les côtés, et retombait jusqu’au bas des hanches, où il s’attachait à un jupon qui était fort long. Les dames le portaient par-dessus une robe à manches, ornée d’une ceinture très riche ; elles l’enrichissaient et le variaient à l’infini. On cessa de le porter vers la fin du règne de Charles VIII.

Justaucorps : Juste-au-corps - espèce de veste qui va jusqu'au genoux, qui serre le corps, et montre la taille. Depuis quelque temps la mode est venue que chacun va en juste-au-corps, s'habille en juste-au-corps, de velours, de drap, etc. Il ne se portait autrefois qie par les gens de guerre. (Dic. Furetière - 1690)
Espèce de vêtement à manches qui descend jusqu'aux genoux et qui serre la taille (Le littré).

Toque : Substantif féminin. Bonnet d’homme de figure cylindrique, ou d’une forme de chapeau, qui n’a qu’un petit bord. Les Officiers de la Chambre des Comptes portent des toques de velours. Les Consuls, les Maîtres et Gardes des Corps des Marchands en portent aussi. C’était autrefois la coiffure de tous les Officiers qui n’étaient point gradués. Encore aujourd’hui les pensionnaires des Collèges qui font dans les Humanités, portent des toques. Les Artiens portent des bonnets quarrés. Les cent Suisses de la Garde du Roy portent aussi des toques. Ce mot vient du Latin toga. Il est fort ancien en Français, et signifiait un bonnet rond. On l’appelait aussi torque : et toc en langage Celtique ou Bas Breton signifiait chapeau.(Dic. Furetière, 1690)


Valet du 14ème siècle, dessiné par Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur


Ce valet du 14ème siècle est tiré de la collection Gaignières, conservé au cabinet des estampes de la Bibliothèque du Roi. Le costume qu’il porte n’offre cependant rien d’assez remarquable pour que nous devions nous y arrêter ici.

 


 

Valet de Charles V, dessiné par Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur

 

Jean Vaudetar, valet de chambre de Charles V. Notre planche le représente en costume de service extrêmement simple. Les deux clefs qu’il porte à sa ceinture sont les insignes de sa charge. Cette figure est tirée de la collection Gaignières.

 

Note : Chacun de ces valets porte une dague - même les couloirs royaux n'étaient pas très sûrs en ce temps là !

 


 

Valet avec dague, dessiné par Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur

 

Valet : Cette figure est celle d’un valet de la vénerie royale du 14ème siècle, en grand costume de chasse : il porte à son baudrier une trompe courte pour rappeler les chiens, et à la ceinture une dague pour dépecer le gibier. Son justaucorps, étroit mais d’une étoffe flexible, est violet; ses chausses sont vertes, et ses bottines à la poulaine sont noires.

 

Justaucorps : Juste-au-corps - espèce de veste qui va jusqu'au genoux, qui serre le corps, et montre la taille. Depuis quelque temps la mode est venue que chacun va en juste-au-corps, s'habille en juste-au-corps, de velours, de drap, etc. Il ne se portait autrefois que par les gens de guerre. (Dic. Furetière, 1690)
Espèce de vêtement à manches qui descend jusqu'aux genoux et qui serre la taille (Le littré)

Soulier à la poulaine : Sous Philippe-le-Bel, le soulier se releva excessivement en hauteur, et le bec en devint plus ou moins long. Les gens du commun les portaient ordinairement d’un demi-pied ; la mesure des plus riches bourgeois était d’un pied ; les grands seigneurs, les princes lui donnèrent la longueur de deux pieds. Le bec était quelquefois orné de deux cornes, d’autrefois d’énormes griffes, de figures, d’ongles, de grotesques de différentes formes. Cette chaussure se nommait à la poulaine. Elle fut portée à un tel excès d’extravagance qu’on fut forcé, pour le réprimer, d’employer contre elle et l’autorité ecclésiastique et l’autorité séculière.

 

Répertoire des termes      /       Costumes français

 

Damoiseau du 15ème siècle, dessiné par Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur

 

Page du 14e siècle, dessiné par Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur

 

Valet du 14ème siècle, dessiné par Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur

 

 

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Valet avec dague, dessiné par Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur

 

Valet de Charles V, dessiné par Léopold Massard - reproduction © Norbert Pousseur

 


 


 

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