Accueil Présentation Contenu Galerie Répertoire Lieux Thèmes

Bourgeois à partir du 14ème siècle

Les costumes en France à travers les âges

Bourgeois de Nantes au 14ème siècle dessiné par Léopold Massard - gravure reproduite et restaurée par © Norbert Pousseur
Bourgeois de Nantes au 14ème siècle

Gravures (de Léopold Massard) et textes extraits de l'ouvrage
'Costumes français depuis Clovis jusqu'à nos jours', publié par A. Mifliez en 1855

 

Cette figure de bourgeois de Nantes est copiée d'une miniature d’un des plus anciens manuscrits de Froissart, conservé à la Bibliothèque du Roi et qui représente la réception de Jean de Montfort et de la comtesse sa femme par les bourgeois de Nantes, en 1340.

Sa longue robe grise, garnie de fourrure, n’offre rien de bien remarquable, et nous rappellerons seulement à cet égard qu’une ordonnance de Philippe-le-Bel de 1294 réservait les fourrures de vair et d’hermine pour les nobles, et n’accordait aux bourgeois que des fourrures de peau de chat.

Ordonnance contre le luxe : (Lois somptuaires - 1294 - Philippe Le Bel). Premièrement. Nulle bourgeoise n’aura de char. Item. Nul bourgeois ni bourgeoise, ne portera vair, ni gris, ni hermines, et se délivreront de ceux qu'ils ont, de Pâques prochaines en un an. Ils ne porteront, ni pourront porter or, ni pierres précieuses, ni couronnes d’or, ni d’argent.

Note du transcripteur : en fait, au 21ème siècle, nous pouvons trouver remarquable le dispositif des manches, qui pour permettre une plus grande liberté de mouvements, offrent cette ouverture un peu au-dessus du coude. Sans doute était-ce dû au fait que l'épaisseur de la fourrure était telle qu'elle gênait les bras.


 

Bourgeois en robe longue au 15ème siècle dessiné par Léopold Massard - gravure reproduite et restaurée par © Norbert Pousseur

Le costume des bourgeois de cette époque paraît avoir été une robe plus ou moins longue, serrée autour des reins par une ceinture à laquelle pend une aumônière. La robe de la fig. 67, tom. //, est longue, bleu-outremer, bordée de fourrure autour du cou, au bout des manches et dans le bas. Le chaperon, dont on ne distingue pas le bourrelet, et dont une partie de la cornette retombe sur les épaules, tandis qu’une autre partie tourne autour du cou et descend sur la poitrine, est noir, ainsi que la ceinture et les souliers-bottines. L’escarcelle est rouge.

 

 

Bourgeois en chausses au 15ème siècle dessiné par Léopold Massard - gravure reproduite et restaurée par © Norbert Pousseur

 

L’agencement de ce costume est d'un bel effet, et se distingue de celui de la figure précédente. Il se compose d’un chaperon couleur laque foncée, de chausses violet, ainsi que l’escarcelle, et d’un surtout assez court, de couleur noire, et bordé dans le bas de fourrure.

 

Bourgeois : On entend ordinairement par bourgeois une personne qui fait sa résidence habituelle dans une ville quelconque ; mais, comme l’observe un savant publiciste, cette dénomination, parfaitement synonyme du latin municeps, ne convient qu’aux habitants des villes qui jouissent du droit de commune, c’est-à-dire qui participent aux avantages dont jouissent les citoyens d’une ville. On devenait bourgeois d’une ville dès qu’on y recevait le jour de père et de mère qui y étaient domiciliés. La ville de Lille était peut-être la seule où il ne suffisait pas d’être né de parents qui y avaient leur domicile pour être bourgeois. Dans plusieurs villes, à Paris surtout, on acquérait le droit de bourgeoisie par une résidence d’un an et un jour : cependant il y avait des villes où cette résidence, et même celle d’un plus long terme, ne rendait pas bourgeois ; il fallait en outre obtenir des lettres de bourgeoisie.
Dans certaines villes du Hainaut, on ne pouvait devenir bourgeois que par l’adoption des officiers municipaux ; et dans la Flandre flamande, on le devenait par mariage. Enfin il y avait des lieux où la bourgeoisie ne s’acquérait que par réception ; et il était au pouvoir, soit du seigneur, soit des officiers des communes, à qui il appartenait de recevoir les bourgeois, de refuser ceux qui se présentaient pour le devenir.
Tous les bourgeois jouissaient de grands avantages et d’exemptions locales ; un des principaux privilèges des bourgeois de Paris (i) était qu’en matière civile et en défendant ils ne pouvaient être contraints de plaider ailleurs qu’à Paris. Il n’y a plus au­jourd’hui de bourgeois ; tous les Français sont citoyens, et par conséquent égaux devant la loi.

