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Françoise de Foix, comtesse de Châteaubriant
1495 - 1537

Les costumes en France à travers les âges

Françoise de Foix, de Châteaubriant,  gravure de Léopold Massard,  reproduite puis restaurée par © Norbert Pousseur

Gravure de Léopold Massard et texte, provenant de l'ouvrage 'Costumes français depuis Clovis jusqu'à nos jours', publié par A. Mifliez en 1835

 

Françoise, comtesse de Chateaubriand, fille de Phébus de Foix, naquit vers 1475 et fut mariée très jeune à Jean de Laval-Montmorency, seigneur de Châteaubriand. Jusqu'au règne de François Ier on avait vu peu de femmes à la cour ; mais ce prince, qui aimait le faste et la galanterie, prétendait qu'une cour sans dames « était une année sans printemps, et un printemps sans roses. » Il chercha donc à y attirer les femmes les plus séduisantes de la France.
La beauté de madame de Châteaubriand, ensevelie jusque-là dans un vieux château au fond de la Bretagne, était pourtant connue à la cour. Le roi engagea son mari à l'y amener. On prétend que le comte différa d'obéir autant qu'il lui fut possible ; enfin, il paraît que madame de Châteaubriand vint à la cour, et qu'après une assez longue résistance, elle céda à la passion qu'elle avait inspirée au roi. François Ier, ayant été pris devant Pavie en 1525, madame de Châteaubriand resta exposée à la haine de la régente et à la vengeance de son mari. On prétend encore, car tout est conjecture dans l’histoire de cette dame, que, forcée de se réfugier à Châteaubriand, le comte la fît enfermer dans une chambre tendue de noir, et qu'au bout de six mois il forma des projets contre sa vie. C'est là sans doute un de ces contes dont les romanciers aiment à remplir leurs ouvrages. Châteaubriand était jalou ; mais sa conduite, pendant la faveur de sa femme, prouve qu'il avait de l’honneur. Suivant Sauvai, il assassina sa femme aussitôt que François Ier l'eut abandonnée pour se livrer à de nouvelles amours. Cependant elle vivait encore en 1536. Elle revint à la cour après la délivrance de François Ier. De nouveaux chagrins l'y attendaient : mademoiselle d'Heiley, depuis duchesse d'Étampes, lui enleva le cœur du roi. Brantôme donne des détails curieux sur cette rupture. Le roi ayant fait demander à madame de Châteaubriand les joyaux qu'il lui avait donnés, et sur lesquels on avait gravé des devises amoureuses composées par la reine de Navarre, la comtesse eut le temps de les faire fondre, et, adressant ensuite au gentilhomme chargé des ordres de François elle lui dit : « Portez cela au roi, et dites-lui que, puisqu'il lui a plu de me révoquer ce qu'il m'avait donné si libéralement, je le lui rends et je le lui renvoyé en lingots d'or. Quant aux devises, je les ai si bien empreintes et colloquées en ma pensée, et les y tiens si chères, que je n'ai pu souffrir que personne n’en disposât, en jouît, et en eût du plaisir que moi-même. » Le roi, qui ne voulait que les devises, lui renvoya les lingots. La comtesse lutta quelque temps contre la nouvelle favorite, et se servit de sa faveur mourante pour avancer et soutenir ses frères, dont l'un était le fameux maréchal de Lautrec. Elle mourut en 1537(i).

Son costume est aussi élégant que simple. Il se compose de deux robes et d'une coiffure dont on retrouve de nombreux exemples dans les manuscrits de la Bibliothèque royale et dans les Monuments de la France publiés par Willemin. La robe de dessus est bleu-azur avec des dessins or ; les parements sont en hermine. La robe de dessous est blanche, et la coiffure rose rayonnée or.

 

(i) Nous avons cru devoir présenter sous la forme du doute la liaison de madame de Châteaubriand avec François Ier parce que plusieurs auteurs l'ont niée. Varillas, Bayle, Moréri, Hevin, ont beaucoup discuté ce point d'histoire sans l'éclaircir.

 

Note du rédacteur : Moréri, dans son Grand dictionnaire historique de 1725, à l'article sur Françoise de Chateau-Briant, pour démontrer la fausseté des assertions sur les vicissitudes de sa liaison avec François Ier, cite l'épigraphe que son mari à fait mettre sur sa tombe :

FF - Prou de moins / Peu de telles / Point de plus - FF

Sous ce tombeau git Françoise de Foix,
De qui tout bien chacun vouloir en dire,
Et le disant onc une seule voix,
Ne s'avança d'y vouloir contredire.

De grande beauté, de grâce qui attire,
De bon sçavoir, d'intelligence prompte,
De biens, d'honneur, & mieux que ne raconte
Dieu Eternel richement l'étoffa.

O Viateur pour s'abréger le conte,
Cy git unq rien là où tout triompha.

D'autre part, Moréri indique que dès 1686 des auteurs ont démenti ce que racontait Varilas sur Françoise de Foix, et que ces dires l'étaient pour dévaloriser la Maison des Foix. Nous aurions alors ici ce que nous appelons à présent comme un parfait Fake-news !

A signaler que Moréri, orthographe 'Chateau-Briant' pour Françoise de Foix, alors qu'il liste plusieurs autres prénoms sous 'Chasteaubriant' (notre Châteaubriant actuel).
... et dans l'article ici repris des 'Costumes français depuis Clovis jusqu'à nos jours', on lit Châteaubriand.

... Moréri et d'autres, donne comme année de naissance 1475 et non 1495, comme on le lit sur toutes les fiches web actuelles.


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