Dans presque tous les temps de la monarchie, les bourgeeois ont joui de plusieurs privilèges. Au XIVe siècle, on voit les bourgeois de Paris décorés de tous les privilèges des nobles, du droit de Garde-Noble, de la faculté d’acquérir des fiefs, d’user des freins dorés et des autres ornements militaires, de pouvoir être admis, ainsi que les nobles d’extraction, à l’ordre de chevalerie.
Charles V, en 1577, avait accordé la noblesse à tous les bourgeois de Paris sans exemption. Cette noblesse, qui n’était qu’un vain titre, fut confirmée par Charles VI,
Louis XI, François Ier et Henri II ; mais Henri III, en 1577, restreignit  ce privilège au Prévôt des marchands et aux Échevins de cette ville. Cependant ce prince, pour marquer son affection particulière en faveur des bourgeois de Paris, rendit une ordonnance qui « les  maintient dans le privilège de posséder fiefs, alleux et arrière-fiefs en toutes les provinces du royaume, sans être tenus de payer aucune taxe pour raison de la possession desdits fiefs, et dans le  droit d’avoir la garde de leurs enfants et parents, de se servir des ornements appartenant à l’ordre de chevalerie, et de porter les armes timbrées, ainsi que les nobles d'extraction, par possession immémoriale. »
Henri III ne se borna pas à ces lettres-patentes.
Sur ce que plusieurs bourgeois étaient troublés dans la possession de leurs privilèges, il fit rendre un arrêt du conseil, qui porte expressément que : « Sa Majesté veut qu'ils jouissent pleinement et paisiblement de tous les privilèges, droits, immunités, honneurs et prérogatives, accordés par elle et les rois ses prédécesseurs, dans  lesquels elle les maintient et confirme, de quelque nature qu’ils soient et puissent être, sans aucune restriction et réserve. »

La révolution ayant anéanti tous les privilèges, même ceux des Dames de la Halle, les bourgeois de Paris se trouvent aujourd’hui dans la même catégorie que les autres habitants de la France.

Philippe II, roi d’Espagne, écrivant à Henri IV, se donnait des litres sans fin. La réponse du roi de France fut signée, Henri, bourgeois de Paris.

 

Dictionnaire de l'habillement      /       Costumes français

 

Bourgeois de Nantes au 14ème siècle dessiné par Léopold Massard - gravure reproduite et restaurée par © Norbert Pousseur
14ème siècle

 

 

Cliquez sur chacune de ces gravures de bourgeeois pour qu'elle s'affiche
et pouvoir l'agrandir en zoomant

Bourgeois en robe longue au 15ème siècle dessiné par Léopold Massard - gravure reproduite et restaurée par © Norbert Pousseur
15ème siècle

Bourgeois en chausses au 15ème siècle dessiné par Léopold Massard - gravure reproduite et restaurée par © Norbert Pousseur
15ème siècle

 


 

 

 

Haut de page

droits déposés
Dépôt de Copyright contre toute utilisation commerciale
des photographies, textes et/ou reproductions publiées sur ce site
Voir explications sur la page "Accueil"

Plan de site Recherches Liens e-mail